«Promériter» et «proméritoire» sont inconnus dans mon Robert comme dans
les quelques lexiques juridiques dont je dispose. Je me demande bien si
ces termes peuvent s'entendre ailleurs qu'en Belgique et je me demande
d'où il sortent et à quand ils remontent.
J'ai entendu «promériter» en contexte juridique, essentiellement en
droit fiscal et social. Notamment à propos de «congés promérités»,
l'idée étant, si j'ai bien compris, qu'un employeur peut devoir accorder
des congés payés à un travailleur par ce que celui-ci les a «mérités par
substitution», c'est-à-dire les a mérités en travaillant, l'année
précédente, chez un autre employeur.
J'ai trouvé ceci, à propos des «conjoints aidants» de travailleurs
indépendants:
http://home.worldonline.be/~moniqeli/bible.htm
«Les épouses (qu'elles soient aidantes ou seulement femmes au foyer)
obtiennent des "droits dérivés" c'est-à-dire des droits sociaux
promérités par les cotisations sociales payées par leur époux. (dérivés
parce que mérités par les cotisations de quelqu'un d'autre).»
L'idée est donc bien celle d'un droit mérité, en quelque sorte, par
substitution.
Un arrêté du gouvernement wallon
http://europa.autonomia.org/epil/emploi_lg.htm
évoque «les revenus professionnels éventuels promérités pour les heures
de formation». Je présume que la formation en question donne droit à une
sorte de salaire qui n'en est pas vraiment un.
Dans d'autres textes - invariablement belges -, il est question
d'honoraires ou de revenus «promérités» dans des contextes tels qu'on
dirait «promérité» synonyme de «mérité», peut-être de «mérité
antérieurement».
Ainsi, il y a ambiguité dans ce document fiscal:
http://www.euronet.be/minfin/fr_admin/0003/avis_100.html
qui cite les «rémunérations proméritées, même si elles ont été payées ou
attribuées aux ayants cause de la personne qui y avait droit».
Un organisme subventionné peut promériter sa subvention et, si je
comprends bien, quand le pouvoir subsidiant la lui verse (enfin), il
peut en déduire les recettes obtenues entre-temps:
http://wallex.wallonie.be/cfr/00110-1000.htm
«Art. 29. Les recettes liées aux prestations du centre peuvent être
déduites des subventions proméritées dans les limites et aux conditions
fixées par le Gouvernement.»
Je suis parvenu à trouver un texte bilingue, dans le «Moniteur belge»
(journal officiel). Là où le texte français dit «budget promérité» (le
budget en question étant vraisemblablement une subvention), le
néerlandais dit «budget waarop [le bénéficiaire] recht heeft». Autrement
dit, «promériter» ne signifierait rien d'autre que «mériter», «avoir
droit à». Belgicisme ultrajuridique et pédant, alors?
> «Promériter» et «proméritoire» sont inconnus dans mon Robert comme
dans
> les quelques lexiques juridiques dont je dispose. Je me demande bien
si
> ces termes peuvent s'entendre ailleurs qu'en Belgique et je me demande
> d'où il sortent et à quand ils remontent.
... étant entendu, précisons-le, que «promereo(r)» signifie bien
«mériter» (une punition, une faveur) en latin.
Denis Liégeois <denis.l...@swing.be> a écrit dans le message :
8fjhm9$smr$1...@news0.skynet.be...
> "prédrag/grcic" <predra...@freebel.net> a écrit dans le message
> news: 8ffk2h$jqh$1...@news5.isdnet.net...
>
> «Promériter» et «proméritoire» sont inconnus dans mon Robert comme dans
> les quelques lexiques juridiques dont je dispose. Je me demande bien si
> ces termes peuvent s'entendre ailleurs qu'en Belgique et je me demande
> d'où il sortent et à quand ils remontent.
>
> Je viens de retrouver l'endroit précis où j'avais lu le mot. Il s'agit
du
> memento de l'ONEm
«Office national de l'emploi». Belge, une fois de plus, et toujours dans
le même genre de contexte.
> "Mieux compendre..." Annexe 9, p.4).
Rien de tel, pour aider les gens à comprendre, que d'employer des mots
qui ne sont pas dans les dictionnaires.
> D'après le texte, le
> chômeur a promérité le pécule de vacances selon qu'il a exercé une
activité
> de travailleur durant l'année civile précédente.
Je me demande si «pro» n'est pas réellement ressenti par certains de
ceux qui utilisent ce terme comme désignant l'antériorité: «avoir mérité
auparavant» plutôt que «avoir mérité par substitution» ou «avoir mérité
pour soi-même».
Je n'ai trouvé «proméritoire» nulle part.
Tout éclairage sur ce sujet m'intéresserait vivement. Où diable est-on
allé chercher ce mot pour le mettre à la mode dans le jargon du droit
social belge et depuis quand l'y utilise-t-on? On ne l'a tout de même
pas directement pêché dans le latin?