Non. D'abord, un peu de contexte. Le film de Renoir est un film *muet*
de 1926, inspiré de *Nana* de Zola, mais évidemment les dialogues sont
réduits à leur plus simple expression, des cartons, et il est inutile
d'y chercher du Zola. Le carton en question est placé dans, si j'ose
dire, la bouche de la La Faloise et dit exactement :
« Cette femme-là, c'est le chic *du* copurchic, je vais, de ce pas, la
couvrir de fleurs ! »
Sachant que "copurchic" n'est qu'une variante de "chic", le "chic du
copurchic" est donc une variante de l'expression connue "le chic du
chic". Rien à voir avec la tournure très postérieure /adjectif de chez
adjectif/. En revanche, c'est une tournure de la même famille que "la
crème de la crème" (expression étrangement plus employée en anglais
qu'en français !).
Pour revenir sur le mot "copurchic" lui-même, il est complètement
"has-been" aujourd'hui. On ne l'emploie plus, sa mode, qui fut grande,
est totalement passée. Déjà en 1947, quand Queneau l'utilise dans ses
"Exercices de style", c'est dans l'exercice intitulé "Modern Style",
donc typiquement la langue du tournant du siècle, une langue déjà en
partie obsolète (le gommeux, le gandin, le pet-en-l'air...).
Si l'auteur des cartons a placé, en 1926, le mot "copurchic" dans la
bouche d'Hector de la Faloise, ce n'est évidemment pas pour communiquer
un effet de vulgarité, qui n'avait pas lieu d'être, mais pour reprendre
une expression fort à la mode à un certain moment, même s'il y a un
léger anachronisme en l'occurrence. Zola a publié Nana en 1880, l'action
se passe au début encore sous le second Empire, mais le mot "copurchic"
ne serait attesté qu'à partir de 1886***.
En revanche, Zola use et abuse du mot "chic" qu'on trouve à de très
nombreuses reprises dans Nana. On notera au passage qu'une édition
moderne écrit des "hommes chics" mais que la version originale est
"hommes chic".
Sur le coperchic, voir l'intéressante page :
http://www.lamesure.org/article-33253658.html
***C'est du moins l'attestation donnée dans le TLFi. Différents indices
semblent montrer que le mot pourrait déjà être dans une pièce de 1876,
"La Partie d'Echecs", de Paul Ferrier :
« AMÉDÉE. Parfaitement sage !... A telles enseignes, son crime : elle a
flanqué deux coups de revolver à un copurchic de Province qui lui avait
offert autre chose que le mariage. »