Y a-t-il une différence entre "pourque" et "pour que"?
Martin
Martin Maier a écrit :
> Bonjour!
>
> Y a-t-il une différence entre "pourque" et "pour que"?
Oui, le premier n'existe pas.
Martin Maier a écrit dans le message
<3be6a97b$0$23790$5039...@newsreader01.highway.te
lekom.at>...
>> Y a-t-il une différence entre "pourque" et "pour que"?
>
>Oui, le premier n'existe pas.
De la grammaire de votre Chifflet : « Pour que, au lieu de afin
que, n'est qu'une barbarie. »
Chez Vaugelas : « Pour que, très usité le long de la rivière de
Loire, et même à la Cour, où une personne de très éminente condition a
bien aidé à le mettre en vogue. On s'en sert de plusieurs façons, qui ne
valent toutes rien. [...] Il y a grande apparence que pour que, étant
court et commode, s'étabira tout à fait, et alors nous nous servirons de
cette commodité comme les autres, mais en attendant je m'en voudrais
abstenir, selon le sentiment général de nos meilleurs écrivains. »
Remarques de l'Académie française de 1704 : « Il faut autant que
l'on peut éviter de s'en servir. »
Dominique
--
Latin : est seulement utile pour lire les inscriptions des fontaines publiques.
(Flaubert, « Dictionnaire des idées reçues ».)
Un instituteur, de la bonne vieille école primaire, put lire un jour, un
lundi matin, sur le "cahier du jour" d'un de ses élèves :
- Pourquoique vous tirez toujours les oreilles à mon fils ?
Et le maître d'école, de sa plus belle écriture répondit à l'encre rouge :
- Parcequeque il a de belles oreilles.
____________________
Jean-Claude Mariotte
jcmar...@kiriasse.fr
Kiriasse Logiciels
http://www.kiriasse.fr
Dominique Didier a écrit :
> DB <fed...@noos.fr> a eu calligraphié dans
> fr.lettres.langue.francaise :
>
> >> Y a-t-il une différence entre "pourque" et "pour que"?
> >
> >Oui, le premier n'existe pas.
>
> De la grammaire de votre Chifflet : « Pour que, au lieu de afin
> que, n'est qu'une barbarie. »
Certes, mais il a coulé de l'eau sous les ponts depuis mon cher Chifflet.
Vous pensez peut-être à l'espagnol: "por qué" (pourquoi/warum) et "porqué"
(parce que/weil).
Enfin, pas encore -- et si on considère que les quelques
centaines que Google trouve sont des mirages (il est
vrai, que, dès qu'il s'agit de langue française, le
mot « exister » prend un sens qui laisserait pantois
maint philosophe).
> > De la grammaire de votre Chifflet : « Pour que,
> > au lieu de afin que, n'est qu'une barbarie. »
>
> Certes, mais il a coulé de l'eau sous les ponts depuis mon
> cher Chifflet.
Et comme de l'eau est appelée à couler encore, et considérant
le succès de « lorsque » et de « puisque », je parierais bien
quelques euros sur l'avenir à long terme de « pourque ».
Pierre Hallet
Cette confusion m'amène à parler des si peu connues conjonctions de
coordination subordonnantes ( à ne pas confondre avec les conjonctions
subordonnantes circonstancielles aggravées employées dans l'expression "
Ben, oùque y sont ? " parmi lesquelles pourrait être présente "pourque" si
elle n'était pas un ignoble barbarisme ) ...
On en parle très peu dans les livres de grammaire classiques et c'est fort
dommage ...
Heureusement l'Internet© permet de perpétuer la longue mais fragile
tradition des conjonction de coordination subordonnantes ( appelées aussi,
par erreur, conjonction de subordination coordonnantes ), dont le plus
célèbre et fréquemment usitée "etque" ...
Etque s'emploie le plus souvent dans les vieux textes juridiques, cependant
les grands artistes littéraires l'utilisent sans rechigner, que ce soit en
tête de phrase ( "Etque les men-talités évoluent lentement." a soupiré un
élève de Science-Po ) ou bien même pour évoquer un rupture rythmique
extrêmement poétique ( " nous devons organiser les nôtres nous-mêmes etque,
seulement
ensuite, nous pourrons nous rassembler tous ensemble " s'exclama un poète
qui a préféré garder l'anonymat ... )
Les adolescents apparemment raffollent de ce raffinement de la langue pour
se donner souvent un air supérieur ( qui n'a jamais entendu "rien a faire
ceux-ci me reponde qu'ils en n'ont a rien a foutre etque je pourrais jamais
prouve et me dise de la ferme." (sic) ...)
A etque est venu naturellement se rattacher ouque, celui-ci soulignant plus
une alternative que cet avant-dernier ... Cette dernière conjonction ( à ne
pas confondre avec oùque !! ) est elle aussi utilisée que ce soit dans les
textes anciens ( "de telle sorte que le Fils soit pensé sans le Père, ouque
l'Esprit soit séparé du Fils" nous dit la Bible ) ou au contraire
modernistes ( "afin d'éviter qu'il reste dans le vagin ouque le sperme ne
s'écoule" nous affirme une université de médecine canadienne ... )
Doncque est aussi une très belle conjonction de coordination subordonnante,
qu'il ne faut pas confondre avec "donque" l'ancienne écriture de la
conjonction non subordonnante donc ... Certains spécialistes grammairiens
jugent bon d'ajouter un s à la fin de la conjonction pour qu'elle n'ait pas
l'air d'un nom commun ... Ce qui n'est guère la cas car on remarque très
rapidement la ature grammaticale du mot à l'aide de son contexte "alors
pourquoi doncque en mettre un ? "
Maisque, soulignant l'opposition est quant à lui beaucoup plus rare ... nous
ne pouvons pas réellement tirer de grandes conclusions sur une telle
particularité linguistique ... De plus, à etque et ouque s'est logiquement
ajouté le rarissime mais exquis et/ouque, que nous vous conseillons
d'utiliser qu'avec la plus grande prudence, le texte pouvant devnir
rapidement lourd après l'adjonction de cette conjonction.
Note : après chaque utilisation du , veillez à ne pas oublier de mettre le
verbe suivant au subjonctif ( après maisque, un subjonctif futur est
préconisé ) ...
Petit rappel des occurences des conjonction CS trouvées sur Google :
Pour que : 406000
Pourque : 362 ( 6 fois plus employé que coercitivité )
Etque : 162
Ouque : 18
Et/ouque : 1
Maisque : 12
Doncque : 53
SM le dérangé
Remarque finale : Orque, carque et n*que ne figure pas parmi ces
conjonctions de coordination subordonnante pour raisons évidentes
d'homographie gênant la compréhension... L'académie n'a toujours pas
tranché , mais il se pourrait fort que ces perles de la langue française se
trouvent bientôt flanquée d'un accent circonflêxe, donnant ainsi les
merveilles ôrque, cârque et nîque ...
PS : quelqu'un pourrait il m'aider à trouver l'origine étymologique de ces
trop rares conjonctions ... les sources conventionnelles sont curieusement
muettes à ce sujet !
Pierre Hallet a écrit:
Rien ne s'y oppose vraiment. On a bien un "parce que" à moitié soudé, et
je crois bien qu'il a existé des "pource que", voire des
"pourceque".L'avis deChifflet, bien démenti par la suite des événements,
rappelle aussi que les grammairiens d'aujourd'hui condamnent le tour
"pour ne pas que" (plus généralement abrégé en "pour pas que"), mais là
encore, il semble que la langue en a décidé autrement et ce tour est
solidement en usage, du moins en dehors de la langue dite soignée.
>
>
> Pierre Hallet
> Rien ne s'y oppose vraiment. On a bien un "parce que"
> à moitié soudé, et je crois bien qu'il a existé des
> "pource que", voire des "pourceque".L'avis de Chifflet,
> bien démenti par la suite des événements, rappelle aussi
> que les grammairiens d'aujourd'hui condamnent le tour
> "pour ne pas que" (plus généralement abrégé en "pour
> pas que"), mais là encore, il semble que la langue en
> a décidé autrement et ce tour est solidement en usage,
> du moins en dehors de la langue dite soignée.
Si je devais écrire une histoire se passant en francophonie
dans un siècle, je risquerais « quesque » comme forme future
de « qu'est-ce que », sous l'influence de « quelque » et de
« puisque » ; et peut-être « parsque » et « bienque »...
et même « quantesque ».
Dans-t'est-ce que pour les puristes d'aujourd'hui, non ?
Pierre Hallet
>Petit rappel des occurences des conjonction CS trouvées sur Google :
>Pour que : 406000
>Pourque : 362 ( 6 fois plus employé que coercitivité )
>Etque : 162
>Ouque : 18
>Et/ouque : 1
>Maisque : 12
>Doncque : 53
Ce dernier est logique, bien pensé, d'une grande beauté. Il
apparaît dans des textes recueillis sur la Toile et qui sont en ancien
français -- il existe pas mal de texte médiévaux ou renaissants en
ligne. Testez donc « donque », « donques », « doncques »... En outre la
graphie est étymologiquement exacte, « dumque » en latin. Le mot est
passé dans les conjonctions de coordination en français moderne alors
que son rôle pouvait être subordonnant.
Quant au « pourque », il suffit de se rappeler qu'avant le
XVIIe s? « pourquoi » était écrit en deux ou trois mots, que notre
« pour que » descend de « pour ce que » et donc d'un tour plus complexe.
On est passé de l'expression de la cause (pour ce que = car) à celle du
but (pour que = afin que). Il s'agit d'une de ces inversions de sens
coutumières à l'histoire de la langue, les signes logiques ou les mots
grammaticaux peuvent toujours prendre la valeur contraire. Réviser
l'histoire des négatifs pour cela... La réalité, c'était que « pour » à
l'origine se révélait ambigu : il renvoyait à celui qui confiait une
mission ou à celui qui en était le bénéficiaire, et comme il pouvait
être l'un et l'autre, ou l'un ou l'autre...
>L'avis de Chifflet, bien démenti par la suite des événements,
>rappelle aussi que les grammairiens d'aujourd'hui condamnent le tour
>"pour ne pas que" (plus généralement abrégé en "pour pas que"), mais là
>encore, il semble que la langue en a décidé autrement et ce tour est
>solidement en usage, du moins en dehors de la langue dite soignée.
Justement, c'est ce qui est amusant : se rendre compte que nos
tournures étaient des erreurs ou que nos erreurs étaient des formes
admises. On parle de l'usage sans se rendre compte que c'est celui de
quelques-uns, qu'il changera, qu'il n'est pas forcément reconnu par
tous... Personnellement, je combats « pour ne pas que » (très fréquent
dans mes copies). Mais je sais que c'est une lutte pour le moment
présent et que demain ce tour aura triomphé. On l'entend à l'oral chez
les hommes politiques à peu près autant que « lequel ». Je dois même
dire qu'après des travaux sur les subordonnées de but, je n'ai pas vu
faiblir le nombre des « pour que ». « Afin que » est trop littéraire et
ne permet pas un autre modèle de phrase. Brèfle, cause perdue. Mais le
panache...
Dominique Didier a écrit:
> DB <fed...@noos.fr> a eu calligraphié dans
> fr.lettres.langue.francaise :
>
> >> Y a-t-il une différence entre "pourque" et "pour que"?
> >
> >Oui, le premier n'existe pas.
>
> De la grammaire de votre Chifflet : « Pour que, au lieu de afin
> que, n'est qu'une barbarie. »
>
> Chez Vaugelas : « Pour que, très usité le long de la rivière de
> Loire, et même à la Cour, où une personne de très éminente condition a
> bien aidé à le mettre en vogue. On s'en sert de plusieurs façons, qui ne
> valent toutes rien. [...] Il y a grande apparence que pour que, étant
> court et commode, s'étabira tout à fait, et alors nous nous servirons de
> cette commodité comme les autres, mais en attendant je m'en voudrais
> abstenir, selon le sentiment général de nos meilleurs écrivains. »
>
> Remarques de l'Académie française de 1704 : « Il faut autant que
> l'on peut éviter de s'en servir. »
Ce fut un grand sujet de débat chez tous les auteurs de "remarques". Vous auriez pu
citer aussi Bouhours, qui dans ses Remarques nouvelles de 1675 approuve la
condamnation de Vaugelas et note qu'il s'est trompé dans sa prédiction sur l'usage
censé s'établir, puis qui dans sa Suite des remarques nouvelles, de 1687, déclare
que finalement l'usage s'est prononcé pour "pour que" et qu'on ne peut plus oser le
condamner. A noter que les phrases illustrant l'utilisation désormais licite de
"pour que" n'en font pas un synonyme de "afin que" : par exemple « Il a marqué trop
précisément ce qu'il en pensoit, pour que l'on puisse ne douter ».
Dominique Didier a écrit:
Vaugelas et beaucoup d'autres commentateurs consacrent de longs développements aux
différences entre "avec" et "avecque".
"Martin Maier" <m...@aon.at> schrieb im Newsbeitrag
news:3be6a97b$0$23790$5039...@newsreader01.highway.telekom.at...