Bonjour à tous,
j'ai le plaisir de vous présenter un morceau que je viens d'enregistrer
avec Eric Athamnia :
Charles Baudelaire - Le spleen de Paris - Epilogue
http://youtu.be/VO07zBVfC0I
Charles Baudelaire 1821-1867
Petits poèmes en prose (Le Spleen de Paris), recueil posthume de poèmes
en prose publié en 1869.
Epilogue - la dernière pièce du recueil, la seule qui soit en vers. Il
est aujourd'hui établi que Baudelaire n'avait pas prévu d'inclure
l'épilogue dans le recueil.
Eric Athamnia, voix
Patrice Reich, piano
Composé par les interprètes.
Pour cet épilogue chargé de violence et de tourments, nous avons choisi
une mise en musique dans un style expressionniste largement atonal.
Ce style nous a semblé être le plus à même de dépeindre les enfers et la
torture de l'esprit.
Eric Athamnia utilise une palette d'effets vocaux à l'expression
exacerbée : parlé, chanté, parlé-chanté (sprechgesang), murmuré,
susurré, crié, voix fry, graves, aigus, voix tremblée, etc...
Structure du morceau :
après une courte introduction, le texte est présenté en entier, dans
l'ordre.
Les deux premiers vers de chaque tercet commencent par une basse La, et
le troisième par une basse Do, mais la musique est tout de même atonale
avec un tempo libre.
Vient ensuite une partie où des mots du texte sont utilisés dans le
désordre, en les répétant.
La partie piano utilise une base d'accords parfaits, avec un motif de
quatre accords wagnériens transposés trois fois, soit seize accords,
répétés quatre fois au total.
La première fois, les accords sont simplement plaqués puis la main
gauche joue basse et accords et la main droite des mélodies torturées de
caractère rythmique.
Il y a après un da capo en guise de coda, avec le premier et le dernier
tercet, qui se termine avec des réminiscences de tonalité.
Voici le texte complet de cet épilogue :
Le coeur content, je suis monté sur la montagne
D'où l'on peut contempler la ville en son ampleur,
Hôpital, lupanars, purgatoire, enfer, bagne,
Où toute énormité fleurit comme une fleur.
Tu sais bien, ô Satan, patron de ma détresse,
Que je n'allais pas là pour répandre un vain pleur;
Mais comme un vieux paillard d'une vieille maîtresse,
Je voulais m'enivrer de l'énorme catin
Dont le charme infernal me rajeunit sans cesse.
Que tu dormes encor dans les draps du matin,
Lourde, obscure, enrhumée, ou que tu te pavanes
Dans les voiles du soir passementés d'or fin,
Je t'aime, ô capitale infâme! Courtisanes
Et bandits, tels souvent vous offrez des plaisirs
Que ne comprennent pas les vulgaires profanes.
À bientôt,
Patrice Reich