Hist : Selon les grammairiens[1] qui suivirent la Pléiade les noms et
adjectifs existaient sous les deux formes selon leur genre : exemples
agnelle agneau
bordelle bordeau
bretelle breteau
brimbelle brimbeau
cannelle canneau
Isabelle Isabeau
margelle margeau
pimprenelle pimpreneau
pipelle pipeau
pipistrelle pipistreau
pommelle pommeau
prunelle pruneau
pucelle puceau
ratelle rateau
rebelle rebeau
ribambelle ribambeau
sarcelle sarceau
tourelle toureau
arceau arcelle
cadeau cadelle
caniveau canivelle
chemineau cheminelle
godiveau godivelle
hameau hamelle
hosteau hostelle
niveau nivelle
ramponneau ramponelle
rideau ridelle
soliveau solivelle
tonneau tonnelle
troupeau troupelle
trousseau trousselle
zigoteau zigotelle
L'usage s'est ensuite perdu pour nombre de mots, dont on jugeait la
féminisation ou la masculinisation non nécessaire, faute d'acception
existant
2001 Retour à une systématisation : chaque substantif ou adjectif en -elle
pu en -eau possède son masculin (ou féminin) en -eau ou en -elle et
réciproquement. Le genre des objets, concepts et bien sûr des adjectifs
sera utilisé en fonction du complément.
Ex : On dira « la pelle à gâtelle de Marcelle, ne vaut pas le peau à gâteau
de Marceau »
Outre l'enrichissement de la langue et de sa syntaxe, conduit à des nuances
qui n'échapperont pas à l'exégète éclairé et permet à des textes d'auteurs
de ressurgir :
Un rondeau une rondelle[2]
(M'accorderez vous votre première rondelle au bal de ce soir ? Marquis de
Cuevas, Danses et contredanses, Balland, 1954))
Un bedeau une bedelle
Le bedeau et sa bedelle valaient leur pesant de pater (Pie IX, Comment l'
esprit vient aux clercs, postface, Chalet, 1869)
Un chapeau une chapelle
La bise obligeait les garçons à tenir leurs chapeaux, les filles leur
chapelles (M. Mitchell, Le temps en emporte l'auvent, p 1111, Poche, 1965)
Un faisceau une faiscelle
Enfin la lictrice avait obtenu sa faiscelle (Suetone, Comment devenir
célèbre sous Hadrien, p 74, Wolfram, 1960)
Un museau une muselle[3]
Ils s'essayèrent à museau contre muselle (Pierre Louÿs, L'échanson de
Billitis, p 69, Mille et une Nuits, 1997)
Un rateau une ratelle
Il commence à me courir sur la ratelle avec ses godiveaux (Littré de la
Grand'côte, Nizier du Puitspelu, 1980)
Une quenelle un queneau[4]
Sarcelles et sarceaux seront accompagnés de quenelles de truite ou de
queneaux de brochet (Alexandre Dumas, Grand dictionnaire de la Cuisine,
Veyrier,1990)
Une rondibelle[5] un rondibeau
Selon que vous serez Marceau ou bien Marcelle
Je vous dédierais rondibeau ou rondibelle
Qui accompagnera pieds paquets et cervelle (Escoffier, Nouilles et pieds
paquets, exergue, Editions de minuit)
Une vaisselle un vaisseau
La capitaine de vaisselle obligeait son mari à faire le vaisseau (Ovide in
Les remèdes à l'amour, p 321 Poche)
Exceptions : l'usage a consacré, en particulier pour les noms propres, une
forme de remasculinisation par suppression du -le final
Javeau Javel
(quai de Javel)
Listeau Listel (vin de Listel
Marceau Marcel
Rousseau Roussel
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[1] Abbé de Chaudfroid, Anagrammaire, Elsevier 1607
[2] Danse chantée sur les paroles d'un rondeau
[3] Museau contre muselle : à touche-pipeau
[4] Rappel : à poisson mâle le queneau, poisson femelle la quenelle
[5] Rondibelle et rondibeau : distiques dont le premier vers est dédié à l'
être aimé(e) et le second à une recette de cuisine (Gilles Durieux,
Anthologie de la poésie rurale, Plein Champ, 1925). Cité par Jean Yann in
Le dictionnaire des mots qu'y a que moi qui les connaît, Plon, 2000.
Comme par exemple :
- bordel/bordeau -> pourquoi avoir gardé "bordel" ?
- Isabelle/Isabeau -> c'est le même prénom (et non un féminin et un
masculin) même si "Isabelle" est plus usité... );
- cheval/chevaux - > là, le second est devenu pluriel, allez comprendre
pourquoi!
Pouvez-vous m'éclairez sur la question?
Iseult