"Philippe" :
> Encore un qui n'a rien compris a Henry David Thoreau
> Montesquieu: De l'esprit des lois. Il y a tout dedans.
Décidément, vous êtes tombé dans l'étatisme botté quand
vous étiez petit, vous, hein !
> Et que se passe-t-il si il y a un litige lié a un contrat? Il faut
> aller voir des juges qui eux "disent" la loi....
Dans notre société, la loi et la décision du juge sont censés
représenter la volonté du corps social. Et ce n'est que dans
cette mesure que la loi et le juge sont acceptés en
remplacement - par exemple - du transport, par le corps
social lui-même, du "contrevenant" (à ce qui est jugé "juste"
par le corps social) jusqu'à l'extrémité du village, attaché
à un pieu et enduit de goudron et de plumes.
Depuis toujours, les humains ont pu constater que la
condition première pour qu'une relation (économique,
mais pas seulement...) fructueuse puisse exister entre
2 individus est le fait de respecter la parole donnée.
Hé bien, le contrat, c'est la parole donnée. Cette
parole donnée est simplement formalisée sous la
forme des contrats qu'on connaît, de telle sorte
qu'elle puisse faire l'objet de constats d'arbitres
extérieurs, notamment de juges, puisque les gens
acceptent (dans la mesure où les décisions du juge
sont réellement le reflet du sentiment du corps
social) la décision du juge. C'est tout.
Un contrat n'est sacré que parce que le corps social
(vous excepté) considère le respect de la parole
donnée comme une valeur essentielle de la vie en
société. Si vous considérez le respect de votre
propre parole comme une "oppression", je vous
suggère de fonder une communauté ne regroupant
que des gens qui ne respectent jamais leur parole,
leurs engagements. Rassurez-vous : elle ressemblera
fort à la France, mais en plus concentré ;-)
> Drole de vision où ce qui harmonise la société (les lois) est vu comme
> élément d'oppression alors que ce qui est établi sous rapport de force
> (le contrat) est vu comme l'idéal.
Un contrat est établi sous un rapport de force, et c'est
valable pour les 2 parties : ça s'appelle l'équilibre de
la terreur. Si M. Untel m'offre un contrat peu avantageux
en espérant me terroriser, hé bien, c'est très simple, j'irai
signer un contrat avec son concurrent, ce qui va terroriser
M. Untel.
La loi n'est pas un équilibre : c'est un monopole étatique
de la terreur. Monopole d'autant plus puissant que l'Etat
a pris soin, face à ses milices, de désarmer la population,
dont les actes sont son seul contre-pouvoir.
Dobb