Dire que quelqu'un ne peut plonger simplement par qu'il ou elle souffre
d'asthme est signe d'une mentalité démodée qui n'a pas pris la peine de se
tenir au fait des derniers développements dans le domaine de la médecine
"sous-marine".
Souffrant moi-même d'asthme très, très léger et ayant consulté quelques
spécialistes à ce sujet, je peut t'assurer que tout dépend de la gravité
de l'athme... tant qu'on ne dépasse pas un certain cap (en ce qui a trait
à la gravité de l'asthme), et tant qu'on est conscient de nos limites
et/ou des déclancheurs de crises d'athmes, pas de problème.
Ou, en d'autres mots, tant que l'asthme est léger, n'est pas facilement
"déclanchable", qu'on est conscient de ce qui peut provoquer une crise et
qu'on évite ces déclancheurs, on peut plonger.
Tu peut aller voir sur le site du DAN (aux EUA) pour te renseigner à ce
sujet, aussi.
J'espère que ceci puisse t'aider.
Bruno Majewski
br...@pubnix.qc.ca
> Une de mes amie veut faire de la plongée sous marine et 1 docteur lui a dit
> qu'elle ne pouvait pas!
> Connaissez vous une solution ou des personnes pouvant l'aider a surmonter
> son handicap.
> Merçi d'avance de me répondre.
------------------------------------------------------------------------
Il y a eu une évolution des connaissances quant à cette affection.
Certains types d'ashmes ne sont plus aujourd'hui contre-indiqués. Je ne
veux pas lui donner de faux espoirs, chaque cas étant un cas
particulier.
Le mieux serait qu'elle subisse des examens spécialisés dans le domaine
de l'exploration fonctionnelle ventilatoire et qu'un spécialiste
pneumologue et plongeur se prononce sur son cas.
D'autre part, le Dr Riccardo E. Vandoni en collaboration avec le Dr
Francis Héritier vient de faire paraitre (pages 37 à 40) un article sur
l'asthme et la plongée dans le dernier numéro (6/97) de la revue
(Nereus) de la fédération Suisse (FSSS).
Le Dr Francis Héritier, pneumologue, plongeur et ancien président de la
Société Suisse de Médecine Subaquatique (actuellement vice-président)
précise en conclusion de l'article, que: ".... l'asthme représente le
plus souvent une contre-indication absolue. Dans certaines circonstances
très précises et après évaluation médicale spécialisée approfondie,
l'asthme peut être considéré comme une contre-indication relative. Dans
ce cas, le plongeur doit comprendre son problème, en avertir ses
camarades et renoncer dans le doute à une plongée.
le docteur Riccardo E. Vandoni peut être contacté par e-mail:
riccardo...@span.ch
Elle peut aussi poster des questions sur le sujet sur fr.bio.medecine
Denis
Bruno Majewski <br...@pubnix.qc.ca> a écrit dans l'article
<bruno-09129...@192.0.2.1>...
>Une de mes amie veut faire de la plongée sous marine et 1 docteur lui a dit
>qu'elle ne pouvait pas!
>Connaissez vous une solution ou des personnes pouvant l'aider a surmonter
>son handicap.
>Merçi d'avance de me répondre.
Ce sujet a été déjà évoqué il y a bien longtemps sur fr.rec.plongée
et les avis ont toujours été très partagés.
Pour ma part, je suis asthmatique léger:
après un bon rhume en hiver ou
pendant les moissons en été
En hiver le rhume m'embête plus qu'une petite crise d'asthme.
En été, je fuis la campagne et vais exclusivement en bord de mer.
Le tout est de connaitre ses limites et de rester raisonnable...
Ce n'est qu'un avis, pas un conseil.
Amicalement,
Brieuc TREGUIER AdEl : btre...@teaser.fr
URL : http://www.teaser.fr/~btreguier/
Pub : http://www.immo-landes.com/
Dr. A. Kauert, Centre Hyperbare, Hôpital Pasteur, Nice.
> L'asthme vrai, quel qu'en soit le type, est une contre indication
> formelle et absolue à la plongée autonome.
Ok, dont acte.
Merci!
Hop! (tm)
Amitiés!
--
Dominique Lang, F67 MOLSHEIM, e-mail: dl...@sdv.fr
Club Macami: http://www.sdv.fr/pages/langdo
C'est ma Pomme qui a pensé, écrit, tapé, mis en forme et
envoyé ce message!! Et toc.
Ne voyez dans ce mail aucune attaque, ni remise en cause de vos
compétences.
Permettez-moi, en revanche, d'apporter quelques précisions à vos deux
réponses que je trouve, personnellement très (trop) catégoriques.
Vous dites :
> L'asthme vrai, quel qu'en soit le type, est une contre indication
> formelle et absolue à la plongée autonome.
Ce en quoi je ne saurais vous contredire, bien sur.
On peut, néanmoins préciser que la commission médecine de la FFESSM
(présidée par le docteur Leloup, si mes souvenirs sont bons) fonctionne
bien, et permet, dans certains cas, de plonger à des personnes qui
s'étaient vues refuser leur "certificat de non contre-indication à la
pratique de la plongée sous-marine" (je suis bien placé pour le savoir).
S'il est vrai qu'il serait criminel de laisser plonger de vrais
asthmatiques, il n'en reste pas moins qu'un protocole détaillé (tests,
exploration fonctionnelle, etc...), suivi par un médecin (de préférence
pneumologue) fédéral ou titulaire d'un CES de médecine du sport, permet
de lever certains doutes et de permettre à certaines personnes de
pratiquer leur passion.
On peut donc conseiller à de telles personnes de prendre contact avec la
fédération, au niveau local ou national, pour voir ce qui peut être
envisagé.
Dans un autre mail, vous dites :
> Si une telle syncope t'arrive sous l'eau, en plongée, tu es mort.
> Conclusion: les syncopes, quel qu'en soit l'origine, sont une contre
> indication à la plongée.
>
La aussi, je vous trouve excessif. Il est vrai qu'une syncope est un
risque énorme de noyade secondaire. Mais il est tout aussi vrai que tout
encadrant est entraîné (devrait l'être) à la pratique de l'exercice
justement dit "du syncopé", consistant à remettre le détendeur dans la
bouche de la personne victime de syncope et à la remonter en sécurité.
Le seul risque additionnel de la syncope sous l'eau est, sauf erreur de
ma part, la reprise inspiratoire.
Comprenons nous bien : je ne suis pas en train de conseiller à toute
personne asthmatique ou présentant des troubles cardio-vasculaires de
venir plonger. Je veux simplement dire que la mesure ne nuit jamais,
surtout pas en plongée. Je n'ai pas les compétences pour me prononcer
quant à la médecine... :-)
Dernier point : je déconseille le plus vivement du monde à un passionné
de plongée de dissimuler quoi que ce soit à son médecin. Le risque
évident est celui de la santé. Un autre, non moins négligeable, est
celui d'être taxé de "Dissimulation" par l'assurance (fédérale ou non),
ce qui reviendrait à annuler la garantie d'une éventuelle assurance
complémentaire.
Subaquatiquement votre,
JM.
------------------------------------- Jean-Marc Lasserre -------------
Email : J.M.La...@frcl.bull.fr BULL.S.A - ISM B.U.
Phone : 01.30.80.31.09 Rue Jean Jaures
Fax : 01.30.80.72.16 78340 LES CLAYES S/BOIS FRANCE
------------------------------------------------------------------------
| Anybody thought this was impossible to do... Until someone who did |
| not know came and did it (Sir W. Churchill) |
------------------------------------------------------------------------
Patrice Vogel
> Je persiste et signe: asthme vrai = CI à la plongée bouteille!
Je n'ai fait que dire la même chose. Nous sommes donc d'accord. Tout
arrive...
> Un asthmatoique, qui par des tests a prouvé qu'il ne l'était plus, n'est
> pas plus asthmatique que celui qui ne l'a jamais été et pourra donc
> plonger. Encore faut il que les tests soient négatifs.
Merci, je suis au courant, puisque c'est à un tel protocole qu'a été
conditionnée la délivrance de mon certificat de non CI à la plongée. Je
voulais simplement signaler à notre ami qui a posé la question que cette
possibilité existait, sans présager en rien de l'issue des tests.
> Je tiens à ta disposition le rapport d'autopsie d'un plongeur de 33 ans,
> professionel, qui n'était soi disant plus asthmatique depuis
> l'adolescence, mais qui est quand même mort d'une crise d'asthme en
> plongée.
Hors sujet. Je ne parlais pas de plongeurs "soi-disant" ceci ou pas cela,
mais de personnes examinées par des spécialistes ayant porté un diagnostic
sur une pathologie présupposée. Je l'ai déjà dit, je le répète : je ne suis
pas médecin, encore moins spécialiste en pneumologie. Quand j'ai besoin de
leurs services, je m'adresse à eux et m'en remets à leur avis. Je vais voir
le médecin fédéral (pneumologue, lui) qui me suit depuis que je plonge
demain : ce que j'attends de lui, c'est un avis compétent, me permettant de
plonger en sécurité. En revanche, je ne lui demande aucune rubrique
nécrologique ni aucun mot de condoléances à l'intention de ma veuve
potentielle (plongeuse elle aussi).
> La Fédé n'aura qu'a expliquer à sa veuve que dans certaains cas
> les asthmatiques peuvent plonger! Foutaise!
De bon goût et de bon aloi aurait dit Maître Cappello...
> Quant à mon excessivité concernant l'inaptitude des personnes ayant
> tendance à faire des syncopes, je te trouve bien optimiste pour confier
> ta vie à ton équipier, en te persuadant qu'il fera bien avec toi
> "l'exercice du syncopé".
Je n'ai jamais dit cela. J'évoquais le fait que les encadrants (pour info,
voir les arrêtés de 91 et 92) sont supposés savoir pratiquer cet exercice et
s'y entraînent (pour les clubs que je connais). Je n'avais pas l'intention
de demander à mes élèves en formation vers le niveau 1 de savoir gérer une
telle technique. C'est curieux comme vous confondez tout, surtout quand cela
vous arrange.
> Au caisson de Nice, nous avons l'expérience de
> plus d'un millier d'accidents de plongée et je peux te dire que la
> réalité d'un sauvetage est bien différente d'un exercice. Souvent celà
> se finit mal.
Vous m'avez l'ai si docte (ça doit être normal, pour quelqu'un qui signe
"Dr"), si sûr de vous que l'idée de douter de votre expérience ne m'aurait
jamais effleuré.
> Le risque majeur de la remontée d'un syncopé n'est pas la reprise
> respiratoire, mais la dramatique surpression pulmonaire. En plus, si ton
> syncopé a des paliers à faire, je te mets au défi de lui faire faire
> correctement.
Gérer la SP et tenir un palier avec le syncopé fait partie de ce qu'on
demande à un plongeur qui passe son Niveau 4. Les différents contributeurs à
ce groupe vous le confirmeront sans doute. De même, celui qui pratique ce
sauvetage est supposé surveiller le syncopé afin de vérifier s'il reprend
conscience.Je ne doute pas une seconde que la différence entre un exercice
et un cas réel est immense. Mais, que je sache, cela n'empèche pas de
s'entraîner pour être le plus apte à bien réagir, si le cas doit se
présenter. Je vous accorde que cela n'est pas une garantie absolue, mais
cela permet au moins d'acquérir de bons automatismes.
> Ce n'est pas parceque je n'abonde pas dans le sens de ce que voudraient
> entendre la majorité des plongeurs que je suis excessif ou
> catégorique.
Si on vous écoutait, il faudrait quasiment croire que tout problème
survenant sous l'eau est mortel et que rien ne vaut la peine de rien. Vous
savez, tout de même, qu'on peut ne pas mourir d'une panne d'air, dans la
majeure partie des cas ?A vous entendre, et si vous m'autorisez la
comparaison, on se demande pourquoi les pompiers s'entraînent à faire des
évacuations d'immeubles, ou pourquoi les gens du GIGN s'exercent à gérer des
prises d'otages même simulées.
Au risque de vous décevoir, vos avis me semblent outranciers, péremptoires
et dogmatiques.
Quand à l'excès, si vous êtes curieux, recomptez le nombre de poins
d'exclamantion jalonnant votre mail. Relisez vous et jugez vous même du ton
que vous y employez. Vous n'y trouvez rien d'anormal ? Tant pis...
A vous lire, je dois vous avouer que je n'aimerais pas être de vos patients.
Mais j'admire vos certitudes : le doute ne doit certes pas être votre
partenaire préféré.
> Je suis seulement prudent avec la vie des autres.
Moi aussi, très chez Docteur. Je l'étais déjà avec mon binôme, quand jétais
N2. Je le suis d'autant plus maintenant que mes prérogatives me conduisent à
être chef de palanquée. Idem quand je fais de la formation technique.
Peut-être une chose vous a-t-elle échappée, mais ce n'est là que supposition
de ma part. La plongée se fait en SECURITE, certes (et tout viol de
prérogative, de règlementation ou mise en danger d'autrui me rend malade).
Mais elle est aussi un LOISIR extraordinaire où les gens se font PLAISIR
(si, si)
> Après, chacun est libre de faire ce qu'il veut.
Non Docteur. Personne n'est libre d'amener des débutants dans une grotte et
de les conduire à une mort quasi certaine.
> Si tu veux en "causer", contacte moi au caisson de Nice au xxxxxxxxx,
> de préférence la mardi ebtre 08 et 12 heures.
J'ai déjà fait un gros effort pour rédiger ce mail et je ne pense pas que
nous accordions la même acception au mot "discuter". N'ayant que très peu de
goût pour le monologue, je préfère vous laisser à vos certitudes, ne voyant
pas ce que nous pourrions nous dire de plus.
Je vous souhaite une bonne fin d'après midi,
JM.
PS1 : Je me pose tout de même une question : à quel niveau pratiquez vous la
plongée, si vous la pratiquez, et êtes vous médecin fédéral ?
PS2 : Je poste ma réponse sur le NG, afin que des personnes plus compétentes
et expérimentées que moi puissent donner leur avis et me corriger, si j'ai
faux :-)
> Dr. A. Kauert wrote:
>
> > Je persiste et signe: asthme vrai = CI à la plongée bouteille!
>
> Je n'ai fait que dire la même chose. Nous sommes donc d'accord. Tout
> arrive...
>
> > Un asthmatoique, qui par des tests a prouvé qu'il ne l'était plus, n'est
> > pas plus asthmatique que celui qui ne l'a jamais été et pourra donc
> > plonger. Encore faut il que les tests soient négatifs.
>
> Merci, je suis au courant, puisque c'est à un tel protocole qu'a été
> conditionnée la délivrance de mon certificat de non CI à la plongée. Je
> voulais simplement signaler à notre ami qui a posé la question que cette
> possibilité existait, sans présager en rien de l'issue des tests.
------------------------------------------------------------------------
Je pense qu'il serait nécessaire de dépassionner le débat et qu'il
serait souhaitable de se baser sur des données objectives. Comme je l'ai
déjà dit , il y a eu une évolution des connaissances quant à cette
affection.
Les données en médecine évoluent comme dans les autres disciplines
scientifiques et heureusement. A titre d'exemple, dans un autre domaine
que le notre, au sujet de la mort subite du nouveau-né. Auparavant, si
je ne m'abuse, on disait aux parents de coucher leur petit protégé sur
le ventre. Et à l'heure actuelle, il semble déconseillé de le faire et
on recommande de coucher les nouveaux-nés sur le dos !!!!
Heureusement que la médecine a évolué depuis le temps des saignées à
tour de bras, de l'anesthésie à l'éther et de la première conception des
maladies allergiques (dont l'asthme) qui date du début du 20e siècle.
Certains types d'ashmes ne semblent plus aujourd'hui contre-indiqués,
chaque cas étant bien sûr un cas particulier, devant être analysé par un
spécialiste pneumologue et plongeur, à la suite d'examens spécialisés
dans le domaine de l'exploration fonctionnelle ventilatoire.
En ce qui concerne, ce sujet le Dr Riccardo E. Vandoni en collaboration
avec le Dr Francis Héritier vient de faire paraitre (pages 37 à 40) un
article (voir mon envoi précédent) sur l'asthme et la plongée dans le
dernier numéro (6/97) de la revue (Nereus) de la fédération Suisse
(FSSS).
Je ne suis pas médecin, mais qu'un humble moniteur qui posséde des
données sur le sujet, produites par des spécialistes.
J'ai reproduits ci-après, les extraits les plus significatifs à mon sens
(faute de place) qui sont issus d'une communication personnelle d'un ami
médecin : le Dr Bruno LEMMENS, pneumologue au CHI René Debré d'Amboise
(37), médecin fédéral (FFESSM) et hyperbare (si mes souvenirs sont
bons).
Il avait proposé à l'époque de lancer une enquête sur l'asthme et la
plongée en France, par recensement dans les centres de soins hyperbares
et par questionnaires anonymes.
Les objectifs projetés étant de connaitre le comportement du plongeur
face à son asthme, d'évaluer indirectement le nombre de plongeurs
asthmatiques, et le nombre d'accidents et leur gravité.
Je ne sais pas si sa proposition a été prise d'effet et mennée à terme ?
En espérant n'être pas trop long (excusez mes excès), mais je pense que
le sujet peut intéresser un certain nombre de plongeurs.
Une bibliographie est donnée en fin de message.
Bonnes plongées à tous pour 1998,
Denis
------------------------------------------------------------------------
.................La prévalence de l'asthme dans la population générale
est de 5 à 8%, jusqu'à 10% parmi les enfants. Plusieurs études (1-2-3)
retrouvent une prévalence proche dans la population des plongeurs,
autour de 5%. Ce qui représenterait à l'échelle de la France, pour plus
de 152 000 plongeurs (licenciés FFESSM), environ 7000 plongeurs
asthmatiques, malgré les recommandations de contre-indication absolue
pronnées par certains.
Plusieurs auteurs ont réalisé des études pour estimer la prévalence des
accidents de plongée chez les asthmatiques.
Entre 1970 et 1981, sur 2132 décès en plongée recensés par l'Université
de Rhode Island (4), un concernait un asthamtique, sans précision sur la
relation avec l'asthme.
En 1981-82, Walker (5) ne décompte qu'un asthmatique parmi 11 sujets
décédés d'accidents de plongée en Nouvelle Zélande, l'asthme
n'intervenant pas dans ce décés.
En 1987, le Diver Alert Network (DAN: http://dan.ycg.org/) (6) a
répertorié 93 embolies gazeuses pour 25.10 puissance 6 plongées, soit un
risque global de 1/250 000, tous plongeurs confondus. 34 dossiers
médicaux étaient exploitables. Parmi ces 34 cas, 4 sont survenus chez
des asthmatiques, dont 3 lors de remontées rapides, sans détails sur le
rôle respectif de l'asthme et d'une remontée à glotte fermée.
Neuman (7) reproduit les chiffres de ce même organisme (DAN) concernant
les accidents non mortels entre 1988 et 1991. Sur 148 embolies gazeuses,
2 ont concernés des plongeurs ayant un asthme actif, et 7 des
antécédents d'asthme.
Dans ces données chiffrées, les asthmatiques représentent 5,2% (74/1406)
des accidents de décompression, soit un chiffre identique à la
prévalence attendus de 5% d'asthmatiques parmi les plongeurs. Ils
représentent 6,1% (9/148) des embolies gazeuses, soit un pourcentage
guère plus élevé.
Sur un travail similaire du DAN (8) publié l'année suivante, les auteurs
relèvent:
30 asthmes dont 16 actifs pour 1213 accidents de décompression
16 asthmes dont 7 actifs pour 196 embolies gazeuses
37 asthmes dont 13 actifs pour 696 plongeurs sans accident
Le risque relatif d'embolie gazeuse est de 1,6 tout asthme confondu
(sans atteindre le niveau de signification statistique) et de 1,98 pour
les asthmes actifs. Ces résultats bruts devant être nuancés par
l'absence de données sur la fonction respiratoire de ces plongeurs (7).
Farrell (9) a réalisé une étude de prévalence en Grande Bretagne en
1989, par questionnaire anonyme publié dans la revue "Divers" tirée à
38000 exemplaires. 104 plongeurs asthmatiques ont répondu. Ils
totalisaient 12684 plongées. Aucun d'eux n'avait eu de pneumothorax ou
d'embolie gazeuse, et un seul avait eu un accident de décompression.
Il ne semble pas qu'il faille interpréter l'absence d'accident déclaré
comme le reflet d'un risque nul, mais en tous cas très faible.
Tous les auteurs de ces études s'accordent à dire que les données dont
nous disposons sont insuffisamment précises, mais il ressort de chacune
de ces études, au delà des critiques méthodologiques, que le risque
relatif est faible.
Il importe de rappeler que dans la très grande majorité des cas, les
accidents de surpression sont dus à des remontées "paniques" à glotte
fermée, survenant chez des sujets non asthmatiques (10), et qu'une
grande partie des décés est due à une noyade (11).
Si on admet que les chiffres d'accident sont sous-estimés, il faut bien
convenir que c'est avant tout parce que les asthmatiques dissimulent
leur état, pour éviter une interdiction de plonger. Les cas rapportés
par Weiss (12) illustrent bien cet asthme dissimulé. Et il est illusoire
de croire que ce type de comportement est isolé, comme nous avons pu le
constater personnellement.
Il en découle deux conséquences graves. D'une part, les asthmatiques
modérés voire graves ne sont pas discernés de ceux pour qui la maladie
étant moins sévère, une autorisation responsabilisée pourrait être
discutée. Autrement dit, en contre indiquant tous les asthmatiques sans
nuances, on pourrait considérer qu'on les incite à tous, dissimuler leur
maladie, et ce d'autant que leur asthme est grave.D'autre part, et dans
la logique de ce qui précède, certains asthmatiques méconnaissent les
régles les plus élémentaires par faute d'information médicale. Il est
effrayant de constater que 43 asthmatiques sur les 104 ayant répondu à
l'enquête de Farrell (10) considèrent comme sans danger de plonger 24
heures après un épisode de sibillants, et pour 9 d'entre eux dans
l'heure suivante; 54 n'ont pas d'opinion; seuls 7 observent un délai
supérieur à 48 heures.......
Concernant la plongée, certains asthmes sont des contre indications
unanimement reconnues par les spécialistes. Il s'agit des asthmes de
stade 2 et au dessus (stades définis lors du consensus international de
médecine de Bethesda en 1992), des asthmes d'effort et à l'air froid.
Pour le reste, à savoir l'asthme léger, allergique, avec exploration
fonctionnelle respiratoire normale, et sans antécédent de crise grave,
la modicité du risque a conduit certains médecins à préconiser une
attitude plus souple.............................
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BIBLIOGRAPHIE
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