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[Gang of NY] Deception

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Gatorade

unread,
Jan 25, 2003, 7:19:42 AM1/25/03
to

J'ai entendu parlé de chef-d-oeuvre
ici meme, je reste vraiment sur ma fin:
- aucune surprise dans le scenario
- film americain sur l'Amerique pour les
americains
- Scorsez , ou es tu ?
- trop long
- decors un peu toc
- Overdose de Di Caprio , il est present
a l'ecran en permanance.
Et pour finir je trouve assez lamentable,
de decider de rendre Daniel D Lewis
violent et sanguinaire gratuitement
pour justifier son meurtre a la fin du film
car il etait bcp trop gentil pour mourir.
Et quelle belle Happy-End, digne d'une
love-story avec Meg-Rian.
Bref je suis tres decu, car c'est un
film commercial et tres loin de l'excellent
Casino. Meme si je suis impressionné par
le sens du detail (par exemple
on voit un petite marque noir sur le coup
de C.Diaz dans les scenes de la grotte
avec avoir ete touchée par le lanceur
de couteau).
Dommage.


--
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a.dominique

unread,
Jan 26, 2003, 8:33:35 AM1/26/03
to
Tout à fait d'accord... On est moin du style Scorsese...
La toute fin par contre est superbe et assez osée (les deux tours) mais
gachée par une chanson immonde de U2...

"Gatorade" <Gato...@free-ture.fr> a écrit dans le message de news:
2003125-13...@foorum.com...

Alain Stimamiglio

unread,
Jan 27, 2003, 11:26:33 AM1/27/03
to
Attention, quelques spoilers...

Gatorade wrote:
> J'ai entendu parlé de chef-d-oeuvre
> ici meme, je reste vraiment sur ma fin:
> - aucune surprise dans le scenario

J'en conviens. Faiblesse -paradoxale- de ces récits qui se voudraient
peut-être inspirés de grands textes fondateurs et qui veulent atteindre une
force mythique. On reste dans l'archétype et la convention. Cela dit (par
moments) quel souffle, quand même!

> - film americain sur l'Amerique pour les
> americains

Mmmmh? Là, il faudrait expliquer, parce que justement, de par son intrigue
archétypale, ça reste très universel. Je peux te dire que chez moi en Corse,
les thèmes du sang, des clans, de la mémoire, du père, de la vendetta
trouvent un écho plus que familier...

> - Scorsez , ou es tu ?

Mais Scorsese est *là*, dans Gangs of NY, comme il est là dans Bringing Out
The Dead et dans Kundun et dans Le Temps de l'Innocence. Autant que dans
Goodfellas ou Casino. C'est quand même un peu injurieux pour Scorsese en
tant qu'artiste et pour sa richesse d'inspiration que de le croire limité
aux histoires de gangsters italo-américains (ce n'est pas ce que tu as dit,
mais je me permets de supputer...). La "personnalité" artistique de Scorsese
est multiple. Et je pense qu'on aurait tort de croire que Kundun, par
exemple, n'est pas "Scorsesien" parce qu'on y voit pas Joe Pesci massacrer
la moitié du casting...(je caricature, c'est intentionnel)
Scorsese c'est *aussi* Alice n'est plus ici, New York New York, King Of
Comedy...

> - trop long
> - decors un peu toc

C'est ce qu'on disait aussi de Von Sternberg, Powell, Fellini. Grosses
influences de Marty. Mais pour "irréaliste" qu'il soit; ce décor ne
créé-t-il pas comme chez les maîtres inspirateurs pré-cités, une étouffante
sensation de "réel"?

> - Overdose de Di Caprio , il est present
> a l'ecran en permanance.

ooooh... allez! C'est le pro-ta-go-ni-ste!
Tu trouves qu'Ismael est trop présent dans Moby Dick?
Mais je déplore, il est vrai, un trop-plein de postures "héroiques" chez ce
personnage. La seule fois où il "rate" un peu ce qu'il fait, c'est lors de
sa tentative d'assassinat de Bill. Le genre de truc qui m'énerve, par
exemple, c'est lorsque Henry Thomas et le noir le trouvent la première fois,
sont sur le point de lui casser la gueule et paf! c'est lui qui a le dessus,
bien sûr à un contre deux! Quand on le provoque, c'est lui qui gagne la
bagarre et quand Cameron Diaz choisit son cavalier au bal, c'est évidemment
lui qui est l'heureux élu. (et pas l'"autre", comme ça, il sera pas content
et aigri et ça justifiera sa trahison, mouais, bof...). C'est le genre de
cliché que savent éviter des réalisateurs comme Forman ou Polanski qui
n'hésiteraient pas à montrer leur "héros" se prendre une ou deux fois les
pieds dans le tapis...

> Et pour finir je trouve assez lamentable,
> de decider de rendre Daniel D Lewis
> violent et sanguinaire gratuitement
> pour justifier son meurtre a la fin du film
> car il etait bcp trop gentil pour mourir.

Disons, violence Shakespearienne? Oui, je sais, c'est un peu commode pour
justifier la boucherie scorsesienne... Mais j'ose.
Cela dit, c'est vrai que l'intrigue "vendetta" est très faible. Et j'aurais
aimé que Scorsese nous fasse quand même grâce d'un dénouement aussi
conventionnel. Mauvais point.

> Et quelle belle Happy-End, digne d'une
> love-story avec Meg-Rian.
> Bref je suis tres decu, car c'est un
> film commercial et tres loin de l'excellent
> Casino.

Mais ça ne veut rien dire, Casino aussi est un film "commercial"... Un très
grand film, mais un très grand film commercial et hollywoodien quand même...

>Meme si je suis impressionné par
> le sens du detail (par exemple
> on voit un petite marque noir sur le coup
> de C.Diaz dans les scenes de la grotte
> avec avoir ete touchée par le lanceur
> de couteau).
> Dommage.

Et oui, c'est ce sens du détail qui fait -entre autres- que Scorsese reste
largement au dessus du marasme hollywoodien...
Alors, mettons-nous d'accord sur Scorsese, les amis:
de deux choses l'une:
-Soit il justifie son statut de grand metteur en scène, voire pour certains
de génie et dans ce cas, même ces films "mineurs" valent largement mieux que
tout ce qui sort et même Kundun ou Gangs of NY font partie de ceux-là.
-Soit sur 35 ans de carrière et une vingtaine de films, il n'a fait que 2 ou
3 grands films et, là, il faut arrêter de le porter aux nues et dire une
bonne fois pour toutes qu'il est surévalué...

Alain Stimamiglio, Scorsesophile, malgré tout!


Alain Stimamiglio

unread,
Jan 27, 2003, 11:26:39 AM1/27/03
to
a.dominique wrote:
> Tout à fait d'accord... On est moin du style Scorsese...
> La toute fin par contre est superbe et assez osée (les deux tours)

"Osée" dans le sens où Scorsese aurait pu les effacer numériquement. Car le
film a été écrit et tourné avant 9/11...

> mais gachée par une chanson immonde de U2...

ah, ça c'est sûr que c'est pas terrible. Mais Scorsese aime bien les daubes.
"Be My baby" ce n'est pas parce que ça "ouvre" Mean Streets que ce n'est pas
une daube! Et la bo de Casino, à part Bach, Delerue, les Stones ou les
Animals, ça reste une "compil" qui vaut son pesant d'infâmes kitscheries
sixties-seventies...
Cela dit pour la fin de Gangs of NY, une fin silencieuse, juste troublée par
les bruits lointains des rumeurs de la ville, ça aurait été mieux,
non?Enfin, bon, moi, c'que j'en dis...

Alain Stimamiglio


Francois Kahn

unread,
Jan 27, 2003, 12:02:58 PM1/27/03
to
Alain Stimamiglio <alain.st...@tiscali.fr> wrote:

> J'en conviens. Faiblesse -paradoxale- de ces récits qui se voudraient
> peut-être inspirés de grands textes fondateurs et qui veulent atteindre une
> force mythique. On reste dans l'archétype et la convention. Cela dit (par
> moments) quel souffle, quand même!

Il reste encore quelques cloques aériennes dans un soufflé trop cuit et
qui vient de retomber.

>
> > - film americain sur l'Amerique pour les
> > americains
>
> Mmmmh? Là, il faudrait expliquer, parce que justement, de par son intrigue
> archétypale, ça reste très universel. Je peux te dire que chez moi en Corse,
> les thèmes du sang, des clans, de la mémoire, du père, de la vendetta
> trouvent un écho plus que familier...

Il suffit de regarder sur frcd, d'ailleurs.

>
> > - Scorsez , ou es tu ?
>

> Et je pense qu'on aurait tort de croire que Kundun, par
> exemple, n'est pas "Scorsesien" parce qu'on y voit pas Joe Pesci massacrer
> la moitié du casting...(je caricature, c'est intentionnel)
> Scorsese c'est *aussi* Alice n'est plus ici, New York New York, King Of
> Comedy...

Scorsese est à l'aide dans deux types de film : ceux traitant de sujets
qu'il connaît bien (le New York à partir de 1950, la communauté
italo-américaine) et la peinture des médias ou du show business :
l'ambition artistique d'Ellen Burstyn, celle de Rupert dans La Valse des
pantins, le conflit entre art et spectacle de New York, New York ou le
clinquant de "Casino". Je n'ai pas trouvé qu'il ait trouvé ses marques
dans "Kundun". Il y reste les procédés, le style, mais le contenu est
assez déconnecté.

>
> > - trop long
> > - decors un peu toc
>
> C'est ce qu'on disait aussi de Von Sternberg, Powell, Fellini. Grosses
> influences de Marty. Mais pour "irréaliste" qu'il soit; ce décor ne
> créé-t-il pas comme chez les maîtres inspirateurs pré-cités, une étouffante
> sensation de "réel"?

Scorsese n'arrive pas à s'engager dans une voie. Il n'a pas su choisir
entre réalisme et stylisation pour ce film. Quand on voit le plan au
début, cet "immeuble" avec des échafaudages en bois où des dizaines de
familles habitent, ça laissait justement promettre ce que tu décris.
C'est à la fois complètement "faux", une reconstitution outrée mais
c'est surtout très évocateur. Le reste du film n'arrivera
qu'épisodiquement à se situer à ce niveau.

>
> > - Overdose de Di Caprio , il est present
> > a l'ecran en permanance.
>
> ooooh... allez! C'est le pro-ta-go-ni-ste!
> Tu trouves qu'Ismael est trop présent dans Moby Dick?

Ismaël n'est que le narrateur. Si Melville écrit comme première phrase
"Appelez-moi Ismaël", ça n'est pas un hasard. C'est le témoin anonyme,
dont la vie passée importe peu et qui n'a survécu que pour porter le
témoignage. Scorsese est encore une fois cul entre deux chaises : le
personnage qui le fascine de toute évidence, c'est Bill mais les
péripéties de DiCaprio prennent le pas sur les autres.

> Mais je déplore, il est vrai, un trop-plein de postures "héroiques" chez ce
> personnage. La seule fois où il "rate" un peu ce qu'il fait, c'est lors de
> sa tentative d'assassinat de Bill. Le genre de truc qui m'énerve, par
> exemple, c'est lorsque Henry Thomas et le noir le trouvent la première fois,
> sont sur le point de lui casser la gueule et paf! c'est lui qui a le dessus,
> bien sûr à un contre deux! Quand on le provoque, c'est lui qui gagne la
> bagarre et quand Cameron Diaz choisit son cavalier au bal, c'est évidemment
> lui qui est l'heureux élu. (et pas l'"autre", comme ça, il sera pas content
> et aigri et ça justifiera sa trahison, mouais, bof...). C'est le genre de
> cliché que savent éviter des réalisateurs comme Forman ou Polanski qui
> n'hésiteraient pas à montrer leur "héros" se prendre une ou deux fois les
> pieds dans le tapis...

Polanski aurait tout de suite assumé que le personnage principal était
fade et qu'il représentait une certaine médiocrité de la vengeance
(alors que Bill est "loyal" au souvenir du Prêtre qu'il a affronté en
combat singulier). Scorsese essaye dans la dernière partie de donner de
la stature à DiCaprio mais la sauce ne prend pas. Si Scorsese avait fait
de DiCaprio, un personnage avec autant d'ambiguïté et de contradictions
qui n'arrivent pas à leur terme que Szpilmann dans "Le Pianiste", le
résultat aurait eu plus d'envergure que le poussif "Gangs of New York"

>
> > Et pour finir je trouve assez lamentable,
> > de decider de rendre Daniel D Lewis
> > violent et sanguinaire gratuitement
> > pour justifier son meurtre a la fin du film
> > car il etait bcp trop gentil pour mourir.
>
> Disons, violence Shakespearienne? Oui, je sais, c'est un peu commode pour
> justifier la boucherie scorsesienne... Mais j'ose.
> Cela dit, c'est vrai que l'intrigue "vendetta" est très faible. Et j'aurais
> aimé que Scorsese nous fasse quand même grâce d'un dénouement aussi
> conventionnel. Mauvais point.

Le dénouement est volontairement escamoté vu que les personnages sont
victimes de la Grande Histoire. Mais c'est vrai qu'on a l'impression
qu'il fait in extremis une concession au point de départ de son récit.

>
> > Et quelle belle Happy-End, digne d'une
> > love-story avec Meg-Rian.
> > Bref je suis tres decu, car c'est un
> > film commercial et tres loin de l'excellent
> > Casino.
>
> Mais ça ne veut rien dire, Casino aussi est un film "commercial"... Un très
> grand film, mais un très grand film commercial et hollywoodien quand même...

Casino était un film somme (où l'on retrouvait tous les aspects du
cinéma de Scorsese, condensés comme s'il fallait tout faire tenir dans
un clip de trois heures). Gangs of New York est à mon avis son film de
trop. Le truc dans sa carrière qui lui ressemble le plus (mauvaise foi:
ON) c'est le clip de "Bad" (fin mauvaise foi).


> Alors, mettons-nous d'accord sur Scorsese, les amis:
> de deux choses l'une:
> -Soit il justifie son statut de grand metteur en scène, voire pour certains
> de génie et dans ce cas, même ces films "mineurs" valent largement mieux que
> tout ce qui sort et même Kundun ou Gangs of NY font partie de ceux-là.

Ça, c'est le discours de la critique française. Politique des auteurs.
Ceux qui découvriront Scorsese pourront éventuellement découvrir un film
"haut de gamme" mais ici Scorsese n'est pas arrivé à la hauteur du sujet
qu'il s'était fixé.

> -Soit sur 35 ans de carrière et une vingtaine de films, il n'a fait que 2 ou
> 3 grands films et, là, il faut arrêter de le porter aux nues et dire une
> bonne fois pour toutes qu'il est surévalué...

On peut dire aussi que depuis quelques années (Cape Fear, par exemple),
il a perdu beaucoup de ce qui faisait la force de son cinéma.
--
François Kahn
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Francois Kahn

unread,
Jan 27, 2003, 12:20:39 PM1/27/03
to
Alain Stimamiglio <alain.st...@tiscali.fr> wrote:


> "Be My baby" ce n'est pas parce que ça "ouvre" Mean Streets que ce n'est pas
> une daube!

Il faut revoir de toute urgence ton éducation musicale...
"Be My Baby", c'est l'apogée du "mur de son" de Phil Spector, un morceau
énorme par sa démesure. Évidemment, les paroles ne sont pas de
l'Apollinaire, la mélodie est simple mais la production, les
arrangements, la réverbération font du résultat un truc qui
court-circuite les neurones jusqu'à te faire pousser un large sourire de
jouissance. Sans ce morceau, les Beach Boys n'auraient pas fait grand
chos entre 1965 et 1967 et la pop n'aurait jamais connu une telle
évolution pendant la décennie.

> Et la bo de Casino, à part Bach, Delerue, les Stones ou les
> Animals, ça reste une "compil" qui vaut son pesant d'infâmes kitscheries
> sixties-seventies...

C'est étudié pour. Le collaborateur de Scorsese côté B.O. est Robbie
Robertson, l'ancien guitariste et leader du Band, et qui a une culture
musicale énorme. Ça ne l'empêche pas d'avoir ses petits penchants "mode"
(ou la conception qu'il en a), ce qui explique sans doute la présence de
compos de U2 ou de Peter Gabriel (déjà invités sur son premier album
solo) sur "Gangs of New York". C'est lui qui a dû faire le travail
d'ethno-musicologue pour retrouver les différents styles musicaux ou les
chansons en vogue à l'époque. Ça en est un peu crispant : dans les
scènes de foule en extérieur, il y a presque toujours un blues qu'on
entend clairement en arrière-plan sonore, joué par un "bon" musicien.

> Cela dit pour la fin de Gangs of NY, une fin silencieuse, juste troublée par
> les bruits lointains des rumeurs de la ville, ça aurait été mieux,
> non?Enfin, bon, moi, c'que j'en dis...

Ça a permis à U2 d'avoir de la pub pour leur compilation et à Scorsese
de dire que son film était moderne, avec DiCaprio et U2...

Je crois cependant que Scorsese tenait à ancrer dès le départ son film
dans la modernité. Quand il s'est lancé pour la première fois dans ce
chantier, c'était en 1980 ou 81, après "Raging Bull". À l'époque, il
voulait engager les Clash pour jouer des rôles secondaires. Le projet a
échoué (les producteurs se sont désistés après l'échec de "La Porte du
paradis") et les Clash font une apparition brève dans "La Valse des
pantins", qui est en quelque sorte la "Porte du paradis" de Scorsese, vu
que le film a été considérablement remonté et écourté par le producteur
(Scorsese aurait encore une copie de la version d'origine, qui a
impressionné ses proches) et a amené Scorsese à descendre de son statut
de réalisateur star pour accepter des commandes. Aujourd'hui, il
travaille avec le groupe qui sur la scène musicale anglaise a pris la
"place" des Clash au début des années 80.

Morpheus

unread,
Jan 27, 2003, 1:25:00 PM1/27/03
to

Amis cinéphiles bonjour

Alain Stimamiglio wrote :

>> Mais ça ne veut rien dire, Casino aussi est un film "commercial"... Un très
>> grand film, mais un très grand film commercial et hollywoodien quand même...

Lorsque je lis les messages rédigés sur ce forum, j ai souvent l impression que
la désignation de « film commercial » est entendue par tous, sans que personne
n explique ce qu elle désigne exactement. Dans son utilisation la plus
manichéenne elle s oppose au film artistique, qui lui ne serait pas commerciale
(mais encore ?).

Je ne cherche pas ici à offenser qui que ce soi mais je pense qu apporter un peu
d éclairage sur cette notion très usité serait instructif pour tous.

Prenons par exemple les films d un Welles ou d un Hitchcock qui étaient à leur
sorti considérés comme des films commerciaux et dont on vente aujourd hui les
mérites artistiques. Qu en est-il exactement ?

Qu est ce qui selon vous, objectivement parlant, fait d un film qu il est
commercial ou artistique ?

Un film ne peut-il pas être à la fois commercial et artistique, l uvre d un
auteur et un succès auprès du public ?

Ou peut-être que le film artistique serait celui qui véhicule le regard critique
et personnel d un auteur (mais peut-on réellement parler d auteur lorsque les
personnes qui collaborent à un film sont parfois plusieurs centaines ?) et le
film commercial celui qui se contente de véhiculer les valeurs sociales de son
époque ?

J ai pour ma part tendance à penser que les choses ne sont pas si simples et
qu il faudrait amener quelques nuances dans nos propos en expliquant par exemple
ce qui, dans un film comme Gangs of New York, relève du film commercial.

J espère que vous viendrez éclairer ma lanterne sur ces questions.

Amicalement Morpheus

Passioncine

unread,
Jan 27, 2003, 2:21:48 PM1/27/03
to
>From: Morpheus incon...@caramail.com
>Date: 27/01/2003 19:25 Paris, Madrid
>Message-id: <2003127-19...@foorum.com>

>Prenons par exemple les films d’un Welles ou d’un Hitchcock qui étaient
à
>leur
>sorti considérés comme des films commerciaux et dont on vente aujourd’hui
les
>
>mérites artistiques.

Pour Welles si tu parles de Citizen Kane je me demande si on peux parler de
film commercial car ce film avait certes un grand budget mais était présenté
comme un film d'auteur. Quand à tous ses autres films il n'y en a pas un qui
soit commercial (que ce soit par le budget, la distribution , la campagne de
pub etc...).

jc

Francois Kahn

unread,
Jan 27, 2003, 3:27:10 PM1/27/03
to
Passioncine <passi...@aol.com> wrote:

> Pour Welles si tu parles de Citizen Kane je me demande si on peux parler de
> film commercial car ce film avait certes un grand budget mais était présenté
> comme un film d'auteur. Quand à tous ses autres films il n'y en a pas un qui
> soit commercial (que ce soit par le budget, la distribution , la campagne de
> pub etc...).

Voyons... "La Soif du mal", c'est bien de Welles ? Et on pourrait aussi
citer "Le Criminel", qui est un film de commande.

Passioncine

unread,
Jan 27, 2003, 4:58:12 PM1/27/03
to
>From: fkahn-...@noos.fr (Francois Kahn)

>Voyons... "La Soif du mal", c'est bien de Welles ? Et on pourrait aussi
>citer "Le Criminel", qui est un film de commande.

Bon je ne sais pas si le criminel est un film commercial, un film de commande
certes mais que la prod a passé aux oubliettes (en plus le film n'est pas très
bon sauf la séance finale).
Effectivement la soif du mal est à la rigueur son film le plus "commercial"
mais vu le relatif succès qu'à eu ce film et le traitement que les prod lui ont
fait subir...
Dans tous les cas dire que Welles faisait du commercial c une abberation (aucun
succès public ça a calmé les véléités commerciales des studios je crois que
c'est la RKO qui avait comme slogan après Citizen Kane "plus de divertissements
moins de génie").

jc

Vincent Fournols

unread,
Jan 27, 2003, 5:33:14 PM1/27/03
to
Le 27 Jan 2003 18:25:00 GMT, Morpheus <incon...@caramail.com> écrivit :


>Lorsque je lis les messages rédigés sur ce forum, j’ai souvent l’impression que
>la désignation de « film commercial » est entendue par tous, sans que personne
>n’explique ce qu’elle désigne exactement. Dans son utilisation la plus
>manichéenne elle s’oppose au film artistique, qui lui ne serait pas commerciale
>(mais encore ?).

>Je ne cherche pas ici à offenser qui que ce soi mais je pense qu’apporter un peu
>d’éclairage sur cette notion très usité serait instructif pour tous.

A mes yeux, cette notion de "cinema commercial" ne veut strictement rien
dire, et n'apporte rien à quelque approche du cinéma qu'on prenne. C'est
créer des barrières inutiles et articficielles, comme s'il y avait d'un
côté les gentils et/ou les bons films, de l'autre les pâbô et les
rabalsalam.
Franchement, je ne comprends pas ce qu'on cherche à prouver en s'essayant à
cette rhétorique et quel discours sur le cinéma en profiterait. Ce travers
est probablement favorisé par la sur-importance accordée en France au
metteur en scène dans un film, au détriment du producteur et dans une
moindre mesure du scénariste. Toujours cette vieille idéologie française de
l'auteur sanctifié, ce mythe romantique de l'auteur qui ne peut créer que
dans la souffrance, qui ne peut produire son cristal que dans l'adversité.

C'est une discussion d'autant plus vaine qu'on trouvera toujours des
exemples au service de n'importe quelle prise de position en la matière.
C'est comme vouloir faire entrer de force une réalité dans des modèles
inadaptés.

Le cinéma est une art et une industrie. Point. A partir de cela, comme dans
la vie courante, il y a des gens qui sont capables de gagner leur vie en en
faisant quelque chose de beau, quelque chose d'utile (Prévert ?
Saint-Exupéry ? ;-), quelque chose de sincère et qui parle aux autres. Et
d'autres qui ne seront jamais que des gougnafier d'exploiteurs ou même des
salauds.

Ce qui compte, c'est ce qui est mis sur l'écran, ce que ça raconte, ce que
ça peut révéler. On peut ne pas aimer Titanic ou Amélie (ce qui n'est pas
mon cas :-) voire Taxi, leur succès sera toujours révélateur de
l'imaginaire que le public y a projeté ou y a reconnu.
Idem du reste sur les plantages, les reconnaissances ultérieures, etc.

>
>
>Prenons par exemple les films d’un Welles ou d’un Hitchcock qui étaient à leur
>sorti considérés comme des films commerciaux et dont on vente aujourd’hui les
>mérites artistiques. Qu’en est-il exactement ?
>
>Qu’est ce qui selon vous, objectivement parlant, fait d’un film qu’il est
>commercial ou artistique ?
>

>Un film ne peut-il pas être à la fois commercial et artistique, l’œuvre d’un

>auteur et un succès auprès du public ?
>
>Ou peut-être que le film artistique serait celui qui véhicule le regard critique
>et personnel d’un auteur (mais peut-on réellement parler d’auteur lorsque les
>personnes qui collaborent à un film sont parfois plusieurs centaines ?) et le
>film commercial celui qui se contente de véhiculer les valeurs sociales de son
>époque ?
>
>J’ai pour ma part tendance à penser que les choses ne sont pas si simples et
>qu’il faudrait amener quelques nuances dans nos propos en expliquant par exemple
>ce qui, dans un film comme Gangs of New York, relève du film commercial.
>
>J’espère que vous viendrez éclairer ma lanterne sur ces questions.
>
>Amicalement Morpheus

--
Vincent Fournols - vin...@fournols.org
Lumière sur le cinéma : http://www.lumiere.org

Morpheus

unread,
Jan 27, 2003, 6:10:22 PM1/27/03
to

Passioncine Wrote :

>> Dans tous les cas dire que Welles faisait du commercial c une abberation
(aucun
>> succès public ça a calmé les véléités commerciales des studios je crois que
>> c'est la RKO qui avait comme slogan après Citizen Kane "plus de
divertissements
>> moins de génie").

Cela n est pas si évident que tu cherches à nous le faire croire, je te rappelle
que dans les années 50 les critiques et intellectuels de l époque n avaient que
mépris pour Welles et son Citizen Kane avant qu André Bazin vienne en prendre la
défense (cf : le débat opposant Bazin à Sartre dans la revue Esprit).

Sartre (l un des premiers à avoir vu le film aux Etats-Unis) écrira d ailleurs à
propos de Citizen Kane : « Bref, j assistais à une explication de caractère et à
une démonstration de technique. L une et l autre sont parfois éblouissantes :
mais elles ne suffisent pas à faire un bon film » (Paru dans l écran Français
d août 1945).

C est d ailleurs cette défense acharnée des films américains, alors considérés
en France comme des films commerciaux sans intérêt, qui fera l originalité des
premiers numéros des cahiers du cinéma et qui animera les débats cinéphiliques
des années 50.

Pour plus de précision je te renvoie à la lecture de l excellent ouvrage
d Antoine de Baecque sur l histoire des Cahiers du cinéma (Histoire d une revue
tome 1 : à l assaut du cinéma) ou au petit livre de Yann Darré (histoire sociale
du cinéma français).

L histoire du cinéma n est pas uniquement une histoire faite de films et de
budgets, elle est surtout une histoire sociale.

Ce n est pas un mode de financement, ou des pratiques marketing qui font d un
film ce qu il est, c est son public. Comme le dit Jean-Luc Godard, « regarder un
film c est le faire »

Bonne lecture

Amicalement Morpheus

Passioncine

unread,
Jan 28, 2003, 3:22:33 AM1/28/03
to
>From: Morpheus incon...@caramail.com
>Date: 28/01/2003 00:10 Paris, Madrid
>Message-id: <2003128-01...@foorum.com>

>Cela n’est pas si évident que tu cherches à nous le faire croire, je te
>rappelle
>que dans les années 50 les critiques et intellectuels de l’époque
n’avaient
>que
>mépris pour Welles et son Citizen Kane avant qu’André Bazin vienne en
prendre
>la
>défense (cf : le débat opposant Bazin à Sartre dans la revue Esprit).

En fait son Citizen Kane avait recu des critiques très élogieuses même en
France (plus grand film de tous les temps etc...) mais ce sont ses films
suivant qui on plus fait débat même si une partie des critiques était grand
défenseur de welles (pas comme Hitchcock qui lui faisait parfois des films
"commerciaux" et était éreinter par la critique sauf par les cahiers).
Positif aussi défendait Welles et le cinéma américain on ne peux pas limiter
donc le paysage critique à eux (même si certains de leurs amis essaient de le
faire dans certains ouvrages). En fin ça fait plaisir aux cahiers du cinéma
and co d'alimenter encore plus la légende "d'artiste maudit" de Welles.

jc

badaboum

unread,
Jan 28, 2003, 6:53:55 AM1/28/03
to
Bon puisque je suis passée une fois comme un troll pour parler d'un ciné
foireux, autant aussi parler du film qu'allait avec, pas si foireux que ça
quand même.
M'enfin la bande annonce, les acteurs et le nom fait du réa, bien sûr qu'on
aurait de l'épopée.
Déçue vraiment ? Oui /non parce que ça colle, les immigrés sont pas si
ricains que ça, ils ont juste vraiment l'air de le devenir et ça stigmate
dur de partout, politiquement c'est pas le melting pot. Histo-socio
logiquement donc ça colle bien, c'était même assez intelligent pour envoyer
ma mère dans des bouquins d'Histoire, c'est pas rien.
Sur le forum socio, quelqu'un parlait de "deux films pour le prix d'un"
parce que du cinéma contemporain qui présente des structurations politiques
aussi claires c'est rare, alors que la perspective du réa est également
"micro-structurée" (la rue les gangs et leurs acteurs). C'est vrai que de la
guerre civile à la guerre à aujourd'hui ça fait beaucoup, alors une fin avec
quelques acteurs heureux et un avenir malheureux (avec ou sans les tours
c'est pas une fin optimiste), pourquoi pas..? ça évitait au moins un
sentimentalisme qui serait apparu comme bien déplacé si Di Caprio était mort
au combat..
Scorcese bon chef de l'oeuvre donc (franchement quand on voit les atrocités
de certains comme Spielberg dans des films historiques, et leur succès, y'a
largement de quoi accorder sa légitimité à celui-là) totalement d'accord que
pour le reste on repassera et on s'en repassera d'autres.
badaboum

"Gatorade" <Gato...@free-ture.fr> a écrit dans le message news:
2003125-13...@foorum.com...

Sacha Martinetti

unread,
Jan 28, 2003, 12:02:51 PM1/28/03
to
In news: newscache$7qsd9h$b82$1...@news.tiscali.fr, Alain Stimamiglio,
alain.st...@tiscali.fr, s'est publiquement exprimé :

> Alain Stimamiglio, Scorsesophile, malgré tout!

C'est quoi ces "S" dans corsophile ?


Sacha

L'humanité est un seul instrument aux luthiers invisibles, aux
compositeurs fous, aux instrumentistes aveugles.


a.dominique

unread,
Jan 28, 2003, 1:13:22 PM1/28/03
to

"badaboum" <badag...@ifrance.com> a écrit dans le message de news:
b15r37$2bhb$1...@norfair.nerim.net...

Justement, La Liste de Schindler est beaucoup plus réussi que Gangs of new
york...


Romain

unread,
Jan 28, 2003, 1:03:39 PM1/28/03
to
Alain Stimamiglio <alain.st...@tiscali.fr> wrote:

> Cela dit pour la fin de Gangs of NY, une fin silencieuse, juste troublée par
> les bruits lointains des rumeurs de la ville, ça aurait été mieux,
> non?Enfin, bon, moi, c'que j'en dis...

Si on arrive à supporter la chanson de U2 jusqu'au bout, c'est ce qui
suit...

--
Romain
Maholo aloha !

Filipe

unread,
Jan 28, 2003, 6:44:23 PM1/28/03
to

"a.dominique" <a.domi...@free.fr> a écrit

> Justement, La Liste de Schindler est beaucoup plus réussi que Gangs of new
> york...

Gangs of new york est si méprisable que sa?


Alain Stimamiglio

unread,
Jan 29, 2003, 7:01:07 AM1/29/03
to

Ah bon, après le générique, alors?
Cela dit, ce serait difficile de le savoir, là où le film passe, chez moi,
les lumières s'allument dès le début du générique (parfois 2 ou 3 secondes
avant!), histoire de dire "allez, ouste à la maison, maintenant!" et je
crois que le projectionniste ne laisse même pas aller jusqu'au bout...

Alain Stimamiglio

Alain Stimamiglio

unread,
Jan 29, 2003, 7:04:21 AM1/29/03
to
Sacha Martinetti wrote:
> In news: newscache$7qsd9h$b82$1...@news.tiscali.fr, Alain Stimamiglio,
> alain.st...@tiscali.fr, s'est publiquement exprimé :
>
>> Alain Stimamiglio, Scorsesophile, malgré tout!
>
> C'est quoi ces "S" dans corsophile ?
>

Ah, je savais bien qu'il y avait des sonorités sympathiques dans le nom de
cher Marty. Tout s'explique...
Et si tu savais, Sacha, comme Les Affranchis et Casino sont "cultes" dans
notre île, ça t'étonne? ;-)

Alain Stimamiglio

Romain

unread,
Jan 29, 2003, 5:11:54 PM1/29/03
to
Alain Stimamiglio <alain.st...@tiscali.fr> wrote:

> Ah bon, après le générique, alors?

Au cours du générique, en fait. Y'a la chanson de U2 avec les effets dur
le titre (j'aime bien d'ailleurs les effets) puis le déroulant et là ce
sont des bruits de foules et de klaxons New Yorkais, un rappel de Taxi
Driver ?

Sacha Martinetti

unread,
Jan 30, 2003, 10:26:19 AM1/30/03
to
"Alain Stimamiglio" <alain.st...@tiscali.fr> a écrit dans le message
news: newscache$hk5h9h$i57$1...@news.tiscali.fr...

> Et si tu savais, Sacha, comme Les Affranchis et Casino sont "cultes" dans
> notre île, ça t'étonne? ;-)

Hé hé, non :-)

Sacha

Fred

unread,
Jan 31, 2003, 5:38:49 AM1/31/03
to
> > Justement, La Liste de Schindler est beaucoup plus réussi que Gangs
of new
> > york...

Filipe :


> Gangs of new york est si méprisable que sa?

C'est vrai que la liste de Schindler est méprisable ....
vraiment n'importe quoi parfois ce qu'on lit içi


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