Nombreux sont les genealogistes qui descendent du frere ou des soeurs de
Jean Baptiste HEBERT; et d'autre part de Marie Bernardine NINON; par son
mariage avec Jean Baptiste Julien DECOURT(un Brestois).Nombreux sont
aussi les genealogistes du Centre Genealogique du Finistere qui ont dans
leur ascendance des ancetres venus d'Acadie, du nom de TRAHAN ou LEVRON.
Pendant la guerre de l'independance americaine (1776-1783), les Acadiens
firent partie des equipages des navires corsaires morlaisiens; certains
meme les commanderent et furent d'excellents capitaines.
On devenait corsaire, pour le compte d'armateurs, avec participation aux
benefices. Il fallait obtenir l'autorisation du souverain, ce qui se
concretisait par la delivrance d'un document, la "lettre de marque".
Cette lettre autorisait la mise a rançon.
Les Acadiens representaient a peu pres 5% des equipages dependant de
l'Amiraute de Morlaix. Comme les Bretons, les Acadiens n'aimaient pas
les Anglais. Ils avaient pour cela bien des raisons.
L'un des plus celebres Acadiens qui pratiquerent la guerre de course fut
sans doute Jean Baptiste Hebert. Belle revanche pour cet Acadien, ne a
Piziguid vers 1745, fils de Joseph Hebert et de Madeleine Trahan.
Deporte en Virginie a l'age de dix ans lors du "Grand Derangement", et
transfere en Angleterre peu de temps apres avec sa famille, il aura
passe sept ans comme prisonnier de guerre a Liverpool avant de pouvoir
gagner la France. Lorsqu'il arrive a Morlaix en 1763 avec sa mere,
maintenant veuve, son frere et ses quatre soeurs, il a dix-sept ans.
Recense a Belle-Ile-en-Mer en 1765, au moment de l'attribution des
terres aux Acadiens, il est "en mer", et sa mere decede a Belle-Ile en
novembre 1766. Il ne pourra donc beneficier de cette attribution.
En mai 1766, il avait quitte Belle-Ile pour le Pays de Retz. Trois ans
plus tard, a Paimboeuf, il epouse le 2 janvier 1769 Marie Elizabeth
Billard, native de cette paroisse, fille de Mathieu Billard et de Marie
Blanchard. Deux enfants sont nes de ce mariage Jean Baptiste, l'aîne,
baptise le 13 avril 1771 - son pere est alors dit "marin en voyage" - et
Eustice Joseph, bap-tise le 12 juillet 1772, qui meurt en novembre 1775,
age de trois ans. Jean Baptiste Hebert est recense a Paimboeuf en 1773.
Apres le deces de sa femme, le voici seul avec son fils aîne.
Il part bientot pour Le Havre, ou il sert en qualite de deuxieme
capitaine sur le bateau La Seine. De retour a Morlaix, il reçoit en 1780
le commandement du corsaire-cutter L'Epervier de Morlaix, un bateau de
30 tonneaux arme de 4 canons et 8 pierriers . Ce bateau faisait partie
de l'armement "Veuve M. Cornic & fils", etabli Quai de Leon a Morlaix.
Cet armement est represente par Marthe Homon, la veuve de Mathurin
Cornic, originaire de Brehat (île de la Manche, proche de Paimpol) et
tour a tour capitaine, negociant et armateur, et par son fils, egalement
prenomme Mathurin. Les navires de course appartenaient a un armateur, a
une societe. Il est aise d'imaginer que cet armateur possedait quelques
interets a lancer ainsi ses bateaux contre les ennemis du roi de France.
Ils sont aussi ses ennemis, mais pas pour les memes raisons. Sur
L'Epervier, on trouve en 1780 d'autres Acadiens, les denommes Gautreau
et Trahan. L'historien breton Henri Bourde de la Rogerie mentionne que
les Acadiens Alexis Levron (de Boulogne) et Jean Trahan (d'Acadie)
naviguaient a cote du capitaine Hebert. Ils etaient tous deux ses
cousins6. En 1781, le capitaine Hebert commande Le Canadien, un lougre
de six canons, tirant des boulets de 3 livres, et de 12 pierriers,
appartenant egalement a la veuve Cornic. Il prend ensuite le
commandement du Marquis de Castries et de ses 86 hommes d'equipage, un
bateau de 190 tonneaux, equipe de 20 canons et arme a Morlaix par la
societe Thorris Jean & Wante Louis", de Dunkerque.
L'Epervier:
Commandant de L'Epervier, Hebert arraisonne en 1780 le Friendship. Le 29
aout de la meme annee, c'est Le Crutene, un bateau de 400 tonneaux, mais
qui cette fois lui echappe, sauve par un navire de guerre anglais .
Le 13 octobre, a l'entree de la baie de Plymouth, a l'affut, il est
surpris par un vaisseau de guerre anglais. Il s'en eloigne et tente
d'imiter une barque de cabotage, cache ses canons, fait descendre son
equipage dans la cale, ne laissant sur le pont que quatre hommes. Le
vaisseau anglais ne tarde pas a l'arraisonner. Hebert a assez de
sang-froid pour repondre, sans s'emouvoir, au capitaine de ce vaisseau
de 74 canons, charge de la protection du commerce anglais, "en se disant
anglais et en demandant escorte." Sa maîtrise de l'anglais, acquise
pendant son sejour force a Liverpool, lui vaut de leurrer l'adversaire.
La lettre ecrite par Pierre Nicolas Gaspard Boucaud, commissaire de
classes a Morlaix, au roi Louis XVI a Versailles, stipule : "Hebert a eu
la temerite de marcher [six heures] de conserve et sous l'escorte"du
vaisseau anglais. Cette ruse lui a reussi, au point de le mettre a
portee de faire le lendemain, 14 octobre, deux prises . Notre corsaire
rançonne de 800 livres sterling L'Actif de Guerwouth et s'empare d'un
sloop de 18 tonneaux qu'il ramene au port de Morlaix.
Il reprend la mer le 27 octobre. Dans son rapport. le commissaire ecrit:
"Il s'est trouve au jour a la portee de canon du meme vaisseau et a la
vue d'une flotte marchande ennemie de 83 voiles escortee par de gros
batiments armes en guerre et en marchandise. La ruse qui l'avait sauve
dans sa premiere expedition lui a servi une seconde fois pour tromper ce
vaisseau de 74 canons qui l'a laisse marcher de conserve avec lui, vers
la flotte ennemie avec laquelle il a fait route jusqu'au moment qu'il a
trouve favorable pour enlever un batiment apres avoir offert le combat,
fait crier vive le roi comme cri de victoire, force les 4 batiments
d'escorte qui l'avaient poursuivi a se retirer. Enfin il est rentre le
30 a Morlaix avec deux prises evaluees a 200 000 livres. " s'agissait
du bateau Le Heros, de 150 tonneaux, venant de Londres et charge pour
Dublin de marchandises seches; parmi lesquelles se trouvait du salpetre
. Il y avait aussi du chanvre, de l'acier, du the et d'autres
marchandises . L'autre prise etait Le Hardi, de 50 tonneaux, charge de
charbon .
Le 29 novembre, le capitaine Hebert cotoie a nouveau l'Angleterre. Il
tombe sur une flotte de plus de 100 voiles et il s'approche d'un brick ,
l'Elizabeth, de 160 tonneaux, "charge de sucre et de biere, allant de
Londres a Cork"en Irlande et arme de six obusiers . L'Epervier l'accoste
et son equipage se lance a l'abordage. Le capitaine anglais et son
second sont tues, et la prise est amenee a Cherbourg . On ne peut
devenir corsaire si l'on n'est pas un bon marin, mais il faut aussi etre
pret a se battre et a payer de sa personne. Le 16 decembre, L'Epervier
fond sur une nouvelle proie, La Bonne Intention, un bateau de 50
tonneaux. Le 28 decembre 1780, un corsaire anglais prend le navire
hollandais L'Harmonie. Le meme jour, celui-ci sera repris par L'Epervier
et ramene a l'île de Batz (île de la Manche, en face de Roscoff), non
loin de Morlaix.
L'Epervier connait avec Jean Baptiste Hebert une fructueuse carriere.
Hebert inscrit a son tableau de chasse une demi-douzaine de prises, et
une ou deux rançons, resultats obtenus presque toujours apres qu'il ait
livre bataille et conduit son equipage a l'abordage. Les prises de
L'Epervier valaient plus de 200 000 livres. Les 16 actions de 1 000
livres emises pour armer ce corsaire furent donc remboursees 3 025
livres.
Apres cette annee 1780 si fructueuse, Jean Baptiste Hebert meritait bien
une promotion. En 1781, nous le retrouvons a la tete du Canadien,
toujours au service de la veuve Cornic.
Le temps d'une escale
Hebert se remarie. Veuf, age d'environ 36 ans, , il epouse a Morlaix, le
5 fevrier 1781, une jeune orpheline de pere, Marie Gabrielle Bernardine
Ninon . Le pere, Pierre Ninon de Maisonneuve, etait lui aussi capitaine
de navire, un capitaine de la trempe de Charles Cornic, son cadet d'un
an. Une fin prematuree devait interrompre une belle carriere de marin.
Pierre Ninon mourut a Morlaix le 12 mars 1763, a l'age de 43 ans.
Bernardine et sa mere trouverent la demande en mariage de Jean Baptiste
Hebert avantageuse". Il convenait de convoler. Pierre Ninon, le pere de
Bernardine, aurait certainement approuve cette union avec un si vaillant
capitaine.
Si le mariage etait "avantageux" pour la fiancee, il ne l'etait pas
moins pour Jean Baptiste Hebert. Sa belle-mere, qui demeurait rue St
Melaine, payait 24 livres de capitation, ce qui denotait une aisance
certaine. La belle-famille et ses alliances montraient bien que notre
Acadien entrait dans le clan des riches familles bourgeoises de la
ville.
Ce fut un beau mariage celebre en l'eglise St Melaine a Morlaix. Jean
Baptiste Hebert portait l'uniforme bleu a epaulettes a franges qui
seyait si bien aux marins. La nouvelle epousee etait entouree du conseil
de famille. Il y avait la Madame Marie Toussaint Noroy, sa mere; Pierre
Bileo, Jacques Poirier et Jacques Heloury, trois capitaines brehatins
portant egalement l'uniforme (Brehat etait alors un nid de corsaires).
Il y avait aussi Maître Regnault, notaire tres prospere, et Monsieur
Jaouen, commerçant, tous deux demeurant Grand Rue a Morlaix. La famille,
du cote maternel, etait representee par Jacques Noroy et Joseph Marie
Noroy, tous deux negociants et faisant aussi dans l'armement de navires,
et Messire Jean Noroy, pretre chanoi-ne de l'eglise collegiale et royale
de Notre-Dame-du-Mur a Morlaix, celui-la meme qui, pare de ses titres de
"pretre et bachelier de Sorbonne", avait dans cette eglise, le 25 aout
1757, baptise la petite Marie Bernardine. Plus effaces, sans doute, la
soeur du marie, Marguerite Hebert, et le frere de la jeune epousee,
Mathurin Ninon, assistaient aussi au mariage. La ceremonie religieuse
fut celebree par Monsieur Le Noannes, le recteur de la paroisse.
Le Canadien:
Meme s'il a epouse une jeunette, le marin doit repartir. Le devoir
l'impose. Notre corsaire ne tarde pas a reprendre la mer, pour chasser
l'Anglais sur le Canadien. Les prises reprennent le 24 mars: c'est le
Constant Friend, un bateau de 120 tonneaux, la Marie, de 50 tonneaux, et
L'Aigle, de 130 tonneaux.
Le Marquis de Castries:
Jean Baptiste Hebert embarque maintenant sur le Marquis de Castries.
Belle revanche pour un Acadien, car ce navi-re n'est autre le Tamer, un
corsaire anglais pris a l'ennemi et rebaptise Marquis de Castries, du
nom d'un ministre de la Marine d'alors, Charles de la Croix, Marquis de
Castries, Marechal de France ((1727-1801). Confie au capitaine Hebert,
il reprend la course. Les campagnes sur ce navire furent moins
fructueuses; celle menee du 2 au 19 fevrier fut meme malheureuse. Hebert
signale au rapport que neuf hommes d'equipage sont morts .
L'epee d'honneur:
Bourde de la Rogerie mentionne qu'une epee fut accordee en 1781 a
l'Acadien Jean Baptiste Hebert, de Morlaix, capitaine de L'Epervier. qui
s'etait empare de quatre prises dans des circonstances extraordinaires.
Sa conduite lui valut d'ailleurs beaucoup d'eloges. Dans le document
presente par Bourde de la Rogerie, on lit : "le dit sieur Hebert auquel
le Ministre de la Marine a bien voulu temoigner sa satisfaction l'annee
derniere (1781) pour sa conduite dans sa croisiere intelligente sur le
corsaire L'Epervier ou il a montre l'adresse d'un capitaine de corsaire
et le courage d'un soldat, dans l'occasion qui lui etait offerte d'etre
utile au service de Sa Majeste" .
La lettre adressee au Ministre de la Marine par le responsable de
l'Amiraute de Morlaix citee ci-dessus, et les jour-naux de l'epoque
temoignent de son courage. Jean Baptiste Hebert meritait bien l'epee
d'honneur et la gratitude du roi.
Notre heros meurt a la veille de la Revolution (avant le 15 mars 1786),
lors d'un voyage sur les cotes de Guinee. De sa deuxieme femme, il
semble ne pas avoir eu d'enfant. Le sieur Leblanc, marie a sa soeur
Modeste Hebert, sera tuteur de son fils Jean Baptiste, ne de son premier
mariage .
Hebert aurait pu obtenir une terre a Belle-île-en-Mer dont son fils
aurait herite, mais comme relate plus haut, il n'etait pas la lors de
l'attribution, et n'avait pas pu inscrire son fils a temps sur le role
des pensions accordees aux Acadiens, puisque mort en mer a ce moment-la
.
Lors de la Revolution Française, nous trouvons Jean baptiste Hebert
(fils), age de 19 ans, aux volontaires nationaux. Il appartenait, avec
le grade de capitaine, au 3eme Bataillon, forme a Quimper en fevrier
1792. Ce bataillon s'embarqua a Lorient, le 20 juillet 1792, pour les
Colonies. A la date de decembre 1794, des renseignements officiels
donnaient ce bataillon comme totalement detruit. Curieux destin que
celui de ce fils d'Acadien.
La jeune veuve de notre corsaire, Marie Gabrielle Bernardine Ninon, la
trentaine a peine depassee, quitte le veuva-ge pour epouser le 13
fevrier 1790, a Morlaix, un chirurgien, Jean Baptiste Julien Decourt.
Jean SEGALEN, CGF no 316, 64 rue des Genets, St Martin des Champs, 29600
MORLAIX.
Paru dans la revue Le Lien # 56 ; 4ieme trimestre 1995, Centre
genealogique du Finistere.
Votre Genealogiste Professionnel a Montreal
Your Professional Genealogist in Montreal
Richard Hebert
PROUD OF MY NAME/FIER DE MON NOM
PROUD OF MY ROOTS/FIER DE MES RACINES
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Richard Hebert
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