Grandior hic vero si iam seniorque queratur
atque obitum lamentetur miser amplius aequo,
non merito inclamet magis et voce increpet acri:
'aufer abhinc lacrimas, baratre, et compesce querellas.
omnia perfunctus vitai praemia marces;
sed quia semper aves quod abest, praesentia temnis,
inperfecta tibi elapsast ingrataque vita,
et nec opinanti mors ad caput adstitit ante
quam satur ac plenus possis discedere rerum.
Nunc aliena tua tamen aetate omnia mitte
aequo animoque, age dum, iam aliis concede necessest'
iure, ut opinor, agat, iure increpet inciletque;
cedit enim rerum novitate extrusa vetustas
semper, et ex aliis aliud reparare necessest.
Nec quisquam in baratrum nec Tartara deditur atra;
materies opus est, ut crescant postera saecla;
quae tamen omnia te vita perfuncta sequentur;
nec minus ergo ante haec quam tu cecidere cadentque.
sic alid ex alio numquam desistet oriri
vitaque mancipio nulli datur, omnibus usu.
respice item quam nil ad nos ante acta vetustas
temporis aeterni fuerit, quam nascimur ante.
hoc igitur speculum nobis natura futuri
temporis exponit post mortem denique nostram.
numquid ibi horribile apparet, num triste videtur
quicquam, non omni somno securius exstat?
Et si c'est un vieillard qui se lamente ainsi,
qui pleure sur la mort plus qu'il n'est raisonnable,
ne serait-elle en droit de donner plus de voix :
« Ravale donc ces pleurs, gouffre, retiens tes plaintes !
tous les biens de la vie épuisés, tu déclines ;
à désirer l'absent, mépriser le présent,
la vie enfin t'échappe, incomplète et ingrate,
et voici que tu vois la mort à ton chevet
sans pouvoir t'en aller le cour plein et repu.
Laisse à présent tout ça, ça n'est plus de ton âge,
Allons ! du calme, il faut céder la place [aux autres] ! »
Juste procès, je crois, et justes remontrances ;
Car toujours la jeunesse expulse la vieillesse,
il faut qu'avec les uns se reforment les autres.
Nul ne descend au gouffre atroce du Tartare :
les générations ont besoin de matière
pour se renouveler ; mais elles te suivront,
comme celles d'avant sont mortes avant toi.
C'est ainsi que sans cesse un être naît de l'autre :
nul ne détient la vie, et tous en ont l'usage.
Vois de même à quel point toute l'antiquité
qui nous a précédés n'est rien qui nous concerne.
Tel est donc le miroir que pour nous la Nature
montre du temps futur qui suivra notre mort.
Y paraît-il jamais rien d'horrible et d'amer ?
Nul sommeil n'est aussi dénué de souci.
valete
Métrodore
Et tu vois arriver la mort à ton chevet
(Eviter la répétition voi- vois)
2)
> Car toujours la jeunesse expulse la vieillesse,
La jeunesse a toujours délogé la vieillesse,
me paraît plus harmonieux.
D'autre part, "gouffre", quoique littéralement exact, sonne un peu
bizarrement.
Amicalement,
Zéphyrus
"Métrodore" <metro...@noos.fr> a écrit dans le message news:
3d7de9ef$0$17752$79c1...@nan-newsreader-01.noos.net...
ah? mais c'était exprès, cette répétition. il faut aussi faire ressortir la
surprise. la présence de la mort est inopinée, on ne l'a pas vue arriver,
elle est là, elle se tient au chevet du lit.
on pourrait dire
et voici que la mort se tient à ton chevet.
ou
et, tout d'un coup, la mort est là, à ton chevet.
>
> 2)
> > Car toujours la jeunesse expulse la vieillesse,
>
> La jeunesse a toujours délogé la vieillesse,
> me paraît plus harmonieux.
oui.
>
> D'autre part, "gouffre", quoique littéralement exact, sonne un peu
> bizarrement.
c'est vrai. d'ailleurs le mot est contesté, certains éditeurs et manuscrits
ont substitué : balatro, bélître, bouffon...
vale
Métrodore