Quelqu'un qui a envie d'apprendre....
o_ \
° /
Ca ne répond que partiellement à la question, mais il y a un ouvrage
qui me vient à l'esprit : "Opéra opinions" de Jacques Chuilon. Comme
son titre l'indique ce n'est pas un ouvrage spécialisé, simplement un
argumentaire assez personnel (sur 190 petites pages en gros
caractères, bref un petit bouquin) concernant tout un ensemble de
"problèmes" liés aux interprétations d'opéra.
Parmi ces problèmes il y a celui des voix "baroques" supposées petites
et sans vibrato, et en spécialiste de la technique vocale, son opinion
est tranchée : le vibrato est inévitablement lié à toute émission
vocale saine ("chercher à éliminer le vibrato naturel de la voix
conduit à canaliser le son, à le corseter et empêche la voix de
s'épanouir par l'exercice, de développer peu à peu sa puissance")...
Et comme il se réfère à d'anciens traités de chant, comme celui de
Tosi, il précise également qu'"aucun traité ne prescrit de chanter
sans vibrato". Enfin un argument assez convaincant, je trouve :
"faut-il rappeler que le registre de Voix Humaine, dans l'orgue
baroque, se caractérise précisément par son vibrato ?"...
>Enfin un argument assez convaincant, je trouve :
>"faut-il rappeler que le registre de Voix Humaine, dans l'orgue
>baroque, se caractérise précisément par son vibrato ?"...
Vibrato qui consiste à faire trembler le vent en tirant le registre de
tremblant avec le registre de voix humaine.
Dom Bedos le qualifiait, en 1776, de "gâteur des jeux de l'orgue ..." et
n'estimait son utilité que quand l'orgue était "médiocre" ou mal accordé.
En serait-il de même pour la voix ?
Bisous,
--
Didier
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Retournons au passé, ce sera un progrès. (Verdi)
Répondre en corrigeant l'adresse : wanadoo à la place de waododo
Donc le tremblant serait un "en plus", il n'est pas (ou pas toujours
?) inclus dans le registre "voix humaine" ? Utilise-t-on le tremblant
avec d'autres jeux ? Si c'est le cas, l'argument devient un peu bancal
c'est vrai...
> Dom Bedos le qualifiait, en 1776, de "gâteur des jeux de l'orgue ..." et
> n'estimait son utilité que quand l'orgue était "médiocre" ou mal accordé.
> En serait-il de même pour la voix ?
Chuilon fait allusion au fait que ce vibrato (celui de l'orgue) est
souvent jugé exagéré, mais ajoute que la réalisation ne change rien au
concept de base "voix humaine => inévitable vibrato", déjà à l'époque
baroque.
En tout cas pour la voix, le vibrato ne peut pas être considéré comme
nécessaire seulement en cas de médiocrité ! L'indice d'une mauvaise
qualité vocale serait plutôt l'irrégularité ou l'excès de lenteur ou
de rapidité du vibrato...
> En tout cas pour la voix, le vibrato ne peut pas être considéré comme
> nécessaire seulement en cas de médiocrité ! L'indice d'une mauvaise
> qualité vocale serait plutôt l'irrégularité ou l'excès de lenteur ou
> de rapidité du vibrato...
Ou les excès d'amplitude. Mais l'on remarque parfois que des interprètes de
qualité comme Victoria De Los Angeles possèdent un vibrato un peu
désordonné, ou presque pas de vibrato (Graziella Sciutti, Eugenia Ratti,
etc...). Mais je vous éloigne là du vibrato baroque, évidemment.
David
>"DGW"
>> Vibrato qui consiste à faire trembler le vent en tirant le registre de
>> tremblant avec le registre de voix humaine.
>
>Donc le tremblant serait un "en plus", il n'est pas (ou pas toujours
>?) inclus dans le registre "voix humaine" ? Utilise-t-on le tremblant
>avec d'autres jeux ? Si c'est le cas, l'argument devient un peu bancal
>c'est vrai...
Bon ! Temporisons !
La Voix Humaine de l'orgue est utilisée avec le tremblant doux.
Au 17e siècle, on disait "mettre la chèvre avec le grand bouc"
Voici texto ce que dit Dom Bedos de Celle:
" On mettra au Grand-Orgue ... le Bourdon, la Flûte de 4 pieds & la voix
humaine.
Au positif on tirera les deux 8 pieds avec lesquels on fera
l'accompagnement; on fera jouer le tremblant doux.
Il faut bien remarquer que c'est le seul cas où les organistes qui ont le
plus de goût pour l'harmonie se servent du tremblant doux, même lorsqu'il
est bon; ce qui est assez rare.
On doit le souffrir ... pour modifier le son de la voix humaine, qui sans
cela n'imite jamais véritablement la voix naturelle de l'homme.... " fin de
citation.
Par ailleurs, il précise, par exemple:
"Pour toucher un fond d'orgue:
... on n'y fera jamais jouer le tremblant doux comme le pratiquent certains
organistes sans goût."
"Pour toucher une basse de trompette:
... Les organistes les plus minces y mèlent toujours le tremblant fort, mais
ceux qui sont habiles & connaisseurs en harmonie ne s'en servent jamais
parce qu'il fait disparaitre la beauté des jeux d'anche dont le son est
alors défiguré et altéré.
..."
Enfin plus loin, le coup de grâce:
"Si les jeux d'anche ont une mauvaise harmonie et qu'ils ne soient pas
d'accord, c'est le cas où l'on pourra se servir du tremblant fort. Cette
modification du vent mettra de la confusion dans l'harmonie & pourra
peut-être masquer un peu les défauts, si elle ne les augmente. ..."
>
>Chuilon fait allusion au fait que ce vibrato (celui de l'orgue) est
>souvent jugé exagéré, mais ajoute que la réalisation ne change rien au
>concept de base "voix humaine => inévitable vibrato", déjà à l'époque
>baroque.
>
Il parle certainement de ces tremblants que l'on rencontre dans les orgues
romantiques et qui sont appelés "trémolo". Même Cavaillé-Coll en a mis trois
en parallèle et qui battent tous en même temps dans l'orgue de la cathédrale
de Versailles. Atroce !
Honnètement je pense que le vibrato était pratiqué à l'époque baroque dans
le chant, particulièrement par les castrats italiens. Des connaisseurs
pourront certainement le confirmer.
Enfin, un détail technique si on doit faire un rapprochement entre la voix
naturelle et son imitation dans l'orgue, un bon tremblant doux ondule 3 à 4
fois et demi par seconde, selon le goût de l'harmonisateur.
>En tout cas pour la voix, le vibrato ne peut pas être considéré comme
>nécessaire seulement en cas de médiocrité ! L'indice d'une mauvaise
>qualité vocale serait plutôt l'irrégularité ou l'excès de lenteur ou
>de rapidité du vibrato...
Voui !