Les bancs automatiques à DM.LI
UN PEU D'HISTOIRE
DM.LI, Division de révision des instruments de bord et équipements
électroniques existe à Orly depuis 1948 (Nommé CRO-RA et CRO-IB, pour
Centre de Révision d'Orly RAdio et Instruments de Bord).
Cette division est équipée de tous les bancs nécessaires pour
reproduire, dans la mesure du possible, l'installation avion et
permettre de tester les équipements. Les temps d'essais peuvent varier
de 1 heure à plus de 40 heures en test manuel. Les équipements modernes
plus complexes, plus nombreux et assurant de multiples fonction ont
encore amenés un accroissement important de ces temps.
Dès 1958, des moyens de compenser et de freiner cette tendance ont été
recherchés. Nos techniciens étudiaient ou achetaient des bancs où les
manoeuvres étaient moins nombreuses et simplifiées. Certains
constructeurs proposaient des bancs à cartes perforées réduisant le
nombre de manipulations. L'idée d'un banc automatique se dessinait.
Nous pouvons dire qu'à AIR FRANCE en général et à DM.LI en particulier,
nous avons été parmi les pionniers en matière de recherche sur les
"testeurs automatiques".
Fin 1960, la C.T.I. (Californian Technical Industries) nous présenta un
"Autotester" qui était un contrôleur universel pouvant mesurer
automatiquement des grandeurs électriques par lecture d'une bande
perforée, à 80 trous. Une progression, pas à pas, commandait les
différents types de mesure.
La bande perforée définissait le type de mesure, les valeurs limites
(tolérances) et les points de mesure (un point par rapport à n'importe
quel autre parmi 600 fils d'un connecteur).
En 1962, après avoir reçu et étudié l' "autotester", nous réalisâmes les
générateurs, appareils de mesure et circuits de commutation nécessaires
à l'essai du Rack à 4 servo-amplis, Relay and Power Supply de la
Caravelle.
Les résultats encourageants autorisèrent l'étude d'un banc automatique
qui vit le jour un an plus tard, en 1964, et était capable d'essayer :
- le calculateur pilote automatique LEAR (SE.210)
- la boîte de commutation AFEC1
- des relais de transfert
- des boîtes de commandes - des relais.
Deux ans plus tard en 1967, après modifications et adjonctions de
nouveaux générateurs et moyens de mesure, ce banc permettait de tester
automatiquement les pilotes automatiques du B.707 (PB20).
Nous l'avions appelé "B.E.A.U" ce qui voulait dire : BANC D'ESSAIS
AUTOMATIQUE UNIVERSEL.
Ce banc est resté en exploitation jusqu'en 1980, date à laquelle trop
vétuste pour être dépanné, nous avons dû avec émotion procéder à son
démontage. Toute une époque faite de joies, de peines, de trouvailles,
de système "D", disparaissait avec un peu de nostalgie, mais nous
laissait riches d'enseignements et d'expérience sur le "test
automatique".
En 1971, l'apparition de nouvelles techniques de génération de fréquence
par des "synthétiseurs" rendue possible par l'utilisation des circuits
intégrés permettait de programmer des signaux numériques et de réaliser
des ensembles d'un volume acceptable bien que très complexes.
Dans le même temps, les progrès effectués particulièrement dans le
domaine des mémoires (volume et prix) étaient devenus si spectaculaires
et l'éventail des composants d'ordinateurs si large qu'ils allaient
ouvrir une nouvelle voie aux bancs automatiques.
LES "ATEC 4000"
Après beaucoup de démarches, de contacts avec des constructeurs, notre
choix s'est arrêté sur un système de test automatique de fabrication
française (SNIAS).
En 1973, le premier banc automatique piloté par ordinateur fit son
apparition à DM.LI : l'ATEC 4000 (Automatic Test Equipment Complex).
Nos besoins de test augmentant, il fut suivi par un deuxième système en
1976 et par un troisième en 1980.
Posséder plusieurs systèmes de test pratiquement identiques est un grand
atout. En effet, à quelques exceptions près, chaque système est capable
de tester les mêmes équipements en utilisant les mêmes programmes et les
mêmes moyens de mesure ou de génération.
Chaque système permet :
- les générations de tensions continues,
- les générations de tensions alternatives 400 Hz avec décalage de
phase,
- les générations angulaires (synchro ou resolver),
- les générations de signaux divers (carrés, sinus, triangles, rampes,
impulsions) à fréquences variables,
- les générations de signaux numériques parallèles et séries,
- les générations de pressions statique et dynamique.
- les mesures électriques (tension, intensité, résistance) entre
n'importe quel point par rapport à n'importe quel autre parmi 900 fils,
- les mesures d'angle (synchro ou resolver),
- les mesures de phase,
- les mesures de temps (période, intervalle),
- les mesures de signaux numériques parallèles et série.
Nous disposons aujourd'hui d'une centaine de programmes nous permettant
de tester 120 types d'équipements.
Quelques exemples parmi cette longue liste :
- relais de transfert,
- pilotes automatiques A300, 747, 727, 707, Concorde,
- automanettes A300, 747, 737, Concorde,
- centrales anémométriques A300, 747, Concorde.
La durée des tests automatiques varie entre 30 mn et 12h30.
- P.A. Lateral A300 : 12h30 (du principalement à la partie analogique :
constante de temps) - test manuel : 80 h,
- Relais de transfert : 30 mn - test manuel 4h,
- Automanette 747 : 5h30 - pas de test manuel à DM.LI,
- Automanette 737 : 3 h - pas de test manuel à DM.LI,
- Central Switching Unit 747 : 30 mn - test manuel 8 h,
- Centrale anémométrique 747 : 4h30.
Les ATEC 4000 sont pilotés par un ordinateur et les programmes sont
enregistrés sur des unités de disques magnétiques.
Les opérateurs disposent d'une visu style écran de téléviseur sur
laquelle apparaissent les messages éventuels et d'un clavier style
machine à écrire pour rentrer les réponses. Les programmeurs disposent
en plus d'une seconde visu sur laquelle ils peuvent écrire des
programmes même lors du test d'un équipement.
Le langage de programmation s'appelle : A.T.O.L. (Automatic Test
Oriented Language), il est relativement simple à utiliser et ne
nécessite pas de connaissances informatiques.
L'ATEC 5000 destiné aux équipements digitalisés de la nouvelle
génération vient d'arriver à DM.LI. C'est le dernier né de cette série
de testeurs. Nous lui avons consacré une page particulière dans ce
numéro (voir article suivant).
- Le passage au banc des equipements,
- la réalisation des nouveaux programmes,
- la maintenance des programmes existants,
- les modifications de programme nécessaires lorsque les spécifications
d'essais changent,
- la maintenance des trois machines,
sont des opérations réalisées par des agents de DM.LI.
Ces systèmes sont dits TESTEURS UNIVERSELS car ils permettent de tester
plusieurs familles d'équipements. Ils permettent de détecter, dans un
certain nombre de cas, le module ou la carte en panne à l'intérieur de
l'équipement.
L'ATEC 5000 EST ARRIVÉ
La Direction du Matériel prépare activement l'arrivée de l'A310
La mise en ligne de l'A310, avion de la nouvelle génération équipé d'une
avionique hautement numérisée, nécessite la mise en service d'outils de
maintenance de la même famille. La Direction du Matériel a acquis le
dernier né des bancs d'essais universels automatiques développé par la
SNIAS : l'ATEC 5000 installé à DM.LI.
Ce nouveau banc destiné aux équipements digitaux apporte une grande
efficacité.
Sur le plan économique :
- gain de temps,
- réduction du nombre de rechanges nécessaires,
- réduction des investissements en moyens d'essais
Sur le plan technique :
- précision des mesures,
- répétabilité des essais,
- respect des spécifications d'essais aussi complexes et combinatoires
soient-ils.
Ce banc comporte, outre un ensemble de génération électrique,
commutation et baie de mesure, une partie informatique musclée
construite autour d'un calculateur MITRA 225 de 256 Kmots de 16 bits,
dialoguant avec 2 consoles de visualisation, une unité de disque de 20
Méga-octets, un floppy disk et un dérouleur de bande.
Les logiciels spécifiques au test des quelques 30 équipements A310
concernés sont développés pour une part par une équipe de DM.LI où ce
nouveau banc vient compléter la gamme de bancs automatiques. La mise au
point de l'ensemble matériel et logiciel va s'étaler jusqu'à avril 1984
afin d'être prêt dès les premiers jours d'exploitation de l'A310.
Dominique Ottello - Air France DM.LI - Décembre 1983
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