Nicolas Delsaux
unread,Feb 16, 2024, 2:37:47 PM2/16/24You do not have permission to delete messages in this group
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Yama Loka terminus: Dernières nouvelles de Yirminadingrad
Jacques Mucchielli, Léo Henry
Ce recueil de nouvelles nous envoie dans la ville imaginaire de
Yirmininadingrad, dont le non nous indique clairement qu'elle se trouve
en Europe de l'est. Mais dont la localisation est d'autant moins
évidente que les innombrables vagues migratoires ont des origines
pan-européennes. Et cette ville à la population hétéroclite a aussi, on
le comprend au cours des nouvelles, une géographie très parcellaire :
les différents quartiers exposent des niveaux de vie très différents.
Dans tous les cas, il y fait un temps assez moche, qui coïncide avec une
structure politique qu'on ne voit que de très loin, mais dont l'état est
assez loin de la démocratie. Qui plus est, le pays semble être en
guerre, sans doute avec l'un de ces voisins.
Tous ces détails sont donnés au cours de ces nouvelles, qui présentent
avant tout des habitants, ou des voyageurs, ayant un lien avec cette
ville. Et si ces nouvelles sont bien écrites, et très évocatrices, je
dois avouer que je n'ai pas aimé ce recueil. Ca n'est pas une question
de style, ni une question de décor, mais plutôt une question de
connexion entre ces éléments. Attendez, je vais l'écrire autrement. J'ai
trouvé ces nouvelles pesantes, déprimantes. Et aucune d'entre elle ne
m'a donné le moindre espoir. Et si c'est bien de montrer un certain
talent littéraire (c'est indéniablement le cas des auteurs de ce livre),
j'aime l'idée qu'il y ait une forme d'évolution des personnages dans
l'histoire. Et ces nouvelles qui ne sont connectées que par le décor ne
m'ont jamais paru tourner autour des mêmes personnages, qu'on aurait pu
voir évoluer. De ce fait, le seul élément évoluant dans ces nouvelles
est la ville. Mais rien, à aucun moment, ne m'a donné envie d'y vivre.
Du quartier des passerelles hanté de chiens anthropophages aux tunnels
de la dernière nouvelle (que j'ai trouvé spécialement répugnante), aucun
endroit n'est plaisant ou même supportable.
Tout ça a fait, à cause de mes attentes de lecteur, une rencontre
littéraire loupée. Autrement dit, c'est formellement bien construit,
mais ça n'était pas pour moi.
--
Nicolas Delsaux
"Putain, mais quelle fichue imagination je peux avoir " - John Brunner -
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