Ainsi: Kim Cli-j-sters en détachant bien le i et le j, Cl-ij-sters est-il si
compliqué a dire, avec le
'ij' prononcé avec une diphtongue è-i (jod comme dans abbaye) . Depuis le
temps qu'elle est sur
le circuit, ca devrait leur être rentré dans l'oreille(!) non ?
Le plus drôle, le commentateur nommait les personnalités belges présentes
dans la tribune présidentielle:
le Roi Albert II, le (pas encore) premier ministre Guy Verhofstadt (avec une
prononciation 'vèr' :(,
et Louis Michel: notre ami commentateur s'est laissé emporté par sa
certitude de posséder le flamand, et
a dit LouiS. Trop comique.
Évidemment, on ne doit pas espérer grand chose d'un pays où le président
Mitran* disait Koveit.
Comment dit votre président Kirac ?
* il n'était même pas capable de prononcer son propre nom correctement:
MitteR-RanD à l'allemande bien sûr.
Laurent
> Évidemment, on ne doit pas espérer grand chose d'un pays où le
> président Mitran* disait Koveit.
La prononciation du nom Mitterrand comme « Mitran » est une forme
utilisée par les gens de droite et intolérants.
La prononciation « kovète » par l'ancien président est une forme
classique et vraiment sans aucun reproche, sauf que... elle était
désuète et traduisait son école de la IIIe République, mais surtout pas
son ignorance de la géographie car ce fut un érudit en la matière.
C'était exactement comme on disait « vassinton » /vasè~tõ/ pour la
capitale d'un autre grand pays.
On ne dit pas « London » pour « Londres » ou « Gent » pour « Gand ». Il
y a des adaptations en français pour beaucoup de noms anciens. Certaines
tombent du fait de la mondialisation et elles sont considérées alors
comme fausses par ceux qui feraient bien de réfléchir avant d'écrire...
> > La prononciation du nom Mitterrand comme « Mitran » est une
> > forme utilisée par les gens de droite et intolérants.
> Jean d'Ormesson était un spécialiste du "Mitran". On dit que cette
> prononciation avait pour effet de mettre en rage le Tonton de la
> France, père à lui seul de toute une génération.
Jean d'O est loin d'être le quart d'un imbécile et d'un sectaire. Il
savait parfaitement ce qu'il faisait car son nom « d'Ormesson » avec un
e caduc est trop souvent prononcé avec un /è/ ouvert, exactement comme
pour Régine Deforges (mais ici avec un faux /é/ fermé). Il devait se
venger d'une vieille trahison car lui et Mitterrand ont grenouillé dans
les mêmes milieux et avec les mêmes relations (et puis ce fut la
dernière personne que Mitterrand reçut à l'Élysée avant qu'il passe ses
pouvoirs à Chirac). Laissons les vieux tontons se flinguer entre eux.
Dans son cas, je crois que c'est plus une histoire personnelle dont on
ne connaît pas tous les ressorts.
J'ai pourtant connu des gens pas spécialement de droite et pas du tout
intolérants qui prononçaient ainsi ce nom. J'avais l'impression que c'était
plutôt une question de génération. D'ou vient cette prononciation ?
JPh
> J'ai regardé et écouté la diffusion du match de tennis sur France3.
> Nos amis commentateurs français persistent à écorcher les noms de
> joueurs/joueuses
> étrangers.
Vous nous expliquez comment vous prononcez « Hyung-Taik Lee » ?
Je sais, je l'ai écrit par provocation.
> On ne dit pas « London » pour « Londres » ou « Gent » pour « Gand ». Il
D'accord pour les noms historiques francisés. Encore que c'est pas toujours
un service
de 'traduire' ces noms-là: tu peux toujours chercher la direction 'Liège'
sur une autoroute en Flandres:
tu trouveras 'Luik'.
Mais si on disait London, on ne le prononcerait pas /lõdõ/ !
où vas-tu ? A London ! Allons dont ?
>
> La prononciation « kovète » par l'ancien président est une forme
> classique et vraiment sans aucun reproche, sauf que... elle était
> désuète et traduisait son école de la IIIe République,
<couic>
Pour Koweit, il s'agit déjà d'une adaptation à l'écrit, le réadapter une
deuxième fois à l'oral est une erreur.
Les cartes montrées pendant le Deuxième (Seconde ?) Guerre du Golfe
l'illustrent:
on avait des Bassorah, des Basra, Basr; Oum Quassar, Umm Qasr, selon l'idée
que les journalistes se faisaient
de la prononciation en ayant vu des cartes américaines.
Ca n'explique pas le peu d'efforts fait pour prononcer correctement les noms
propres actuels ou célèbres :(
La France, grand pays footballistique (tiens, en passant, ne devrait-on pas
adapter en football en foutbaul ?),
callait déjà sur le nom du batave Frank Rijkaard avec un horrible
Ri*ch*kard; ou Johan Cruijff en /kRüif/.
Laurent
Je l'ignore, mais si j'étais un journaliste payé pour commenter, je me
renseignerais
avant d'inventer une prononciation rigolote. Ne pas le faire, participe du
nivellement par le bas
de la culture, puisque le journaliste s'aligne sur l'idée qu'il se fait de
comment le Français
(y en a-t-il d'autres que moyens ?) le dirait. Thierry Roland en était un
fameux exemple, non ?
En particulier si on doit interviewer la personne en question et qu'on doit
dire son nom
en sa présence: qui sait s'on ne va pas insulter sa mère en écorchant son
nom.
Laurent
> > Vous nous expliquez comment vous prononcez « Hyung-Taik Lee » ?
> Je l'ignore, mais si j'étais un journaliste payé pour commenter, je me
> renseignerais avant d'inventer une prononciation rigolote.
Bonne réponse.
> Mais si on disait London, on ne le prononcerait pas /lõdõ/ !
> où vas-tu ? A London ! Allons dont ?
Même si Google l'a perdu de vue, il y a eu une chanson de Petula
Clark avec quelque chose comme :
« Entre la France et l'Angleterre [...] il n'y a que London
Allon-don-lon-don, allon-don-lon-don
Allon-don-lons donc pêcher la crevette
Allon-don-lon-don, allon-don-lon-don
Allon-don-lons donc pêcher le petit poisson. »
--
Pierre Hallet
FAQ du forum : <http://www.langue-fr.net/faq/faq.htm>.
Que vous complčteriez utilement en nous disant ici comment
« Hyung-Taik Lee » se prononce.
> D'accord pour les noms historiques francisés. Encore que c'est pas
> toujours un service de 'traduire' ces noms-là: tu peux toujours
>chercher la direction 'Liège' sur une autoroute en Flandres:
> tu trouveras 'Luik'.
Depuis quand Liège est en Flandre et son nom n'est pas français, non
traduit en français ? J'aurais au moins un peu compris pour Antwerpen,
mais là je ne pige pas... Il faut accuser les Flamands alors parce
qu'ils ne traduisent pas les localités francophones comme Kortrijk ou
Courtrais...
> Pour Koweit, il s'agit déjà d'une adaptation à l'écrit, le réadapter
une
> deuxième fois à l'oral est une erreur.
Cette prononciation « kovète » par Mitterrand n'était pas une erreur,
mais le reflet de son éducation à une époque où l'on ne donnait pas dans
l'anglomanie systématique. Et je trouve insupportable pour ma part que
des noms allemands, suisses ou alsaciens soient prononcés à
l'anglo-saxonne ou à la belge ! « Ouittenaïme » ou « Ouestfali », c'est
débile ! Et cela arrive plus souvent qu'à des noms belges... Mais on en
parle moins. Les Alsaciens sont plus discrets et tolérants.
> on avait des Bassorah, des Basra, Basr; Oum Quassar, Umm Qasr,
> selon l'idée que les journalistes se faisaient
> de la prononciation en ayant vu des cartes américaines.
Vous feriez bien de commencer à consulter les archives de ce forum avant
d'écrire n'importe quoi.
>
À Jarnac, beaucoup d'habitants prononcent "mitran".
Dont l'ancien libraire qui recevait souvent M. Mitterrand et qui a été
interrogé par les journalistes de la télévision à l'occasion des
obsèques.
Entendu, aussi, comme clystère !
(Pas très flatteur).
Pour mémoire : en Belgique, les indications routières sont
dans la langue du territoire où se trouve le panneau. Ainsi,
la direction de Liège sera étiquetée « Liège » en Wallonie
et « Luik » en Flandre (et « Liège-Luik » dans l'agglomération
bruxelloise, bilingue). Symétriquement, on trouvera « Anvers »
en Wallonie et « Antwerpen » en Flandre. Les indications, en
quelque sorte, favorisent les usagers locaux, quitte à poser
des problèmes aux visiteurs de passage. Mais bon, pendant bien
longtemps, en France, des panneaux routiers annonçaient la
direction d'« Ypres », au grand dam potentiel des Yprois de
passage qui cherchaient « Ieper ». Ça a évolué ces derniers
temps (« Ypres [Ieper] » : bravo), et il reste à espérer que
les Belges suivront un jour ce bon exemple français.
> > > > Vous nous expliquez comment vous prononcez
> > > > « Hyung-Taik Lee » ?
> > > Je l'ignore, mais si j'étais un journaliste payé pour
> > > commenter, je me renseignerais avant d'inventer une
> > > prononciation rigolote.
> > Bonne réponse.
> Que vous complèteriez utilement en nous disant ici comment
> « Hyung-Taik Lee » se prononce.
Ma foi, je n'en sais trop rien : je ne connais pas assez le coréen.
De plus, la transcription adoptée dans les médias n'étant pas
scientifique (« Lee » pou « Li »), il est difficile de se faire une
idée.
Je crois qu'il veut dire que les néerlandophones ont tort de traduire Liège,
tout comme les francophones ont tort de traduire Ghent. Mais j'ai d'abord eu
la même réaction que vous.
> Il faut accuser les Flamands alors parce
> qu'ils ne traduisent pas les localités francophones comme Kortrijk ou
> Courtrais...
Ecris-t-on Courtrai ou Courtrais ?
JPh
>
> Je crois qu'il veut dire que les néerlandophones ont tort de traduire
Liège,
> tout comme les francophones ont tort de traduire Ghent.
"Gent" en néerlandais. J'ai dû confondre avec une autre langue...
JPh
> Je crois qu'il veut dire que les néerlandophones ont tort de traduire
> Liège, tout comme les francophones ont tort de traduire Gent.
> Mais j'ai d'abord eu la même réaction que vous.
Les plaques bilingues existent et il faudrait les étendre près des pays
voisins. Il y en a en Alsace près de la frontière ou bien dans les noms
de rues, parfois même de communes avec une sous-plaque non officielle.
Trop peu pour que cela fasse le poids. Mais cela devrait être plus
fréquent. Je ne connais que la Suisse pour offrir un affichage bilingue
ou trilingue indépendamment de ses frontières internes. Chur et Coire
sont aussi bien reconnus (mais Cuera et Coira moins).
>> Il faut accuser les Flamands alors parce
>> qu'ils ne traduisent pas les localités francophones comme Kortrijk ou
>> Courtrais...
>
> Ecris-t-on Courtrai ou Courtrais ?
>
> JPh
on écrit Courtrai
Michèle
Désolé, je n'ai pas été très clair.
En Belgique nous avons des autoroutes qui traversent le pays de part en
part,
avec par exemple des indications 'Luik' sur l'autoroute qui part de la côte
vers Bruxelles.
> Ecris-t-on Courtrai ou Courtrais ?
Courtrai.
Pour information, Gent en flamand, Ghent en anglais.
Laurent
Oui, se renseigner avant de commenter est une bonne méthode, mais je ne
serais pas si sévère. Parler avec une prononciation "à la française" ne
montre pas forcément que "le journaliste s'aligne sur l'idée qu'il se fait
de
comment le Français le dirait"; j'y vois plutôt une facilité phonétique :
quand on change de système phonétique au beau milieu d'une phrase, surtout
s'il faut aller vite, commenter en direct, sur le vif, la langue peut
facilement fourcher, trébucher et s'aligner de tout son long !
C'est surtout ça le problème avec les transcriptions adoptées pour les noms
étrangers:
pour les prononcer à peu près correctement, il faut savoir par qui ils ont
été transcrits:
si le nom (prénom je crois) coréen se prononce Li comme en français, un
anglophone le transcrira Lee.
Un journaliste anglophone voyant écrit Li pourrait le prononcer à l'anglaise
/l ai/ sauf s'il se doute
que le nom a déjà été adapté pour le français.
Il n'y a sans doute pas de solution miracle... mais mon propos initial était
simplement de faire remarquer
la paresse de certains journalistes qui ne font aucun effort pour s'informer
(un comble, non ?) sur une
prononciation acceptable, alors qu'ils discourent à l'envi sur les
faiblesses tactiques ou mentales de Kim.
Laurent
Ce qui revient à donner des indications à ceux qui savent, plutôt qu'à
ceux qui ne savent pas !
Je me souviens que dans les années 70, les panneaux en Flandre belge
portaient la mystérieuse indication de "Rijsle".
Renseignements pris auprès de la maréchaussée royale, il s'agissait tout
bonnement de Lille, capitale de la Flandre française.
> comment le Français le dirait"; j'y vois plutôt une facilité
> phonétique : quand on change de système phonétique au
> beau milieu d'une phrase, surtout s'il faut aller vite, commenter
> en direct, sur le vif, la langue peut
> facilement fourcher, trébucher et s'aligner de tout son long !
J'ai entendu ce soir le même journaliste dans le même reportage dire «
Kim Klistère » et « Kim Klaïchsteurse ». Il savait, mais parfois il
pouvait se tromper. Cela n'a rien à voir avec les erreurs systématiques
d'autres journalistes du type « Ouilly Brandt » qui témoignent alors
d'une réelle ignorance et d'une grande bêtise. François Schuiten ne
s'est jamais insurgé contre la prononciation à la française de son nom
(mais il est un peu plus respecté maintenant car il a précisé à chaque
fois).
"Rijssel"
> Renseignements pris auprès de la maréchaussée royale, il s'agissait tout
> bonnement de Lille, capitale de la Flandre française.
Isabelle
--
J'ai trop le désir qu'on respecte ma liberté pour ne pas
respecter celle des autres. (Françoise Sagan)
Prononcer correctement demande un réel effort (je m'y reprends souvent à
deux fois avec les noms et prénoms coréens) quand le système phonétique est
vraiment différent. Quelquefois il ne s'agit pas d'ignorance mais d'une
réelle incapacité à produire un son : certains sons chinois sont pour moi
impossibles à prononcer, parce que je ne sais pas où se place la langue, ni
ce qu'il faut faire exactement pour produire tel ou tel son. Mon propos
était de demander un peu d'indulgence pour certains journalistes qui ne
peuvent prononcer certains sons, quelle que soit leur bonne volonté.
Cliché !
> Il n'y a sans doute pas de solution miracle... mais mon propos
> initial était simplement de faire remarquer
> la paresse de certains journalistes qui ne font aucun effort
> pour s'informer (un comble, non ?) sur une
> prononciation acceptable, alors qu'ils discourent à l'envi sur
> les faiblesses tactiques ou mentales de Kim.
Plutôt d'accord, tout en remarquant (voir la réponse de Vincent)
qu'il doit être plus dur de se renseigner sur un Coréen que sur
un(e) Belge.
À tout hasard, quelques « pièges » des noms néerlandais
des Pays-Bas ou de Belgique :
- ij (Clijsters) / ei : comme le « eil » de « soleil »
- ae (Maertens) / aa : comme le a long de « pâle »
- oe (Goethals) : comme le « ou » de « goutte »
- oo (Goossens) : comme le o long de « pôle »
- eeuw (Museeuw) : « é » fermé suivi de « w » consonne,
comme la façon étrange dont beaucoup prononcent le
prénom anglais « Lewis » (Lé Ouisse au lieu de Louisse)
Ajoutons que le néerlandais a un accent tonique, et que
le e non tonique est d'habitude caduc : CLIJSteurs, pas
Clijstèrs. C'est le cas de préfixes comme « Ver- » (Veur,
pas Verre) ou « Vander- » (Vann' deur, pas Vent d'air). Et
il n'y a pas de nasales en néerlandais : Vann', pas Vã.
--
Pierre Hallet, sans trop d'illusions
> J'ai entendu ce soir le même journaliste dans le même reportage
> dire « Kim Klistère » et « Kim Klaïchsteurse ». Il savait, mais
> parfois il pouvait se tromper.
« Kim Klèïsteurse ». Il *croyait* savoir. Le plus con est qu'il
suffit de demander à un Belge pour savoir. Mais qui le fait ?
--
Pierre Hallet
> Prononcer correctement demande un réel effort
J'ai eu cette année trois élèves avec des noms flamands absolument
évidents et les classes ont ricané quand j'ai prononcé à la flamande...
Fallait surtout pas dire De Wyndt, Cruijf et Maes (ce ne sont pas les
noms réels) comme cela se fait en néerlandais... Je respecte la forme
francisée si elle existe mais là je ne savais pas au début, c'est la
même chose pour les noms alsaciens qui sont toujours francisés.
J'ai du mal avec les noms arabes car je ne sais pas faire certaines
consonnes, mais je demande des explications, les élèves se sentent
valorisés alors. Et puis ce sont les noms les plus déformés.. Bien plus
que les noms belges.... Leur forme est le plus souvent complètement
française sans que cela choque qui que ce soit !
> Le plus con est qu'il suffit de demander à un Belge pour savoir.
> Mais qui le fait ?
Réforme de la Constitution de la République française :
Article 1. Désormais tout journaliste français devra être d'origine
belge et devra parler le belge ou pouvoir prouver des relations
soutenues avec la Belgique.
Article 2. Seul le français de Belgique est langue de la République
française.
> Pierre Hallet :
>
> > Le plus con est qu'il suffit de demander à un Belge pour savoir.
> > Mais qui le fait ?
>
> Réforme de la Constitution de la République française :
> Article 1. Désormais tout journaliste français devra être d'origine
> belge et devra parler le belge ou pouvoir prouver des relations
> soutenues avec la Belgique.
Bof. Quand il n'y a pas de courtoisie spontanée, ce n'est pas la
Constitution qui y changera quelque chose. De toute façon, on ne
légifère pas sur la prononciation. Dites Léouisse et Gueutals si
ça vous chante (ou si vous craignez que les ricanements de vos
potaches n'entament l'ascendant que vous croyez avoir sur eux).
> Article 2. Seul le français de Belgique est langue de la
> République française.
On parlait des noms belges d'origine néerlandaise. Je ne vois
pas le rapport vous y voyez avec le français de Belgique (et
j'hésite à investir à perte dans le décodage de vos propos,
surtout à cette heure avancée).
Rijsel et c'est toujours le cas........
> Renseignements pris auprès de la maréchaussée royale, il s'agissait tout
> bonnement de Lille, capitale de la Flandre française.
des flandres ?
> Bof. Quand il n'y a pas de courtoisie spontanée, ce n'est pas la
> Constitution qui y changera quelque chose.
Sauf que quand il s'agit de personnes de nationalité française depuis
plusieurs générations, c'est très maladroit que d'utiliser une
prononciation néerlandaise afin de les nommer et cela contre la propre
prononciation des personnes qui viennent vous dire la forme française et
vous la demander. Il y a peut-être plus d'anciens Belges avec une
prononciation francisée que vous ne l'imaginez... Mais ceux-là vous les
méprisez ! Ils n'existent tout simplement pas...
> De toute façon, on ne légifère pas sur la prononciation.
C'est marrant parce que j'ai justement lu le contraire de votre part...
Vous aimez tant ce qui est belgo-belge et surtout anti-français avec à
chaque fois une petite pique contre la France et les Français. Le belge
devrait être l'aune de toute forme du français selon vous !
Même en demandant à un Belge (à supposer qu'on en ait un à portée de voix),
il est possible de ne pas *entendre* ces sons inhabituels (et dans ces
conditions, comment les reproduire ?). L'hypoacousie, ça existe !
En effet, bien des pékins ont la condamnation facile.
Cela dit, il n'est pas besoin d'avoir un nom étranger pour se le
faire écorcher répétitivement.
C'est un peu tordu, en effet. Mais l'ineffable Georges Marchais
en faisait autant, encore qu'il ne faille pas nécessairement y
voir la même intention.
> C'est surtout ça le problème avec les transcriptions adoptées pour les noms
> étrangers:
> pour les prononcer à peu près correctement, il faut savoir par qui ils ont
> été transcrits:
> si le nom (prénom je crois) coréen se prononce Li comme en français, un
> anglophone le transcrira Lee.
> Un journaliste anglophone voyant écrit Li pourrait le prononcer à l'anglaise
> /l ai/ sauf s'il se doute
> que le nom a déjà été adapté pour le français.
> Il n'y a sans doute pas de solution miracle...
Parfois si : la transcription scientifique, quand elle ne contredit
pas un usage culturel. Écrire « Beijing » au lieu de « Pékin » n'aurait
pas grand sens ; mais noter n'importe comment des noms chinois -- par
exemple -- qui n'ont pas d'orthographe établie est stupide.
Autant utiliser une transcription formelle -- pas forcément le
pinyin pour le chinois. Ainsi, ceux qui ne connaissent pas cette
transcription écorcheront autant le nom qu'avant (que je l'écrive
« Ru », « Ju » ou « Jou », la syllabe que l'on transcrit en pinyin par
<ru> sera, quoi qu'il en soit, mal prononcée par un profane car toutes
ces manières d'écrire ne sont que des pis-aller), les autres non et
pourront ainsi indiquer aux journalistes qui en font la demande comment
cela se prononce. Voire, ils pourront aller chercher dans un ouvrage à
quoi correspond la transcription.
Notez que je parle là de termes qui n'ont pas reçu une graphie en
français.
> J'ai du mal avec les noms arabes car je ne sais pas faire certaines
> consonnes, mais je demande des explications, les élèves se sentent
> valorisés alors. Et puis ce sont les noms les plus déformés.. Bien plus
> que les noms belges.... Leur forme est le plus souvent complètement
> française sans que cela choque qui que ce soit !
Mes élèves maghrébins n'aiment généralement pas que l'on prononce
leur nom à l'arabe. Comme m'a dit une fois l'un d'entre eux : « je suis
français, lisez mon nom à la française, sinon je l'écrirais en arabe ».
Pas étonnant, elle l'a eu dans le cul (j'assume).
C'était exactement mon propos: qu'on demande comment il faut le
prononcer si possible, plutôt que de l'inventer. C'est une question de
respect.
D'un autre côté, on n'est pas toujours habitué à la bonne prononciation:
par exemple les noms anglais dans un film avec un doublage canadien
sonnent bizarres ;-)
Laurent
Il est sûr qu'il ne devait pas avoir beaucoup de journalistes belges
dans les tribunes de presse à qui ces commentateurs français
pouvaient demander, n'est-ce pas ? Clijsters est sur le circuit pro
depuis un moment, elle est quand même classée en deuxième position
au WTA, il est impossible qu'ils n'aient jamais entendus le nom prononcé
correctement pendant ce temps (ou alors c'est un nouveau journaliste).
Non, je n'ai pas dit que les journalistes (sportifs) français sont arrogants
;-)
Laurent
> Mes élèves maghrébins n'aiment généralement pas que l'on
> prononce leur nom à l'arabe. Comme m'a dit une fois l'un
>d'entre eux : « je suis français, lisez mon nom à la française,
> sinon je l'écrirais en arabe ».
C'est exactement le même cas pour les noms alsaciens. Prononcer à
l'allemande un de ces noms est une forme d'insulte si cela se fait dans
une phrase en français (mais en allemand on peut). Cela rappellerait
trop la Prusse... Le refus est violent ! Le respect de l'autre ne
commence pas à la prononciation dans sa langue d'origine, mais d'abord
dans le rapport que l'on a avec lui et même si le nom est déformé ou si
l'on n'a pas trouvé la bonne adaptation.
> Le respect de l'autre ne
> commence pas ą la prononciation dans sa langue d'origine, mais d'abord
> dans le rapport que l'on a avec lui
Oui.
Joye
>>J'ai regardé et écouté la diffusion du match de tennis sur France3.
>>Nos amis commentateurs français persistent à écorcher les noms de
>>joueurs/joueuses
>>étrangers.
> Vous nous expliquez comment vous prononcez « Hyung-Taik Lee » ?
La RTBF est captée partout. Les journalistes belges prononcent
«Kleïsters». Ce n'rst pas vraiment compliqué de s'informer et de les
imiter...
> D'Ormesson, qui touche sa bille
> en français, savait qu'il avait tord,
Tort.
Rha, oui, bien sûr, vous avez raison !
Clijsters est sur le circuit pro
> depuis un moment, elle est quand même classée en deuxième position
> au WTA, il est impossible qu'ils n'aient jamais entendus le nom prononcé
> correctement pendant ce temps (ou alors c'est un nouveau journaliste).
> Non, je n'ai pas dit que les journalistes (sportifs) français sont
arrogants
> ;-)
Non, je parlais de l'hypoacousie, un phénomène assez fréquent lorsqu'on
apprend une langue étrangère : notre oreille *n'entend* tout simplement pas
certains sons, ou les déforme pour les rapprocher de sons connus. Il est
alors impossible de reproduire ce son qui n'a pas été entendu.
Ben si, justement, c'est compliqué. Si vous croyez qu'il suffit d'écouter
pour pouvoir imiter, vous vous trompez. L'oreille est habituée à certains
sons familiers depuis la petite enfance. Quand elle entend un son nouveau,
il arrive très souvent que le cerveau transforme ce son et fasse percevoir
autre chose, plus proche du système phonétique connu. On aura beau répéter
et répéter, il ne sera pas possible d'obtenir un son ressemblant, puisque ce
son n'aura pas été véritablement *entendu*.
> Pas étonnant, elle l'a eu dans le cul (j'assume).
À cette heure-ci de la nuit, un oeil sur votre écran, un autre sur C+ ?
PPHN
> Cela dit, les élèves d'origine maghrébine ne tiennent pas toujours à ce
> qu'on prononce leur nom d'une façon trop appuyée. Ainsi un Ahmed, que
> j'avais commencé à appeler A'rmed m'a dit "Non, Monsieur, comme ça c'est
> en Arabe" ! Je m'en suis donc tenu à Amed. Mais je n'ai jamais pu me
> résoudre à appeler les Khadija "Kadija" que je trouve vilain et trop
> éloigné de la prononciation authentique qui est Jadija avec une jota
> dure à l'espagnole. J'opte donc pour "Radija" qui est un moyen terme
> acceptable par tous.
Mitou, si j'ose dire. Je fais des compromis. J'ai eu beaucoup de
mal avec un « El Hadi » qui ne voyait pas de problème à ce que l'on dise
« èladi » (comme « elle a dit »). Ne pas prononcer le /h/, ou du moins
ne pas le transformer en absence de liaison, me semblait vraiment être
un écorchement de son nom.
> > La RTBF est captée partout. Les journalistes belges prononcent
> > «Kleïsters». Ce n'rst pas vraiment compliqué de s'informer et de les
> > imiter...
> Ben si, justement, c'est compliqué. Si vous croyez qu'il suffit d'écouter
> pour pouvoir imiter, vous vous trompez. L'oreille est habituée à certains
> sons familiers depuis la petite enfance. Quand elle entend un son nouveau,
> il arrive très souvent que le cerveau transforme ce son et fasse percevoir
> autre chose, plus proche du système phonétique connu. On aura beau répéter
> et répéter, il ne sera pas possible d'obtenir un son ressemblant, puisque ce
> son n'aura pas été véritablement *entendu*.
Je rappelle qu'il existe un ouvrage destiné surtout aux
journalistes, livre dont j'ai parfois parlé, _La prononciation des
langues européennes_, de Pierre Maes, au CFPJ.
Voir
<http://groups.google.com/groups?q=%22pierre+maes%22&hl=fr&lr=&ie=UTF-8&oe=utf-8&safe=off&selm=opcltusae63osqh9oedgpmaeep8n3742mp%404ax.com&rnum=8>,
<http://groups.google.com/groups?q=%22pierre+maes%22&hl=fr&lr=&ie=UTF-8&oe=utf-8&safe=off&selm=4nip9uclsjl9pm9gtnucntck54e90m6bp6%404ax.com&rnum=9>
et <http://groups.google.com/groups?q=%22pierre+maes%22&hl=fr&lr=&ie=UTF-8&oe=utf-8&safe=off&selm=tna1ptkbkiie152cj66roft90lg6rcavj7%404ax.com&rnum=10>.
C'est démoralisant ce que vous écrivez.
Isabelle
--
J'ai trop le désir qu'on respecte ma liberté pour ne pas
respecter celle des autres. (Françoise Sagan)
> > Ben si, justement, c'est compliqué. Si vous croyez qu'il suffit d'écouter
> > pour pouvoir imiter, vous vous trompez. L'oreille est habituée à certains
> > sons familiers depuis la petite enfance. Quand elle entend un son nouveau,
> > il arrive très souvent que le cerveau transforme ce son et fasse percevoir
> > autre chose, plus proche du système phonétique connu. On aura beau répéter
> > et répéter, il ne sera pas possible d'obtenir un son ressemblant, puisque ce
> > son n'aura pas été véritablement *entendu*.
> C'est démoralisant ce que vous écrivez.
L'hypoacousie est un fait, pas une malédiction. L'oreille
s'entraîne : mes amis chinois me disent que je prononce très bien leur
langue, même si j'écorche souvent la grammaire. Pourquoi serais-je doté
naturellement d'une oreille supérieure à celle d'un autre francophone ?
Je l'ai éduquée, comme le font ceux qui étudient la phonétique. Il
existe bien des francophones qui parlent un anglais sans accent, alors
que les deux langues en question n'ont que peu de phonèmes en commun
(quand on regarde dans le détail ; par exemple, les /t/ prononcés par un
anglophone et par un francophone, ne sont pas identiques : l'un est
apico-alvéolaire, l'autre apico-dental, etc.).
> > l'un est apico-alvéolaire, l'autre apico-dental
> Bigre ! Ça fout les jetons.
Disons que le /t/ français est articulé de la pointe de la langue
(apex) contre les dents du haut ; celui de l'anglais de la pointe de la
langue contre les alvéoles (racine des dents du haut). Les sons ne sont
pas identiques. Tu verras la différence dans la page suivante :
<http://sivanataraja.free.fr/api/index.htm> : dans le tableau des
consonnes, suis la ligne « occlusives » et clique sur les symboles /t/
(il est possible que certains caractères soient assortis de ou remplacés
par des carrés), de « dental » à « rétroflexe ». Toutes ces catégories
de /t/ sont clairement différenciables pour une oreille entraînée.
> Marc (et ses remarques d'une rare pertinence)
Là elle l'est, puisqu'elle montre que je n'étais pas clair.
Oui, et tous ceux qui tiennent à prononcer correctement la langue qu'ils
apprennent... Certains Japonais ont besoin de beaucoup d'entraînement avant
de pouvoir prononcer un "r" français, d'autres y parviennent après quelques
essais. Il existe des exercices de phonétique qui peuvent aider (à adapter
selon la langue de départ, et les difficultés particulières de celui qui
apprend).
Il
> existe bien des francophones qui parlent un anglais sans accent, alors
> que les deux langues en question n'ont que peu de phonèmes en commun
> (quand on regarde dans le détail ; par exemple, les /t/ prononcés par un
> anglophone et par un francophone, ne sont pas identiques : l'un est
> apico-alvéolaire, l'autre apico-dental, etc.).
J'ai toujours trouvé les termes de phonétique particulièrement mignons (ma
préférée : "l'affriquée")
On a déjà parlé de ça. C'est le genre de truc qui n'est pas
facile à expliquer par écrit, surtout quand on s'adresse à
un public peu averti...
Dans le cas de "Clijsters", il n'y a pas de grosse difficulté: le /èj/ est
similaire à celui
dans soleil. L'accent ne sera peut-être pas idéal et certains phonèmes mal
réalisés, mais
c'est quand même mieux que de lire toutes les lettres du nom.
Chers amis français, entrainez-vous à dire les noms d'hommes politiques
belges, si la Wallonie
se rattache à la France un jour, vous allez avoir une campagne électorale
avec des:
Elio Di Rupo, Jean-Claude Van Cauwenberghe, Laurette Onkelinx,
Michel Daerden, Claude Eerdekens, Raymond Langendries...
Laurent
> >>Marc (et ses remarques d'une rare pertinence)
> > Là elle l'est, puisqu'elle montre que je n'étais pas clair.
> On a déjà parlé de ça. C'est le genre de truc qui n'est pas
> facile à expliquer par écrit, surtout quand on s'adresse à
> un public peu averti...
J'ai pourtant tenté de le faire.
Merci, c'était parfaitement clair !
> J'ai toujours trouvé les termes de phonétique particulièrement mignons (ma
> préférée : "l'affriquée")
Comme « prédorso-prépalatale » ou « rhotique » ?
En progrès ;-)
> >>On a déjà parlé de ça. C'est le genre de truc qui n'est pas
> >>facile à expliquer par écrit, surtout quand on s'adresse à
> >>un public peu averti...
> > J'ai pourtant tenté de le faire.
> En progrès ;-)
De toute façon -- je dis cela sans animosité -- on ne fait pas
boire l'âne qui n'a pas soif : certaines matières techniques
n'intéressent pas les foules et demandent autant d'efforts de la part du
vulgarisateur que du récepteur.
Je comprends parfaitement que cela soit le cas pour la phonétique :
comme me le fais remarquer un ami bien plus littéraire que moi,
s'intéresser aux composants du langage avant qu'ils ne donnent naissance
à un texte n'est pas intéressant (ce qui se discute). Quoi qu'il en
soit, ses articles de stylistique sont aussi techniques que les miens en
phonétique et je gage qu'il aurait bien plus de mal que moi à
vulgariser : moi, je peux parler d'organes et de *faits* physiques. Pas
lui.
Tss, tss !
> De toute façon -- je dis cela sans animosité -- on ne fait pas
> boire l'âne qui n'a pas soif : certaines matières techniques
> n'intéressent pas les foules et demandent autant d'efforts de la part du
> vulgarisateur que du récepteur.
>
> Je comprends parfaitement que cela soit le cas pour la phonétique :
> comme me le fais remarquer un ami bien plus littéraire que moi,
> s'intéresser aux composants du langage avant qu'ils ne donnent naissance
> à un texte n'est pas intéressant (ce qui se discute).
Oui, car rien n'est intéressant ou pas intéressant dans l'absolu.
Quoi qu'il en
> soit, ses articles de stylistique sont aussi techniques que les miens en
> phonétique et je gage qu'il aurait bien plus de mal que moi à
> vulgariser : moi, je peux parler d'organes et de *faits* physiques. Pas
> lui.
Je vois dans la phonétique un lien avec la métaphysique : en cela elle est,
pour moi, intéressante.
Merci pour ces liens. La théorie de "l'accent potache" me semble assez
juste, mais j'ajoute que cet accent potache vient, à mon sens, de ce que les
classes sont trop nombreuses en langues étrangères, et que les adolescents,
inhibés et mal à l'aise, n'osent pas prononcer correctement devant toute une
classe, des sons inhabituels qu'ils prononceraient peut-être sans mal en
comité restreint.
>>>>On a déjà parlé de ça. C'est le genre de truc qui n'est pas
>>>>facile à expliquer par écrit, surtout quand on s'adresse à
>>>>un public peu averti...
>>> J'ai pourtant tenté de le faire.
>>En progrès ;-)
> De toute façon -- je dis cela sans animosité -- on ne fait pas
> boire l'âne qui n'a pas soif : certaines matières techniques
> n'intéressent pas les foules et demandent autant d'efforts de la part du
> vulgarisateur que du récepteur.
Certes. On peut amener un âne qui n'a pas soif à boire ne
serait-ce qu'un petit peu, à condition d'y mettre du sien.
Ça doit être ça, le sens de la pédagogie [sans aucune
animosité, ni sous-entendu méchant]. Celà dit, je sais très
bien combien il est difficile de faire partager un peu de sa
passion à autrui sans risquer de l'ennuyer ou de le
décourager. Il y a une émission sur France Inter que
j'essaie de ne pas manquer, c'est « Maman les petits bateaux
» chaque dimanche soir. J'ai beaucoup d'admiration pour les
intervenants qui répondent aux questions des enfants. Ils
arrivent à expliquer grâce des mots simples des choses très
compliquées.
> Je comprends parfaitement que cela soit le cas pour la phonétique :
> comme me le fais remarquer un ami bien plus littéraire que moi,
> s'intéresser aux composants du langage avant qu'ils ne donnent naissance
> à un texte n'est pas intéressant (ce qui se discute). Quoi qu'il en
> soit, ses articles de stylistique sont aussi techniques que les miens en
> phonétique et je gage qu'il aurait bien plus de mal que moi à
> vulgariser : moi, je peux parler d'organes et de *faits* physiques. Pas
> lui.
C'est bien le principal... Même si je doute qu'il n'en soit
pas capable...
Il suffit d'attendre qu'il en ait envie... (définition de la patience
?).
> > <ha...@notfree.fr> [Guest of ProXad - France] a écrit :
> Certes. On peut amener un âne qui n'a pas soif à boire ne
> serait-ce qu'un petit peu, à condition d'y mettre du sien.
> Ça doit être ça, le sens de la pédagogie [sans aucune
> animosité, ni sous-entendu méchant]. Celà dit,
Cela dit
je sais très
> bien combien il est difficile de faire partager un peu de sa
> passion à autrui sans risquer de l'ennuyer ou de le
> décourager. Il y a une émission sur France Inter que
> j'essaie de ne pas manquer, c'est « Maman les petits bateaux
> » chaque dimanche soir. J'ai beaucoup d'admiration pour les
> intervenants qui répondent aux questions des enfants. Ils
> arrivent à expliquer grâce à des mots simples des choses très
> compliquées.
Je dirais plutôt complexes que compliquées. J'aime bien cette émission
aussi, même si on sent parfois un peu trop les parents derrière qui
soufflent les questions...
> Merci pour ces liens. La théorie de "l'accent potache" me semble assez
> juste, mais j'ajoute que cet accent potache vient, à mon sens, de ce que les
> classes sont trop nombreuses en langues étrangères, et que les adolescents,
> inhibés et mal à l'aise, n'osent pas prononcer correctement devant toute une
> classe, des sons inhabituels qu'ils prononceraient peut-être sans mal en
> comité restreint.
Il faudrait connaître le nombre d'élèves dans les classes d'autres
pays européens pour affirmer cela. J'ai le souvenir d'étudiants
allemands qui parlaient un très beau français.
> > moi, je peux parler d'organes et de *faits* physiques.
> Tu sais que tu me plais, toi ?
Après avoir lu sous ta plume que mon ami est sage de contester
l'intérêt de la phonétique, je suis au regret d'opposer une fin de
non-recevoir à cet appel du pied.
C'est vrai, le nombre n'est pas tout, beaucoup d'autres paramètres sont à
prendre en compte : représentations socio-linguistiques, rapport à
l'autorité, voyages à l'étranger, attitude des parents face aux langues
étrangères, type d'école, etc.
Aucun des sons contenus dans le nom de Kim Clijsters ne sont inconnus
en français. « Inhabituels », comme vous y allez... Ça fait combien de
temps que Kim Clijsters chevauche dans les dix premières dames du
tennis international ? Même les anglophones prononcent son nom
correctement, c'est dire !
Marion
--
Marion Gevers,
Newcastle, NSW, Australia
mar...@eepjm.newcastle.edu.au
Je vous rappelle qu'on parlait de Kim Clijsters.
J'efface le reste, qui sûrement dépasse votre pensée, si j'en crois
vos récents propos sur les clans, les « pour Untel » et les
« contre Untel ».
Dommage que vous ayez ôté la partie des propos de Pierre qui
importait :
« Kim Klèïsteurse ». Il *croyait* savoir. Le plus con est qu'il
suffit de demander à un Belge pour savoir. Mais qui le fait ?
Il ne doit pas être sorcier, pour un journaliste français se préparant
à interviewer une joueuse belge, de demander à n'importe quel
Belge (ce n'est pas le bout du monde, la Belgique !) comment
se prononce le nom, au lieu de prononcer comme *il croit* savoir.
Vous faites une généralisation outrancière à l'ensemble des propos
tenus par un journaliste français... Il y a moyen de faire mieux,
tant qu'à donner des leçons !
Mais je ne m'affole pas : me rendant en France prochainement, je
consentirai sans redire au fait que bien des Français s'obstineront
à m'appeler « je vère »...
Le mot "inhabituel" n'est pas péjoratif ! Il ne porte pas seulement sur les
sons pris individuellement, mais aussi sur * l'agencement* de ces sons pour
former ce nom.
> Il faudrait connaître le nombre d'élèves dans les classes
> d'autres pays européens pour affirmer cela. J'ai le souvenir
> d'étudiants allemands qui parlaient un très beau français.
Ils ne sortaient sûrement pas d'une Realschule où le français comme
deuxième langue vivante étrangère est une matière à option au même titre
que l'informatique ou le dessin, mais plus certainement d'un Gymnasium.
L'enseignement allemand est très sélectif, bien plus que le français. Le
français n'est d'ailleurs enseigné comme première langue que dans le
Bade-Wurtemberg le long de la frontière, en Sarre. Et l'apprentissage de
cette langue est en recul général en Allemagne, tout comme celui de
l'allemand en France. Enfin la situation varie d'un Land à l'autre et
l'on peut avoir des contrastes absolus de situation, de conditions
d'apprentissage, de résultats entre le Brandebourg et la Bavière : c'est
le miracle d'une organisation décentralisée... Suivez mon regard...
La formulation de certaines questions, et le fait qu'on entende parfois les
parents parler par derrière, sur le répondeur...
Mais j'admire aussi les personnes compétentes qui essaient de répondre
simplement aux enfants.
Même le fait qu'on entenD bel et bien les parents
Remarquez, le plus simple pour le journaliste serait de
demander à la joueuse belge comment elle prononce son nom...
Trop simple, sans doute.
[...]
Vous êtes de plus en plus déprimante...
Moi qui croyais que vous souffriez d'hypoacousie... c'est
l'inverse qui est à craindre. Mais peut-être n'avez-vous pas
l'habitude de fréquenter des enfants ?
C'est la réalité de l'EN qui est déprimante. Moi, je suis de plus en plus
lucide, hélas !
Vos remarques personnelles sont nulles et déplacées. Et si vous me lâchiez ?
(depuis le temps que je le demande !)
> Remarquez, le plus simple pour le journaliste serait de
> demander à la joueuse belge comment elle prononce son nom...
> Trop simple, sans doute.
C'est même mieux, quand je vois que le simple nom "Roux" se prononce
différemment (/ru/ ou /ruks/) selon les régions.
PPHN
Foin de l'ironie facile pour revenir dans le droit "fil" du sujet lancé, et
avec quelle pertinence, par MOI : ce travers français qui consiste à
prononcer les noms étrangers avec la plus extrême fantaisie et désinvolture.
Travers dans lequel nos journalistes donnent en effet à qui mieux mieux. En
avons-nous entendu, lors des guerres en ex-Yougoslavie, des Zenitcha et
Srbrenitcha (pour Zenitsa et Srbrenitsa ; pour cette dernière ville, alors
même qu'il se trouvait, sur place, dans l'enclave menacée par les Serbes, le
général Morillon ne proclamait-il pas haut et fort son louable désir de
défendre "Srbrenitcha") ! Nous avons été les seuls en Europe à rebaptiser
Gorbatchov en Gorbatchev. Naguère Georges Bortoli, grand soviétologue devant
l'Eternel, pérorait sur le général Youkov
(pour Joukov). Hier encore, Claire Chazal parle de la visite du Pape à
O-zi-jek [j comme dans joie, jeux, joue et jean-foutre], sans prendre garde
que le correspondant sur place, à qui dans la
seconde qui suit elle passe la parole, prononce, lui, avec plus de chance
d'authenticité : Os-si-yek [y comme dans yod, yeux, yoga, yaourt ou yé-yé].
Que le
commun des mortels prononce les noms étrangers "à la française" au plus près
de ce qui
est écrit (Srbrenica = Srébrénika), qu'on adopte le terme consacré par
l'usage (London = Londres), rien à redire ; mais que des professionnels de
l'information déforment les mots, inventent à plaisir des prononciations
aberrantes, sans souci de se renseigner, de vérifier, c'est tout simplement
scandaleux et horripilant. Manque de professionnalisme, mépris d'autrui. Ah
! mais j'oubliais : "Comment peut-on être Persan ?"
Et puis qu'attendre d'un pays qui ne s'accorde même pas sur la manière de
prononcer le prénom d'un de ses poètes (cf. le récent fil sur Joachim du
Bellay). Pardon de m'être trop longuement lâchée mais ce défaut me fait voir
rouge, et
l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Alice
> Et puis qu'attendre d'un pays qui ne s'accorde même pas sur la
> manière de prononcer le prénom d'un de ses poètes (cf. le récent
> fil sur Joachim du Bellay).
Bah ! Je suis certain que vous prononcez le nom de Michel Eyquem de
Montaigne comme « Michel Èkèm de Mõtèñe » alors que si l'on suit les
conventions de l'époque cela devrait être « Michel Èïkè~ de Mõntãñe ».
Oui, le premier presque comme « équin » (le nom portugais a été adapté
au gascon, puis au français) et le deuxième exactement comme une «
montagne » (c'est le même mot) avec un accent méridional. Mais personne
ne le fait plus depuis longtemps... Et pourtant cette prononciation
actuelle est une erreur totale notamment pour une faute de lecture de la
graphie. Il y a des prononciations historiques anciennes qui viennent se
mélanger, d'autres locales ou sociales, des usages particuliers liés à
des histoires personnelles, et le pire serait le respect d'une norme
absolue parce que l'on tuerait la richesse d'une langue.
« Mon langage français est altéré et en la prononciation et ailleurs,
par la barbarie de mon creu, je ne vis jamais homme des contrées de deçà
qui ne sentit bien évidemment son ramage et qui ne blessast les oreilles
pures françoises. » (Montaigne.)
Lapsus calami : le nom de la ville = SrEbrenica et non Srbrenica... excuses,
Alice
Je ne sous-entendais nullement qu'il l'était...
> Il ne porte pas seulement sur les
> sons pris individuellement, mais aussi sur * l'agencement* de ces sons pour
> former ce nom.
Et justement, depuis le temps que Kim Clijsters fait parler d'elle dans
l'arène du tennis international, les journalistes et le public ont eu largement
l'occasion d'entendre comment se prononçaient les sons de son nom, qui
par ailleurs ne contiennent rien d'« imprononçable » (comme aiment à
le dire certains) par des francophones... Et comme le signale Isabelle,
il y a toujours la possibilité de lui demander comment se prononce son
nom. Question qui lui fut posée ici dans une interview télévisée aux
internationaux de Melbourne.
Marion, avez-vous lu mon topo sur l'hypoacousie ? Cela explique, en partie,
certaines erreurs récurrentes.
Je sais tout cela... mais ce n'est plus le même problème que celui qui est
posé par l'initiateur du fil... Cordialement, Alice
Oui, j'ai lu vos allusions à l'hypoacousie (pas vraiment un long topo,
non) et je connais bien le phénomène. Mais je crois qu'il ne s'applique
que lorsqu'il s'agit de reproduire des sons qui n'existent pas dans la
langue maternelle. Par exemple, bien des Français auront du mal à
distinguer "cup" et "cap" en anglais* (les Belges un peu moins car
ils connaissent en principe le néerlandais...), et ces sons exacts
n'existent pas en français. Il n'en va pas de même pour les sons du
nom de Kim Clijsters.
* et je ne parle même pas du fameux "th" dans ses deux variétés... !
> Et justement, depuis le temps que Kim Clijsters fait parler d'elle
> dans l'arène du tennis international, les journalistes et le public
> ont eu largement l'occasion d'entendre comment se prononçaient les
> sons de son nom, qui par ailleurs ne contiennent rien d'«
> imprononçable » (comme aiment à le dire certains) par des
> francophones... Et comme le signale Isabelle, il y a toujours la
> possibilité de lui demander comment se prononce son nom. Question qui
> lui fut posée ici dans une interview télévisée aux internationaux de
> Melbourne.
Franchement, j'ai l'impression que les journalistes se foutent
éperdument de la manière de prononcer les noms et prénoms des gens.
Je ne sais plus sur quelle chaîne c'était, mais j'ai entendu un
journaliste appeler l'ancien Monsieur Univers "tchwartsénéguér" dans un
mélange d'anglais et d'allemand.
PPHN
Non, pas seulement. Certains sons peuvent nous paraître tout à fait
prononçables individuellement, mais c'est leur *agencement* inhabituel qui
nous fera trébucher, ou ajouter, ou inverser une lettre, pour se rapprocher
de notre propre système phonétique. Un exemple ? Un ami polonais Przmek me
dit qu'on l'appelle constamment "Prizmek" ou "Pzrmek" !
C'est notre fameux e sourd-muet qui poursuit sa descente aux
oubliettes, tout simplement.