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Dumas et Anne Frank

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Louis Meigret

unread,
Jan 6, 2003, 9:25:49 AM1/6/03
to
strixbubo a écrit:
>>http://www.lexpress.fr/Express/Info/Culture/Dossier/annfrank/dossier.asp
>
>
> Donc le "Journal d'Anne Frank" est authentique selon les historiens
> sérieux.

Je ne passerais pas d'un article de l'Express a une conclusion
définitive
sur quoi que ce soit.

Si j'ai bien compris les avis sont partagés sur ce qui constitue la
fausseté de ce journal : l'intervention d'Otto Frank (simple extrait,
mise en page, édition, ajouts ?), la fidélité historique d'Anne Frank
(jusqu'à quel point compose-t-elle une oeuvre romanesque et imaginaire
?), l'inventité d'Anne Frank (sa subjectivité,), etc. Personne ne nie
qu'une Anne Frank ait existé, ait écrit des notes et soit morte à
cause des nazis.

>Il faut se demander pourquoi d'autres historiens déploient de
> tels efforts pour tenter de démontrer qu'il s'agit d'un faux. L'article
> de l'Express nous l'apprend. Le "Journal d'Anne Frank" est aujourd'hui
> un best-seller absolu, le livre le plus lu après la Bible.

Si l'Express dit ça on voit bien son peu de sérieux.

Vous n'avez pas remarqué récemment comme tous les livres aujourd'hui
sont seconds après la Bible ? Récemment : Dumas et Les Trois
Mousquetaires et Tolkien et son Seigneur des Anneaux.

> Autrement dit
> un témoignage sur la Shoah dont la plupart des victimes avaient été
> réduites au silence.

Encore une conclusion de l'Express ? Ce n'est en rien un témoignagne
de
la « Shoah » (pourquoi pas Choah en français ?) puisqu'on ne voit
personne être tué (enfin je pense, je n'ai pas lu ce livre j'ai vu il
y a très longtemps le film, je suis passé devant la maison à Amsterdam
sans m'arrêter , oui je suis un coeur de pierre) mais la vie cachée
d'une famille juive. Comme tellement de clandestin (Jean Moulin, des
aviateurs, des Tchèques, Russes, etc.). En passant, apparemment, si
j'ai bien lu, de nombreux juifs ne se cachaient pas en Hollande : ils
avaient une fausse identité.

>Voilà évidemment la raison de l'acharnement des historiens marrons...

Il est évident que le succès de ce qu'on considère comme un texte «
manipulé » peut enrager des gens. Il en va de même de Dumas qui aurait
écrit très peu de ses romans contrairement à ce que les hagiographes
de Dumas prétendent... (je relis les Trois Mouquestaires, c'est
amusant, mais l'introduction réduit le rôle de Maquet à très peu).
Guerre de religion littéraire garanti. Tiens juste pour montrer le
genre de chose qu'on peut lire contre Dumas (et son exploitation
politique).

Quelques extraits tirés du dévastateur « Alexandre Dumas et associés
-- Dumas l'imposteur » de bernard Fillaire chez Bartillat (2002).
Livre récemment paru et qui se penche sur le plagiat et le « nègrisme
» industriel d'Alexandre Dumas.

« Alexandre Dumas au Panthéon ! Un cas d'étude dans l'histoire
littéraire. Chacun s'accorde à reconnaître qu'il n'est pas le seul
auteur de ses livres. Les Trois Mousquetaires, le Comte de
Monte-Cristo, La Reine Margot, Le Chevalier de Maison-Rouge, La Dame
de Monsoreau, Le Chevalier d'Harmental existeraient-ils sans Auguste
Maquet, écrivain de talent ? N'est-ce pas un contresens que de
célébrer un personnage qui a su mettre en scène sa vie à défaut de
créer une oeuvre par lui-même ? On ne dénombre pas moins de 650 livres
de Dumas. Cet essai entend rétablir la vérité à son sujet en apportant
une note différente dans une symphonie unanime. » (4e de couverture)

Rappelons qu'Alexandre Dumas eut plus de 40 « collaborateurs » st
sources d'inspiration dont certains noms assez connus : Théophile
Gauthier, Gérard de Nerval et Eugène Sue. (p. 17)

« Lettre témoignage de Matharel de Fiennes à Maquet, 22 juillet 1858 :
« (…) Le Siècle publiait Le Viconte de Bragelonne [dernier volet de la
triologie des Mousquetaires]. Perrée était absent et je le remplaçais.
On m'avertit à six heures du soir que le feuilleton qu'on était allé
chercher à Saint-Germain, chez Alexandre Dumas, était perdu. Il
fallait au Siècle son feuilleton, le feuilleton est dans sa charte.
(…) Vous alliez vous mettre à table. Vous eûtes la bonté de laisser là
votre dîner et vous vîntes vous installer dans le cabinet de
direction. Je vous vois encore à l'œuvre. De sept heures à minuit, les
feuillets se succédèrent, je les passais de quart d'heure en quart
d'heure aux compositeurs. À une heure du matin, le journal était tiré
avec son Bragelonne. / Le lendemain, on m'apporta le feuilleton de
Saint-Germain qui avait été retrouvé sur la route. Entre le texte de
Maquet et le texte Dumas il y avait une trentaine de mots qui
n'étaient pas absolument les mêmes, sur 500 lignes qui composaient le
feuilleton, (…) / P. S. – Mes souvenirs pouvaient être taxés
d'inexactitude. J'ai fait constater les faits par le gérant du
journal, par le chef de la composition et par le correcteur. » » (p.
142)

Au sujet de la Reine Margot, « Dumas à Maquet, 20 janvier 1845 : «
C'est votre faute cher ami si nous n'allons pas plus vite, depuis huit
heures je me croise les bras. » Dumas à Maquet, le 10 février 1845 : «
Il faut, vous connaissez ces deux mots charmants n'est-ce pas ? Il
faut que j'aie fini La Reine Margot le 1er du mois prochain.
Remettons-nous donc à la besogne…» » (p. 140)

« Dumas à Maquet, le 20 juin 1848 : « Cher Ami / Je ne serai près de
vous que vendredi ou samedi. / Travaillez par grâce car à mon retour
je crois que nous [ ? je ] aurons grand besoin de douros. (…) Quant à
moi, il m'est matériellement impossible d'écrire une seule ligne. » »
(p. 133)

« En 1858, Dumas avait écrit sans Maquet, étant donné leur brouille
[due à la ruine de Dumas qui menait un train de vie mirifique], un
drame intitulé La Dame de Monsoreau. Or ce drame, comme l'écrivait
Chilly, le directeur de l'Ambigu, était « inacceptable et impossible à
jouer ». « Personne ne veut de La Dame de Monsoreau », disait-il à
Dumas, « moi, je la prends mais j'y mets une condition : c'est que la
pièce sera remaniée, condensée et mise au point par un collaborateur
de mon choix. » Chilly demanda à Maquet de refaire la pièce. Après
quelques façons d'amour-propre, Dumas accepta. Maquet y ajouta des
conditions financières que Chilly ne put qu'accepter : « D'après le
désir que vous m'avez exprimé et le grand travail que vous nécessite
le remaniement complet du manuscrit, la prime de trois mille francs
(…) vous sera payé en une seule fois dès que j'aurai le manuscrit. »
Maquet ne se contenta pas de le rebouter, il y ajouta des effets
scéniques, dont bon nombre de scènes de cape et d'épée. Le drame dura
cinq heures et demie ! Son succès fut considérable. » (p. 112)


« Lors de son voyage en Espagne en 1846, Dumas père [le Dumas des 3
Mousquetaires] était accompagné de Dumas fils, des peintres Giraud et
Boulanger, de Desbarolles, de Maquet et d'un domestique noir nommé
Eau-de-Benjoin (l'esclavage ne sera aboli qu'en 1848). Un « nègre »
présentable. « Eau-de-Benjoin, écrit Dumas, n'avait rien du front
déprimé, du nez aplati, des grosses lèvres des nègres du Congo ou du
Mozambique. » Il décrit un nègre à « l'Oeil bon, au « sourire naïf »
et « aux dents blanches ». Évidemment, comme ses semblables, il « aime
tout ce qui brille au soleil, strass ou diamant, verre ou émeraude,
cuivre ou or, peu lui importe » [De Paris à Cadix]. Et serait capable,
ajoute-t-il, de vendre son fils pour une bouteille de rhum. » »(p.
117)

On trouve encore quelques livres de Maquet, mais ses grands succès
comme la Belle Gabrielle, le Château de Grantier, le Comte de Lavernie
– car il en eut son nom propre – ne semblent plus réédités.
http://www.chapitre.com/frame_rec.asp?source=ANCIEN&quicksearch=Auguste+Maquet&sessionid=17019991484574916613170128&donnee_appel=&pid=

Dumas personnage médiatique avant l'heure a eu raison de son «
collaborateur ». Sa prophétie semble s'est réalisée : « Chaque œuvre
cesse au bout d'un certain temps d'être grevée de son collaborateur et
devient personnelle à celui qui y a mis son nom. » (Lettre 29 avril
1840, p. 120)

(Figaro : )
Ainsi, lorsqu'Alexandre Dumas est porté au Panthéon, droite et
gauche, président de la République en tête, célèbrent le grand métis.
Mais, métis ou blanc ou jaune, Dumas n'y était pour rien, c'était sa
naissance. En revanche, écrivain génial de la littérature française,
ça, c'était son mérite. Depuis deux siècles, la gauche, c'était le
mérite contre la naissance. C'était. Mais la gauche a depuis trente
ans balancé ses valeurs cul par-dessus tête. Taguieff pointe la faute
originelle : «On n'a pas le droit de penser la nation, la
civilisation, l'Occident. Il n'y a que des individus, et à l'autre
bout l'humanité. Et entre les deux, rien. Ou l'horreur. Dans ces
conditions, on ne peut plus penser la politique.

Dobb

unread,
Jan 6, 2003, 7:01:33 PM1/6/03
to
Louis Meigret a écrit :

>>Il faut se demander pourquoi d'autres historiens déploient de
>> tels efforts pour tenter de démontrer qu'il s'agit d'un faux. L'article
>> de l'Express nous l'apprend. Le "Journal d'Anne Frank" est aujourd'hui
>> un best-seller absolu, le livre le plus lu après la Bible.
>
>Si l'Express dit ça on voit bien son peu de sérieux.

"Si ça se vend bien, c'est que c'est vrai".

Voilà comment cette chose qui se prend pour un journal explique
pourquoi il faut considérer la bible comme vraie : pasqu'elle se
vend bien !

Mais on peut se rassurer : l'Express se vend beaucoup moins bien.
On ne peut qu'en conclure, selon l'Express lui-même, que l'Express
ment ;-)

>Vous n'avez pas remarqué récemment comme tous les livres aujourd'hui
>sont seconds après la Bible ? Récemment : Dumas et Les Trois
>Mousquetaires et Tolkien et son Seigneur des Anneaux.

Bah, entre le Seigneur des Anneaux, Anne Frank, la résurrection
biblique, les 72 vierges du Coran (autre best-seller), et les
extraterrestres raëliens (futur best-seller : "comment fabriquer
votre clone tout seul ?"), il doit y avoir moyen de faire une synthèse
de la vérité, non ? ;-)

Dobb

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