Gloops a écrit, le 19/05/2013 15:58 :
> Est-ce que Hollande a réfléchi que par son immobilisme, c'est vers ça à
> grande échelle qu'il nous envoie ?
Un train immobilisé, l'autre jour, m'a incité à la réflexion. C'était à
moins d'un kilomètre d'une gare, par beau temps, il faisait (encore)
jour. Avant qu'on déverrouille les portes, trente cinq minutes. Ensuite,
pas un mot, on laisse chacun prendre ses responsabilités. A mi chemin,
non non attendez on va vous accompagner. Allez encore quelques minutes à
attendre. Pas très facile de vendre l'idée qu'on améliorait notre
sécurité en nous agglutinant au bord de la voie plutôt qu'en nous
laissant continuer en file indienne disciplinée, même si cette voie
était condamnée par le train dont nous venions de descendre.
Trente cinq minutes, ce n'est pas si long (même si ce qui était vendu au
départ était un trajet de trois minutes). Une heure après l'incident,
nous étions dehors. Depuis notre train, nous avons eu le temps de
regarder passer au ralenti deux trains quasiment vides sur la voie en
sens inverse. J'imagine que le conducteur devait être, dans le train, la
seule personne à comprendre pourquoi ces trains ne s'arrêtaient pas pour
nous prendre. Au bout des trente cinq minutes, la position officielle
était toujours qu'il fallait attendre que les secours arrivent, mais
comme les secours étaient passés deux fois sans s'arrêter, je ne sais
pas au juste combien de personnes ont pris ça au sérieux.
La sortie s'est bien passée. Je n'ose imaginer une ou deux heures plus
tard, quand l'impatience aurait eu le temps de monter, et d'ailleurs le
jour aurait commencé à décliner.
Au niveau du pays, nous en sommes à plusieurs jours, plusieurs personnes
ont épuisé leurs vivres, ont dû attaquer les pissenlits qui poussent au
bord de la voie, comme vont bientôt faire les employés de Virgin. Au
risque de répéter ce qui a été dit plusieurs fois ces derniers mois et
ces derniers jours, si Hollande s'obstine, nous nous rappellerons Virgin
comme une aimable plaisanterie rafraichissante.
A l'arrivée de Sarkozy il y a six ans, j'appréhendais les années en
perspective, mais je me disais que c'était une bonne chose que nous
ayons échappé à Pimprenelle, car nous aurions compté sur elle. J'ai un
peu peur que beaucoup de gens comptent sur François Hollande, et à force
de garder les portes verrouillées il nous prépare quelque chose de
moche. Là, maintenant, j'ai l'impression qu'il n'a plus qu'à nous dire
qu'il ne faut pas paniquer pour que le pays soit à feu et à sang trois
heures plus tard.