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Le coup de pied de l'âne

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gbog

unread,
Jan 22, 2002, 9:32:35 AM1/22/02
to
[C'est chouette de pouvoir accentuer les titres.]

Voilà, je voudrais juste savoir ce que veut dire précisément cette
expression. Une simple ruade ? Un coup bas ? « Ruer dans les brancarts » ?
Quelque chose de plus subtil ?

Tant qu'on y est, pourquoi un âne bâté serait encore plus bête qu'un âne
nu ?

(Si la question a déjà été traitée, prière de me pardonner, je mets
promptement mon bonnet dudit.)

--
« Bacon, c'est des douleurs muculaires peintes. »
(B. d. c.)


gbog

unread,
Jan 22, 2002, 9:35:29 AM1/22/02
to
[C'est chouette de pouvoir accentuer les titres.]

Voilà, je voudrais juste savoir ce que veut dire précisément cette
expression. Une simple ruade ? Un coup bas ? « Ruer dans les brancarts » ?
Quelque chose de plus subtil ?

Tant qu'on y est, pourquoi un âne bâté serait-il encore plus bête qu'un

Didier Pelleton

unread,
Jan 22, 2002, 10:03:48 AM1/22/02
to
gbog écrivit :

> [C'est chouette de pouvoir accentuer les titres.]
>
> Voilà, je voudrais juste savoir ce que veut dire précisément cette
> expression. Une simple ruade ? Un coup bas ? « Ruer dans les brancarts » ?
> Quelque chose de plus subtil ?

   Allez lire « Le Lion devenu vieux », La Fontaine, Fables, III, 14.


>
> Tant qu'on y est, pourquoi un âne bâté serait-il encore plus bête qu'un
> âne nu ?

   Parce qu'il ne serait caractérisé que par son bât. Vous l'avez dans le
Dictionnaire des Expressions et Locutions de Rey et Chantreau. Pas le temps
de recopier. Attendez une bonne âme.

Fabio Parri

unread,
Jan 22, 2002, 10:12:49 AM1/22/02
to
L'âne a parfois la réputation d'être lâche : "le coup de pied de
l'âne" est l'attaque du faible contre le fort tombé à terre.

Ciao,

Fabio

Dominique Didier

unread,
Jan 22, 2002, 10:37:10 AM1/22/02
to
"gbog" <gb...@caramail.com> a eu gravé de son fin stylet sur les
tablettes d'argile de fr.lettres.langue.francaise :


>Tant qu'on y est, pourquoi un âne bâté serait-il encore plus bête qu'un
>âne nu ?

Un âne bâté est un âne entier, bien capable d'accomplir son
travail d'âne puisqu'il porte le bât. Mais d'abord « âne » est donné
comme synonyme d'ignorant, d'homme stupide. Puis le terme qui
caractérise l'âne concret ne sert plus qu'à renforcer la métaphore sans
aucun rapport avec la réalité. C'est donc un intensif obtenu par un
détournement d'une expression existante.

>(Si la question a déjà été traitée, prière de me pardonner, je mets
>promptement mon bonnet dudit.)

Ce n'était pourtant pas le pont aux ânes. Je n'ai pas le
souvenir que l'on ait évoqué ces expressions.


Dominique

... contra ipsam ventus typhonicus qui vocatur euroaquilo ...

unread,
Jan 22, 2002, 12:45:07 PM1/22/02
to
Didier Pelleton a écrit :

>
> gbog écrivit :
>
> > [C'est chouette de pouvoir accentuer les titres.]
> >
> > Voilà, je voudrais juste savoir ce que veut dire précisément cette
> > expression. Une simple ruade ? Un coup bas ? « Ruer dans les brancarts » ?
> > Quelque chose de plus subtil ?
>
> Allez lire « Le Lion devenu vieux », La Fontaine, Fables, III, 14.

Ah, c'est sûrement une histoire d'hindous mahométans...

Quoi, Phèdre ? Qui c'est celui-là ?

Dominique Didier

unread,
Jan 22, 2002, 2:27:03 PM1/22/02
to
Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> a eu gravé de son fin

stylet sur les tablettes d'argile de fr.lettres.langue.francaise :

>   Allez lire « Le Lion devenu vieux », La Fontaine, Fables, III, 14.

Mais la fable ne dit pas que l'âne donne un coup de pied. Le
cheval si. On imagine ce coup à cause des précédents. Ou alors dans une
autre version, celle de Phèdre ?

Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes,
Quand voyant l'âne même à son antre accourir :
« Ah ! c'est trop, lui dit-il; je voulais bien mourir ;
Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »

J'ouvre le Bouquet de Duneton et il confirme, la fable de Phèdre
se concluait bien par un coup de pied du baudet. La première attestation
de l'expression serait de d'Alembert et l'âne en question était Palissot
avec sa « Comédie des Philosophes », une sotte démolition de
l'Encyclopédie.

Dominique

Dominique Didier

unread,
Jan 22, 2002, 2:27:08 PM1/22/02
to
"gbog" <gb...@caramail.com> a eu gravé de son fin stylet sur les

tablettes d'argile de fr.lettres.langue.francaise :

> Tant qu'on y est, pourquoi un âne bâté serait encore plus bête qu'un âne
>nu ?

On trouve d'autres précisions dans le Robert historique. Ce fut
d'abord un « âne bardé » (1530) ou un âne chargé d'un fardeau, la barde
est un poids (d'où le mot « bardot » comme synonyme régional de
l'animal). L'expression « âne bâté » apparaît chez Molière (1670, « le
Bourgeois gentilhomme »).

Il a existé d'autres expressions voisines au XVIe s. :
-- Fier comme un âne qui a un bât neuf.
-- Comme asnes débâtés, ou avec force.

Dominique

Siva Nataraja

unread,
Jan 22, 2002, 3:08:15 PM1/22/02
to
Xho-Glob "... contra ipsam ventus typhonicus qui vocatur euroaquilo ..."
<grognon.co...@schtroumpf.gouv.schtroumpf> noug « Non à l'euro :
http://www.argent.fr/ » na-Globogl :
<3C4DA523...@schtroumpf.gouv.schtroumpf> glouphiz :

>Quoi, Phèdre ? Qui c'est celui-là ?

Tahar ibn Faedroun, dit Phèdre, (Baghdad la Lointaine 1555 - Mara
Kèche aux Deux Mille Minarets 1643), écrivain (aurait inspiré la quasi
totalité des tragédies de Racine), inventeur du sucre en morceaux,
découvreur de la grande pyramide et sosie d'Henri IV qu'il aurait
d'ailleurs remplacé pendant quatorze mois au nez et à la barbe des
François avant d'être découvert. Dans sa fuite, il a le premier atteint
le pôle nord, par erreur, voulant rejoindre la lune. Il fit percer un
canal dissimulé par un dais de soie, qu'il avait ramenée de Chine d'un
de ses périples, ensuite racheté en secret à ses héritiers par un
certain Suez.

Il meurt pauvre (hormis les maigres droits de passage récoltés
grâce au canal, trop secret) et oublié de tous après avoir été empereur
de toutes les Russies, roi de France et de Navarre et a laissé derrière
lui une importante liste de choses à inventer, dont le sous-marin, la
grue, le sonotone, le coton-tige, le Victor Hugo (d'usage incertain), la
guillotine et le foie-gras.

Siva

On lui doit aussi « je pense donc je suis », « après moi le
déluge » et « saperlipopette ».

Siva
--
Buk'arija buk'al`eja tshe ik':wa, q:ishdi-q:washdel`:e tsh'ila
l`arejige ; buçiçi baq'arija x:inki q:unda hane kl`':etsh'iq:unikl`':a.
Bizhal`ini q':ajnikl`':içi tsh'akl`:a k'abe-k'wabija ; tsh'ajdani
q':ajmekl`':içi pasit'agha k'abe-k'warija ; baq'ab kl`':ankl`':al`:e,
q:ajnt'a k'wabija. (_Muxa_) [je n'ai pas besoin d'Hépatoum]

Clotilde Chaland

unread,
Jan 22, 2002, 2:25:44 PM1/22/02
to
gbog <gb...@caramail.com> wrote:
> --
> « Bacon, c'est des douleurs muculaires peintes. »
> (B. d. c.)

J'aime bien vos signatures. Mais chaque fois, je me demande ce que
signifie « B. d. c. » ? Sans doute suis-je trop influencée par
l'annotation « bdc » que j'indique en marge pour demander à
l'infographiste d'écrire en « bas de casse » ce qui a été écrit en
capitales par l'auteur d'un article.
Si vous l'avez déjà expliqué, ce qui m'aura échappé, je vous prie de
m'en excuser. Vraisemblablement cela n'a rien à voir avec mes
annotations. Alors ?...

--
©lõ



Sh.mandrake

unread,
Jan 22, 2002, 3:33:23 PM1/22/02
to
Siva Nataraja <siva-n...@alussinan.org> a wroté :

> >Quoi, Phèdre ? Qui c'est celui-là ?
>
> Tahar ibn Faedroun, dit Phèdre,

[...]

Il faut que vous écriviez un recueil de contes pour adultes.
Y avez-vous songé ?

--
À kouna matata,

Le magicien.
(Pour le courrier/For E-mails : mand...@createur.org)

Siva Nataraja

unread,
Jan 22, 2002, 3:53:17 PM1/22/02
to
Xho-Glob ns~mandrake@sp~createur.org (Sh.mandrake) noug « Kind of
messy/Pas toujours très logique » na-Globogl :
<1f6fl0u.f92occevzmyoN%ns~mandrake@sp~createur.org> glouphiz :

>Siva Nataraja <siva-n...@alussinan.org> a wroté :
>
>> >Quoi, Phèdre ? Qui c'est celui-là ?
>>
>> Tahar ibn Faedroun, dit Phèdre,
>[...]
>
>Il faut que vous écriviez un recueil de contes pour adultes.
>Y avez-vous songé ?

Je SUIS Tahar ibn Faedroun, dont on a oublié de dire qu'il avait
inventée la réincarnation, plus tard vendue rétrtoactivement aux
hindouistes. Je peux donc refaire ma fiche nécrologique.

« [...] A aussi écrit un ensemble de contes pour adultes au ton
légèrement grivois dans lequel ont pioché les écrivains du XVIIe et
du XVIIIe français ; on lui doit aussi "les Rapports
périlleux", mettant en scène Wâhl-Mon et Meert'eyl, un sultan et
une veuve dont les destins ont été plagiés par qui l'on sait.
[...] »

T.I.F.

DB

unread,
Jan 22, 2002, 4:02:39 PM1/22/02
to

Clotilde Chaland a écrit:

Brèves de comptoir.

Didier Pelleton

unread,
Jan 22, 2002, 4:35:50 PM1/22/02
to
Siva Nataraja écrivit :

> Xho-Glob ns~mandrake@sp~createur.org (Sh.mandrake) noug « Kind of
> messy/Pas toujours très logique » na-Globogl :
> <1f6fl0u.f92occevzmyoN%ns~mandrake@sp~createur.org> glouphiz :
>> Siva Nataraja <siva-n...@alussinan.org> a wroté :
>>
>>>> Quoi, Phèdre ? Qui c'est celui-là ?
>>>
>>> Tahar ibn Faedroun, dit Phèdre,
>> [...]
>>
>> Il faut que vous écriviez un recueil de contes pour adultes.
>> Y avez-vous songé ?
>
> Je SUIS Tahar ibn Faedroun, dont on a oublié de dire qu'il avait
> inventée la réincarnation,

   Vous êtes surtout un potachelou, très à l'aise dans les singeroues.

Didier Pelleton

unread,
Jan 22, 2002, 4:52:30 PM1/22/02
to
... contra ipsam ventus typhonicus qui vocatur euroaquilo ... écrivit :

   Une vénérable pédale étrangère.

Message has been deleted

DB

unread,
Jan 22, 2002, 5:13:24 PM1/22/02
to

Dominique Didier a écrit:

Les coups de pied sont en tout cas dans une traduction d'Esope, célèbre en
son temps, dans la fable XIV, Du Lyon affoibly de vieillesse :
« L'Asne mesme fit le vaillant contre luy, et pour effacer son vieil nom de
faineant et de lasche, il se mit à l'attaquer à coups de pieds et de
langue."
Les Fables d'Esope Phrygien, Traduction de Jean Baudoin et Pierre de
Boissat, initialement publiée en 1633 et largement utilisée par La Fontaine
pour ses (des!) fables.
La version de Phèdre que je trouve en ligne est :
« Quiconque a perdu son antique prestige sert de fouet aux âmes viles dans
le malheur qui l'accable.
Affaibli par les années, abandonné de ses forces, un lion gisait, près
d'exhaler son dernier souffle. Le sanglier survint et d'un coup de son
boutoir foudroyant vengea une antique injure. Le taureau, de la pointe de
ses cornes, perça le corps de son ennemi. Quand l'âne vit qu'on pouvait
impunément outrager la bête sauvage, il lui broya le front d'une ruade.
Alors le lion expirant:
- J'ai supporté avec peine l'insulte des vaillants, mais ô toi, l'opprobe de
la nature, falloir souffrir tes atteintes, c'est bien mourir deux fois. »
http://www.multimania.com/fourmi/fables/info_l03.htm


Sh.mandrake

unread,
Jan 23, 2002, 12:18:02 PM1/23/02
to
AHDR !!

> --
> Buk'arija buk'al`eja tshe ik':wa, q:ishdi-q:washdel`:e tsh'ila
> l`arejige ; buçiçi baq'arija x:inki q:unda hane kl`':etsh'iq:unikl`':a.
> Bizhal`ini q':ajnikl`':içi tsh'akl`:a k'abe-k'wabija ; tsh'ajdani
> q':ajmekl`':içi pasit'agha k'abe-k'warija ; baq'ab kl`':ankl`':al`:e,
> q:ajnt'a k'wabija. (_Muxa_)

J'ai complètement décroché.
Une piste ??

Siva Nataraja

unread,
Jan 23, 2002, 1:59:18 PM1/23/02
to
Xho-Glob ns~mandrake@sp~createur.org (Sh.mandrake) noug « Kind of
messy/Pas toujours très logique » na-Globogl :
<1f6h507.1y0iquor8o4f9N%ns~mandrake@sp~createur.org> glouphiz :

>J'ai complètement décroché.
>Une piste ??

Je vous avouerai que j'ai du mal à traduire ces phrases en akhvakh
(Caucase). Mais à entendre, c'est un régal :
<http://titus.uni-frankfurt.de/texte/caucasica/axvax/muxa.htm>.

joye

unread,
Jan 23, 2002, 7:43:17 PM1/23/02
to
ns~mandrake@sp~createur.org (Sh.mandrake) wrote:

> AHDR !!
>
> > --
> > Buk'arija buk'al`eja tshe ik':wa, q:ishdi-q:washdel`:e tsh'ila
> > l`arejige ; buçiçi baq'arija x:inki q:unda hane kl`':etsh'iq:unikl`':a.
> > Bizhal`ini q':ajnikl`':içi tsh'akl`:a k'abe-k'wabija ; tsh'ajdani
> > q':ajmekl`':içi pasit'agha k'abe-k'warija ; baq'ab kl`':ankl`':al`:e,
> > q:ajnt'a k'wabija. (_Muxa_)
>
> J'ai complètement décroché.
> Une piste ??

Il était une fois une souris, c'était, c'était pas une souris, qui
courait, (shoo-shoo) (sans traduction) à travers la chambre, quand tout
d'un coup est tombé un (khinkal) (sans traduction) formé comme un jambon
du plafond. Puisque ce n'était pas frit, la souris l'a jeté dans le feu
afin de pouvoir le manger. Quand ce fut chaud, la souris l'a jeté sur un
tas de terre afin de le refroidir.


***
J'ai bon, Siva ?

Il y a une suite à l'histoire, mais Siva est radin et il la garde pour lui-même.

C'est de la langue du Caucase, si je ne me trompe pas.

JLL

joye

unread,
Jan 23, 2002, 8:01:59 PM1/23/02
to
siva-n...@infonie.fr wrote:

Ah, flûte, Siva, ces sacrés accents dans l'entête m'ont privée de votre
réponse avant que je ne donne ma traduction !

Paraît que Diznée aurait copié sur un peuple plus ancien ? Comment dit-on
« Pôv' Mické » en akhvakh ? (ou même akvahk ?)

JLL

Siva Nataraja

unread,
Jan 24, 2002, 3:45:58 AM1/24/02
to
Xho-Glob not...@netins.net (joye) noug « Suivez les
flèches » na-Globogl :
<notjoye-2301...@blfd-01-239.dialup.netins.net> glouphiz :

[...]


>***
>J'ai bon, Siva ?

Exactement. J'ai quand même l'impression que le texte anglais n'est
pas très clair. De toute façon, je n'ai rien qui me permette de traduire
moi-même et dois me contenter de cet étrange texte parsemé de shoo-shoo
et de khinkal.

>Il y a une suite à l'histoire, mais Siva est radin et il la garde pour lui-même.

Elle n'est pas destinée à un jeune public. Elle pourrait choquer
(il y est question d'un corbeau).

Siva

P.S.  avez-vous écouté comme le texte est étrange ? Cette langue possède
cinquante consonnes pour cinq voyelles (plus deux nasalisées, peut-être,
que madame Mahomedbekova fait en tout cas bien entendre alors qu'elle
rate systématiquement le /h/ sonore ; Jost Gippert, qui a enregistré
l'échantillon et principal responsable du projet Titus, répondant à
plusieurs de mes questions m'a indiqué que Zahidat Mahomedbekova ne
parle pas l'akhvakh comme langue maternelle. Comme la majorité des
langues du Caucase, les locuteurs maternels ont disparu. Certes, c'est
toujours moins grave que la disparition d'une personne réelle, les
langues meurent depuis qu'elles existent et tout le bataclan, mais rien
à faire : une langue qui cesse d'être parlée, ça le fait un petit trou
dans l'estomac, là, une petite angoisse).

Il y en a de bien pires (ubykh : 80 consonnes pour 2 voyelles, il
me semble. Je n'ai pas fini de recenser les phonèmes de cette langue,
qui, en tout cas, dispose de trois sortes de /s/).

P.P.S. : charte ==> j'écris « ubykh » et non « oubykh », comme
« hausa » et non « haoussa ».

--
Quelques poux ne sont pas sorciers
Or tout pou est philanthrope
Donc...

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