Presque tout est dans le titre...
Le tutorat est pratiqué par un "tuteur" ou une "tutrice" (d'ailleurs, pourquoi pas "tutore" ?!!... ou alors "tuteurat" ?!!). Celui qui en bénéficie est le/la "tutoré(e)" ou le/la "tuteuré(e)". La 2ème forme serait plus logique, mais la 1ère est la plus utilisée.
Est-ce que tout ça est français, quelle forme est la plus appropriée ? Quelqu'un a-t-il un kit complet pour l'orthographe des termes "tutoraux".
Merci de vos lumières. Cordialement,
UM
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: Le tutorat est pratiqué par un "tuteur" ou une "tutrice" (d'ailleurs,
pourquoi pas "tutore" ?!!... ou alors "tuteurat" ?!!). Celui qui en
bénéficie est le/la "tutoré(e)" ou le/la "tuteuré(e)". La 2ème forme serait
plus logique, mais la 1ère est la plus utilisée.
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: Est-ce que tout ça est français, quelle forme est la plus appropriée ?
Quelqu'un a-t-il un kit complet pour l'orthographe des termes "tutoraux".
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Le problème du français est sa richesse : nous jouons toujours à la fois sur
deux héritages, la langue française proprement dite d'une part mais aussi la
langue latine pour les dérivations savantes. De cette double origine
résultent quelques problèmes orthographiques bien connus, comme la famille
de "honneur" (deux "n") d'un côté, et celle formée sur le latin "honor" et
qui donne donc "honorer" (un "n") de l'autre.
Pour "tuteur", du latin "tutor", la solution retenue est la même que pour
"docteur", du latin "doctor" : on forme "tutorat" comme on a formé
"doctorat" (et non "docteurat"). De plus, le latin a aussi le féminin
"tutrix", d'où dérive naturellement notre "tutrice".
Pour le verbe dérivé, on peut donc avoir ou bien "tuteurer" formé sur le
français, ou "tutorer" formé sur le latin. La formation sur le latin est
généralement plus savante, plus académique.
C'est donc tout naturellement qu'on emploie "tuteurer" en jardinage : ce mot
vulgairement français suffit bien pour des bouseux ! C'est d'ailleurs la
seule forme qu'enregistrent les dictionnaires courants (sauf modification
ces dernières années).
Mais les universitaires distingués peuvent être tentés d'utiliser la version
latinisante "tutorer" et le "tutoré" plutôt que le "tuteuré". L'avenir
montrera si cet usage s'impose et si "tuteurer" et "tutorer" formeront des
doublets de sens différents.
À noter que le "tutor" latin vient du verbe déponant "tueri". Celui-ci, par
l'intermédiaire d'un autre verbe et au fil d'une évolution assez originale
(cf. un dictionnaire pour les explications), est passé en français du sens
latin de "protéger" à celui qu'il a dans ... "tuer". Autrement dit, "tuer"
et "tutorer" sont déjà des doublets !
"Déponent", bien sûr. J'étais totalement à l'ouest.
Bonjour DB, et merci de cette réponse très fournie. Je pense avoir mis suffisament de mots dans le titre pour que cette réponse soit ressortie par G0061e... à qui en aurait besoin. Car elle le vaut bien !!
Il va donc falloir choisir dans quels sabots je vais mettre les pieds, ceux du "bouseux" ou ceux du "savant".
Bien cordialement,
UM
PS: la richesse de ce forum et sa réactivité chaque fois que j'en ai eu besoin, me donneraient envie d'engrossir le fameux wiktionary, mais bon, le temps...
totalement, vraiment !...
:)
Encore que certains "savants" pratiquent le jardinage et que
certains "bouseux" savent bien des choses.
Mais foin de ces pinailleries;)
>
> Encore que certains "savants" pratiquent le jardinage et que
> certains "bouseux" savent bien des choses.
Ils ont le temps pour s'instruire, dans leur tracteur, ou les longues
soirées d'hiver au coin du feu.
> Presque tout est dans le titre...
Et ce titre me fait penser à un problème terminologique que nous avons
rencontré il y a peu au travail : nous pratiquons la médiation entre
pairs.
Il existe des médiateurs (comme le médiateur de la République, même
fonction) et des... médiatrices ? Le mot fait sourire les matheux.
Quand à ceux qui sont pris en charge par une médiation, ce sont
des... médiés ?
Le second terme a été retenu, mais pas « médiatrice ».
Et le reste du temps, vous travaillez ? :)
En quel siècle ?
--
©lõ
Celui ci ou un autre, probablement ...
> > Presque tout est dans le titre...
>
> Et ce titre me fait penser à un problème terminologique que nous avons
> rencontré il y a peu au travail : nous pratiquons la médiation entre
> pairs.
>
> Il existe des médiateurs (comme le médiateur de la République, même
> fonction) et des... médiatrices ? Le mot fait sourire les matheux.
Euh, les matheux en ont vu d'autres, par exemple la "directrice" qui est une
droite au moins aussi remarquable que la "médiatrice".
> Quand à ceux qui sont pris en charge par une médiation, ce sont
> des... médiés ?
>
D'un verbe "médier" qui ne tardera pas à venir, que dis-je, qui est déjà
bien représenté sur Google. Il rime avec "remédier", bien que ces deux mots
ne soient point parents. Il a au moins un avantage, celui de la simplicité.
> D'un verbe "médier" qui ne tardera pas à venir, que dis-je, qui est
> déjà bien représenté sur Google. Il rime avec "remédier", bien que
> ces deux mots ne soient point parents. Il a au moins un avantage,
> celui de la simplicité.
Une année, j'ai eu la chance de donner des séances de « remédiation ».
--
apt-get moo
On aurait pu dire médiants et médiantes.
Ah non ! Les musiciens.
Vs
En parlant de rectrice, on fait bien sourire les ornithologues.
> D'un verbe "médier" qui ne tardera pas à venir,
> que dis-je, qui est déjà bien représenté sur
> Google. Il rime avec "remédier", bien que ces
> deux mots ne soient point parents. Il a au moins
> un avantage, celui de la simplicité.
Avantage qui ne suffit pas toujours à garantir le
succès. « Décarcération » a l'avantage de la simplicité
sur « désincarcération », mais devinez ce qu'on entend
dire le plus souvent.
--
Pierre Hallet.
Site (dont FAQ) du forum fllf : <http://www.langue-fr.net>.
> Avantage qui ne suffit pas toujours à garantir le
> succès. « Décarcération » a l'avantage de la simplicité
> sur « désincarcération », mais devinez ce qu'on entend
> dire le plus souvent.
Bien vu. Pour moi, il y a sans doute une contamination analogique avec
des mots en « désin- », fréquents dans la langue courante :
« désinstaller », « désintéressé », « désintoxiquer » (« détoxiquer »
aurait fait l'affaire), etc. Le PR m'en trouve 37.
--
apt-get moo
Je souhaiterais utiliser votre réponse pour agrémenter le document http://cri.velay.greta.fr/index.php/2005/10/06/43-encadrer-les-personnes-les-plus-en-difficulte .
M'autorisez-vous à vous citer ? dois-je mettre un crédit ? Un mél est disponible dans le billet pour une réponse privée si besoin.
Cordialement,
Jerome
DB a écrit :
"Jerome" <paslapeinedecrireici@jenelispascetteboite> a écrit dans le message
de news: 43689d87$0$3127$636a...@news.free.fr...
:
: Monsieur ou madame DB,
: >
D'accord, j'arrangerai la forme et citerai ce forum, il le vaut bien !
"(relatif) anonymat" : ah ! c'est vous Alain Rey !! Vous avez en tout cas la même aisance, voilà pour la reconnaissance personnelle :)
Cordialement,
Jerome
ps: je collerai ici mon adaptation de la réponse, pour me rassurer...