Thierry M. <thry.NOSP...@wanadoo.fr.INVALID> wrote:
> Francois Kahn avait énoncé :
>
> > L'humour a toujours été la chose qui s'exporte le plus mal. Les comédies
> > américaines de Will Ferrell ou du gang de Judd Appatow n'ont souvent pas
> > été distribuées en France
>
> ya pas que le comique, j'ai posé la question il y a peu sur des 3D (the
> hole, the haunting salem, elfe's story...) et on me retorque que c'est
> parceque "la critique"
La critique joue un mince rôle pour la distribution des films d'auteur.
"L'Armée des ombres" n'a jamais été distribué aux USA avant ces
dernières années parce que les Cahiers du cinéma lui avaient collé une
critique hyper-négative (film sur la résistance gaulliste sorti après
mai 68) et qu'à l'époque les Cahiers faisaient la pluie et le beau temps
chez les distributeurs américains.
L'accueil du film dans un festival joue certainement un plus gros rôle
que les critiques imprimées dans la presse aujourd'hui.
> ouaih bon heu... sorti du fait que "la critique" elle a bon dos et
> qu'elle ne reflete pas le box office (ou le taux d'écoute si c'est TV),
> qui lui même n'est pas identique d'un pays à un autre,
Ça n'est pas forcément le box office ou la critique. Il y a aussi les
accords de co-production et les pré-ventes.
Tout ce qui est filmé n'est pas forcément distribué chez nous, parce
qu'on ne peut pas sortir 20 ou 25 films par semaine. Même en vidéo, ce
sont les premières semaines de vente qui constituent la grosse majorité
des recettes. Donc, si le film n'est pas repéré à sa sortie en salles ou
en vidéo, que ce soit dans la presse ou dans les présentoirs, il coule
sans laisser de traces et il faut donc qu'on fasse des choix.
En dehors des majors, il y a pas mal de studios américains qui n'ont pas
de distributeur attitré en Europe. Ça se négocie donc au cas par cas, et
il est parfois important pour eux de vendre un projet sur la base du
casting et du script avant même que le film soit tourné, pour une
coproduction ou des préventes. Et quand le film est terminé et n'est pas
encore sorti dans son pays d'origine, on le montre à des investisseurs
étrangers pour vendre là encore les droits de distribution, parce que
ces rentrées d'argent permettront d'assurer la promo du film dans le
pays d'origine.
Et c'est d'ailleurs le principal truc qui se passe à Cannes ces
jours-ci, vu que c'est le principal marché du film au monde. Le festival
est en fait une vitrine à du business qui se déroule en parallèle, et où
les distributeurs dont des deals avec des boîtes de prod pour
l'exclusivité dans tel ou tel pays.
Ce qui se passe pour la 3D, c'est qu'après le succès public d'Avatar,
plein de distributeurs ont acheté tout ce qui se faisait en 3D et se
sont pris quelques bides en salles. Du coup, ils sont aujourd'hui plus
prudents et attendent que le marché soit plus mûr. Et toutes les études
marketing sur la télévision indiquent que les gens ne mettent pas la 3D
très haut dans leurs priorités d'achat de matériel ou de contenu.
Si quelques films en 3D se remettent à cartonner outre-Atlantique en
salle ou en vidéo, les distributeurs français seront plus attentifs à ce
qu'ils peuvent distribuer chez nous et rachèteront des droits. Mais ils
n'ont sinon pas envie de s'engager beaucoup sur un créneau où ils savent
avec pas mal de certitude qu'ils perdraient de l'argent.
> que de toute
> façon, un film peut très bien être distribué juste quelques jours, mais
> qu'on s'aperçoit que même en guichets fermés, certains ne sont
> programmés *que* quelques jours (???), que pour finir vu l'avalanche de
> nanars distribués...
> Je ne vois guère de logique à cela et donc je n'ai pas vraiment compris
> pourquoi... sinon, je suppose, de sombres histoires de droits et de
> pognon pour les acheter (?)
Ça s'appelle une sortie technique. Ça permet ensuite aux chaînes de
télévision de diffuser le film et de le faire rentrer dans leurs quotas,
tandis que sans la sortie technique la même oeuvre entrerait dans la
catégorie téléfilms, moins intéressante à leurs yeux.
>
> > les meilleures séries comiques anglaises ou
> > américaines, même des gros succès dans leur pays d'origine, sont
> > inédites chez nous, etc.
>
> tout n'est pas perdu, il reste les sous titres et éventuellement la
> traduction automatique de ces derniers: j'utilise simplement celle de
> google et c'est largement suffisant pour s'y retrouver (c'est même
> étonnant et ça a l'air de s'améliorer, tout comme la reconnaissance
> vocale android), même si parfois ça ajoute une touche d'humour la ou on
> s'y attend le moins...
Vu le temps que je passe à faire des sous-titres pour des internautes ou
à corriger des traductions existantes, il y a quand même de très gros
écarts de qualité.