J’ai assisté mardi soir à la projection en avant-première du nouveau film du
réalisateur d’Elisa et de l’Eté meurtrier, Jean Becker. Cette chronique
champêtre nous fait partager la modeste existence de deux marginaux
débrouillards vivants aux abords d’un marais pendant l’entre deux guerres.
Ma première impression à la sortie de la salle était plutôt positive grâce
essentiellement à la qualité de l’interprétation. Sur ce point, ce film nous
prouve une fois encore, qu’à défaut de produire de grands films, la France
possède définitivement de grands acteurs. Michel Serrault et Jacques
Villeret sont égaux à eux-mêmes c’est à dire irréprochables, Jacques Gamblin
endosse à merveille son costume de vagabond au grand cœur quant à André
Dussolier, il atteint quasiment la perfection dans son rôle de petit
bourgeois niais et maladroit.
Mais en dépit de ces excellentes prestations et d’une région Rhône-Alpes
verdoyante et très bien mise en image, ce film n’en demeure pas moins
ennuyeux. Les personnages que nous décrit Jean Becker sont très sympathiques
mais vraiment trop stéréotypés pour que l’on s’y attache vraiment. On aurait
aimé que le réalisateur se penche davantage sur l’existence simple de ces
deux marginaux au lieu de se contenter d’une description un peu naïve
proche, parfois, de la caricature.
Au final, « Les Enfants du marais » est un film morne, sans grande
originalité qui ne laissera pas un souvenir impérissable dans la mémoire des
spectateurs. Les adeptes du cinéma français seront comblés par cette œuvre
bucolique, quant aux cinéphiles plus hétéroclites, ils seront certainement
moins enthousiastes même s’ils ne resteront sans doute pas insensibles au
jeu des acteurs ni à la beauté des images.
En espérant satisfaire vos attentes.
Cordialement.
Roxane FECHNER.