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"Torturés par le pen" par hamid bousselham

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hamidbo...@yahoo.fr

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Dec 26, 2006, 10:32:43 AM12/26/06
to

"Torturés par Le Pen" par Hamid Bousselham


Extrait de mon livre :
TORTURÉS PAR LE PEN
La guerre d’Algérie (1954 - 1962)

"En 1943, rue Lauriston, des Français criaient d’angoisse et de
douleur, la France entière les entendait.

En 1958, à Alger, on torture régulièrement, systématiquement, tout
le monde le sait, de M. Lacoste aux cultivateurs de l’Aveyron,
personne n’en parla, ou presque. "

Jean-Paul Sartre


Oui, Jean Marie Le Pen a torturé en Algérie, et lui-même a admis
avoir usé de la torture en déclarant notamment dans un entretien
accordé au quotidien « Combat », le 9 novembre 1962 :

"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le
faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes
qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas
parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y
contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il
a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu
être évitée".

Selon le journal officiel français du 12 juin 1957, le député
parachutiste Le Pen déclarait également « J’étais à Alger
officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux
d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le
mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier,
je l’ai fait... »

Tous les témoignages des Algériens torturés par Le Pen rejoignirent
celui de Mohamed Louli, arrêté à Alger le 14 février 1957, et
emmené par Le Pen à la villa des Roses, Boulevard Galliéni,
aujourd’hui 74 boulevard Bougara :

« Le Pen m’a torturé. Oui, lui personnellement à l’électricité
et à l’eau. Et je l’ai vu aussi torturer d’autres détenus ».

Le commissaire principal R. Gilles dans un rapport à M. l’inspecteur
général de l’administration en mission extraordinaire, préfet
d’Alger, rapportait ceci : « J’ai l’honneur de porter à votre
connaissance qu’à l’issue de son arrestation et de sa détention,
du 8 au 31 mars, par les parachutistes du 1er REP, le nommé Yahiaoui
Abdenour, né le 3 juillet 1938, domicilié 53 avenue Lavigerie à
Kouba, s’est présenté devant moi et m’a déclaré avoir été
l’objet de sévices de la part du Lieutenant Le Pen, et sur son
ordre.
En particulier, lors de son arrestation, des fils électriques furent
reliés aux lobes de ses oreilles. Le lieutenant Le Pen lui-même
faisait fonctionner une magnéto à manivelles à l’aide de laquelle
il envoyait des décharges électriques dans le corps. En présence de
ce même officier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bœuf,
et y fut attaché nu sur un banc, pieds et poignets liés, et il dut y
ingurgiter de force une certaine quantité d’eau.

Enfin, il reste cinq jours enfermé dans un "tombeau", trou creusé
dans le sol et fermé par des barbelés, au 74 boulevard Galliéni où
il était détenu. A la suite de ces cinq jours de "tombeau", il ne fut
plus maltraité jusqu’à sa libération. »

Jean-Marie Le Pen doit être poursuivi pour les actes de torture
qu’il a fait subir à nos compatriotes.

Tout comme le président du Front National, le tortionnaire Jean-Marie
Le Pen, le général Bigeard, l’assassin de Larbi Ben M’hidi, le «
Jean Moulin » algérien, le général Massu et Maurice Papon doivent
être jugés comme criminels de guerre. Klaus Barbie et Papon ont été
jugés en France. Il serait également juste que Le Pen, Massu,
Bigeard, Papon et les autres soient jugés pour les mêmes crimes que
Barbie par des tribunaux algériens et français.

Nous sommes en droit d’exiger un procès Nuremberg du colonialisme
français à Alger pour les juger pour crimes contre l’humanité.

coin

unread,
Dec 26, 2006, 5:35:48 PM12/26/06
to
hamidbo...@yahoo.fr sur fr.misc.actualite le mardi 26 décembre 2006
16:32

>
> "Torturés par Le Pen en 1955"
>
> [...]

Tiens, ça me fait penser qu'il faut que j'écrive un livre :

"Grâciés par Bouteflika en 2004"
ou, "les Mémoires d'un Guerrier Armé du FIS."
ou, "Comment j'ai kiffé massacrer des villages pendant 8 ans, sous couvert
politique et logistique du pouvoir militaire Algérien."

Allez, petit journaleux à la botte de ton gouvernement... Continue de salir
la France comme ton prézident te le demande, continue de te frotter aux
cuisses des usa.
Merci pour cet extrait de ton livre sorti en 2000, pleine période des
massacres ! On voit que tu avais vraiment la réalité en face des yeux !!!

ps : j'emmerde le gros lepen.

coin

unread,
Dec 26, 2006, 5:38:15 PM12/26/06
to
hamidbo...@yahoo.fr sur fr.misc.actualite le mardi 26 décembre 2006
16:32

>
> Nous sommes en droit d?exiger un procès Nuremberg du colonialisme
> français à Alger

On voit bien que tu n'as qu'une idée en tête, salir la France en t'appuyant
sur le gros lepen.

le seigneur des rateaux

unread,
Dec 27, 2006, 1:09:42 AM12/27/06
to
On 26 Dec 2006 07:32:43 -0800, hamidbo...@yahoo.fr wrote:

>
>"Torturés par Le Pen" par Hamid Bousselham

tien une merde qui sort comme par hasard peu avant les elections
presidentielles et au moment ou les sondages sont favorables au FN

villenoel

unread,
Dec 27, 2006, 3:07:47 AM12/27/06
to

"le seigneur des rateaux" <vo...@org.fr> a écrit dans le message de news:
2f34p2d87p872shpg...@4ax.com...

===========
Et le gouvernement français qui était au courant et qui fermait les yeux.
Et un certain François Mitterrand qui est devenu champion des libertés, sur
le tard.
--
villenoel


eomer

unread,
Dec 27, 2006, 3:51:07 AM12/27/06
to

hamidbo...@yahoo.fr a écrit :

> "Je n'ai rien à cacher. J'ai torturé parce qu'il fallait le
> faire. Quand on vous amène quelqu'un qui vient de poser vingt bombes
> qui peuvent exploser d'un moment à l'autre et qu'il ne veut pas
> parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l'y
> contraindre. C'est celui qui s'y refuse qui est le criminel car il
> a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu
> être évitée".

Je pense que plus de 80% des gens sont d'accord avec cette affirmation:
Le Pen (et c'est là qu'il est très habile) ne fait que reprendre une
banalité. Bien sur, on n'est pas obligé d'utiliser des méthode
moyenageuses quelques peu démodées ou des méthodes chinoises, qui,
bien que rafinées, sont un peu trop longues. Il existe des "serums de
vérité" sufisament efficaces pour obtenir les renseignements
necessaires.

Message has been deleted

hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Dec 27, 2006, 5:15:08 AM12/27/06
to

coin a écrit :

> hamidbo...@yahoo.fr sur fr.misc.actualite le mardi 26 décembre 2006
> 16:32
>
> >
> > Nous sommes en droit d?exiger un procès Nuremberg du colonialisme
> > français à Alger
>

: "Le passé n'éclairant plus l'avenir, l'esprit marche dans les
ténèbres" Tocqueville

hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Dec 27, 2006, 7:31:01 AM12/27/06
to

hamidbo...@yahoo.fr a écrit :

> ténèbres" Tocqueville En 1957, Le Pen député à Paris... tortionnaire à Alger


En 1957 Le Pen, élu député avec Poujade, s'est engagé lui-même
dans l'armée en Algérie où il a fait de terribles exactions. De
nombreux témoignages ont montré que Le Pen a fait torturer, et a
aussi torturé lui-même et exécuté des Algériens. Cela a été le
cas, par exemple, d'Abdelwahab, arrêté le 22 février 1957, que Le
Pen, après l'avoir torturé, a jeté du premier étage dans le
jardin de la "villa des roses" à Alger. Ces faits sont reconnus, et
cela ne l'empêche pas d'être de nouveau à la une des médias.
Durant le mois de février, mars et début avril 1957, la "villa des
roses", sise 74 boulevard Galleni, à El-Biar (banlieue d'Alger)
abrita une unité de parachutistes étrangers commandée par le
capitaine Martin. Celle-ci y avait installé ses bureaux
d'interrogatoires et leur complément désormais indispensable : les
locaux de torture.

L'un des chefs qui administraient la "question" et dirigeaient la
torture n'était autre que le lieutenant Le Pen, député à
l'Assemblée Nationale.

Le Pen, accompagné de ses hommes, en civil ou en uniforme, procédait
aux enlèvements (le buraliste de rue d'Isly fut enlevé par des
civils et le Cheikh Tebessi par des hommes en uniformes).

Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des
semaines. Le suspect était d'abord accueilli par les paras, Le Pen
en tête, à coups de pied et de poing jusqu'à l'abrutissement
complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de
reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action
quelconque : s'il protestait de son innocence, on lui administrait
alors le supplice des électrodes.

Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la
victime, lui liait pieds et poings, l'aspergeait d'eau et lui
bandait les yeux. C'est alors qu'il lui administrait plusieurs
décharges électriques.

Si le "patient" arrivait à supporter le choc et persistait dans ses
dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un
casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument
intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour
varier ses "réjouissances", Le Pen plaçait sur les oreilles de
"l'inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu'à ce que la
chair fût complètement brûlée.

Puis l'on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore
à ce stade leur innocence, le supplice de l'eau, qu'on leur
faisait ingurgiter de force avec un tuyau... Parfois le corps du
"suspect" était tailladé de coups de couteau.

Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances
par jour. Dans l'intervalle des interrogations, les "inculpés"
étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60
m à 1,70 m environ.

Dans cette fosse, trop courte pour permettre au détenu de
s'allonger, trop étroite pour lui permettre de se retourner,
l'infortuné était jour et nuit sous la menace de la mitraillette du
geôlier.

Nous ne saurions omette de mentionner ici que quelques gardiens, des
soldats étrangers, absolument écoeurés, n'ont pas hésité à
prodiguer, à l'insu de Martin et de Le Pen et autres gradés,
quelques soins aux suppliciés. Parmi ces militaires de coeur, il y
avait également des Français : nous nous rappellerons de l'attitude
humaine des soldats Berniche, Paris, Laboriot, et d'autres encore.

Toutefois les souffrances endurées lors des interrogatoires étaient
tellement atroces que, dès les premières séances, le "suspect"
aurait accepté la mort comme une bienheureuse délivrance. C'est
pourquoi un grand nombre de "pensionnaires" de la "villa des roses" ont
tenté de se suicider. Le nommé Dahman fut tellement insulté,
frappé, brutalisé, et supplicié par Le Pen qu'il s'égorgea et
fut transporté mourant à l'hôpital.

Mais les activités de Le Pen débordaient le cadre de la "villa des
roses". Il sévissait également dans une autre villa : la "villa
Susini", depuis longtemps connue des Algériens comme lieu de tortures.
Là il fit jeter de l'essence sur le visage d'un détenu et y mit
le feu. La victime défigurée fut, dans cet état, écrouée à la
prison de Barberousse à Alger. La dernière trouvaille de Le Pen :
avant qu'il ne quittât le service des Renseignements( !) fut de les
extorquer en "travaillant" les 'suspects" au chalumeau.

Tels furent en Algérie, les hauts faits d'armes de Le Pen, député
de surcroit, qui lui valurent une décoration des mains du général
Massu.

Cet extrait provient de la revue "Résitance Algérienne n° 32, du 1er
juin 1957, cité page 37 dans le livre "Torturés par Le Pen" d'Hamid
Bousselham (édition Rahma, Alger, 2000)

Voir aussi le vrai Le Pen

Arnaud

unread,
Dec 27, 2006, 10:28:54 AM12/27/06
to

nan, c'est sorti en 2000... mais comme personne n'a lu son tissus de
mensonges,
il le publie sur le Web... du coup c'est gratoss au moins.


hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Dec 28, 2006, 9:01:39 AM12/28/06
to

Arnaud a écrit :

> il le publie sur le Web... du coup c'est gratoss au moins. C'est avec plaisir que je vous fais parvenir la nouvelle édition 2006 de " torturés par le pen "

hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Dec 31, 2006, 3:32:12 PM12/31/06
to

hamidbo...@yahoo.fr a écrit :

Paroles de torturés
Guerre d'Algérie. Témoignages. Des femmes et des hommes qui ont
subi les exactions des soudards du général Massu et du colonel
Bigeard se souviennent.

La question de la torture pratiquée de manière systématique par
l'armée française revient hanter les mémoires. Alors que les
tortionnaires tentent aujourd'hui de la justifier, leurs victimes
algériennes, malgré la douleur, rappellent un épisode infamant trop
longtemps tu. Reportage.

De notre envoyé spécial en Algérie.

Durant la bataille d'Alger, en 1956-1958, ils étaient très jeunes.
Ourida Medad est morte sous la torture à seize ans. Baya Hocine,
décédée le 3 mai dernier, avait dix-sept ans quand elle a été
condamnée à mort en 1957. Zhor Zerari, dix-neuf ans, était
condamnée à la perpétuité, M. El Badji, vingt-quatre ans, condamné
à mort, Zoubir M, dix-sept ans, à 20 ans de prison, Danielle Minne
avait dix-huit ans. Aujourd'hui, âgés entre soixante et
soixante-cinq ans, ils sont redevenus anonymes. Pour des raisons
diverses, les jeunes Algériens ne savent rien de leur passé.

Zhor Zerari

L'histoire de cette femme, âgée de dix-neuf ans en 1957, rappelle
celle de Louisette Ighilahriz, qu'elle connaît bien. Ancienne
journaliste à l'hebdomadaire Algérie Actualités durant les années
soixante et soixante-dix, auteur du recueil Poèmes de prison (1), Zhor
marche difficilement car elle souffre de troubles de l'équilibre. "
J'ai une pièce qui est défectueuse au niveau du cerveau ", dit-elle
en souriant. Elle faisait partie d'un groupe de l'ALN (Armée de
libération nationale) à Alger, dirigé par Saïd Igranaïssi.

Elle se souvient de sa première action : le dépôt d'un engin
explosif face à l'entrée de la Radio d'Alger en février 1957. "
On avait ordre de ne pas faire de victimes civiles, alors je l'ai
déposé sous une voiture face à l'entrée de la radio gardée par
plusieurs gardes mobiles. " Après l'exécution à la guillotine de
quatre combattants de l'ALN à la prison Barberousse, elle participe
à une série d'attentats qui ont touché tout Alger le 18 juillet
1957. " Yacef Saadi (le chef du FLN), qui avait décrété une trêve
après sa rencontre avec Germaine Tillon contre la promesse d'arrêt
des exécutions et de la torture, avait donné ordre de mener une
série d'actions psychologiques destinée à démontrer la
détermination du FLN. " Son arrestation ? " En août 1957, on était
dans un appartement situé face au mausolée Sidi Abderahmane, à la
Casbah. L'artificier, Saïd Bouzourène, était en train de vérifier
le mécanisme des bombes à retardement qu'on devait déposer devant
des commissariats et des postes militaires, quand l'une d'elles lui
a pété entre les mains. J'étais dans la pièce à côté. J'ai
vu Saïd se tenir le ventre et hurler : Sauvez-vous ! sauvez-vous !
J'ai fui par la fenêtre, avec du plâtre sur ma robe et sur mes
cheveux, pris un taxi qui m'a déposée chez mes parents à Belcourt.
Je ne savais pas que l'on nous avait repérés et que nous étions
recherchés. Ce soir-là, j'ai dormi et j'ai décidé d'aller à
la plage le lendemain. Mais tôt le matin, le quartier était bouclé
par les paras. Impossible de fuir, et pas d'arme pour se défendre.
Après avoir défoncé la porte, ils ont demandé après moi, et
m'ont conduite directement à l'école Sarouy, dans la Casbah. "
Elle est emmenée dans une salle de classe où les tables étaient
encore en place, mais où il y avait une dizaine de personnes en piteux
état, du sang partout. " Je voulais aller aux toilettes, dit-elle. Le
caporal présent sur les lieux me rétorque : Patience, ma petite
chérie, tu vas faire pipi dans un moment. " Et de lui demander de se
déshabiller. " Pour moi, me mettre nue en présence de deux de mes
compagnons masculins a été pire que la torture qu'ils m'ont
infligée par la suite. " S'approchant d'elle, le même soudard lui
lance : " Tu es vierge ? De toute façon vierge ou pas, ce soir tu
passeras à la casserole. " Ce à quoi Zhor a rétorqué : " Ne me
touche pas, salopard ! " C'est alors, raconte-t-elle, qu'elle a
été sauvée du viol par un jeune para, du nom de Jean Garnier, venu
s'enquérir de la raison de ses larmes. Il s'est retourné vers son
collègue lui intimant l'ordre de ne pas la toucher. " Il lui a même
foutu une sacrée raclée dans la cour de l'école ", ajoute Zhor. Il
n'empêche, dans cette école dont le colonel Bigeard fit son PC,
elle a été torturée. " On m'a bâillonnée avec un maillot de
corps plein d'urine et d'excrément, avant de me torturer à la
gégène, par les lieutenants Flutiaux et Schmidt, en présence du
capitaine Chabanne, et cela pendant trois nuits. Puis on a ramené deux
membres de mon réseau. L'un d'eux [dont elle tait le nom] ,
méconnaissable suite aux sévices subis, m'a alors dit : Zhor, ils
savent tout. C'est alors que j'ai tout endossé. " Transférée à
Birtraria, elle subit un nouvel interrogatoire. Là, c'est un vieux
gradé CRS qui lui rend visite, lui offre une fleur, et lui dit : " De
la part d'un con obligé de faire ce foutu métier. ".

Zhor Zerari est condamnée une première fois à 15 ans de prison puis,
lors d'un second procès, à la perpétuité. Emprisonnée à la
prison Barberousse d'Alger, elle est transférée à Pau, en France,
qu'elle quitte en avril 1962. De son passé, elle dit : " C'était
super d'avoir participé à la libération du pays. J'ai vécu
cette période intensément. " Mais cette mère de deux enfants en a
gardé des séquelles : troubles neurologiques, troubles mnésiques,
difficultés de l'équilibre. Le bulletin médical indique que " son
état de santé nécessite l'assistance permanente d'une tierce
personne ".

Quant à Bigeard et Massu : " Quand j'ai lu que Massu s'est dit
désolé, j'ai frappé le mur avec mes poings. Ah bon ! me suis-je
dis, c'est tout ce que ça lui fait, ça le désole ! " Comme
Louisette Ighilahriz, Zhor ne veut pas pardonner et demande la
traduction de tous les tortionnaires pour crimes de guerre, parce que,
ajoute-t-elle, " j'ai un profond respect pour tous ceux qui ont subi
la torture ".

Mohamed El Badji.

Né en 1933 à Alger, il est connu comme chanteur-compositeur de chaabi
(musique populaire algéroise). Mais peu de gens savent qu'il a été
condamné à mort en 1957, après avoir été affreusement torturé.

Le 28 janvier 1957, le FLN venait de décréter la grève des " huit
jours ", à l'occasion du débat sur l'Algérie à l'Assemblée
générale de l'ONU. Dénoncé, il est arrêté par une patrouille de
parachutistes et emmené à l'école des filles du quartier de la
Redoute (Alger), transformée en centre de tortures. Durant deux jours,
il est torturé à l'électricité, flagellé. Puis il est emmené à
la villa Susini, où sévissent le capitaine Faulques qui se surnommait
" capitaine SS ", réputé, selon Henri Alleg, pour sa férocité, et
le tortionnaire d'origine allemande, Feldmayer du 3e REP
(parachutistes étrangers). El Badji sera torturé durant huit nuits,
avant d'être conduit au tribunal militaire pour être condamné à
mort pour actes terroristes. Il est enfermé dans l'aile réservée
aux condamnés à mort de la prison Barberousse. Aujourd'hui, c'est
un homme qui a du mal à trouver le sommeil. " Quand on a été
habitué à rester éveillé toute la nuit, attendant son tour
d'aller à la guillotine, ça ne disparaît pas du jour au lendemain
", explique l'ancien condamné à mort dont plusieurs de ses
compagnons de cellule ont été guillotinés. Gracié par de Gaulle, sa
peine est commuée en condamnation à perpétuité. El Badji, qui a
depuis été victime de plusieurs dépressions nerveuses, a été
contraint de prendre une retraite prématurée au ministère des
Moudjahidine (anciens combattants), où il travaillait. Depuis sa
sortie de prison, il se soigne aux antidépresseurs.

Dahmani Mokhtar.

Connu comme Mokdad, cet ancien champion de boxe junior était ce
qu'on appelle un " terroriste ", membre de l'ALN. Né à Alger, il
avait dix-sept ans quand il a été appréhendé, par des agents de la
DST accompagnés de paras, en mars 1957. " Ce soir-là, j'ai décidé
de dormir, alors que d'habitude je restais éveillé parce que je
savais que les arrestations avaient lieu à l'aube ", explique
Mokdad, rencontré dans son café-kiosque de la place du 1er mai, à
Alger. Aujourd'hui âgé de soixante ans, cheveux châtains, yeux
clairs, c'est une force de la nature. Il raconte : " Il était cinq
heures du matin quand j'ai été réveillé par de grands coups
portés à la porte de la maison, dans le quartier de Belcourt. À
peine ma mère a-t-elle ouvert la porte qu'elle a été bousculée.
Mon père a été jeté à terre et roué de coups, ainsi que mon
oncle, par les bérets verts (parachutistes étrangers). Ils se sont
rués sur moi, m'ont attaché les mains au dos, puis mis une corde au
cou avec laquelle ils m'ont traîné dans la rue, à coups de crosse
au dos et à la tête, jusqu'à la Jeep. Ma mère s'est agrippée
à la vareuse d'un officier, lui expliquant que je n'étais qu'un
enfant. Elle ne savait pas que j'étais membre de l'ALN. ".

Mokdad explique ensuite qu'il a été emmené dans une grande villa
de deux étages, située à Birtraria, dans la banlieue d'Alger. Là,
après vérification de son identité, un officier parachutiste,
surnommé Gandi, lui dit : " Fiston, on sait tout, tu as intérêt à
tout nous dire. " Bien sûr, il nie. Il est alors déshabillé,
attaché sur une échelle que ses tortionnaires placent sur des
tréteaux. Des électrodes, branchées directement sur une prise du mur
de la pièce où il se trouvait, sont placés sur ses oreilles, puis
sur les parties génitales.

Après quelques jours, le même officier demande qu'on le détache et
qu'on le laisse en tête-à-tête avec lui. " Il faisait nuit, il
faisait chaud, c'était l'été 1957. On était tous les deux. Je
n'ai pas hésité un instant. J'ai assommé l'officier, sauté
par la fenêtre, fui par le jardin. J'ai couru, couru... " Par la
suite, Mokdad reprend contact avec le FLN et gagne le maquis dans la
wilaya IV. Son geste, il l'explique : " À l'idée d'être
torturé de nouveau, je n'avais rien à perdre en risquant le tout
pour le tout. " Il ne regagnera Alger qu'en 1962. L'histoire de
Mokdad est connue de tous les anciens de Belcourt. À leurs yeux, il
fait figure de héros, car peu nombreux sont ceux qui ont réussi à
échapper à leurs tortionnaires.

Zoubir M, son ami, n'a pas eu cette chance. Lui avait dix-sept ans
également quand il a été arrêté par les paras dans la Casbah
d'Alger. " J'ai été arrêté chez moi dans la Casbah ", dit-il.
Conduit à " l'intendance ", un centre de tri tenu par les paras de
Bigeard, rue Bruce, dans la Casbah, il a eu affaire au fameux capitaine
Graziani. " Il tenait dans la main un pistolet 11.43. Dès qu'il
m'a vu, il m'a frappé violemment avec au visage. Vous vous rendez
compte, j'étais mineur, ils ont torturé un mineur ! ", s'écrit
Zoubir au souvenir de ce qu'il a subi. Dans la rue, son ami Bouziane,
bien qu'il ait les mains attachés dans le dos, prend la fuite. Il
est abattu d'une rafale de mitraillette sous ses yeux. " Bouziane
avait une peur bleue de la torture. Il nous avait juré qu'il ne
serait pas torturé. ".

À " l'intendance ", il est torturé nu, attaché sur une planche
déposée sur des tréteaux, torturé à l'électricité, puis dans
une baignoire remplie d'eau usée, d'urines et d'excréments,
battu, pendu par les pieds avec les mains ligotées au dos, puis
enfermé durant deux jours dans un placard, sans boire ni manger.
Zoubir n'avait rien à avouer puisque tout son groupe (sept) avait
été neutralisé. Dans la cour de " l'intendance ", il rencontre un
ami, Hamid : " Tu ne me connais pas, tu ne m'as jamais vu ", lui
chuchote-t-il à l'insu des gardes. Le lendemain, dans la même cour,
il voit son ami, étalé dans un coin, mort : " Il n'a pas dû
résister à la torture. Il avait mon âge : dix-sept ans. ".

Zoubir M. sera condamné à 20 ans de réclusion par le tribunal
militaire et incarcéré à la prison de Barberousse. Lui aussi souffre
de troubles psychomoteurs, de céphalées à répétition, mais
répète, à l'en croire, qu'il se porte comme un charme. Bigeard,
Massu : Zoubir demande leur jugement pour avoir torturé des mineurs !.

Tous les témoins rencontrés citent de mémoire les noms des
capitaines Graziani, Chabanne, Faulques, Devis, Lenoir, un certain
Gandi, les lieutenants Flutiaux, Schmidt, Erulin, un certain Le Pen, et
leurs chefs qu'ils surnomment par dérision " les médécins-chefs "
de la torture, le général Massu et l'ex-colonel Bigeard.

Hassane Zerrouky.

(1) Zhor Zerari, Poèmes de prison, .

hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Jan 2, 2007, 5:03:16 AM1/2/07
to

hamidbo...@yahoo.fr a écrit :

• LE MONDE | 03.06.02 |
L'éditorial du Monde
Le Pen et l'Algérie
ON LE SAIT depuis longtemps déjà, le Front national prospère sur les
trous de mémoire de la nation française, sur son rapport malsain aux
zones d'ombre de son passé, sur la façon dont elle préfère occulter
les épisodes sombres de son histoire plutôt que de les affronter avec
courage et lucidité. Ce n'est pas un hasard si Jean-Marie Le Pen a
d'abord bâti une partie de sa notoriété politique sur quelques
déclarations provocatrices qui mettaient en jeu les mauvais souvenirs
de l'Occupation.

L'autre grand impensé du XXe siècle en France est, à coup sûr,
celui de la colonisation et notamment de la guerre d'Algérie.

Or celle-ci est présente, de diverses manières, dans la mémoire
collective, sans que jamais les Français aient été capables de
mettre au net leur relation avec ces événements douloureux. Cette
relation est pourtant au cœur de notre histoire contemporaine. Elle
commande, sur le plan intérieur, le processus d'intégration des
populations issues de l'immigration, dont on mesure, en particulier
depuis le premier tour de l'élection présidentielle, les immenses
difficultés. Elle détermine largement, sur le plan extérieur, la
position de la France dans le monde arabe.

Comment négliger, dans ces conditions, le succès d'une extrême
droite qui a construit l'essentiel de son fonds de commerce sur le
rejet de l'étranger, surtout quand celui-ci vient de l'autre côté de
la Méditerranée ? Comment ne pas voir, dans l'extraordinaire malaise
qui s'est emparé de la France et qui s'est exprimé le 21 avril, les
traces d'une nouvelle arabophobie, qui s'ajoute à la vieille
judéophobie et contribue à nourrir les fantasmes exploités par le
Front national ? Comment, surtout, oublier le passé personnel de son
chef en Algérie, qu'attestent maints témoignages, depuis ceux qu'a
rendus publics il y a quarante ans l'historien Pierre Vidal-Naquet
jusqu'à ceux que produit aujourd'hui Le Monde ? Jean-Marie Le Pen
est, depuis une vingtaine d'années, au centre du débat politique
français. Il est donc normal que notre journal s'emploie,
inlassablement, à éclairer sa personnalité, comme il l'a fait en se
penchant sur les années de jeunesse d'autres dirigeants politiques, de
François Mitterrand à Lionel Jospin, en dévoilant des épisodes
qu'ils n'assumaient pas.

La justice a donné raison à ceux qui ont dénoncé les actes de
torture commis par Jean-Marie Le Pen, en les relaxant des poursuites en
diffamation. La plus haute juridiction française, la Cour de
cassation, a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour
d'appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois
auparavant, elle avait pris la même décision en faveur de Michel
Rocard, qui, en 1992, à la télévision, avait accusé Jean-Marie Le
Pen d'avoir torturé. La Cour avait estimé en particulier que l'ancien
premier ministre "avait poursuivi un but légitime en portant cette
information à la connaissance des téléspectateurs". Le Monde se
réclame du même "but légitime" pour continuer de porter cette
information à la connaissance de ses lecteurs.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.06.02

hamidbo...@yahoo.fr

unread,
Jan 3, 2007, 12:55:50 PM1/3/07
to

hamidbo...@yahoo.fr a écrit :

> • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.06.02 Jean-Marie Le Pen | AFP
Florence beaugé m'a accompagné pour receuillir les témoignages de
Mustapha Merouane, de sa soeur ghaniya Merouane de Mohamed amara et de
Mohamed Abdellaoui. Ils m'ont fait un récit détaillé des tortures
infligées par le pen . A paraître en février 2007 dans une nouvelle
édition de "Torturés par Le Pen "

Le récit de Mohamed Abdellaoui : "Je suffoquais. Mon ventre est
devenu énorme. Le Pen s'est mis debout sur moi"

Paul Aussaresses : "J'ai croisé Le Pen à la villa Sésini"

Le Pen et l'Algérie

Torture : quatre nouveaux témoins accusent Jean-Marie Le Pen

Victimes de sévices au mois de février 1957, durant la bataille
d'Alger, ces anciens militants et sympathisants du FLN affirment
aujourd'hui - sans s'être concertés - avoir identifié le président
du Front national, alors lieutenant parachutiste, parmi leurs
tortionnaires.
Le Monde | 03.06.02

Alger de notre envoyée spéciale

La nuit du 2 au 3 février 1957, à Alger, a-t-elle dépassé en
violence toutes les autres ? Elle est en tout cas restée dans les
mémoires et illustre ce que des victimes décrivent comme une pratique
de la "torture à domicile" qu'aurait mise en œuvre Jean-Marie Le Pen.
Cette nuit-là, une tragédie à huis clos se noue dans trois maisons
de la casbah d'Alger, noyau de la résistance à l'armée française.
Interrogés séparément, sans s'être concertés, plusieurs témoins
font aujourd'hui un récit presque identique de ces événements.
C'était le sixième jour de la "grève des huit jours", lancée par le
FLN pour tester son influence à Alger.

Abdelkader Ammour, 64 ans, enseignant en économie et en sociologie à
la retraite, raconte : "J'avais 19 ans, pas de responsabilités au sein
du FLN, mais j'étais engagé à ses côtés, comme nous l'étions tous
dans la casbah. La maison que ma famille partageait avec deux autres
familles se situait au 5 impasse de la Grenade." "Le soir du 2
février, une vingtaine d'hommes conduits par Le Pen ont surgi",
ajoute-t-il, assurant avoir reconnu, quelque temps plus tard, le
lieutenant parachutiste sur des photos. Selon M. Ammour, c'est dans une
pièce de son domicile que Le Pen l'aurait interrogé ainsi que trois
autres suspects, l'un après l'autre. "Ils cherchaient des armes,
dit-il, sans savoir encore que dans la maison, ce soir-là, il y avait
des responsables de tout premier plan du FLN, en particulier Yacef
Saadi (chef de la zone autonome d'Alger), réfugié dans une cache. Le
Pen se faisait appeler "Marco". Il respirait la violence. Pour lui, il
s'agissait beaucoup plus de nous mater que de nous arracher des
renseignements."

Abdelkader Ammour raconte avoir été allongé par terre sur le dos, nu
et les mains ligotées sous lui. Il poursuit : "Ensuite, ils ont
branché les fils électriques directement sur la prise et les ont
promenés partout sur mon corps. Je hurlais. Ils ont alors pris l'eau
sale des toilettes, m'ont étalé une serpillière sur le visage et me
l'ont fait avaler de force. Le Pen était assis sur moi, il tenait le
chiffon pendant qu'un autre versait la flotte. Je l'entends encore qui
criait : "Vas y, vas y, t'arrête pas !"" Au matin, Abdelkader Ammour
et les trois hommes torturés avec lui sont libérés. Entre-temps,
l'épouse de l'un d'eux a été violée à l'étage supérieur de la
maison, affirme M. Ammour. "Ta femme est exquise !", auraient-ils
lancé au mari avant de quitter les lieux.

A quelques pas de là, au 33, rue N'Fissa, la famille Merouane endure
la même violence. Selon des témoins, M. Le Pen et ses hommes font,
cette nuit-là, la navette d'un domicile à l'autre. Mustapha Merouane,
66 ans, peintre en bâtiment à la retraite, est l'un des rares
survivants de cette famille de résistants - des "terroristes" pour
l'armée française - qui ont disparu et dont les corps n'ont jamais
été rendus à leurs familles. "Ils cherchaient des armes, se
souvient-il. Il y avait là des pistolets et des mitraillettes, ainsi
que deux ou trois paquets de chevrotines, mais pas les fusils de
chasse, ce qui les a mis dans une rage folle."

Mustapha Merouane, alors âgé de 18 ans, est dans un premier temps
torturé à l'eau. "Ils m'ont mis un chiffon sur le visage, et versé
de l'eau dessus pendant qu'un autre était assis sur moi, raconte-t-il.
Ma grand-mère s'est jetée sur eux en hurlant. Alors Le Pen a dit :
"Emmenez-le !"" Puis le jeune homme est conduit dans une maison
voisine, celle des Amara. "Un oncle des Amara, Hamar Boudjemaa, se
trouvait là. Il a protesté. Pour le punir, ils l'ont roué de coups,
lui cassant le bras notamment", poursuit M. Merouane, qui affirme avoir
entendu M. Le Pen crier : "Maurice, prépare les fils !" Son récit se
poursuit : "Ils m'ont déshabillé et installé sur un sommier
métallique. Le Pen actionnait l'interrupteur. Il a ensuite demandé de
l'eau qu'il m'a jetée sur le corps, avant de recommencer
l'électricité. Je hurlais." Mustapha Merouane finit par affirmer
qu'il y a des fusils de chasse dans sa maison, cachés derrière une
armoire. Le Pen et son équipe retournent alors chez les Merouane, en
vain.

Pour Mustapha Merouane, Le Pen aurait alors perdu son sang-froid. Il
aurait dégainé son pistolet, lui aurait posé sur la tempe pour
simuler son exécution, avant de s'en prendre à son père qu'il
aurait, lui aussi, passé à la "question" pour savoir où se cachaient
deux autres de ses fils, Ali et Boualem - qui seront arrêtés un peu
plus tard et disparaîtront.

Quand se lève le matin du 3 février, arrivent plusieurs civils. a
ordonné de nous embarquer, raconte M. Merouane. On nous a emmenés à
Fort-l'Empereur (caserne située sur les hauteurs d'Alger). J'ai été
de nouveau torturé par Le Pen. Mon père aussi. Il y a eu très peu de
survivants. On nous donnait du pain et des sardines, sauf pendant un
moment où un adjudant a exigé que nous soyons correctement nourris."

Quelques semaines plus tard, son père et quatre autres prisonniers
sont conduits hors de leur cellule. "On a entendu des coups de feu,
dit-il. Pour moi, il ne fait pas de doute qu'ils venaient d'être
exécutés sur place, et puis sans doute brûlés. Ça sentait souvent
le brûlé." Lui sera transféré au bout de trente-six jours dans le
camp de détention de Beni-Messous, puis celui de Paul-Cazelles, où,
dit-il, "c'était l'enfer, même s'il n'y avait plus de séances de
tortures".

Mohamed Amara avait 18 ans quand il a été arrêté au domicile
familial du 3, rue Ben-Ali, dans la casbah, cette même nuit. L'un de
ses frères, Ali, dit Alilou, joue un rôle important au sein du FLN
mais, cette nuit-là, il est absent de la maison. Faute de le trouver,
les paras embarquent le jeune Mohamed et un autre de ses frères,
Saïd, 24 ans, puis se rendent à Fort-l'Empereur. Là, Saïd est
torturé, mais pas Mohamed, qui se souvient qu'après cette séance,
son frère était devenu "méconnaissable".

Quelques heures plus tard, Saïd Amara est ramené à son domicile de
la casbah, où il retrouve Mustapha Merouane. "On a amené chez nous en
pleine nuit l'un de nos voisins, Mustapha Merouane, que Le Pen a
torturé chez nous, raconte Mohamed Amara. Un de mes oncles maternels,
Hamar Boudjemaa, qui se trouvait là, s'est interposé, et a été
passé à tabac..." Saïd est ensuite à nouveau transféré à
Fort-l'Empereur. Là, il va subir d'autres séances de tortures avant
de disparaître, "abattu alors qu'il cherchait à s'enfuir", selon la
version officielle.

Mohamed Amara restera, lui, dix-neuf jours à Fort-l'Empereur. Ses
compagnons de cellule auraient "tous été torturés par Le Pen",
dit-il - à l'électricité, à l'eau et au chalumeau.

Florence Beaugé


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Trois mois à Alger, début 1957


Jean-Marie Le Pen est resté trois mois en Algérie - de janvier à fin
mars 1957. Alors plus jeune député de France, élu, en 1956, sous
l'étiquette de l'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA)
de Pierre Poujade, il s'est engagé, à 28 ans, par solidarité avec le
contingent dont il a voté l'envoi en Algérie sur proposition de Guy
Mollet. Officiellement, le lieutenant Le Pen du 1er régiment étranger
de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, ne fait pas
d'interrogatoires à Alger, mais du renseignement. "Je n'ai rien à
cacher, j'ai torturé parce qu'il fallait le faire", dira M. Le Pen
dans un entretien au journal Combat, en 1962.

Les victimes interrogées par Le Monde n'avaient jusqu'alors jamais
parlé publiquement des tortures subies. Elles expliquent avoir
décidé de le faire en découvrant le score de M. Le Pen lors du
premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril. D'autres ont
choisi de demeurer silencieux ou anonymes, disant seulement qu'évoquer
les supplices subis serait pour eux un nouveau traumatisme.


Article paru dans Le Monde du 04.06.02

m-...@hotmail.fr

unread,
Aug 1, 2012, 7:25:32 PM8/1/12
to
pour contribuer a cette discution je vous invite a visiter le site si zoubir rouchai boualem sur face book. vous decouvrirez une photo de rouchai cherki ali QUI S EST TRANCHE LA GORGE ET QUI A ETE prise par l identite judiciere d alger.cette photo represente l oeuvre degradante de l armee francaise durant la bataille d alger. gorge tranchee et pansement encore suintant de sang.et dire que lepen a ete decore par le general massu. ????? NOS FELICITATIONS POUR CE DETENTEUR D UN MANDAT DU PEUPLE FRANCAIS BRAVO.

Tanguy Ortolo

unread,
Aug 2, 2012, 4:44:32 AM8/2/12
to
Ce serait mieux si vous écriviez en français correct. Commencez par vous
acheter un clavier permettant de saisir les lettres accentuées. Si vous
avez le courage, installez-vous également un système d'exploitation
fournissant des dispositions de clavier permettant de saisir les lettres
autrement absentes, telles que les guillements et les E-dans-l'O.

m-...@hotmail.fr, 2012-08-02 01:25+0200:
> pour contribuer a
^^^^ ^
Pour à

> cette discution
^^^^^^^^^
discussion

> je vous invite a visiter le site si zoubir rouchai boualem
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
majuscules ?

> sur face book.
^^^^^^^^^
Facebook

> vous decouvrirez une photo de rouchai cherki ali
> QUI S EST TRANCHE LA GORGE ET QUI A ETE

Inutile de crier. Les apostrophes et accents ne sont pas facultatifs,
même sur les capitales.

> prise par l identite judiciere d alger.
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
l'identité judicière d'Alger

> cette photo represente l oeuvre degradante
^^^^^^^^
l'œuvre


Etc. À une dictée, vous auriez eu une note fortement négative.

--
Tanguy Ortolo
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