Je recherche une reprographie d'un tableau de Marin Marie du
"Caroline", 4mats barque de la cie BORDES.
A défaut de reprographie dans le commerce, je voudrai
contacter le propriétaire du tableau pour qu'il m'autorise à
le reproduire.
Voilier en perte totale à Antofogasta après incendie de sa
cargaison de nitrate le 20 juillet 1920
Mon grand-père cap-hornier était à bord.
Merci d'avance
Bonjour Yann .. de Piere en Morvand ..
Avec mon nom et prénom, j'ai eu souvent des idées de peindre ... !=)) mais j'aime les
peintres et je te conseille de voir les archives de la marine !
Il me semble que Marin Marie était un des peintres officiels de la Royale (donc avec
l'estampille officielle sur ses toiles !) et donc ses productions doivent paraitre je
pense dans un catalogue soit au minitère de la mer (ex marine !) soit dans des catalogues
du type Musée de la marine ...
Ainsi tu pourrias savoir où est le tableau ... et qui sait en aoir des repro ...
Au temps ou le musée était aux cotés du musée de l'Homme (au Troccadéro ... ma famille
vivait alors de l'autre coté de la seine, rue de l'Université - avenue de la Bourdonnais
..... donc c'était un endroit de reve, balades ... et de savoir fort visité les jeudis ou
dimanches de pluies ainsi que le musée de la découverte dans ma jeunesse ... lorsque je
m'émerveillais dans Jule Verne ... ), il existait une boutique revendant les reproductions
... et des maquettes !
Juste une piste que tu peux suivre ... et qui sait si ce musée n'a pas un site (voir
google' ?)
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Pierre BONNARD
http://pierrebonnard.free.fr/index.htm
Le Cadd Havre pour ... Generic Cadd, Visual Cadd,
Plus un peu du MORVAN en France et d'anciennes choses ...
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Merci Pierre
J'ai envoyé un mél au service photothèque du musée de la Marine.
Un jour, quand j'aurai le temps - je suis en retraite dans
15 jours - je mettrai en ligne la vie de mon grand-père
François-Marie Le BIHAN,
inscrit maritime 15645 à Paimpol
qui fut notamment Terre-Neuvas,
Cap Hornier sur les dernier grands voiliers de la Cie Bordes,
puis soutier et chauffeur sur les paquebots faisant La Ligne
Le Havre- NY.
Il a posé son sac à terre le 18/5/1931 au Havre en
débarquant du France.
Cordialement
Yann à Vannes
Peut etre avec ce lien ?
http://sextan.com/article.php3?id_article=51
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Des photos du Caroline
http://francois.delboca.free.fr/fscaroli.html
Je crois qu 'il y a quelque chose d 'intéressant sur ce lien
http://perso.wanadoo.fr/bibliorare/marin-marie-expo.htm
Bonsoir,
Merci à vous
Les photos sur le zoo
*Mon grand-père
*Un des bateaux qu'il a servi.
*Son fascicule page d'embarquement
*Son fascicule page de débarquement
Quelques tranches de la vie de François-Marie Le BIHAN,
racontées par les acteurs et rapportées dans l'excellent
livre "CAP HORNIERS FRANCAIS" de Brigitte et Yvonnick Le
Coat publié au Chasse Marée.
Grand merci à eux.
« La mer devient grosse brusquement. C'est sans doute quand
on est sorti de l'abri des Etats », remarque Toussaint
Lanneau. On approche maintenant du cap Horn. Le cap lui-même
n’est q'un caillou comme tant d'autres qui culmine à 242
mètres et se termine « par des falaises noires et crevassées
». Mais ce caillou, tel « cet écueil goulu qui avait digéré
tant de naufrages » dont parle Victor Hugo, ne laisse pas
indifférent. Car il faut franchir cette porte pour entrer
dans l'autre océan. Passage obligé, et quel passage! Mais
aussi bout du monde. « Enfin le cap Horn, la bête noire, est
passé » dit Irénée Le Coat ; « à 1 h 50, passé Nord-Sud du
cap Horn à 15 milles environ », signale simplement Toussaint
Lanneau.
La plupart du temps les hommes ne le voient pas, qu'il fasse
nuit ou que le temps soit bouché, ou bien encore quand le
navire passe trop au Sud tant il lui faut louvoyer à cause
du vent d'Ouest et lutter contre les courants. Dans le
détroit de Drake, les eaux du Pacifique et celles de
l’Atlantique se confrontent, et là, le navire est leur
otage. « Nous savions au départ que nous allions souffrir du
froid, du vent, de l’isolement, du découragement, des
conditions de travail inhumaines », se rappelle Benjamin
Riou, qui ajoute: « doubler le cap Horn demandait trois à
quatre semaines, il arrivait même parfois qu'au lieu
d'avancer on reculait ».
L'eau envahissant le coffre alourdit le navire qui s'enfonce
alors. En sortira-t-il ? On peut en douter parfois, comme
l'explique Benjamin Riou: « A bord de Caroline, qui
m'hébergea durant cinq voyages, en plein cap Horn, par un
temps de chien, une mer en furie, en cape sèche, j'aperçus,
à environ trois milles de distance, un rouleau monstre qui
se dirigeait vers nous. J'invitai l'équipage à se mettre
bien à l'abri Cette lame gigantesque ne tarda pas à nous
tomber dessus. Malheureusement le navire, à ce moment dans
le creux d'une lame précédente, prit une gîte du côté d'où
surgissait cette montagne d'eau dont le contenu, estimé à 3
000 tonnes, envahissait le pont, laissant en vue seuls, le
gaillard et la dunette.
« Alourdi par cette surcharge, Caroline, n'obéissant plus à
l'action de son gouvernail, ne constituait plus qu'une
épave. Sur le coup je sentis le quatre-mats s’affaisser
lourdement. Par bonheur, les hiloires des panneaux
résistaient au choc, sans quoi c'eût été "la fin des
haricots", le navire coulant irrémédiablement avec son
équipage. Roulant bord sur bord, au bout d'une vingtaine de
minutes, Caroline rendait son bien à l'océan perfide et,
allégée de son fardeau, remontait en surface à la joie de
tous, heureux de l'avoir échappé belle. Aucun accident parmi
le personnel, mais perte "déplorable" de nos trois
cochons... déjà bien grassouillets. »
Le mythe du cap Horn s'est construit avec le respect
qu'inspire le courage que ces marins ont su trouver en
eux-mêmes pour faire face à une nature apparemment
indomptable, pour faire passer leur voilier quelles que
soient les conditions du moment. Ces voiliers, comme tout
navire marchand, ne choisissent pas la date de leur passage,
ce sont les impératifs commerciaux qui l'imposent. Ils
quittent leur port d'affrètement en Europe quand le
chargement est achevé, de même qu’ils reviennent du Chili
dès que leurs cales sont à nouveau pleines. C'est l'unique
contrainte de temps que connaissent les marins, elle
s'impose à tous, et pour les deux sens de passage du cap.
P179
-Asie et Caroline sont perdus. Deux navires de la compagnie
vont encore disparaître, sans perte d'homme heureusement. Le
28 décembre 1919, alors que venant d'Iquique avec un
chargement de nitrate il rentre en Loire pour Nantes, avec
le pilote à bord et assisté par un remorqueur, le
quatre-mâts Asie, capitaine joseph Ollivier, s'échoue sur le
récif des jardinets. La brise est si forte que le remorqueur
n'a pas pu maintenir le navire dans le chenal. L'épave de
l'Asie, qui n'a pu être renflouée, restera longtemps
visible. Peu de temps après l'accident, au mois d'avril, le
capitaine repart au Chili commandant le Dunkerque .
Quant à la Caroline, dont le capitaine est Toussaint
Hunault, elle est en rade d'Antofagasta sur ses ancres quand
un incendie éclate dans son chargement le 18 juillet 1920.
Le 20 on réussit à l'échouer, mais les dégâts sont si
importants qu'ils ne peuvent être réparés, le voilier
devient perte totale. Avant de rapatrier le capitaine, la
compagnie lui demande de visiter sur place des voiliers
allemands qu'elle pourrait acquérir au titre des dommages de
guerre.
Caroline. Après un incendie dans son chargement de nitrate,
ce quatre-mâts devient perte totale, échoué dans l'anse de
la Chimba au Chili.
P387
- Mort de Arzul, Chauvin, Geffroy et Le Denmat. En décembre
1920, revenant en France avec la Seine chargée de nitrate,
le capitaine Jean Arzul et trois hommes de son équipage sont
balayés par une lame au voisinage des Açores. Le second,
Eugène Gervin, rapporte ceci : « A 12 h 45 nous recevons un
paquet de mer qui balaie tout sur son passage : le
capitaine, le maître et quatre hommes qui se trouvaient à la
barre. Me trouvant de quart en bas, je suis monté, ainsi que
le lieutenant, vivement sur le pont. Un horrible spectacle
nous y attendait. Les cris et les plaintes que nous
entendions de tous côtés m'ont de suite éclairé sur la
situation. je demande où se trouve le capitaine
- Ici, me crie-t-on.
« Allongé sous la baleinière, le capitaine me dit :
- je ne peux plus bouger, j'ai les reins brisés.
« Aidé du lieutenant et de deux hommes, je le transporte
dans la chambre de veille, ainsi que le maître Le Denmat et
le matelot Chauvin à qui j'ai fait donner immédiatement les
premiers soins. Le capitaine avait les blessures suivantes :
fracture de la colonne vertébrale, la cuisse brisée, qui
n'était plus qu'une masse sanglante de lambeaux de chair
arrachés, laissait voir les os à nu. La plaie était horrible
et il ne restait plus une seule goutte de sang. Le maître,
lui, avait le crâne perforé, laissant passer la cervelle, et
la jambe droite brisée. Le matelot Chauvin, jambe et cuisse
brisées en trois endroits, la chair arrachée laissait voir
les os à nu. Avec cela un bras cassé. Les matelots Marrec et
Dauphin, également blessés, mais moins, ont été soignés
quelque temps après. Le matelot Geffroy a disparu. « Sur
l'ordre du capitaine, qui avait toujours connaissance, J'ai
dû aller carguer la misaine et mettre le navire à la cape,
car nous nous exposions à recevoir un autre paquet qui nous
aurait tous balayés, vu que le navire se trouvait au travers
au vent et à la lame. Le matelot Carriou (infirmier au
service) a été laissé auprès des accidentés, aidé du nommé
Guigand. Ces deux hommes ont été très courageux et ont donné
entière satisfaction pour les pansements qu'il a fallu
faire. Quand je suis revenu de la manœuvre le capitaine
râlait et il est mort vers 2 h 30 du matin. Le Denmat n'a
pas repris connaissance et il est mort dans le même temps.
Seul le matelot Chauvin a vécu jusqu'à 10 h 45.
« Dès qu'il m'a été possible de le faire, j'ai commencé les
réparations des dégâts causés. [….] Du 23 au 29, nous avons
eu tous les jours tempête. Le navire a fatigué un peu par le
travers du grand panneau. Le 24, J'ai rencontré un vapeur
italien à qui j'ai signalé ce qui nous était arrivé. Il m'a
demandé si je voulais du secours. Je lui ai répondu que
j'irais à Fayal. Ce jour 4 h 05, le pavillon a été hissé en
berne et, devant l'équipage réuni, les corps du capitaine et
des deux hommes ont été immergés. J'ai eu la douleur de ne
pouvoir mettre en travers, vu l'état de la mer qui était
très grosse. Suis rentré en rade de Fayal le 29 à 11 h 45 du
soir. »
C'est à Pierre Le Chevanton, de retour du Chili avec la
Loire, que les armateurs demandent de rapatrier leur voilier
: « Vous prendrez passage sur notre vapeur Alsace et vous
emmènerez avec vous trois hommes destinés à remplacer les
malheureux tués ou disparus. Vous vous chargerez aussi
d'emporter deux compas et la roue de rechange du gouvernail
dont le navire a besoin. [ ... ] Nous nous en remettons
entièrement à vous sur les dispositions à prendre pour
assurer la sécurité du navire. Nos agents à Horta sont
Messieurs Bensaude et Cie. »
En post-scriptum de cette lettre datée du 5 janvier 1921,
Alexandre Bordes a ajouté pour ce capitaine qui a sa
confiance et son estime : « Nous vous sommes obligés d'avoir
bien voulu vous charger de cette mission. »
Après avoir effectué les réparations indispensables, Pierre
Le Chevanton quitte Horta le 21 janvier et rentre à Bordeaux
le 2 février 1921. A son retour, il trouve un mot de
félicitations d'Augustin Morfouace, le capitaine d'armement
de La Pallice-La Rochelle avec qui il a gardé de bons
rapports : « C'est encore une excellente affaire à votre
actif et dont certainement nos patrons doivent être très
satisfaits. je suis heureux de savoir que ce petit voyage se
soit accompli favorablement, et je vous adresse, à cet
égard, mes plus sincères félicitations.
« Etes-vous satisfait de votre nouveau navire ? Je suis
persuadé que, comme facilité de manœuvre, vous avez trouvé
un grand changement avec Loire. Au point de vue marche, je
pense qu'il n'y a pas beaucoup de différence, mais c'est un
peu moins confortable comme logements. Petit détail qui est
largement compensé par les autres avantages que vous
connaîtrez, surtout quand vous aurez pu apprécier la grande
stabilité du Seine, comparativement à celle du Loire. Ce
dernier navire est désarmé pour un temps indéterminé. Le
second, Benoist (Auguste), doit, Je crois, se marier.
L’exemple est, parait-il, contagieux. Il quittera donc son
poste et sera remplacé par Faugeras (Francisque, le premier
lieutenant), car je ne puis laisser ce bateau sans aucun
officier à bord. »
Ayant lu le rapport de mer du second, Augustin Morfouace
fait part à Pierre Le Chevanton de ses critiques : « Le
pauvre Arzul a agi avec beaucoup d'imprudence en faisant
embarquer à son bord 100 tonnes de surcharge et je crois
que, dans ces conditions, il eût agi sagement en prenant la
cape pendant cette tempête plutôt que de faire route grand
largue, comme semble l'indiquer le rapport Gervin. Un navire
surchargé sous cette allure par grosse mer est toujours
exposé à recevoir des coups de mer dangereux. Mais je
comprends parfaitement qu'on essaie toujours de gagner du
temps en profitant des vents lorsqu'ils sont favorables.
« Il m’est cependant arrivé deux ou trois fois de mettre à
la cape dans des conditions analogues pour éviter des coups
de mer et des avaries, surtout avec Tarapaca qui gouvernait
mal sous cette allure, et je m’en suis bien trouvé. Ce
rapport est un peu vague et l'on sent bien que celui qui l'a
établi n’avait pas l'habitude. Mais il est suffisant pour
faire connaître l'état lamentable où se trouvaient ces
pauvres malheureux qui devaient être écrasés littéralement
sur les chantiers des embarcations ou claire-voie, etc.
« C'est une triste mort pour ce pauvre Arzul, qui eut
encore la présence d'esprit et l'énergie pour faire mettre à
la cape avant de mourir, évitant ainsi d'autres avaries
susceptibles de se reproduire dans l'état où devait se
trouver l'équipage à ce moment-là. »
p385/386
Yann à Vannes
qui se prend parfois pour un marin !
Bonsoir, c'est peut être celui là, mais le "Caroline" 3
n'est pas naufragé aux Açores, mais à Antofogasta.
Pourtant un port en lourd de 4070T indiquerai un 4mb d'après
1900.
je mets une petite photo du Caroline que j'ai trouvé et de
mon Grand-père sur le zoo
Effectivement !
Mais presque tous les voiliers 4mb de chez Bordes se
ressemblent.
Merci pour tout
Yann à Vannes