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épicier regrattier

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Jules

unread,
Mar 22, 2009, 6:00:21 AM3/22/09
to
Dans un annuaire du début du XXe siècle, on distingue les épiciers, les
épiciers-droguistes, et, les plus nombreux, les épiciers-regrattiers.

Dans un dictionnaire, je lis qu'un regrattier est une personne qui fait
le commerce de regrat ; et que le regrat est la vente de menues denrées
au détail et de seconde main.
D'ailleurs, regratter veut dire, au sens premier, faire de petits
bénéfices en revendant de seconde main.

Mais comment un épicier pouvait-il vendre des denrées de seconde main ?

d'avance merci pour votre réponse.
Jules

micb...@club-internet.fr

unread,
Mar 22, 2009, 8:57:21 AM3/22/09
to
Jules <nos...@nospamorang.fr> wrote: D'ailleurs, regratter veut dire,

au sens premier, faire de petits
bénéfices en revendant de seconde main.
Mais comment un épicier pouvait-il vendre des denrées de seconde
main ?

Bonjour,

Il y a le commerce de gros et le commerce de détail.

On fait du profit sur quelque chose que l'on revend au détail.
C'était le lieu où l'on vendait le sel à petites mesures,
à petits poids.

Se regratter : V. pron. Etre vendu en détail
Bescherelle

Bon dimanche
Amicalement

Michel Breil

unread,
Mar 22, 2009, 9:03:21 AM3/22/09
to
Dictionnaire de l'académie de 1762


REGRATTIER, IÈRE. subst. Celui ou celle qui vend du sel à petite mesure,
à petit poids. Il prend du sel chez le regrattier, chez la regrattière.

Il se dit quelquefois Des petits marchands qui vendent d'autres sortes
de denrées en détail & de la seconde main.

Il se dit figurément De celui qui sur un compte, sur une dépense d'une
grosse somme, fait des réductions aux plus petits objets. C'est un
regrattier, un franc regrattier. Il est du style familier.


REGRATTER, signifie figurément & familièrement, Faire des réductions sur
les plus petits articles de la dépense d'un compte. C'est un homme qui
regratte sur tout. En ce sens, il est neutre.


REGRAT. s. m. Vente de sel à petite mesure, à petit poids. Acheter du
sel de regrat. La ferme des regrats.

Il se dit quelquefois Du lieu où le sel se vend à petite mesure, à petit
poids. Il y a un regrat établi dans un tel bourg.


Si cela peut aider à répondre à l'interrogation.

Cordialement
Michel

Jules a écrit sur son clavier Le 22/03/09 11:00 :

Christian Palluy

unread,
Mar 22, 2009, 9:05:47 AM3/22/09
to
Le 22/03/2009 11:00, Jules écrivait :

Un instant de recul sur les choses s'il vous plaît !
L'épicier achète des denrées, en gros, au producteur : ces denrées sont
de première main.
L'épicier regrattier achète, en demi-gros, des denrées à l'épicier, et
il les revend au détail, ces denrées sont de deuxième main.
Les denrées n'ont jamais été utilisées, mais elles ont pu être
reconditionnées entre la première et la deuxième main.
Par exemple l'épicier grossiste achète un camion de sel, le regrattier
lui achète ce sel par sac de 100Kg et l'emballe en paquets de 1kg.
Bien que ces termes n'existent plus, ces fonctions existent encore.
Il suffit de penser aux centrales d'achat des enseignes actuelles et aux
magasins de détail de ces enseignes, quand bien même ces magasins de
détail font plusieurs milliers de mètres carrés et qu'il n'y ait pas une
césure franche entre les affaires de la centrale d'achat et les magasins
de détail.

--
Bien cordialement
Ch. PALLUY

Votre avis m'intéresse :
Visitez ma page: http://perso.wanadoo.fr/christian.palluy/

Jules

unread,
Mar 22, 2009, 12:57:17 PM3/22/09
to
Oui, c'est une description très plausible. Mais c'est plus qu'un instant
de recul, c'est un changement dans la définition de regratter.

Sur Wikipédia, je lis
"Au XVIIe siècle, les regrattiers revendent au petit peuple des villes
les restes des riches tables de l'aristocratie"

Initialement, il s'agit donc de produits de seconde main, déjà utilisés
une fois.

Vous glissez au commerce de détail, jamais utilisé mais vendu en petite
quantité.

Le sens a sans doute changé entre le XVIIe siècle et le XXe siècle.

Jules

Christian Palluy a écrit :

Jean-Louis MOREL

unread,
Mar 22, 2009, 3:06:57 PM3/22/09
to
Bonsoir Jules

"Jules" <nos...@nospamorang.fr> a écrit dans le message de news:
49c66de9$0$12644$ba4a...@news.orange.fr...


> Oui, c'est une description très plausible. Mais c'est plus qu'un instant
> de recul, c'est un changement dans la définition de regratter.

>...


> Le sens a sans doute changé entre le XVIIe siècle et le XXe siècle.

Je suis assez d'accord avec la définition et l'explication de Christian.

Voici ce qu'on trouve dans le dictionnaire de Franklin ; cela concerne les
métiers depuis le XVIIIe siècle :

Regrattiers.
Petits marchands autorisés à vendre, de seconde main et au détail seulement,
certaines denrées d'usage courant, le charbon, le sel, les grains, les
fruits, les légumes, etc.
On constate l'existence des regrattiers dès le douzième siècle (3), et dès
le treizième ils étaient constitués en communauté, car ils ont leurs statuts
dans le Livre des métiers (4). Approvisionnés surtout par les cultivateurs
et les couvents de la banlieue, ils ne vendaient qu'à toute petite mesure,
et ne devaient posséder chez eux aucun approvi­sionnement ; mais le
populaire y trouvait déjà du pain, du sel, des oufs (5), du fromage, des
légumes, du poisson de mer, de la volaille et du gibier ; des oignons (6),
des aulx et des échalottes (7); des fruits, poires, pommes, raisin, dattes,
figues ; des épices, cumin, poivre, réglisse (8) ; de la cannelle et en
général « toutes autres manières de denrées, sauf poisson de eau douce et
cire ouvrée » , qui constituaient des commerces spéciaux.
La Taille de 1202 cite 120 regrattiers. Mais le métier prospéra si bien
qu'un arrêt de 1694 fixe leur nombre à 3.000. A cette époque, il suffisait
pour s'établir regrattier d'obtenir ce que l'on nommait une lettre de
regrat, et un arrêt du 3 septembre 1709 nous révèle qu'elle donnait le droit
de débiter, « à petits poids et à petites mesures », les objets suivants :
Sel.
Foin.
Paille.
Bière,
Cidre.
Toutes sortes de bois.
Mottes à brûler.
Poissons de mer.
Poissons d'eau douce.
Tripes de bouf.
Tripes de mouton.
Toutes sortes de viandes cuites.
Toutes sortes d'herbes potagères et médici­nales.
Oufs.
Beurre.
Fromage.
Melons.
Pommes.
Poires et autres fruits.
Graisse.
Saindoux.
Levures.
Couennes de lard.
Charbon.
Cendre gravelée.
Verjus.
Vinaigre.
Chandelles en bottes.
Lait.
Crème.
Glace.
Tripoli.
Pipes de tabac.
Sablon,
Empois.
Blanc d'Espagne.
Noix et cerises confites (9).
A la fin du siècle, Sébastien Mercier déplorait déjà que les pauvres,
clients habituels des regrattiers, payassent beaucoup trop cher les objets
de première nécessité, et n'eussent que « le rebut des autres citoyens.
Tout, écrivait-il vers 1782. augmente d'un tiers au moins pour cette classe
infortunée qui est obligée d'avoir recours à ces petits marchands qui
revendent en détail ce qu'ils ont déjà acheté en détail. Ainsi, le
cordonnier, le maçon, le tailleur, le porte­faix, le journalier, etc. paient
le vin, le bois, le beurre, le charbon, les oufs, etc., à un bien plus haut
prix que le duc d'Orléans et le prince de Condé. L'homme qui a trois
millions de revenu a les comestibles à bien meilleur marché (10) ».
On trouve représentée une échoppe de regrat­tier dans les gravures qui
accompagnent le Tableau de Paris de Sébastien Mercier et dans Les
contemporaines de Rétif de la Bretonne (11).
On a écrit aussi regrateors (quatorzième siècle) . regrateurs (ordonnance de
novembre 1539) . regrateux. etc.

Notes :
3 A. Luchaire, Institutions monarchiques, t. II, p. 145.
4 Titres IX et X,
5 « Oes ».
6 « Cinglions ».
7 « Eschaloingnes ».
8 « Régulisse ».
9 Arrêt contradictoire du Conseil d'État, etc.
10 Tableau de Paris, t. III, p. 209.
11 Tome XXI, p. 1,

Amitiés

--
Jean-Louis


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