Comme on est poli, on se croit oblig� d'acheter deux ou trois bouteilles,
histoire de ne pas passer pour des coucous suisses. Parfois le flacon se
n�gocie � pr�s de 10 euros, souvent autour de 6. A ce tarif-l�, c'est du
g�chis. D'autant que les vilaines fillettes vont se retrouver illico au
fond de la cave. Et ne ressortiront que pour arroser un vieux coq au vin
qui n'avait rien demand� � personne.
D�j�, un cru issu du c�page Gamay, qu'il soit plant� sur les coteaux
lyonnais, en Touraine, en Anjou ou donc dans le Beaujolais, ne fera
jamais se relever personne la nuit, m�me pas un somnambule alcoolique.
Mais, l� en version primeur c'est le pompon, on touche le fond de la
cuve. L�chez-moi la grappe, j'ai l'�sophage en fusion.
Et dire que pour le m�me prix, on peut s'offrir un petit C�te du Rh�ne-
villages de derri�re les fagots. Un assemblage aux petits oignons de
nobles c�pages tels le grenache noir, le syrah, le mourv�dre, le carignan
ou encore le cinsaut. Des appellations gouleyantes telles Rasteau ou
Cairanne, Valr�as ou Laudun, Sablet ou S�guret, Chusclan ou Visan et
autres Vinsobres (liste loin d'�tre exhaustive). Des vins charpent�s,
puissants, bien en bouche aux caudalies longues comme des jours sans
pain. Et bien moins co�teux qu'un Ch�teauneuf ou m�me qu'un Gigondas...
Cette ann�e la mascarade gustative commence le mercredi 18 � minuit
p�tante ou si vous pr�f�rez le jeudi 19 � 0h� Ce jour-l�, je sortirais de
mes clayettes un domaine Gourt de Mautens. C'est un magnifique Rasteau
mais, avouons-le, celui-l� est un peu plus cher�