Depuis un bon moment, je me bute � rechercher le titre d'un film qui j'ai
bien appr�ci� - rappelant un peu le conte de pinocchio.
C'est un film futuriste dans lequel un jeune enfant d�couvre qu'il n'est en
fait qu'un robot. Pour rechercher la trace de son cr�ateur, il n'a juste
pour information les "lions qui pleurent", pr�sent dans les grattes ciels
d'une ancienne civilisation. Il me semble qu'il y avait Bruce Willis, mais
dans sa filmographie, je ne retrouve pas le titre / impossible � me souvenir
du nom :-(
C'est tout ce que j'ai comme �l�ments, mais c'�tait un film tr�s �mouvant et
touchant.
Je compte sur vous pour m'aider � retrouver le titre,
Merci
"A.I.", de Steven Spielberg, d'apr�s un projet au d�part con�u par
Stanley Kubrick.
--
FK
"In France, an average of 200 films are released each year,
over half of which are about French cinema."
Super, c'est bien �a.....
pffff, j'suis nul - m�me pas capable de me souvenir de ce tite de deux
lettres ^^
Je viens de v�rificer sur la fiche du film, j'avais pourtant souvenir que
bruce willis �tant dedans...
Dommage, il n'est pas sorti en Bluray, je pensais que depuis le temps, il
aurait b�n�fici� d'une �dition HD.
Merci beaucoup
(dsl, me suis tromp� dans l'envoi de la r�ponse)
> Dommage, il n'est pas sorti en Bluray, je pensais que depuis le temps, il
> aurait b�n�fici� d'une �dition HD.
"A.I." a tr�s moyennement march� commercialement quand il est sorti, ce
qui fait qu'une r��dition n'est pas une haute priorit�.
En plus, Spielberg a un droit de regard sur les �ditions vid�o de ses
films (ce qu'il avait fait avec le Blu-ray de Rencontres du troisi�me
type), il est possible que "A.I." soit pour le moment pass� entre les
mailles du filet, surtout que c'est un des rares films qu'il a r�alis�s
qui figure dans le catalogue Warner et qu'il n'y a donc pas un tr�s gros
enjeu.
il faut dire qu'il est un peu bacl� (notamment leS finS), malgr� plein
de bonnes trouvailles.
--
Fabrice
il est annonc� sur amazon.de, mais indisponible.
http://www.amazon.de/I-K%C3%BCnstliche-Intelligenz-Blu-ray/dp/B0028R3E6K/
Les �l�ments b�cl�s sont surtout au niveau de la production. On sent
qu'ils ont construit certaines sc�nes avec le carnet de ch�ques plut�t
qu'avec des id�es. La foire � la chair est typiquement le genre de trucs
avec un excellent potentiel g�ch� par un traitement banal. Et Spielberg
n'a pas non plus trop su se d�patouiller de (et comprendre) certains
points du sc�nario, notamment le personnage de l'andro�de gigolo, qui
n'apporte finalement pas grand chose mais qu'il n'a pas os� supprimer.
Paradoxalement, je trouve que ce sont les fins successives qui sont
l'�l�ment le plus int�ressant du film.
Il y a certes une transition abrupte entre le moment o� David se
retrouve immerg� et celui o� il est r�active des si�cles plus tard mais
il y a plus brutale dans d'autres Kubrick.
La sc�ne de communion des robots du "futur" est effectivement inaboutie
mais dans l'id�e g�n�rale, il y a une volont� visible de faire un
pendant � 2001 et je doute que Spielberg aurait fait un truc aussi
gonfl� de sa propre initiative. Dans 2001, c'�tait le monolithe qui
donnait l'intelligence des animaux, dans A.I., c'est un robot humano�de
qui apporte l'humanit� � des robots post-humains. Je pense que �a devait
�tre rest� � l'�tat d'esquisse dans le projet d'origine de Kubrick et
que Spielberg n'a pas trop quoi su en faire.
La derni�re sc�ne est en revanche, et de loin, le sommet du film mais on
fait souvent un contre-sens. Les explications des robots � David ou la
voix off du narrateur semblent introduire du merveilleux, du conte de
f�es dans un r�cit de science-fiction. Une m�che de cheveux et on arrive
� recr�er la m�re avec ses souvenirs gr�ce � l'ADN. Sauf qu'on ne pourra
la recr�er que pour une journ�e.
Ce que je pense, c'est que tout �a est une explication pipeau destin� �
laisser � David ses illusions. Les autres robots ne comprennent pas tout
� la fa�on de raisonner d'un mod�le aussi ancien et ils d�cident de
l'observer en action. On lui fait croire qu'on peut ressusciter sa m�re
et ils le suivent dans son "esprit", o� il vit une journ�e qui n'est
qu'un fantasme : la m�re l'aime d�sormais et s'occupe de lui. Je doute
que l'ADN contienne �galement tous les d�tails de la maison (il faut
d'ailleurs noter l'atmosph�re vaporeuse, comme indication que c'est un
r�ve).
La conclusion du narrateur sur le fait que pour la premi�re fois, il
s'endormit de son sommeil est un simple euph�misme pour dire qu'il est
tout bonnement d�branch�, qu'il meurt. C'est un mod�le caduque, qui
n'est plus du tout � sa place dans le monde o� il a refait surface. Son
obsession est de retrouver l'affection d'une personne morte il y a des
si�cles. Il ne peut pas d�passer le stade infantile. La meilleure
solution pour lui, c'est d'�tre d�connect� � tout jamais.
Si c'est bien �a, le choix de Spielberg est alors justifi�. Il s'est
toujours attard� sur les relations entre une m�re et son fils,
suffisamment pour nourrir plusieurs psychanalyses, mais l� c'est
clairement le centre du film et il y a un c�t� direct et cruel que
Spielberg n'osait pas mettre d'habitude. Le fait que le gosse soit un
robot permet � cette relation d'�tre obsessionnelle et maladive mais en
m�me temps, c'est ce qui fait qu'il veut �tre humain et �a le rend en
fait plus humain que pratiquement tous les personnages humains du film.
> Paradoxalement, je trouve que ce sont les fins successives qui sont
> l'�l�ment le plus int�ressant du film.
en fait, je trouve qu'il y a plusieurs films de Spielberg o� il ne sait
pas finir: il y a tout d'une premiere fin tres logique, en point
d'aboutissement de tous les fils, puis comme s'il se disait que c'est
trop bete de finir maintenant, il relance sur autre chose (qui n'est
meme pas un rebondissement), et dans AI �a fait �a bien 3 ou 4 fois,
c'est lourd.
> Il y a certes une transition abrupte entre le moment o� David se
> retrouve immerg� et celui o� il est r�active des si�cles plus tard
le bond temporel n'est pas g�nant. par contre il y a une rupture de
rythme complete: on a l'impression qu'on nous lit une idee au lieu de
faire vivre une scene via des acteurs avec des dialogues. David ne dit
en gros plus rien, a part dire les reponses r�flexes basiques attendues
("oh, ah, mais alors"). Le passage de robots intelligents des siecles
apres etait une tres bonne idee, leurs fouilles aussi, par contre la
fa�on de r�ins�rer de l'histoire au pr�sent autour de l'acteur principal
n'a plus rien d'un film vivant.
> voix off du narrateur semblent introduire du merveilleux, du conte de
> f�es dans un r�cit de science-fiction. Une m�che de cheveux et on arrive
> � recr�er la m�re avec ses souvenirs gr�ce � l'ADN. Sauf qu'on ne pourra
> la recr�er que pour une journ�e.
�a aussi, �a detonne: on n'est plus du tout dans la fiction realiste de
tout le reste du film. sauf a dire, avec toi, qu'on ment a David pour le
prot�ger en le gardant dans ses illusions (ce qui est ethiquement
discutable, comme morale, soit dit en passant).
> Ce que je pense, c'est que tout �a est une explication pipeau destin� �
> laisser � David ses illusions. Les autres robots ne comprennent pas tout
> � la fa�on de raisonner d'un mod�le aussi ancien et ils d�cident de
> l'observer en action.
ben quelle action ? il n'est plus que dans le role d'auditeur du conte,
et d'actes psychologiques reflexes.
> Si c'est bien �a, le choix de Spielberg est alors justifi�.
ta tentative de le sauver est louable, mais ca ressemble un peu a de
l'acharnement th�rapeutique :-) . et pour qu'elle soit justifi�e, il
faudrait que plus de 0.1% du public l'ait saisie :-)
--
Fabrice
> en fait, je trouve qu'il y a plusieurs films de Spielberg o� il ne sait
> pas finir: il y a tout d'une premiere fin tres logique, en point
> d'aboutissement de tous les fils, puis comme s'il se disait que c'est
> trop bete de finir maintenant, il relance sur autre chose (qui n'est
> meme pas un rebondissement), et dans AI �a fait �a bien 3 ou 4 fois,
> c'est lourd.
La fin est l'�l�ment le plus faible de Minority Report �galement. On
retombe dans un thriller fa�on Mission Impossible avec tout le potentiel
du sujet �vacu�.
Et je ne parlerais pas du dernier Indiana Jones...
Sur A.I., d'apr�s Ian Watson (qui a �crit la nouvelle d'origine et qui a
�t� retenu quelques temps comme sc�nariste) et pas mal de ceux qui ont
boss� sur le projet, le th�me de Pinocchio �tait une exigence de Kubrick
et la fin est un des points qu'il avait d�j� abord�s dans son
traitement. Donc, ne pas accuser forc�ment Spielberg pour les fins
gigogne ou, plus globalement pour les �l�ments mi�vres du film. Kubrick
voulait confier le projet � Spielberg de toute fa�on pour une raison
toute simple : avec son rythme de travail, le gamin aurait pris un an ou
deux entre le d�but et la fin du tournage, ce qui aurait pr�sent� un
certain probl�me au montage.
http://www.ianwatson.info/kubrick.htm
Et d'apr�s Spielberg lui-m�me :
"And what's really funny about that is, all the parts of A.I. that
people assume were Stanley's were mine. And all the parts of A.I. that
people accuse me of sweetening and softening and sentimentalizing were
all Stanley's. The teddy bear was Stanley's. The whole last 20 minutes
of the movie was completely Stanley's. The whole first 35, 40 minutes of
the film - all the stuff in the house - was word for word, from
Stanley's screenplay. This was Stanley's vision."
(Sauf que Kubrick aurait certainement modifi� le sc�nario pendant le
tournage, ce que Spielberg n'a pas os� faire).
> le bond temporel n'est pas g�nant. par contre il y a une rupture de
> rythme complete: on a l'impression qu'on nous lit une idee au lieu de
> faire vivre une scene via des acteurs avec des dialogues. David ne dit
> en gros plus rien, a part dire les reponses r�flexes basiques attendues
> ("oh, ah, mais alors"). Le passage de robots intelligents des siecles
> apres etait une tres bonne idee, leurs fouilles aussi, par contre la
> fa�on de r�ins�rer de l'histoire au pr�sent autour de l'acteur principal
> n'a plus rien d'un film vivant.
Bien d'accord.
> > voix off du narrateur semblent introduire du merveilleux, du conte de
> > f�es dans un r�cit de science-fiction. Une m�che de cheveux et on arrive
> > � recr�er la m�re avec ses souvenirs gr�ce � l'ADN. Sauf qu'on ne pourra
> > la recr�er que pour une journ�e.
>
> �a aussi, �a detonne: on n'est plus du tout dans la fiction realiste de
> tout le reste du film. sauf a dire, avec toi, qu'on ment a David pour le
> prot�ger en le gardant dans ses illusions (ce qui est ethiquement
> discutable, comme morale, soit dit en passant).
La morale est humaine. Une machine est cens�e �tre amorale. Et sinon on
ment (ou du moins on cache des choses) � un enfant pour son bien.
>
> > Ce que je pense, c'est que tout �a est une explication pipeau destin� �
> > laisser � David ses illusions. Les autres robots ne comprennent pas tout
> > � la fa�on de raisonner d'un mod�le aussi ancien et ils d�cident de
> > l'observer en action.
>
> ben quelle action ? il n'est plus que dans le role d'auditeur du conte,
> et d'actes psychologiques reflexes.
C'est une �tude de comportement. David a �t� marqu� par un sentiment
tellement fort qu'il agit de fa�on irrationnelle. La mise en situation
est soit une fa�on de relever des informations sur l'humanit� que l'on
ne pourrait pas recueillir abstraitement (ce qui est � la limite une
conclusion kubrickienne pessimiste : l'humanit� ne subsiste plus que par
un robot), soit un dernier cadeau offert � David. Et � la fin du film,
l'humanit� p�rit d�finitivement (et paisiblement)
Le spectateur n'est pas en tout cas cens� croire � cette histoire d'ADN
qui contient toute la personne, sa personnalit� et ses souvenirs. Tout
le film repose d'ailleurs sur l'acquis contre l'inn� : c'est au travers
des �preuves par lesquelles il passe que David devient "humain" plus que
par l'oeuvre d'un cybern�ticien g�nial. Le film oublie ce p�re et ne
garde que la m�re.
David est devenu "humain" de fa�on pratique : il agit avec la part
d'instinct, de raison et de folie qui constitue l'homme (presque tous
les Kubrick sont un questionnement de ce qu'est l'homme par rapport �
deux mod�les qui sont aussi des repoussoirs : l'animal et la machine).
On retrouve le th�me de Pinocchio jusqu'au mais �a n'est pas du tout
qu'il s'est fait chair : la f�e bleue n'existe pas mais il y croit. Un
pur intellect n'y croirait pas.
>
>
> > Si c'est bien �a, le choix de Spielberg est alors justifi�.
>
> ta tentative de le sauver est louable, mais ca ressemble un peu a de
> l'acharnement th�rapeutique :-) . et pour qu'elle soit justifi�e, il
> faudrait que plus de 0.1% du public l'ait saisie :-)
Il y a eu un peu la sortie du film un excellent (pour une fois) article
des Cahiers du cin�ma. Mais pour moi, c'�tait �vident, au vu de ce qui
pr�c�de que l'explication "magique" est un leurre.
Et il y a d'autres partisans de cette explication sur imdb par exemple :
http://www.imdb.com/title/tt0212720/board/nest/146241041
http://www.imdb.com/title/tt0212720/board/nest/145614903
http://www.imdb.com/title/tt0212720/board/nest/145918894
http://www.imdb.com/title/tt0212720/board/nest/134959125
John Williams consid�re �galement que David meurt � la fin et a compos�
la partition en cons�quence (suppl�ments du DVD).
Et bon, je m'en fous si seulement 0,1 % des gens ont per�u �a. J'ai revu
la fin apr�s quelques ann�es et �a m'a confirm� dans mon intuition.
> Je viens de v�rificer sur la fiche du film, j'avais pourtant souvenir que
> bruce willis �tant dedans...
Peut-�tre parce que le gamin de film est le m�me que dans "6�me sens", film
dans lequel Willis �tait son partenaire...
C'est certains, j'ai confondu !
... mais j'ai bien aim� �galement 6�me sens.
Ou comme l'intelligence et la sensibilit� pourrait exister chez des
non-humains. Ca ne m'avais pas frapp�, mais je connais mal. Bon cela dit
c'est plutot classique comme idee. (meme moi j'ai jou� avec, c'est dire
:-)
http://www-evasion.imag.fr/Membres/Fabrice.Neyret/nouvelles/nouvelles.html )
--
Fabrice
> John Williams consid�re �galement que David meurt � la fin et a
> compos� la partition en cons�quence (suppl�ments du DVD).
>
> Et bon, je m'en fous si seulement 0,1 % des gens ont per�u �a. J'ai
> revu la fin apr�s quelques ann�es et �a m'a confirm� dans mon
> intuition.
Je me fends d'un plussoie. Ca n'a pas d'int�r�t, j'en suis parfaitement
conscient.
Sauf, Votre Honneur, que s'il n'y a qu'un milli�me des spectateurs qui ont
interpr�t� la fin de ce film tr�s in�gal - m�me parfois carr�ment ridicule,
au minimum bordellique, et �videmment pour un tas de raisons inachev� - je
me sens tout � coup l'�me suffisamment blue flower (fairy) pour dire mon
ad�quation quasi totale en ce qui concerne ta vision du film, et surtout de
sa fin.
Celle-ci m'est apparue comme �vidente, sans m�me la moindre ambigu�t�, les
trois fois o� je l'ai vue. Je ne vois m�me pas trop comment on pourrait
tenter une autre interpr�tation.
--
Sacha