La Défense, 8h08. Alors que Vigo Ravel, 36 ans, se rend au dernier
étage de la tour SEAM où il est soigné pour schizophrénie mâtinée
d'amnésie et d'hallucinations auditives, un terrible attentat dévaste
intégralement le célèbre centre d'affaires. Vigo est le seul
survivant. Et pour cause : ce sont les voix qu'il entend dans sa tête
qui lui ont ordonné de fuir.
Des individus menaçants le traquent, le poussant à mener sa propre
enquête. La tentaculaire Défense livre peu à peu le secret de ses bas-
fonds. Vigo est aidé par Agnès une policière dépressive et par des
hackers mystérieux, le groupe SpHiNx dont le but est de chercher la
vérité. Pour ses membres, Internet est le dernier espace où la liberté
d'expression a encore un tout petit peu de sens. Ils se servent du Web
pour dénoncer des scandales poli¬tiques ou financiers. Ils pensent que
le public a le droit d'être mis au courant, et que la presse
institutionnelle ne fait pas toujours son travail...
Ce groupe découvre alors les responsables qui ont marqué Vigo, le
groupe Dermod qui était propriétaire de l'appartement des parents de
Ravel. Sorte de holding, son objet déclaré est l'import-export, mais
il est en vérité difficile de connaître ses activités réelles. Ce
groupe avait un contrat qui précisait notamment le montant de la
pension que ses parents recevaient en échange de leurs services, au
moins depuis 1991. Ils s'occupaient de lui en le maintenant dans la
certi¬tude qu'il était schizophrène...
A cela s'ajoutent les références de l'auteur à l'actualité, à
l'architecture des lieux et aux technologies qui constituent le fil
rouge du roman. On a droit à des évocations souvent vérifiées, comme
les allusions aux inondations dans les sous-sols de La Défense et ses
stations fantômes, mais bien réelles ! Si on ne peut qu'être
impressionné par le déroulement de l'action, l'introspection
permanente du héros loin d'être lassante nous happe pour qu'on en
vienne à bouillir d'énervement de ne pas comprendre le pourquoi du
comment. Chaque élément mystérieux du complot élucidé le renforce plus
encore au lieu de le dissiper. C'est à la fois frustrant et
terriblement jubilatoire. « Le Syndrome Copernic » est typique du
bouquin qui représente à lui seul le poison et l'antidote, partagé
entre le désir d'avancer au plus vite dans l'histoire tout en rageant
qu'il ne soit pas plus long encore, histoire de faire durer le plaisir
jusqu'à la dernière goutte d'encre.
http://users.skynet.be/pierre.bachy/loevenbruck_henri_syndrome_copernic.html