Réalisateur : Anne Fontaine
Acteurs : Michel Bouquet, Charles Berling, Natacha Regnier
Sortie en salles : 2001
Sortie DVD Zone 2 : 3 juillet 2002
HISTOIRE
Un couple bourgeois mène une vie pépère. Elle reste à la maison et
s'occupe d'oeuvres caritatives. Il est médecin spécialisé dans la
vieilesse et a une maîtresse. Tout est menacé par l'arrivée du père,
médecin de brousse...
CRITIQUE FILM
Les mauvaises langues diront qu'Anne Fontaine ne fait des films que
grâce à l'argent de son mari producteur Philippe de Carcassonne. Les
moins mauvaises langues diront qu'elle n'est que le portrait parfait de
la déviance et de l'errance actuelle du cinéma français sur-financé et
sans contact avec la réalité commerciale, donc économique (c'est-à-dire
le film dans son rapport avec le public). Elle s'asseyerait alors à la
droite d'un Benoit Jacquot, ou (dans une moindre mesure) Olivier Assayas
dont les films économiquement viables sont ceux d'un budget inférieur à
3 millions d'euros, et qui réalisent pourtant des films à plus de 6
(voire 13 millions pour Demon Lover).
Ces considérations purement financières mises de côté, qu'en est-il de
Comment j'ai tué mon père ? Franchement pas grand chose. Il y a d'abord
un côté fondamentalement bourgeois dans ce qu'il a de plus agaçant et
qui parcourt tout le film. Anne Fontaine s'en défend, tente même de
l'attaquer, mais même ses attaques sont bourgeoises, et du coup tombent
dans une certaine hypocrisie, alors qu'elle devrait au contraire assumer
ses origines et sa vie. Elle ne pourra pas, dans la même lignée,
rivaliser avec un Visconti, mais serait au moins cohérente et surtout
débarrassée d'une culpabilité qu'on sent être tout en surface.
Mais le plus agaçant dans Comment j'ai tué mon père ne réside pas dans
cette fausse lutte, ce faux thème qu'incarne le père qui tente de
réveiller les vraies valeurs médicales et humaines à son fils et qui se
perd (sans jeu de mot lacanien) dans un combat qui n'est pas le sujet du
film. Non, le plus agaçant, c'est l'arnaque scénaristique qu'il y a
derrière, puisque le film qui nous est ici proposé (comment l'arrivée
d'un étranger menace de détruire - en séduisant et l'homme, et la femme
- un couple bourgeois établi qui n'avait jusque là, apparemment, aucun
problème et dont la seule issue sera de [tenter de] tuer l'étranger),
est finalement le même que Nettoyage à sec... Aucune surprise, aucun
intérêt dramatique avec des personnages encore plus fermés, encore moins
intéressants donc...
Reste la mise en scène et les comédiens ? Déception aussi. D'abord avec
un détail qui, une fois remarqué, gâche tout le film. Sous pretexte de
rendre la lumière dramatique, les personnages ont TOUT LE TEMPS des
reflets de spots dans les yeux. Je suis désolé de vous le dire, mais
maintenant que vous savez ça, vous ne pourrez plus apprécier le film.
Une fois qu'on le sait, on le remarque tout le temps et c'est
insupportable. C'est aussi la preuve d'un manque d'intelligence car la
répétition finit toujours par lasser et ruiner les bonnes idées...
Reste-t-il au film la force de ses comédiens ? Charles Berling joue
toujours de la même manière, c'est-à-dire seul et sans nuance de jeu. Il
y a aussi Natacha Regnier qui se débat dans un rôle vide. Le seul que
l'on retiendra, c'est Michel Bouquet qui fait regretter son absence dans
la cinématographie française...
Critique écrite par Dumbledore, et disponible à l'adresse
http://dvdtoile.com/CritiqueDvd?dvd=4738
--
Spontex/DvdToile.com
http://dvdtoile.com
--
Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?NMCOTe6cvv>
Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ>