Selon le dictionnaire, "glauque" est une couleur verdâtre. Mais on
trouve également (petit Robert) une seconde définition : miséreux,
pauvre... [ex : le quartier est glauque (pas parce qu'il est verdâtre)].
Est-ce que les puristes reconnaissent cette seconde définition ? (Plus
simplement est-ce mal (et pas français) d'utiliser glauque pour
miséreux).
Je vous dis ça, en fait, parce qu'on m'a fait cette remarque : "le petit
Robert ne légitimait pas la langue française. Et que d'ailleurs il était
en procès avec Madame Robert, ce qui démontrait bien son manque de
sérieux".
Question tiroir : quel est le meilleur dico ?
Merci,
A+
Valérie
--
|\ _,,,--,,_ ,) Purdey
/,`.-'`' -, ;-;; http://www.revelut.com/purdey
|,4- ) )-,_ ) /\ http://www.multimania.com/caribouteries
'---''(_/--' (_/-' http://www.bsa.lu
Les puristes, je ne sais pas, je ne les connais pas ; quant à
savoir si c'est mal, puisque c'est un usage reconnu, pourquoi le
serait-ce ?
D'autant plus qu'étymologiquement, le sens de glaukos en grec
désignait certes une couleur vert olive pour l'un de ses sens, mais
aussi beaucoup d'autres couleurs, dont le sens à une certaine époque
était même un peu péjoratif (« this colour was not admired,
Luc.DMeretr.2.1, Philostr. VA7.42. », Liddell-Scott-Jones Lexicon of
Classical Greek). L'évolution vers notre « glauque » n'a donc rien de
choquant.
> Je vous dis ça, en fait, parce qu'on m'a fait cette remarque : "le
> petit Robert ne légitimait pas la langue française. Et que
> d'ailleurs il était en procès avec Madame Robert, ce qui démontrait
> bien son manque de sérieux".
Personne, sauf l'usage ne « légitime » la langue
française. Personnellement, la vie privée du Petit Robert m'intéresse
peu, mais je constate que c'est l'un des seuls dictionnaires moyen
format du français contemporain qui reflète vraiment l'usage du
français et soit aussi complet.
> Question tiroir : quel est le meilleur dico ?
Si vous êtes obsédée par la légitimité, reportez-vous au
Gaffiot, dictionnaire du latin classique, l'un des dictionnaires les
plus légitimes puisqu'il ne s'intéresse qu'à un latin qui n'évolue
plus par définition (seuls les auteurs classiques y sont pris en
compte) !
Olivier
>Re-bonjour !
>
>Selon le dictionnaire, "glauque" est une couleur verdâtre. Mais on
>trouve également (petit Robert) une seconde définition : miséreux,
>pauvre... [ex : le quartier est glauque (pas parce qu'il est verdâtre)].
>
>Est-ce que les puristes reconnaissent cette seconde définition ? (Plus
>simplement est-ce mal (et pas français) d'utiliser glauque pour
>miséreux).
Il y a eu un débat concernant « glauque » en octobre 1999.
Vous pouvez retrouver ce débat, soigneusement archivé par
notre faqteur, Luc Bentz, en allant sur le site :
http://www.chez.com/languefrancaise/fllf/199910/glauque.htm
Salutations
--
J. Makarewicz
Joseph Makarewicz a écrit :
> Il y a eu un débat concernant « glauque » en octobre 1999.
> Vous pouvez retrouver ce débat, soigneusement archivé par
> notre faqteur, Luc Bentz, en allant sur le site :
>
> http://www.chez.com/languefrancaise/fllf/199910/glauque.htm
Tiens, je le relis et surpris suis-je: personne n'a mentionné Athéna aux
yeux glauques ? (que je ne me risquerai pas à transcrire en caractères
latins.)
--
Insigne et signe, jr - www.rouillard.org
Allez en bas de la page jusqu'au lien « pers ».
Joseph Makarewicz a écrit :
Ah vi vi je suis rassuré. En effet, c'est dans le pers vert.
>Tiens, je le relis et surpris suis-je: personne n'a mentionné Athéna aux
>yeux glauques ? (que je ne me risquerai pas à transcrire en caractères
>latins.)
Vous ne lûtes point jusqu'au bout. La page renvoyait vers une autre
(sur "pers") avec mention à... Athéna aux yeux pers (glaucopis
Athena)
http://www.chez.com/languefrancaise/fllf/199910/pers.htm
Luc Bentz
--
http://www.chez.com/languefrancaise/
> La version en-ligne de l'Odyssée a opéré le glaucome de la pauvre
> Athéna qui est maintenant «aux yeux clairs».
Une traduction excellente puique le premier sens de l'adjectif grec "glaukos"
était: brillant, étincelant, éclatant, sans idée de couleur déterminée, par
ex. en parlant de la mer (d'ou le subst. è glaukè, la mer), de l'aurore, de
races d'hommes aux yeux clairs. (source: dictionnaire de Bailly , première
édition 1901).
Aujourd'hui le mot "glauque" renvoie plutôt une idée d'opacité me
semble-t-il.
D'autre part il faut bien sûr se souvenir du jeu de mot avec la chouette (en
grec nom féminin de la 3ème déclinaison: è glaux, gén. glaucos) qui est
l'oiseau d'Athéna (utilisé pour symboliser la déesse et représentée sur la
célèbre pièce de monnaie du même nom, utilisée à Athènes du temps de
Périclès).
André.
> Est-ce que les puristes reconnaissent cette seconde définition ? (Plus
> simplement est-ce mal (et pas français) d'utiliser glauque pour
> miséreux).
>
Est-ce mal ?
> Je vous dis ça, en fait, parce qu'on m'a fait cette remarque : "le petit
> Robert ne légitimait pas la langue française. Et que d'ailleurs il était
> en procès avec Madame Robert, ce qui démontrait bien son manque de
> sérieux".
>
Robert ne légitime pas mais il cherche plutôt à enregistrer ce qui se dit.
Il n'est pas le gardien d'un état (passé) de la langue française mais le
miroir d'un état présent du français. Enfin, il essaie. Ce n'est pas le
dictionnaire des puristes, me semble-t-il.
> Question tiroir : quel est le meilleur dico ?
>
C'est Robert. J'adore Robert. Je déteste Larousse. ;-)
> Aujourd'hui le mot "glauque" renvoie plutôt une idée d'opacité me
> semble-t-il.
Il ne semble pas y avoir de relation possible (sinon phonétique) puisque
l'un (glauque) a une origine grecque, l'autre (la maladie) une origine
latine, cependant, le glaucome, est une maladie oculaire qui se traduit
par une diminution de l'acuité visuelle qui peut aller jusqu'à la cécité
(comme un voile opaque devant l'oeil).
--
Clõ
JLS
>> Aujourd'hui le mot "glauque" renvoie plutôt une idée d'opacité me
>> semble-t-il.
>
>Il ne semble pas y avoir de relation possible (sinon phonétique) puisque
>l'un (glauque) a une origine grecque, l'autre (la maladie) une origine
>latine, cependant, le glaucome, est une maladie oculaire qui se traduit
>par une diminution de l'acuité visuelle qui peut aller jusqu'à la cécité
>(comme un voile opaque devant l'oeil).
Hélas si, Clõ ! Picoche à l'appui, le mot latin est issu du grec.
[Comment s'appelait le féroce adversaire des hellénismes à Rome ?
Marcus Faunus Grunditus ?] Le grec et le latin échangeaient comme le
français et l'anglais. Le cristallin devient d'un bleu terne, opaque.
Dominique, qui doit faire surveiller son glaucome potentiel chaque
année. Alors la vie serait vraiment glauque.