Le 25/11/2011 16:10, MELMOTH a écrit :
> Ce cher mammifère du nom de grenault nous susurrait, le vendredi
> 25/11/2011, dans nos oreilles grandes ouvertes mais un peu sales tout de
> même, et dans le message
> <4ecfaeec$0$2533$
ba4a...@reader.news.orange.fr>, les doux mélismes
> suivants :
>
>> Miles Davis : je crois que les ai tous même "Ascenseur pour
>> l'échafaud", "Kind of Blues", etc... Un véritable génie pour moi !
>
> Grand novateur, certes...Mais instrumentiste moyen (il le reconnaissait
> d'ailleurts lui-même)...Je ne l'ai entendu qu'une fois en concert...Dos
> tourné vers le public pendant _toute_ sa prestation (+ 45 minutes de
> retard)...Du vrai fotage de gueule...
>
>> Il y a aussi Chet Baker...
>
> Alleïïï...C'est bien parceque tu insistes...
>
> *Chesney BAKER Junior* naît par un beau jour de décembre (2 jours avant
> la naissance d'un prétendu prophète, Je _croix_ !) 1929, à Yale en
> Oklahoma. Son père, Chesnay Senior exerce des petits boulots à droite et
> à gauche, tout en caressant l'espoir de pouvoir un jour gagner sa vie
> comme...guitariste !...
> Au moment de la naissance de son rejeton, il est de retour au foyer
> après plusieurs semaines d'absence pour cause de tournées...La crise
> économique (non...Pas celle de la Grèce !) qui explose va le contraindre
> à renoncer à sa carrière de musicos, et ce malgré un engagement dans un
> orchestre radiophonique. Vera BAKER considère la naissance de son fils
> comme le plus beau cadeau de Noël auquel elle puisse rêver !...
> Pour l'heure, la frustration du père contraste avec le bonheur de la
> mère qui idôlatrera son fils et lui prodiguera tout l'amour du monde (ce
> qui hélas n'a jamais été Mon cas !...Pas étonnant donc que Je sois
> devenu psychotique, n'est-ce pas...). Le gamin est également choyé par
> Agnès, la soeur de Chesnay, et son mari Jim, qui ne peuvent pas avoir
> d'enfant et qui reportent donc leur amour filial sur Chet, provoquant du
> coup la jalousie du père...
>
> Le jeune garçon est chétif, d'une beauté fine, presque féminine, ce qui
> renforce évidemment la fierté maternelle, mais lui vait des moqueries de
> ses copains...Le jeune enfant prndra l'habitude de répondre à ces
> railleries par des défis de tout ordre, y compris sportifs, afin de
> prouver que, s'il n'est pas le plus solidement bâti, il peut être le
> plus téméraire, voire le plus fort.
> Il évite les bagarres mais est capable de prendre des risques physiques
> que les enfants de son âge refusent de courir !...
>
> Le couple BAKER ne fonctionne pas très bien (normal...comment un homme
> et une femme pourraient-ils _réellement_ s'entendre
> ?...Jeposelaquestion©)), Chesnay Senior reportant sa frustation de
> musicien contrarié sur sa famille. Il est souvent violent, se drogue
> aussi, et le jeune Chet aura l'occasion de trouver son père complètement
> défoncé...Père qui, lorsqu'il est sans emploi, disparaît parfois pendant
> de longues semaines. C'est au cours de l'une de ses escapades qu'il
> échoue à Glendale, une banlieue de L.A. où il trouve un emploi de
> contrôleur chez Lockeed. Il se passera plusieurs mois avant qu'il y
> fasse venir sa famille (en 1940).
>
> Tout jeune, Chet écoutait la radio quand son père y faisait partie d'un
> orchestre. Il chante souvent (voix prenante et tellement fragile, même
> dans ses vieux jours !) pour son plaisir et celui de sa mère, et
> commence à jouer du piano. En 01942, Vera l'entraîne au /Clifton's/, un
> resto qui organise des spectacles de jeunes talents, où sa voix qui n'a
> pas encore mué, et son physique lui attirent des quolibets !...
> Chesnay Senior va alors tenter de "viriliser" son jeune ado de fils en
> lui offrant un trombone trop grand pour lui, qu'ils changeront
> rapidement pour une trompette, plus en adéquation avac la taille du
> garçon. Chet se cassera même une dent suite au jet d'une pierre lors
> d'un chahut de gosses, _ce qui lui donnera pour toujours ce son si
> particulier_ !...
> Cependant, il travaille son instrument avec ténacité et s'inscrit au
> cours de musique pour débutants de son collège. Il joue aussi dans
> l'orchestre de danse de l'école, et reproduit tout ce qu'il entend à la
> radio, étudiant les solos de son trompettiste préféré de cette époque,
> *Harry JAMES*...
>
> [La suite que J'aurai le temps, ô amis mélomanes]...
>
> À la fin de la guerre, Chesnay Senior perd son emploi et la famille est
> secourue par des amis d'Oklaoma qui les hébergent à Hermosa Beach
> (Californie). Le jeune Chet trouve un boulot dans un bowling après
> l'école et passe son temps libre à la plage et aux automobiles qu'il
> aime conduire vite ! Il lui arrive (et c'est le débuts des larcins qui
> émailleront toute sa vie !) de voler de l'essence en siphonant les
> réservoirs. Les vapeurs de carburant sont sans doute à l'origine de ses
> premières défonces !...Le jeune homme ne tient littéralement pas en
> place, et flirte sans cesse avec la délinquance. Conscient des risques
> qu'il court, il décide de s'engager dans l'armée en novembre 1946, pour
> une période de 18 mois. Il est affecté à Berlin, où il réussit à se
> faire une place dans la formation du 298ème Orchestre militaire, où sa
> _prodigieuse oreille_ lui permettra de cacher qu'il ne sait pas...lire
> la musique ! En même temps, il auditionne auprès du saxophoniste alto
> *Howard GLITT* qui l'engage dans son orchestre de dance. C'est à cette
> époque qu'il découvre *Stan KENTON* à la radio, et surtout ses deux
> trompettistes préférés, *Shorty RODGERS* et *Al PORCINO*...Ainsi que
> *Dizzie GILLESPIE*...Forcément !...Il est démobilisé en 1948 et rentre
> chez lui. À la fin de l'année, il est admis au /Camino College/, une
> université qui accueille les vétérans de l'armée où il est sensé
> apprendre l'harmonie et la lecture de la musique tout en faisant partie
> d'une équipe de football. Malgré cette éducation musicale, il restera
> toutefois _toute sa vie un autodidacte_, préférant reproduire les sons
> et le figures harmoniques qu'il entend à la radio.
>
> En 1949, Chet rend visite à *Ian BERNARD*, un ami pianiste de bop dont
> la famille possède un graveur de disques grâce auquel il enregistre /All
> the Things you Are/ et / Get happy/. Poussé par le besoin d'apprendre de
> nouvelles chansons, il ne lâche plus *Jimmy ROWLES*, le pianiste de
> *Billie HOLIDAY*, et *Peggy LEE*, entre autres, qui l'entraîne avec lui
> à des jam-sessions où Chet commence à se faire connaître...Il découvre
> alors les enregistrements de *Miles DAVIS*, dont il apprécie
> particulièrement la sonorité et l'élégance. Il découvre aussi la
> marie-jeanne, qu'il ne tarde pas à consommer tout de suite avec excès.
> Il quitte l'université à la fin de l'année et est engagé dans
> l'orchestre latino d'un hôtel du centre ville où il joue avec le
> contrebassiste *Bob WHITLOCK*, avec qui il se lie d'amitié. Puis il
> fréquente assidûment les jam-sessions du /Showtime/ où il croise
> *Maynard FERGUSON*, *Shorty RODGERS*, Pete et Conte CANTOLI*, *Herb
> GELLER* et autres *Dave PELL*, *Art PEPPER*, *Bob GORDON*, *André
> PREVIN* (oui !...Le "fameux" chef d'orchestre !), *Rus FREEMAN*, *Lou
> LEVY*, *Paul SMITH*, *Red MITCHELL*, **Joe MONDRAGON*, *Harry BABASIN*,
> *Alvin STOLLER* et...*Shelly MANNE*...Excusez du peu !!...
> Il commence à jouer deux soirs par semaine au /Jack's Basket Room/. À
> cette époque, les musiciens noirs et blancs ne se mélangent pas, et Chet
> ne fréquente que les clubs pour blancs. Après une arrestation suite à la
> découverte d'une arme à feu appartenant à *Jack SHELDON* dans sa
> bagnole, il décide de rempiler et signe un nouvel engagement dans l'armée.
>
> Bon...Je pars signer Mon compromis de vente, là...Me voilà _enfin_
> proprio...à 65 balais...Putain de vie...
>
> En garnison à San Francisco, il fréquente les clubs locaux, en
> particulier le fameux /Blackhawk/, où il fait la connaissance de *Paul
> DESMOND*, altiste de la formation de *Dave BRUBECK* (c'est d'ailleurs
> LUI, comme Je l'ai déjà assertionné, qui fit de cette formation toute sa
> grandeur et son originalité, plus que le pianiste lui-même !), et
> fréquente le trompettiste *Kenny DORHAM*.
> Au cours d'une permission, il épouse Charlaine SOUDER à Las Vegas. Au
> bout d'un an, Chet, fatigué de cette existence monotone, tente de
> quitter cette putain d'armée ; il est alors affecté près de la frontière
> mexicaine, dans un unité disciplinaire !...Où il joue dans le 77ème
> Orchestre, se rend régulièrement au Mexique et, bien entendu, se came de
> plus en plus...Il finira par être démobilisé et regagnera L.A. au début
> de l'année 1952. Il jouera alors (sans enthousiasme) dans l'orchestre de
> style "dixieland" d'un clarinettiste original et burlesque, le *Schickle
> Fritzers* de *Freddie FISHER*, puis avec le saxo ténor *Vido MUSSO*. En
> mars, il apparaît au /Trade Winds Club/ dans l'octette du violoncelliste
> *Harry BABASIN* aux côtés de *Sonny CRISS*, *Wardell GRAY* et *Dave
> PELL*, *Jerry MANDEL*, *Bob WHITLOCK* et *Lawrence MARABLE*. Enfin, en
> avril 952, il auditionne pour faire partie du groupe que *Charlie
> PARKER*, fraîchement débarqué à L.A. [confer Mes brillants opus sur le
> BOP et la WEST COAST], est en train de former. Il jouera quelque temps
> avec *Bird*, lequel voit en lui un concurrent sérieux pour GILLESPIE et
> Miles !...Le groupe se produit à la fin du mois de mai au /Tiffany/,
> mais Chet est malgré tout encore assez maladroit, timoré, et a de la
> peine à suivre les extraordinaires méandres de la musique bop de PARKER.
> Néanmoins, cette collaboration contribuera à la fois à le faire
> connaître, et à développer son jeu au contact de BIRD qu'il ne quitte
> pas d'une semelle, y compris en-dehors des concerts et des répétitions.
> Un concert au /Trade Winds Club/ avec la formation de BABASIN, un sextet
> où apparaissent les pianistes *Al HAIG et *Russ FREEMAN* sera d'ailleurs
> enregistré.
> À cette période, le jazz calofornien (COOL, léger, d'inspiration
> blanche) s'oppose à celui dela côte Est, plus violent, plus lourd,
> restant l'apanage des "blacks"...Le succès du COOL californien, Nous
> l'avons précisé dans Notre dernier Opus, est facilité par le fait qu'il
> est l'apanage des blancs à une époque où la ségrégation raciale est
> encore très vivace. Ce style décontracté contraste avec la violence qui
> couve dans le jazz afro-américain et c'est pour cette raison qu'il
> devient un produit commercial facile à promouvoir. Chet BAKER ne va pas
> tarder à incarner ce style fait de sophistication, de finesse et
> d'élégance, sans violence ostensible et débarrasssé des connotations
> raciales du jazz traditionnel...
>
> Sur ce, Je M'en va contempler les balles jaunes de Roland Garros...
> Et parie pour une finale Söderling vs Nadal, ça va de soi...
>
> Bien...Comme Je l'avais prévu, la finale de RG dimanche sera donc bien
> Nadal vs Doderling...
>
> Ce qui n'empêche pas que la réputation de Chet s'établit entre critiques
> et éloges. *Gerry MULLIGAN* l'auditionne, grâce à la recommandation de
> *Bob WHITLOCK*. Mais leur première rencontre donne lieu à une engueulade
> que c'est pas possible, et Chet claque la lourde !...Jusqu'à ce que
> MULLIGAN l'engage enfin, mais presque à contre-coeur, dans la formation
> qu'il anime et qui doit se produire au /Haig/. Cette formation a comme
> caractéristique principale l'_absence de piano_ (Cf. Mon étourdissant
> Opus sur la WEST COAST). C'est alors que Dick BOCK, qui travaille pour
> le label /Discovery/, décide d'organiser une séance d'enregistrement
> pour laquelle les deux musicos sont accompagnés de *Jimmy ROWLES* et
> *Joe MONDRAGON*. Au mois d'août suivant, MULLIGAN enregistre avec
> *Chet*, *Whitlock* et *Chico HAMILTON*. La relation entre MULLIGAN et
> BAKER s'est mise au beau fixe, et, début septembre, les deux compères
> partent pour San Francisco pour y engager le contrebassiste *Carson
> SMITH*, que CHET avait recommandé à MULLIGAN*, et dont il était un fan.
> Très vite, ils enregistrent pour le label de Dave BRUBECK en
> s'adjoignant les services de Chico HAMILTON. La _mythique_ version de
> *My Funny Valentine* fut spécialement "arrangée" pour MULLIGAN et SMITH,
> afin de mettre en valeur le souffle intimiste de la trompette de CHET,
> et sa manière de chuchoter les notes jusqu'à en extirper la charge
> douloureuse (Je vous diasais il y a quelques jours que Je M'étais écouté
> _cette_ version en boucle pendant 30 bonnes minutes !...Un
> _chef-d'oeuve_, vous dis-Je !).
> Cette chanson accompagnera d'ailleurs le trompettiste pendant de
> nombreuses années et symbolisera, plus qu'aucune autre, son inimitable
> et inouïe façon de jouer de la trompette, de manière sphistiquée et
> minimaliste. Pour l'heure, ces enregistrements qui mettent le
> trompettiste en valeur vont lui apporter un début de gloire !...Le
> tandem BACKER/MULLIGAN qui se produit au /Haig/ à la fin de cette même
> année incarnera le STYLE *COOL*, fait de détachement, de décontracion et
> de forte sensualité, et dont on trouve des équivalents dans le cinéma
> hollywoodien de l'époque, avec des acteurs comme Marlon BRANDO, "Monty"
> CLIFT ou James DEAN...Ou dans la littérature de Jack KEROUAC.
>
> Cet "existentialisme" à l'américaine fait de détachement et
> décontraction apparaît comme une forme subtile parceque non violente de
> révolte, quis 'exprime désormais par /l'approbation de la Vie jusque
> dans la Mort/ (définition de l'Érotisme selon George BATAILLE)...reprise
> par cette génération montante dans son refus des conventions,
> l'exaltation de l'errance, la rupture d'avec la société et le rejet des
> racines au nom d'un individualisme du refus.
>
> Les deux musiciens ogtiennent alors un énorme succès au /Haig/, et tout
> Hollywood s'y déplace pour les applaudir...Comme Jane RUSSEL...Robert
> MITCHUM...Marilyn MONROE...Ou Anne BAXTER, qui les engagera à sa fête
> d'anniversaire. CHET improvise de mieux en mieux et surtout ne se répète
> jamais. Bien que restant relativement distant et effacé, il ne manque
> pas une occasion de finir la nuit avec l'une ou l'autre des ses
> admiratrices (comme Moi, il y a bien longtemps), profitant de Notre
> magnétisme sexuel...En particulier avec Joyce qTUCKER, la fille du
> patron du /Tiffany/.
> En janvier 1953, le quartette retourne au studio, l'expérience acquise
> tout au long des concerts étant sensible, et le groupe donnant une
> impression de très forte cohésion (n'avez qu'à écouter leus disques,
> hein...Ils sont nombreux !)...
>
> À partir de 1953, la popularité de CHET en vient à dépasser celle de
> MULLIAGAN, et ce dernier commence alors de montrer des signes
> d'agacement, reprochant au trompettiste son excès de décontraction et,
> surtout, son mode de vie. Car, quand il ne joue pas, CHET passe son
> temps à la plage, fait du sport ou conduit des bolides...Sans oublier
> bien entendu l'usage immodéré de la dope...
> Le quartet s'adjoint les services du génial *Lee KONITZ* pour un concert
> au /Haig/ le 23 janvier. Le 29, MULLIGAN réunit un tentette pour une
> séance au cours de laquelle seront gravés 4 titres. Le 1er février, une
> nouvelle séance réunira le quartet de *MULLIGAN* et *KONITZ*...
>
> Les deux musiciens sont étroitement surveillés par la brigade des
> stupéfiants et MULLIGAN, toxico discret, en attribue la responsabilité à
> BAKER...Un événément va précipiter leur séparation : le 13 avril 1953,
> ils sont tout deux arrêtés pour usage de droguas, mais seul MULLIGAN
> sera traduit en justice (!) et condamné à six mois de prison. Entre son
> arrestation et son procès, MULLIGAN, qui est en liberté sous caution,
> enregistre pour la dernière fois avec ce quartet. Incarcéré, il se
> retrouve seul, abandonné par ce salop de BAKER qui ne lui enverra même
> pas la moindre lettre...Souffrant du manque, il rumine son amertume et
> sa colère jusqu'à sa libération.
>
> Bon...Je M'en vas écouter le Requiem de Mozart (par Hermann SHERCHEN
> deuxième version, en stétéo, évidemment)...
>
> Chet BAKER va se lier d'amitié avec *Russ FREEMAN*, un pianiste bop, qui
> essaye d'abandonner les drogues dures, et qui tombe sous le charme du
> trompettiste. Les deux amis partagent une maison...Chet se laisse vivre
> et ne semble guère pressé de bosser !. Cependant Dick BOCK se démène
> afin de profiter de l'éloignement de MULLIGAN pour faire enregistrer
> CHET en tant que leader. En juin, un concert au /Haig/ associe CHET,
> *Stan GETZ*, *Carson SMITH* et *Larry BUNKER*. Enfin en juillet, CHET
> forme son premier quartet avec *Russ FREEMAN*, *Red MITCHELL* (puis
> Carson SMITH) et *Bobby WHITE* (puis Larry BUNKER). Pour ces séances,
> CHET laisse à FREEMAN le soin d'en choisir les titres et d'en écrire les
> arrangements.
> Entre l'irascibilité de BAKER, ses hésitations et son manque
> d'expérience, il fallut avoir recours à d'adroits montages et collages
> pour donner un résultat exploitable !...Malgré tout, la trompette de
> Notre génie y apparaît incisive, élégante, décontractée, et ses
> interventions témoignent d'un sens aigu de l'équilibre. Contrairement
> aux boppers, CHET insiste sur la mélodie et se contente de jouer dans un
> registre medium sans acrobaties excessives (Miles ne s'est guère
> comporté autrement !). Ces enregistrements vont connaître un tel succès
> que la quartet va être engagé au /Carlton Theatre/ de LA à partir du 12
> août, BAKER devant jouer avant GETZ. L'entente entre les deux n'est
> cependant pas au beau fixe. GETZ se défonce beaucoup trop au goût de
> CHET et sa popularité lui fait de l'ombre. Ils jouèrent pourtant
> régulièrement ensemble jusqu'en octobre où, à l'occasion d'un engagement
> pour deux mois au /Blackhawk/ de S.F., la jalousie entre les deux hommes
> qui entretient un lourd climat de haine, ainsi sans doute que le fait
> que BAKER s'adonnait aux drogues dures (comme il le fit hélas pendant
> quasiment toute sa vie), va précipiter leur rupture, GETZ regagnat L.A.
> au bout de deux semaines. BAKER tentera de jouer seul, mais sera viré
> quelques jours plus tard....
>
> De retour à L.A., CHET retrouve le chemin des studios en octobre, avec
> des groupes fluctuants où apparaissent *FREEMAN*...*Carson
> SMITH*...*Larry BUNKER*...*Joe MONDRAGON*...*Shelly MANNE*.
> Pui CHET se joint au quartet de *Dave BRUBECK* qui accompagne *Charlie
> PARKER* pour une tournée All Stars dans les universités...Tandis que
> Dick BOCK continue de lui organiser des séances d'enregistrement qui
> montrent la progression du trompettiste. Son jeu, affranchi des
> contraintes des arrangements écrits par d'autres, y gagne en douce
> mélancolie. Les lignes mélodiques y présentent un curieux mélange de
> sobriété et de poésie où pointe pourtant une certaine noirceur que
> viennent renforcer des silences tendus. Le son de CHET est fluide et
> cristallin, mystérieux, brillant, douloureux et frissonnant...
>
> Le *Chet BAKER Ensemble* qui enregistre en décembre se compose d'*Herb
> GELLER*, *Jack MONTROSE*, *Bob GORDON*, *Russ FREEMAN*, *Joe MONDRAGON*
> et *Shelly MANNE*. CHET semble évoluer à l'aise dans cette configuration
> orchestrale où le travail préparatoire de FREEMAN lui permet d'évoluer
> sans effort. Mais il a d'autres envies et se lance alors dans un projet
> qui lui tient à coeur et qui consiste à enregistrer avec des cordess (ce
> qui fut d'ailleurs le cas pour d'autre "grands" du Jazz !). Les
> arrangaments nécessaires aux violons ne laissent évidemment qu'un espace
> limité à l'improvisation et CHET, en fin de compte, n'y apparaît pas
> trop à l'aise...Pourtant, il y développe un jeu dans le registre grave
> qui le rapproche émotionellement de celui d'un saxophone ténor comme
> celui d'un *Lester YOUNG*. Il semble difficile pour un autodidacte comme
> lui et un improvisateur instinctif d'évoluer dans un ensamble où la
> nécessité de la mise en place orchestrale rend difficile la spontanéité
> qui prévaut dans le travail s'un quartet. Pourtant, l'album /Chet BAKER
> xith Strings/, dont la pochette, réalisée par le photographe William
> CLAXTON montre CHET au sommet de sa trouble beauté accroît sa popularité
> auprès des californiennes !...La critique comme MELMOTH accueillent cet
> album avec enthousiasme et CHET estd ésormais persuadé qu'il peut voler
> de ses propres ailes plutôt que de se fondre discrètement dans
> l'orchestre d'un autre.
>
> La rupture d'avec MULLIAGAN va avoir lieu dès que ce dernier sort de
> taule. CHET réclame un cachet impossible pour réintégrer sa formation et
> MULLIGAN, qui reproche à CHET de l'avoir laissé tomber pendant son
> incarcération est trop heureux de le lui refuser. Le quartet _magique_
> qui représentait le style COOL CALIFORNIEN a définitivement cessé
> d'exister.
>
> Chet BAKER se produit dans des clubs de L.A. durant toute l'année 1953,
> profitant de son succès auprès des meufs...On a dit qu'il émanait de lui
> une sorte de magnétisme sexuel, une sensualité à la fois brutale et
> fragile, mais surtout ambiguë. Car si l'image d'un BRANDO dans /Un
> Tramway nommé Désir/ est virile dans son animalité-même, celle de CHET
> est est le signe d'une fragile féminité...Celle qui attirait les
> quolibets de ses camarades [sic] d'école, mais qui fascinait à l'époque
> les femelles.
> William CLAXTON, par ses fotos adroitement élaborées, va largement
> contribuer à répandre l'image érotique du musicien. Cependant, il faut
> reconnaître que l'image "foto" témoigne de la personnalité de son sujet,
> comme un révélateur, en quelque sorte...En effet, CHET possède une
> personnaloté fragile et mystérieuse qui se ressent dans sa manière
> *UNIQUE* (dans la grande histoire tes trompettistes de jazz) de jouer.
> Derrière son souffle, dans ses silences, couve le feu d'un enfer auquel
> il tente désespérément d'échapper à travers une fuite en avant qui lui
> fait aimer la vitesse, consommer des drogues comme des femmes...Ou des
> femmes comme une drogue !...Douloureux secret qui le hantera toute sa
> vie et le conduira à la fois au sommet de son *ART* et aux gouffres de
> l'enfer, comme si l'un n'allait pas sans l'autre. Sa musique recèle tous
> ses états d'âme, et c'est précisément ce qui en fait le charme
> envoûtant. Le souffle de *Chet BAKER* _apparaît comme le souffle du
> DÉSESPOIR_...
>
> Il signe avec Joe GLASER, un agent qui s'occupe aussi de *Louis
> ARMSTRONG*, *Billie HOLIDAY*, *Lionel HAMPTON* et *Duke ELLINGTON*, et
> qui organise sa première tournée américaine au début de 1954. Juste
> avant son départ, en février, il enregistre un album dans lequel _il
> chante_ pour la première fois. Comme pour son jeu de trompette quelques
> années plus tôt, sa voix est hésitante et mal assurée mais possède la
> même grâce fragile et la même émotivité et sensualité. La célèbre foto
> de la pochette qui le montr en débardeur va, là encore, assurer le
> succès d'un disque au demeurant relativement maladroit, y compris dans
> la communauté gay (Précisons qu'à Notre connaissance, CHET n'a jamais eu
> de relations homosexuelles...Il aimait trop les femmes !). La tournée
> américaine va durer 9 mois pendant lesquels le succès rencontré par ces
> jeunes californiens COOL ne se démentira jamais...CHET est reçu partout
> avec les honneurs car il représente le jeune blanc moderne à la fois
> patriote et indépendant, d'une sensualité forte teintée d'un insondable
> mystère !...
> En mai 1954, il reste pendant un mois entier au /Birdland/ où il se
> produit dans le même programme que *Dizzie*, puis *Miles*. Le succès
> remporté par ces deux formations est inversement proportionnel à leurs
> qualités respectives. *Chet BAKER* recueille les bravos des meufs venues
> l'apercevoir, alors que *Miles DAVIS*, qui joue d'une manière nettement
> plus dynamique (mais sans plus de virtuosité), ne reçoit que de timides
> applaudissements ! Déjà à l'époque, l'IMAGE avait plus d'impact que le
> SON !!...(On sait ce que c'est devenu dans les décennies qui ont suivi,
> jusqu'à nos jours !). Toujours est-il que le succès que CHET rencontre
> auprès d'un public plus large que celui habituel du jazz va renforcer la
> méfiance des jazzmen noirs à son encontre. En inscrivant au même
> programme CHET et MILES, ou CHET et DIZZIE, on rend manifeste
> l'opposition qui couve entre le jazz BLANC COOL californien et le jazz
> DES NOIRS DE LA CÔTE OUEST. Ces derniers auront tendance à considérer
> CHET comme un usurpateur (!) et à rejeter la manière d'être de ce "petit
> blanc" dont l'existence même est une énigme !
> Bien que les qualités musicales de BAKER ne soient pas en cause (Oh que
> non, nom de dieu/MELMOTH !), il semble cependant que son excès de
> décontraction affecte la cohésion de son groupe. À NYC, CHET va
> également retrouver BIRD, lequel lui apportera sa caution musicale en le
> comparant tout simplement (comme Moi, d'ailleurs) avec MILES et DIZZIE.
> Mais il y a là une sorte de malice, mais aussi une réelle reconnaissance
> de la part du génie du BOP.
>
> En août et septembre 1954, CHET enregistre en quintette, puis en
> sextette, avec *Bud SHANK* au saxo et *Bob BROOKMEYER* au trombonne, un
> album (et quel album !) qui annonce la désintégration de son groupe qui
> prendra (Hélas...Hélas...Hélas) effet en octobre quad CHET quittera seul
> NYC, interrompant ainsi son engagement au /Birdland/.
>
> Bon...
> NADAL va forcément remporter son 5ème Roland Garros cet après-midi...
> FEDERER aurait-il été payé pour perdre ?...(rappelons le scandale des
> paris en ligne, tenus pas les mafias chinoise, russe et amerloque, qui
> ont réussi à corrompre la plupart des sports de haut niveau...En
> particulier le foot, le tennis, le basket et le hockey sur glace !)...
> Jeposelaquestion©...
>
> Mais terminons en avec le sujet qui Nous préoccupe...
>
> Au début de l'année 1955, CHET est de retour à L.A. mais peine toujours
> à assurer le leadership d'un orchestre (ça ne sera en fait _jamais
> vraiment_ son truc). Il enregistre en février l'album /Chet BAKER sings
> and plays with Bud SHANK, Russ FREEMAN and Strings/, qui agace fortement
> la communauté du jazz mais qui plaît à la faune hollywoodienne. Il y
> chante avec détachement et, entre deux séances, participe au tournage de
> /Hell's Horizon/, un petit film sans intérêt et dont le tournage
> l'emmerde prodigieusement.
> Il part ensuite en tournée avec *Dave BRUBECK* et la chanteuse *Carmen
> McRAE*. À cette occasion, il retrouve *Gerry MULLIGAN*, mais c'est lui
> qui reste la vedette. La tournée débute par un concert à /Carnegie
> Hall/, puis en juillet, le groupe se produit au célèbre /Newport Jazz
> Festival/ mais rencontre alors la désapprobation des critiques.
> CHET s'installe alors à /Sausalito/, près de San Francisco, où il vit
> sur une péniche d'une manière communautaire (ce qui n'est pourtant pas
> dans son caractère plutôt individualiste !). Il se produit à cette
> époque dans différents clubs de la Baie jusqu'à ce qu'il décide de
> retourner ) NYC où, lors d'une soirée au /Birdland/, son jeu rageur va
> faire (enfin !) taire ses détracteurs, et lui attirer les éloges de
> *Thelonius MONK* (Mon Dieu !) et d'*Art BLAKEY*, entre autres...
>
> *Chet BAKER* a 26 balais et déjà une réputation de musicien qui, bien
> que souvent controversée, n'en est pas moins fort solide.
> Il est un des chefs de file de ce jazz à l'élégance décontractée qu'on a
> appelé le COOL. C'est un improvisateur adroit dont les qualités sont
> reconnues par les plus grands, dont BIRD...Il possède une sonorité
> claire et cristalline, sophistiquée et aérienne, un sens de la
> suspension et de la respiration qui donne à ses solos une légèreté et
> une souplesse inégalées...
> Mais il est en perte de vitesse en raison de son addiction à la drogue,
> et d'une manière de vivre par trop individualiste et dangereuse. Chaque
> fois qu'il s'est retrouvé face aux conséquences de ses actes, il a
> toujours trouvé une échappatoire providentielle. Il a ainsi par deux
> fois échappé à la justice en signant un engagement dans l'armée, ou a
> réussi à éviter la prison grâce en particulier aux aveux de MULLIGAN
> qui, on le sait, ne lui a jamais pardonné...Et on le comprend !...
> Mais il sent sans doute que l'étau se resserre et qu'il est temps pour
> lui d'envsager une nouvelle fuite ! La seule qui s'offre à lui est de
> partir pour l'Europe dans l'espoir de se faire oublier et de donner un
> nouvel élan à sa carrière. C'est certainement la raison profonde de son
> départ pour le Vieux Continent qui aura lieu en septembre 1955.
> Trouverat-t-il en France ce qui lui manque si profondément qu'il semble
> lui-même ne pas en avoir conscience ?...Jeposelaquestion©...
> Trouvera-t-il là-bas les conditions nécessaires pour échapper à sa
> tragédie intime ?...Jereposelaquestion©...
>
> Ceci fera (peut-être...Mais vu le peu d'intérêt porté à Mon si brillant
> exposé, Je doute que Je vous en parlerain bandes de nazes)...
>
> En tout cas, si vous voulez vous acheter quelques disques de celui qui
> fut pour Moi un des 4 ou 5 plus grands tropettistes de l'histoire de la
> MUSIQUE, tous genres confondus :
>
>
http://tinyurl.com/39uklgy
>
> Mais hélas, LE coffret qu'il convient de se procurer avant tout n'y
> figure pas :
>
> Chant du Monde/Harmonia Mundi - 6 CDs - 574 1681/6
>
> Cette collection de jazz d'Harmonia Mundi est d'ailleurs superbissime et
> somptueuse...Prises de son à la remastérisation exemplaire...Et _TOUS_
> les "grands" du jazz y sont représentés, soit en gros coffrets de 5 à 7
> disques, soit en digipacks de 2 CDs chacun...
>
Un Grand Merci Melmoth !!!
J'avais lu son histoire mais ton texte est excellent. Il faudrait
pouvoir conserver tout ça !