Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

Deux etages. [Ex: Re: Un Tati et ca repart...]

0 views
Skip to first unread message

gbog

unread,
Jun 29, 2001, 12:39:28 PM6/29/01
to
Yannick Rolandeau <yr...@free.fr> a écrit dans le message :
u8snjtk2fijmj45do...@4ax.com...
> On Fri, 29 Jun 2001 01:03:47 +0200, "gbog" <gb...@caramail.com>
wrote:

> >~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> > Première partie,
> >je réponds sur le même ton.
> > Ascerbe...
> >~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Et en plus, tu as besoin de le
> mettre en étendard ? On se croirait à une
> cour de récré.

<ton ="volontairement ascerbe et ironique en réponse au ton
méprisant">

Très juste... « Miroir, mon beau miroir... »

> > 1. Comme tu met « X-No-Archive: yes »,
> > je ne peux pas vérifier que
> > c'était bien ta réponse par google,
> > qu'à cela ne tienne :
>
> Tu n'as qu'à garder les réponses.

Takataka... Takatitakité ?

T'as une bonne raison de pas vouloir être archivé ?

> > 2. Le coup de la bombe
> > atomique est là pour en jeter, pour faire
> > du bruit, mais c'est un pétard mouillé.
> > Merci de contrer mes arguments
> > avec un peu plus de sérieux : Non,
> > on ne critique pas la bombe
> > atomique pas nostalgie. Mais
> > Tati critique t-il la bombe ? Non, il
> > ironise le formica, assez relativement
> > moins nocif. Tati est un poète,
> > il se moque. Voir son film comme
> > un étendard « anti - modernité -
> > qui - nous - empêche - de -
> > communiquer - et - d'être humains » c'est
>
> > 1) prêter un rousseauïsme primaire
> > à Tati qui ne mérite pas tel pilori
> > et >2) classer ce chef-d'oeuvre
> > parmi les navets passéïstes gnangnans.
>
> Pures affirmations gratuites.

Oui, Usenet est gratuit, figure toi.

</ton>

> Bon, prenons le film. Mon oncle.

Voila le cambouis. J'aime le cambouis.

> [...]
> On aperçoit le couple moderne, la femme
> dans son costume ridicule restant à
> la maison déjà occupé par son aspirateur,
> à nettoyer ses vitres et tout ce
> qui passe, cartable de son fils, poignée
> de voiture etc, et le mari dans
> son costume ridicule aussi qui boit
> sa tasse de café dehors.

Ah oui, ça c'est vraiment marrant. Merci de me rappeler cette
scène dans le détail, je revis de bons souvenirs. C'est bizarre, là tu
décris proprement et en bon français compréhensible. Comme pour
Stéphane Ninin, j'avais la bonne intuition : quand tu veux être clair,
tu peux. La différence de ton et de qualité de la langue est telle que
je n'arrive pas à m'imaginer que c'est bien la même personne qui me
cause.

Bon.

J'ai coupé les scènes que tu présentes. Depuis le début de cette
conversation, on était tout les deux au degré zéro de l'interprétation
du film, c'est le degré de l'agressivité et de l'incompréhension
mutuelle. Tu as fais l'effort que j'attendais : passer au premier
étage, ce qui ne se fait qu'avec un ascenseur en état de fonctionner,
c'est à dire en ne prenant pas l'interlocuteur pour un con. On va me
rétorquer que j'aurais pu le faire aussi, mais je l'ai fait, même
maladroitement, et c'est toi qui est dit le spécialiste de l'analyse
des films, pas moi.

Alors oui, vu du premier étage, et vu par le fenêtre de l'éthique,
ce film est la critique des travers d'une modernité matérialiste, bien
sûr. Mais, vu par l'autre fenêtre (l'esthétique), Tati filme avec une
exceptionnelle maîtrise des objets et des formes modernes (flêches,
meubles) et quand il filme le marquage routier, il nous donne une
image belle et stylisée de cette modernité. Mais vu qu'il s'attarde à
filmer ce modernisme qu'il critique, et qu'il le fait en le
représentant avec une grande beauté formelle, ça pourrait passer pour
de la complaisance (comme un soi-disant anti-peine de mort qui
filmerait longuement et avec beauté une exécution) J'espère que tu ne
nieras pas que chaque image de ce film est belle de par sa composition
parfaite, c'est d'ailleurs pour ça qu'il est « refait ». Quel est le
problème ? C'est grave de représenter ce qu'on critique en en faisant
un beau tableau à regarder ? Y a-t-il contradiction ? Oui (normal, on
est encore au premier étage). Pourquoi oui ? Parce que Tati dans ce
film ne propose pas d'alternative viable. Le tonton est complêtement
déconnecté du monde, anesthésié du cerveau. Il se laisse porter par la
modernité comme le bouchon sur la vague. C'est un « imbécile
heureux ». Et ce ne sont pas quelques plans de la « vraie vie
bruyante » qui suffisent à donner une vraie direction constructive. Or
Tati n'est pas primaire, ni même rousseauïste primaire. Faut monter
d'un cran.

Je ne donne qu'une piste, j'indique par où je crois que se trouve
l'escalier pour le deuxième étage (espérant que tu me montreras
l'ascenseur [<-- grosse lèche]) : Tati ne nous propose pas du tout de
fuir le modernisme. Pas du tout. Il l'aurait fait, sinon (il aurait
dans ce cas fait un film muet sur le moyen-âge). Au lieu de critiquer
la modernité, il la renverse. La scène qui me paraît bien le résumer,
c'est quand le tonton renverse l'immonde canapé vert et ondulé pour
dormir dessus. C'est quasiment la seule initiative du tonton. Ainsi
Tati est comme le tuyaux d'arrosage fou qui transforme le pic-nique le
plus convenu (la modernité) en scène hilarante de chien dans un jeu de
quilles, il dit qu'il faut jouer au billes avec les téléphones
portables. Loin de nous dire de fuir les inconvénients de la
modernité, il nous propose de les subvertir et d'en rire. Finalement,
sauf sur la voisine (que je m'explique mal : c'est pas très féministe,
ça), il porte un regard plus qu'humain sur ses personnages, qu'il nous
présente heureux. Il ne fustige pas du tout les acquéreurs de portes
automatisées, il nous dit qu'il faut accepter et rire de la modernité.
Qu'il y a toujours moyen de la bousculer et de se coucher dessus (le
canapé vert transformé en lit).

Tu es un pessimiste, Yannick, et moi aussi quelques fois. Voir
Tati ou Chaplin comme des pamphlets anti-modernité galopante ou
anti-capitaliste, c'est les réduire à du Marius et Jeannette. Si ces
chef-d'oeuvre nous dépassent, qu'ils sont universels, c'est qu'ils ont
un nombre infini d'étages et qu'il faut toujours monter plus haut. Que
l'analyser d'une façon doit conduire à trouver d'autres façons de
l'analyser. C'est ce que je voulais dire en disant qu'une description
d'un film est infinie : plus on en parle, plus il reste à en dire.
C'est un puit sans fond, comme un poème. Plus je réfléchis, moins je
comprends, disait le vieux maître.

Voilà pourquoi je réclame le droit de refuser des analyses
réductrices. Voilà je considérerais toujours mon ou ton opinion sur
tel bon film comme incomplête, discutable. Voilà aussi pourquoi il
faut toujours penser qu'on se trompe, à priori. C'est avec soi-même
qu'il faut argumenter. Sinon, c'est du Pavlov.

D'ailleurs :

YR> Tu te parles tout seul.

Donc : oui.

~~~~~~~~~~~~~~~~
Pour le reste,
j'ai pas super envie
de répondre à tout ceci :
~~~~~~~~~~~~~~~~

> > Ah, donc Rousseau ne fonde
> > pas sa philosophie sur le retour à la
> > nature ?...
>
> Non. Il me semble avoir posté récemment un texte dessus.

> Ca ne veut rien dire. Qu'est-ce que ça
> veut dire un Spinoza primaire ? Un
> Girardien primaire ? Un lacanien primaire ? Rien.

> C'est ce qu'on te demande d'argumenter.

> Voir plus haut. C'est sûr,
> c'est toujours aux autres de se décarcasser.
> C'est tellement plus cool.

> Merci de ne pas répondre.

> Tu affirmes gratuitement en plus.

> La conséquence ? Mort de rire.

> Marrant que tu n'arrêtes pas
> sur cette définition.

> C'est bien d'argumenter.

--
gbog

gbog

unread,
Jul 2, 2001, 11:18:41 AM7/2/01
to
[Je signale encore et toujours que je réponds ton sur ton à l'ascerbe
hautain]

[On parle (?) ici de _Mon Oncle_ de Tati, et je rappelle que dans ce
fil je proposais à Yannick de sortir du degré zéro de la conversation,
en montant de concert plusieurs étages, ce qu'il a refusé avec une
rare élégance]

Yannick Rolandeau <yr...@free.fr> a écrit dans le message :

bt3qjt4ghrg8ui4tc...@4ax.com...
>
> Non, tu ne l'as pas fait.

Si.

> >et c'est toi qui est dit le spécialiste de l'analyse
> >des films, pas moi.
>

> Délirant.

C'est vrai. C'est assez délirant d'imaginer qu'un type aussi
braqué puisse analyser correctement des films.

> > Alors oui, vu du premier étage,
> > et vu par le fenêtre de l'éthique,
> > ce film est la critique des travers
> > d'une modernité matérialiste, bien
> > sûr.
>

> Non, tu crois ?

Ben oui.

> La suite est aberrante.

Arguments ?

> Désolé, je ne trouve pas d'autres
> mots.

En effet. Ni arguments, ni rien.

> >Mais, vu par l'autre fenêtre (l'esthétique),
>

> Tu arrives à séparer dans un même
> film, l'éthique et l'esthétique et à ne
> garder que l'esthétique, bref ce qui t'arrange ?

T'as même pas lu ce que j'ai écrit...

> C'est délirant.

Conversation surréaliste. T'appelles ça des arguments ?

> >Tati filme avec une
> >exceptionnelle maîtrise des objets et des formes modernes (flêches,
> >meubles) et quand il filme le marquage routier, il nous donne une
> >image belle et stylisée de cette modernité. Mais vu qu'il s'attarde
à
> >filmer ce modernisme qu'il critique, et qu'il le fait en le
> >représentant avec une grande beauté formelle, ça pourrait passer
pour
> >de la complaisance (comme un soi-disant anti-peine de mort qui
> >filmerait longuement et avec beauté une exécution)
>

> C'est fou. Regarde à quoi il l'oppose, la vieille ville de banlieue,
> surtout à l'époque où le film a été fait et qui était précisement
actuel.

> Tout est dans le début du film que j'ai retranscrit.

A d'ac', « tout est dans le début ». Donc Tati n'a rien mit dans
la fin ni le milieu. Chapeau ! Ça, c'est de l'analyse pertinente !

> > J'espère que tu ne
> > nieras pas que chaque image
> > de ce film est belle de par sa composition
> > parfaite, c'est d'ailleurs pour ça qu'il est « refait ».
>

> C'est fou. Appelez une ambulance.

C'est un argument ? Un « truc » « dramatique », plutôt.

> Absolument pas anesthésie du cerveau.

Encore du bel argument dévellopé et tout.

> > Tati ne nous propose pas du tout de
> > fuir le modernisme. Pas du tout.
> > Il l'aurait fait, sinon (il aurait
> > dans ce cas fait un film muet
> > sur le moyen-âge).
>

> ??????,

Putain d'argument qui me tue !!! (note : c'est pas au nombre de
signes de ponctuation qu'on pèse la validité d'une argumentation, y
m'semble)

> >Au lieu de critiquer
> >la modernité, il la renverse. La scène qui me paraît bien le
résumer,
> >c'est quand le tonton renverse l'immonde canapé vert et ondulé pour
> >dormir dessus. C'est quasiment la seule initiative du tonton. Ainsi
> >Tati est comme le tuyaux d'arrosage fou qui transforme le pic-nique
le
> >plus convenu (la modernité) en scène hilarante de chien dans un jeu
de
> >quilles, il dit qu'il faut jouer au billes avec les téléphones
> >portables. Loin de nous dire de fuir les inconvénients de la
> >modernité, il nous propose de les subvertir et d'en rire.
Finalement,
> >sauf sur la voisine (que je m'explique mal : c'est pas très
féministe,
> >ça), il porte un regard plus qu'humain sur ses personnages, qu'il
nous
> >présente heureux. Il ne fustige pas du tout les acquéreurs de
portes
> >automatisées, il nous dit qu'il faut accepter et rire de la
modernité.
> >Qu'il y a toujours moyen de la bousculer et de se coucher dessus
(le
> >canapé vert transformé en lit).
>

> Non, il se renverse les objets et c'est tout.

Donc j'ai raison. Merci de l'admettre de si bonne grâce.

> Ca ne retire pas l'ambiance
> de ce monde clinique et froid.

T'as pas ri à ce film ? Mon pauvre...

> > Tu es un pessimiste, Yannick,
> > et moi aussi quelques fois. Voir
> > Tati ou Chaplin comme des pamphlets
> > anti-modernité galopante ou
> > anti-capitaliste, c'est les réduire à
> > du Marius et Jeannette. Si ces
> > chef-d'oeuvre nous dépassent,
> > qu'ils sont universels, c'est qu'ils ont
> > un nombre infini d'étages et qu'il
> > faut toujours monter plus haut. Que
> > l'analyser d'une façon doit conduire
> > à trouver d'autres façons de
> > l'analyser. C'est ce que je voulais
> > dire en disant qu'une description
> > d'un film est infinie : plus on en parle,
> > plus il reste à en dire.
> > C'est un puit sans fond, comme
> > un poème. Plus je réfléchis, moins je
> > comprends, disait le vieux maître.
>

> Résumé : On peut tout dire et le contraire,

Résumé simplisciste.

> faire du relativisme à tout va

T'as rien compris.

> Bon, la suite
> sans moi hein.
> Rideau.

Tu pouvais pas me faire de plus beau cadeau.

--
gbog


0 new messages