En venant de découvrir l'ancienne conjugaison de faillir (je faux; tu
faux; il faut; nous faillions; je faillis; je faudrai; je faudrais; que
je faille; que je faillisse . . .), je me demandais si quelqu'un saurait
pourquoi ou comment il ne nous reste que le passé composé de « faillir »
ou autre chose sur ces deux verbes, et si « falloir » avaient à une époque
d'autres formes.
Merci d'avance,
Joye Lore-Lawson
jo...@netins.net
joye a écrit :
> J'aimerais lire (ou trouver) quelque chose sur la relation entre « falloir
> » et « faillir » s'il y en a une.
>
> En venant de découvrir l'ancienne conjugaison de faillir (je faux; tu
> faux; il faut; nous faillions
nous faillons
> ; je faillis; je faudrai; je faudrais; que
> je faille; que je faillisse . . .), je me demandais si quelqu'un saurait
> pourquoi ou comment il ne nous reste que le passé composé de « faillir »
> ou autre chose sur ces deux verbes, et si « falloir » avaient à une époque
> d'autres formes.
>
> Merci d'avance,
>
> Joye Lore-Lawson
> jo...@netins.net
"falloir" et "faillir" sont effectivement deux rameaux d'une même branche. Je
n'ai pas d'explication pour la désuétude, mais généralement la désuétude se
constate plus qu'elle ne s'explique, si ce n'est par des généralités (les
verbes irréguliers sont difficiles, etc.). Pour des exemples anciens d'emplois
de "faillir", il est intéressant de lire les extraits de dictionnaires
français sur la page :
http://duras.uchicago.edu/cgi-bin/quick_look.new.sh?word=faillir
Falloir et faillir ont deux sens bien différents.
falloir = v. impersonnel concernant une obligation
faillir = verbe concernant un manque, un échec
falloir ne se conjugue plus guère qu'à la 3 e personne du sind. : il ou
plus impersonnellement "on"
ex : il faut que "il faut que j'aille au marché"
"il faut que je me lève tôt"
"il faut rouler lentement..." etc
au passé :
il a fallu
il fallait qu'il dise son mot ! = il devait donner son opinion,
- c'était plus fort que lui, parce
qu'il est passionné
ou parce que sa situation l'oblige etc
ou encore parce qu'il faut toujours
qu'il se mêle de tout, donc :
"il a fallu qu'il s'en mêle celui-là !"
ou encore : "il fallait qu'il s'en mêle ! " =
<il était obligé, c'était plus fort que lui>
(comme si on en avait besoin !...)
Faillir a un tout autre sens.
Cela signifie :
manquer à sa tâche :
"j'ai failli à mon devoir de guide - mon réveil n'a pas
sonné ; comme je n'étais pas au rendez-vous, ils sont
donc partis seuls sur le sentier obscur..."
ou faire une action à moitié : j'ai failli partir !
ou presque réussir : "nous avons failli gagner le gros lot "
Il a failli à son devoir : il ne l'a pas fait. (péjoratif)
Voilà. En attendant mieux, j'espère avoir fait le tour du problème !
Marguerite
joye a écrit :
>
> J'aimerais lire (ou trouver) quelque chose sur la relation entre « falloir
> » et « faillir » s'il y en a une.
>
> En venant de découvrir l'ancienne conjugaison de faillir (je faux; tu
> faux; il faut; nous faillions; je faillis; je faudrai; je faudrais; que
Extrait :
« On dit dans le mesme sens, Il a failli à estre assassiné. il a failli
à mourir. il a failli à estre Pape. j'ay failli à tomber. j'ay failli à
le nommer. peu s'en est fallu que ... il ne s'en est guere fallu. il ne
s'en est pas fallu une heure. »
S'agit-il bien, dans ces derniers exemples du verbe faillir ? J'ai déjà
entendu dire que dans l'expression « loin s'en faut », il s'agissait de
faillir (Le Dictionnaire universel francophone en ligne me dit qu'il
s'agit de falloir, mais je ne pense pas que ce soit une référence
fiable). Faillir me semble plus logique d'après le sens, mais au
participe passé, on entend dans ce cas « fallu » et non « failli ».
Faillir a-t-il donc deux formes différentes de participe passé ?
[Littré]
FAILLIR (fa-llir, ll mouillées, et non fa-yir), je faux, tu faux, il faut,
nous faillons, vous faillez, ils faillent ; je faillais, nous faillions ; je
faillis, nous faillîmes ; je faudrai, nous faudrons ; je faudrais, nous
faudrions ; que je faillisse, que nous faillissions ; faillant ; failli,
faillie (les trois personnes du présent au singulier, le futur et le
conditionnel vieillissent, et c'est dommage ; les personnes qui ont besoin
du futur ou du conditionnel et qui en ignorent la véritable forme, les
composent suivant la règle des verbes en ir, et disent : je faillirai, je
faillirais ; c'est un barbarisme, mais qui a chance de s'introduire et de
devenir correct ; déjà quelques grammairiens disent que ce verbe, dans le
sens de faire faillite, se conjugue régulièrement sur finir : Quand un
négociant faillit, les créanciers, etc. ; s'il faillissait, vous seriez
ruiné ; si la baisse continue. il faillira ; c'est un usage tout moderne qui
cherche à s'introduire), v. n.
FALLOIR (fa-loir), il faut ; il fallait ; il fallut ; il faudra ; il
faudrait ; qu'il faille ; qu'il fallût ; point de participe présent, voy.
pourtant ce qui est dit au n° 14 pour ce participe ; fallu, invariable, v.
n. impersonnel.
14° Molière a employé le participe présent fallant : Mais lui fallant un
pic, je sortis hors d'effroi, les Fâch. II, 2 ; ce qui pourrait très bien
être imité à l'occasion.
Est-ce suffisant ? Voulez-vous l'emploi de ces verbes avec le pronom « en »
?
Amicalement
Josette
> joye a écrit :
>
> > J'aimerais lire (ou trouver) quelque chose sur la relation entre « falloir
> > » et « faillir » s'il y en a une.
> >
> > En venant de découvrir l'ancienne conjugaison de faillir (je faux; tu
> > faux; il faut; nous faillions
>
> nous faillons
Zut alors, j'ai collié-copé ;-) directement du Robert électronique:
» Je faux, tu faux, il faut, nous faillons, vous faillez, ils faillent; je
faillais, nous faillions; je faillis; je faudrai; je faudrais; que je
faille; que je faillisse; faillant; failli; »
Je faux porter plainte !
> Bonjour Joye toujours aussi intéressante ! ! [ . . .]
Et vous toujours aussi gentille d'avoir mis tout ce temps à m'expliquer,
mais je suis dejà au courant de tout cela. Ce que je cherchais était de
savoir quand et pourquoi ces formes ont été réduites jusqu'à où elles sont
actuellement.
Merci encore, car je sais vous avez mis du temps à formuler votre réponse,
et j'en suis touchée. J'apprécie beaucoup votre générosité.
Amicalement,
>J'aimerais lire (ou trouver) quelque chose sur la relation entre « falloir
>» et « faillir » s'il y en a une.
>
>En venant de découvrir l'ancienne conjugaison de faillir (je faux; tu
>faux; il faut; nous faillions; je faillis; je faudrai; je faudrais; que
>je faille; que je faillisse . . .), je me demandais si quelqu'un saurait
>pourquoi ou comment il ne nous reste que le passé composé de « faillir »
>ou autre chose sur ces deux verbes, et si « falloir » avaient à une époque
>d'autres formes.
Le verbe « faillir » (1040 environ) n'est pas conjugué au présent de
l'indicatif et du subjonctif, à l'imparfait de l'indicatif. Mais ces
temps existaient en ancien français. Il vient du latin classique
« fallere », tromper, échapper à ou manquer, devenu « fallire » en
latin vulgaire. Le sens de « se tromper » a subsisté jusqu'au XVIIe s.
L'a. fr. « falir » a été refait en « faillir » , puis « falloir ».
L'infinitif a été calqué sur la 1re personne du présent de
l'indicatif. Sa conjugaison était identique à celle de « saillir ».
« Falir » , « faillir » signifiait : manquer ; manquer à, décevoir ;
finir ; fausser compagnie. Le sens a changé ensuite : commettre une
faute, puis au XVIe s. être sur le point de. Néanmoins l'expression
« le coeur me faut », comme « faillir à quelque chose », reste d'usage
littéraire. Le sens « manquer de peu » date du XVIe s. et ne survit
que dans le passé composé, sans doute à cause de l'aspect de ce
termps.
Indicatif présent (disparu)
je fail, tu faus, il, elle faut (falt), nous falons, vous falez, ils
falent
La conjugaison a été refaite à partir de la première personne et du
subjonctif présent. Il existait un futur picard en « faurra » (comme
vaurra, venra, vourra, tenra, venra). Le « t » est épenthétique (il
sert de soutien aux groupes de consonnes). L'analogie avec « prendre »
et « tendre » a joué.
Le verbe « falloir » , en a. fr. « faloir » (1160), est une variante
du verbe « faillir ». Il signifiait manquer, manquer à. Le changement
de sens s'est effectué à travers l'expression « petit s'en faut »
(1160), puis « peu s'en faut », qui donne au XVe s. « il est besoin »,
« il est nécessaire de », « il est inévitable que ». « Falloir » s'est
donc spécialisé dans l'expression de la nécessité dans la construction
« il faut que ». Il a servi à remplacer deux verbes impersonnels
médiévaux plus ou moins synonymes, « estovoir » et « estre metier »
(« métier » désignait la nécessité, la gêne). Le sens de la défection
demeure dans « tant s'en faut », mais ce n'est plus le sens dominant .
Selon le Robert historique, le verbe latin est d'origine obscure, mais
il est peut-être lié au germanique « fallan » qui a donné aussi « to
fall ». Cela tombe sous le sens, non ?
Dominique
Y a-t-il cas d'usage de falloir qui n'implique pas
le potentiel de faillir ? Y a-t-il cas d'usage de
faillir qui n'implique pas le passé d'un falloir ?
Il faut, je faillirais ; Je faillis, il fallait.
BB