Alain CF wrote:
> "Français, en guerriers magnanimes, portez ou retenez vos coups.
> Épargnez ces tristes victimes à regret s'armant contre nous".
>
> Passage découvert pour ma part vers 1989, avec un 33t où Michel
> Plasson dirigeait l'arrangement de Berlioz, parmi d'autres oeuvres
> révolutionnaires. Très bel effet de ce passage chanté /a capella/, si
> je me souviens bien.
Ce n'est pas ce couplet qui est a cappella, mais le suivant.
J'ai cet enregistrement, et comme je vous aime, mes gueux, bien que vous ne
le méritiez pas, je vous l'offre. Vous le trouverez ici :
http://mapage.noos.fr/memoires-de-siam/marseillaise.mp3
Vous reconnaîtrez, accompagné par l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous
la direction de Michel Plasson, François Le Roux, Françoise Pollet, et
Tibère Rafalli, on applaudit bien fort, et l'on oublie pas le choeur, ni la
maîtrise.
Et l'on admirera au passage le génie du petit père Berlioz qui sentait bien
ce qu'il y avait de foireux dans cette mélodie, cette montée avortée,
Marchez, marchez, qu'un sang im... // pur, qui retombe connement, alors
qu'il eût fallu bien sûr la laisser gravir l'ultime degré, s'épanouir,
exploser dans une formidable éjaculation patriotique, fa sib, si ré, mib, fa
sol ... SIb, avant de retomber enfin, apaisée comme après l'orgasme, ainsi
qu'a fait Totor qui s'y connaissait en orgasmes républicains, et en orgasmes
tout court, d'ailleurs.
Bon, moi ça me rappelle la distribution des prix à la communale, on chantait
trois couplets, devant monsieur le maire et les parents z'émus qui se
levaient en prenant l'air grave, ainsi qu'il sied : le premier, bien sûr,
puis le couplet dit "des enfants", qui nous laissait un peu dubitatifs,
parce qu'enfin, à la veille des vacances, nous n'avions pas très envie de
venger ni de suivre qui ce soit, et encore moins d'aller partager le
cercueil d'inconnus qui, si ça trouve, se lavaient même pas et puaient des
pieds, et le couplet Amour sacré de la Patrie, conduis, soutiens nos bras
vengeurs. Et puis le maire faisait un petit discours républicain, il jetait
un coup d'oeil ému à la photo majestueuse du Général qui égayait le préau,
on montait tour à tour sur l'estrade pour recevoir le ou les livres (pour
moi, c'était "le", un petit) qu'on avait mérité, et l'école était finie.
Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, vous vous tamponnez, mais
pour moi, la Marseillaise, bien loin des élans patriotiques, ça a une odeur
de vacances interminables qui remonte à l'enfance.
--
Paul & Mick Victor
nostalgique