Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

[Avis] Dans la dèche au royaume enchanté

0 views
Skip to first unread message

Nicolas Delsaux

unread,
May 21, 2008, 3:54:16 AM5/21/08
to
Pour les isbniens, voici juste un nombre : 2070343502

La science-fiction est la littérature d'aujourd'hui.
Voilà peu près ce que démontre ce bouquin.
Dans celui-ci, on suit les pas de Julius, qui tente de sauver son rêve
de Disneyworld, au mépris de toutes les conventions de son époque.
Et quelle époque ! La mort n'est plus qu'un souvenir, l'argent
n'existe plus, et on change de corps un peu comme de chemise.
Quand je dis que la science-fiction est la littérature d'aujourd'hui,
je veux dire que c'est la littérature qui nous parle le mieux du
présent, même si elle l'habille des vêtements du futur. Par exemple,
dans ce roman, l'auteur nous parle de l'économie de la réputation que
sont en train d'installer les divers réseaux sociaux (si vous voulez
plus d'infos, allez donc voir la page sur le whuffie de la wikipedia).
Il nous parle aussi des dérives de tels systèmes, où quelqu'un de
connu pourra créer le consensus autour de lui, mais où l'innovation
divergente est difficilement possible, justement parce que la
divergence crée des conflits d'opinion. C'est d'ailleurs ce qui arrive
systématiquement au héros.
Il nous parle aussi de la fin du progrès, même s'il ne s'en rend pas
compte. Il aurait pu en effet choisir des personnages dont le but soit
plus "grand" que de faire vivre DisnleyWorld. Je veux dire par là que,
pour le lecteur que je suis, le choix des personnages du roman et leur
poitionnement dans la société décrite montre d'une certaine façon
quelles sont les aspirations de cette société. Là, les personnages
sont bien vus parce qu'ils travaillent dans DisneyWorld. Et quand je
dis bien vu, ce sont apparement des héros. Alors quoi ? Est-ce que
Doctorow essaye inconsciement de nous montrer sa société comme
creuse ? Je n'en suis même pas sûr.

En fait c'est un bouquin qui m'a laissé, une fois terminé, beaucoup de
questions dans la tête : est-ce que le whuffie est un systèlme
économique viable ? Est-ce que la fin de la mort ne va pas juste
provoquer un ennui massif ? Franchement, je n'en sais rien. Et si ces
questions sont tout à fait fascinante, je trouve que la manière dont
est construit le récit, sur des bases très fortes, est un peu trop
classique pour être intéressante

rene-marc

unread,
May 21, 2008, 5:47:45 AM5/21/08
to
Nicolas Delsaux <nicolas...@gmail.com> :

>
> En fait c'est un bouquin qui m'a laissé, une fois terminé, beaucoup de
> questions dans la tête : est-ce que le whuffie est un systèlme
> économique viable ? Est-ce que la fin de la mort ne va pas juste
> provoquer un ennui massif ? Franchement, je n'en sais rien. Et si ces
> questions sont tout à fait fascinante, je trouve que la manière dont
> est construit le récit, sur des bases très fortes, est un peu trop
> classique pour être intéressante

à peu près d'accord: un environnement fascinant, une intrigue sans
interet.

Un peu comme le rainbows end de Vinge.

Nicolas Delsaux

unread,
May 22, 2008, 3:14:36 AM5/22/08
to
On 21 mai, 11:47, rene-marc <r...@mecreant.org> wrote:
>
> à peu près d'accord: un environnement fascinant, une intrigue sans
> interet.

J'aurais dû répondre avant, mais je n'ai pas trop eu le temps. Pas si
grave ...

Le problème avec cette assertion, c'est qu'elle souligne un point
important : l'environnement.
Il est effectivement très bien, mais hélas ne vient pas de Doctorow.
Par exemple, son whuffie n'est qu'une implémentation d'une économie de
la réputation qu'on trouve déja sur un site comme ebay par exemple.
Et hélas, je crois qu'on pourrait dire ça de pas mal d'aspects
essentiels de son roman (sauf bien sûr l'immortalité, mais bon, elle
n'est esquissée qu'à grands traits et peu utile dans le roman, je
trouve).
Du coup, dire qu'il est bien parce que l'univers inventé par Doctorow
est crédible manque un peu de réalisme.

herve...@messagerie.net

unread,
May 22, 2008, 3:28:30 AM5/22/08
to
On 22 mai, 09:14, Nicolas Delsaux <nicolas.dels...@gmail.com> wrote:
> Il est effectivement très bien, mais hélas ne vient pas de Doctorow.
> Par exemple, son whuffie n'est qu'une implémentation d'une économie de
> la réputation qu'on trouve déja sur un site comme ebay par exemple.

C'était même sous une forme approchante (et la première fois IIRC que
j'ai vu le concept en SF) dans la nouvelle de James Patrick Kelly
parue en 2000 _Feel the zaz_

Hervé <Nerfworld>

Nicolas Delsaux

unread,
May 22, 2008, 8:09:13 AM5/22/08
to
On 22 mai, 09:28, herve.fo...@messagerie.net wrote:
>
> C'était même sous une forme approchante (et la première fois IIRC que
> j'ai vu le concept en SF) dans la nouvelle de James Patrick Kelly
> parue en 2000 _Feel the zaz_

En 2000 ?
Ca doit être concomittant avec les premières version d'ebay, non ?
Attention, je ne dis pas qu'il y a eu copie ou inspiration, juste que
ça doit être une idée dans l'air du temps.
D'ailleurs, puisque je t'ai sous la main, est-ce que nos amis d'outre-
atlantique n'auraient pas fait des bouquins sur les systèmes
économiques possibles dans la SF (pour parler de l'éco-économie de la
trilogie martienne de Robinson, de cette économie de la réputation, ou
de celles fondées sur d'autres critères que la rareté) ?
Parce que, vu la voie que prend notre monde, comme l'économie se
révèle un levier plus important que les systèmes politiques, je me dis
que c'est une piste à explorer, qui d'ailleurs l'est de plus en plus
régulièrement, non ? Je pense par exemple à l'oecumène d'or/le phénix
exultant de Wright, ou à Robinson, naturellement.
>
> Hervé <Nerfworld>

herve...@messagerie.net

unread,
May 22, 2008, 8:26:42 AM5/22/08
to
On 22 mai, 14:09, Nicolas Delsaux <nicolas.dels...@gmail.com> wrote:
> > C'était même sous une forme approchante (et la première fois IIRC que
> > j'ai vu le concept en SF) dans la nouvelle de James Patrick Kelly
> > parue en 2000 _Feel the zaz_
> En 2000 ?
> Ca doit être concomittant avec les premières version d'ebay, non ?
> Attention, je ne dis pas qu'il y a eu copie ou inspiration, juste que
> ça doit être une idée dans l'air du temps.

Oui, Kelly était d'ailleurs, (IIRC) le chroniqueur du net d'IASFM d'où
sa grande sensibilté à ce genre de phénomène. Dans mon nébuleux
souvenir, le zaz était à la fois un mélange des notions de réputation
et de traffic.

> D'ailleurs, puisque je t'ai sous la main, est-ce que nos amis d'outre-
> atlantique n'auraient pas fait des bouquins sur les systèmes
> économiques possibles dans la SF (pour parler de l'éco-économie de la
> trilogie martienne de Robinson, de cette économie de la réputation, ou
> de celles fondées sur d'autres critères que la rareté) ?

Non.

Tu trouveras ce regret souvent exprimé, mais, à ma connaissance,
personne ne s'est attaqué au sujet hormis quelques articles dans les
diverses encyclopédies.

Le consensus habituel est que le seul auteur qui ait vraiment porté
une attention à l'économie soit Mack Reynolds, souvent en conjonction
avec une pensée utopique.

C'est par exemple le thème de _Tomorrow might be different_ où les
problématiques de transferts de capitaux entre pays sont centrales.

Tu pourra trouver quelques infos là-dessus dans _Welcome to the
revolution : The literacy legacy of Mack Reynolds_
( sf.marseille.mecreant.org/ouvaut.php3?000617 ).

Hervé <Starswarm>

0 new messages