michelmanu a écrit :
> Bernard Cordier a écrit :
>> Je ne vous ai donné aucun conseil. Je vous ai proposé deux manières
>> d'appréhender ce qui est réellement populaire, c'est à dire ce qui est
>> effectivement proposé au peuple. Il se trouve qu'un grand nombre de
>> chefs d’œuvre sont populaires.
>
> Vous confondez : à l'évidence, est réputé "populaire" ce qui s'adresse
> au " (bas) peuple", ou ce qui est censé lui plaire.
> Et cela rejoint d'ailleurs souvent le populisme.
Je ne confonds rien du tout. Je vous ai montré, bien au contraire, que
nombre de chefs- d’œuvre sont populaires. De nombreuses nullités
également. Je ne donne aucune connotation méliorative ou péjorative à ce
terme.
>
> Mais nous bavassions à propos du "langage populaire", qui est le langage
> utilisé par le peuple, et qui est jugé incorrect,
> inférieur, condamnable, détestable, voire méprisable par certains...
> Un peu comme le blues ou le jazz, que de soi-disant éclairés amateurs
> d'opéra considérèrent longtemps comme des styles populaires, grossiers
> et a-musicaux...
D'où tenez-vous que les amateurs d'opéra tiennent le blues et le jazz
pour des musiques grossières ou je ne sais quoi ?
Que pensez-vous de l'opéra ?
> Prenons un exemple :
> « L'homme est né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude ou dans
> la léthargie de l'ennui.» (Voltaire)
> "On se fait chier comme des rats morts" (un voisin)
>
> Les deux me paraissent bien tournées, mais la seconde est plus
> percutante, et plus imagée... mais, grands dieux! c'est une
> expression populaire, prenons vite l'air dégoûté!
Mais de qui parlez-vous à la fin ?
À la phrase de Voltaire, j'aurais répondu (il y a un peu plus de
quarante ans par une dissertation de quatre pages - j'ai toujours eu du
mal à faire long).
À la réflexion du voisin, je répondrais (suivant humeur et horaire des
marées) "Oui, mais les rats baisent vachement plus que nous."
La phrase de Voltaire conduit à la réflexion. Celle du voisin à la
répartie, plus ou moins adroite.
Le langage populaire est /impuissant/. Il ne peut rien dire, sinon une
émotion passagère.
La période électorale est féconde en langage populaire. Quelques exemples :
La France forte ;
Place au peuple ;
Le changement c'est maintenant ;
La vois du peuple l'esprit de la France ;
etc...
>
> P.S. Tiens, un autre, pour le plaisir et pour le même prix :
>
> "Mignonne, allons voir si la rose
> Qui ce matin avait déclose
> Sa robe de pourpre au soleil
> Et son teint au votre pareil" (Mon voisin)
> et :
> "T'as de beaux yeux, tu sais..." (Ronsard)
>
D'où tenez-vous que mon voisin s'appelle Ronsard ?