je sais que dans les noms de rues, d'établissements divers, etc.,
l'entité constituée par le prénom et le nom doivent être liés par un
trait d'union (ex. : le boulevard Anatole-France).
Pour répondre à quelqu'un qui conteste ce point de vue, y aurait-il une
référence sur Internet suffisamment « officielle » pour la convaincre ?
Deuxième question : cette règle n'est pas appliquée sur les plaques de
rue. Pourquoi ?
--
Michel Henri
Il me semble que le trait d'union s'emploie lorsque la personne est décédée.
Quelqu'un peut-il confirmer ce vague souvenir ?
Cela n'explique bien évidemment pas la raison pour laquelle certaines
plaques de rues en fassent l'économie (je n'avais pas remarqué).
Thierry
>je sais que dans les noms de rues, d'établissements divers, etc.,
>l'entité constituée par le prénom et le nom doivent être liés par un
>trait d'union (ex. : le boulevard Anatole-France).
>
>Pour répondre à quelqu'un qui conteste ce point de vue, y aurait-il une
>référence sur Internet suffisamment « officielle » pour la convaincre ?
C'est la règle pour l'Imprimerie nationale dont le Lexique sert de
référence pour tout ce qui est orthotypographie. On peut ajouter avec
trait d'union tous les noms d'édifices (école Professeur-Burp, porte
Achille-Talon), d'institutions (Université Spirou-et-Fantasio). Mais ce
n'est pas la norme en Belgique et pour La Poste française. Le sujet a
fait couler beaucoup d'octets ici. Les Belges n'aiment pas l'usage
français et je crois que Doppagne, Grevisse étaient contre.
>Deuxième question : cette règle n'est pas appliquée sur les plaques de
>rue. Pourquoi ?
Par ignorance ou indifférence ou paresse. Comme pour les noms d'édifices
ou d'institutions. Il faut se méfier des plaques de rue. Elles sont
souvent sujettes à des aléas fort locaux et on peut avoir deux graphies
différentes à chaque bout (rue du Hazard et rue du Hasard à Paris).
> je sais que dans les noms de rues, d'établissements divers, etc.,
> l'entité constituée par le prénom et le nom doivent être liés par un
> trait d'union (ex. : le boulevard Anatole-France).
>
> Pour répondre à quelqu'un qui conteste ce point de vue, y aurait-il une
> référence sur Internet suffisamment « officielle » pour la convaincre ?
Une grevisserie intéressante ici :
<http://groups.google.fr/groups?threadm=akl7v0%24miv%244%40seagoon.newcastle.edu.au>
> Deuxième question : cette règle n'est pas appliquée sur les plaques
> de rue. Pourquoi ?
Parce qu'il n'y a, à priori, aucune raison d'ajouter des traits d'union
entre les prénoms, les noms et les titres. L'ajout de traits d'union
serait, semble-t-il, une façon pour la Poste française de se
débarrasser d'un problème de classement : la rue Blaise Pascal se
range-t-elle dans les B ou les P ? En écrivant « Blaise-Pascal », plus
d'hésitation : c'est dans les B.
Et puis, en écrivant ainsi, on donne au nom de la rue une forme unique et
définitive : on peut parler de la rue Blaise Pascal ou de la rue Pascal,
par exemple, mais le seul nom certifié unique et 100 % officiel, c'est
« rue Blaise-Pascal ». On standardise ainsi la nomenclature des rues
d'une ville.
Bref, en dehors de ce contexte, aucune raison d'ajouter de tirets. Les
plaques de rue sont simplement écrites « normalement ».
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
>Cela n'explique bien évidemment pas la raison pour laquelle certaines
>plaques de rues en fassent l'économie (je n'avais pas remarqué).
Il y a des habitudes qui subsistent longtemps sur les plaques de rues ou
d'immeubles. Cela dépend des villes, des autorités locales, des
connaissances ou des désirs de chacun. Toutefois, il existe des villes
où les noms sont joints par le trait d'union. Ces derniers temps, je me
suis amusé à regarder les plaques de numéros. J'ai observé un grand
nombre de A, BIS, TER, tous en capitales et pour beaucoup soulignés
alors que c'est en lettres supérieures. Cela ne se fait plus depuis au
moins cinquante ans, mais on ne peut éliminer cela en un an ou même en
dix ! Et puis cela ferait du mal aux habitants de découvrir d'un coup
qu'on a changé le nom de leur maison ou de leur rue sans leur demander
leur avis.
>Parce qu'il n'y a, à priori, aucune raison d'ajouter des traits d'union
>entre les prénoms, les noms et les titres.
Si. Lorsque je dis que je marche sur Charles de Gaulle et sur
Charles-de-Gaulle, c'est fort différent.
>L'ajout de traits d'union
>serait, semble-t-il, une façon pour la Poste française de se
>débarrasser d'un problème de classement
Justement. La Poste française demande d'écrire sans trait d'union ! Ce
n'est pas sa règle.
> la rue Blaise Pascal se
>range-t-elle dans les B ou les P ? En écrivant « Blaise-Pascal », plus
>d'hésitation : c'est dans les B.
Mais le classement sur un plan, un bottin, un cadastre se fait à P avec
le prénom entre parenthèses. Normalement, on devrait se référer d'abord
à l'administration fiscale qui est déjà la seule compétente pour les
noms de communes et de lieux-dits. Le problème, c'est que les noms de
rues seraient différents des noms de communes (avec trait d'union s'ils
sont composés). Les typographes ont aligné le tout, mais cela n'a pas
été suivi.
>Bref, en dehors de ce contexte, aucune raison d'ajouter de tirets. Les
>plaques de rue sont simplement écrites « normalement ».
Normalement = à la belge. Le problème reste.
> Alex Pe <ale...@skynet.be>, Consortium National pour l'Unification, a eu
> calligraphié dans le codex de fr.lettres.langue.francaise :
>
>> Parce qu'il n'y a, à priori, aucune raison d'ajouter des traits
>> d'union entre les prénoms, les noms et les titres.
>
> Si. Lorsque je dis que je marche sur Charles de Gaulle et sur
> Charles-de-Gaulle, c'est fort différent.
D'accord, mais cela justifie-t-il l'ajout des traits d'unions ? Hier, j'ai
acheté un Paul-Loup Sulitzer*. On comprend bien que je n'ai pas acheté
un gros monsieur pour décorer mon salon et personne n'ajoute de trait
d'union dans ce cas. De même, quand vous écrivez « je marche sur Charles
de Gaulle », je ne ressens pas la nécessité d'ajouter de tirets. Ce
n'est quand même pas très ambigu.
À la rigueur, si l'on ressent vraiment le besoin de différencier
graphiquement le nom du personnage et celui de la rue, je préférerais
quelque chose comme des italiques. Imaginons qu'on inaugure une rue Peyo
demain. Où rajouterait-on les tirets ?
>> L'ajout de traits d'union serait, semble-t-il, une façon pour la Poste
>> française de se débarrasser d'un problème de classement
>
> Justement. La Poste française demande d'écrire sans trait d'union !
> Ce n'est pas sa règle.
Ce n'est pas ce que dit Grevisse. Est-ce que quelqu'un aurait un document
auquel on pourrait se fier ?
>> la rue Blaise Pascal se range-t-elle dans les B ou les P ? En écrivant
>> « Blaise-Pascal », plus d'hésitation : c'est dans les B.
>
> Mais le classement sur un plan, un bottin, un cadastre se fait à P avec
> le prénom entre parenthèses. Normalement, on devrait se référer
> d'abord à l'administration fiscale qui est déjà la seule compétente
> pour les noms de communes et de lieux-dits. Le problème, c'est que les
> noms de rues seraient différents des noms de communes (avec trait
> d'union s'ils sont composés). Les typographes ont aligné le tout, mais
> cela n'a pas été suivi.
D'accord pour se référer avant tout à l'administration compétente.
Qui, en France, est responsable des noms de rue ?
Je ne comprends pas en revanche le problème que vous évoquez.
>> Bref, en dehors de ce contexte, aucune raison d'ajouter de tirets. Les
>> plaques de rue sont simplement écrites « normalement ».
>
> Normalement = à la belge. Le problème reste.
Non non, je n'ai pas écrit ça ! Quand j'écris « "normalement" », je
veux dire « sans ajouter de traits d'union qui ne préexistent pas dans
le nom du personnage », je ne cherche pas à donner comme normal tel ou
tel usage. Je pense qu'une personne peu au fait de ces histoires
typographiques écrirait spontanément « rue Charles de Gaulle » sur ses
enveloppes, pas « rue Charles-de-Gaulle », et c'est tout ce que mon
« normalement » guillemeté renfermait.
* Exemple fictif
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
> Hier, j'ai acheté un Paul-Loup Sulitzer*.
> * Exemple fictif
:-))))))
--
Anne
>À la rigueur, si l'on ressent vraiment le besoin de différencier
>graphiquement le nom du personnage et celui de la rue, je préférerais
>quelque chose comme des italiques. Imaginons qu'on inaugure une rue Peyo
>demain. Où rajouterait-on les tirets ?
On est dans le cas des antonomases. Reprenons depuis le début. On place
un trait d'union pour le nom d'une fête tirée d'un nom de saint (la
Saint-Martin) et la différencier de la personne (saint Martin), ou bien
lorsque l'on désigne un objet par un nom propre (un saint-honoré
différent de saint Honoré). Honoré ou Martin sont les vrais noms propres
des saints en question et ils prennent seuls la majuscule. Tout est
normal jusque-là. Le nom commun dérivé du nom propre et de son
qualificatif perd la majuscule dans certains cas et hérite du trait
d'union puisqu'il est ressenti comme un tout.
On continue à appliquer la même règle aux noms d'édifices, de lieux.
Donc Saint-Martin-sur-le Pré, Saint-Honoré-dans-les-Champs. Puis on se
heurte aux noms de rues parce que l'on veut honorer Leclerc de
Hautecloque (le maréchal), Dupanloup (le cardinal), Retz (Gilles, duc
de), Sade (Donatien-Aldonze-François, marquis de) ! Eh bien !
l'imbécillité profonde du système de formation des noms d'artères éclate
nettement ! Parce que le quidam parlera de l'avenue du marquis de Sade
quand on n'aura pas le titre du marquis indiquée sur la plaque entre
parenthèses... Quand je regarde le plan de ma ville, je suis consterné
parce que je ne sais jamais s'il faut regarder au nom, au prénom ou au
titre pour trouver la place dans l'ordre alphabétique ! Tout dépend des
époques de construction et de nommage.
>D'accord pour se référer avant tout à l'administration compétente.
>Qui, en France, est responsable des noms de rue ?
Les communes, hélas ! C'est ainsi que j'habite dans une rue « de
Bidule » alors que les règles en matière de particule nobiliaire
prescrivent que l'on dise « Bidule ».
>Non non, je n'ai pas écrit ça ! Quand j'écris « "normalement" », je
>veux dire « sans ajouter de traits d'union qui ne préexistent pas dans
>le nom du personnage », je ne cherche pas à donner comme normal tel ou
>tel usage.
On est dans le cadre de l'antonomase qui devient courante et je ne vois
pas de raisons pour faire une règle différente concernant les noms de
rues et elles seules.
> On est dans le cadre de l'antonomase qui devient courante et je ne vois
> pas de raisons pour faire une règle différente concernant les noms de
> rues et elles seules.
Ah, nous y voilà ! Je ne perçois justement pas les noms de rues ou de
lycées (par exemple) dédiés à des personnalités comme des
antonomases. En fait, un nom de rue serait, de mon point de vue, plutôt
un titre de rue.
C'est peut-être l'utilisation de l'article qui est la cause de ça : je
fête *la* Saint-Sylvestre mais je descends *ø* Faidherbe en vélo ; je
nettoie mon logis avec *du* Saint-Marc fraîcheur des alizés mais je vois
des lycéens se rendre *à* Annie Cordy. Je peux parler du lycée Annie
Cordy, du lycée dédié à Annie Cordy mais pas de l'Annie Cordy.
Pour résumer, je vois une différence entre le nom d'un dessert ou d'une
fête (qui est en en fait un nom de catégorie : le Saint-Honoré est un
gâteau fait selon telle recette) et celui d'une rue, d'un bâtiment (qui,
eux, sont uniques même s'il peut par ailleurs se trouver plusieurs rues
portant le même nom : les rues Faidherbe n'ont en commun que le nom).
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
> Tu vas où au lycée, l'an prochain ? À Annie-Cordy ou à Adamo ?
À Adamo, sans l'article, donc.
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
>Ah, nous y voilà ! Je ne perçois justement pas les noms de rues ou de
>lycées (par exemple) dédiés à des personnalités comme des
>antonomases. En fait, un nom de rue serait, de mon point de vue, plutôt
>un titre de rue.
Et Saint-Germain-des-Prés, Saint-André-des-Arts, Saint-Pierre-aux-Corps
ou Saint-Louis-de-la-Réunion sont plus des titres que des noms ? Il
faudra m'expliquer la différence de traitement entre le quartier, la
ville et puis la rue...
Il me semble que les grammairiens belges seront fort empêtrés lorsqu'ils
devront expliquer que le quartier ou la ville prend un trait d'union,
mais que la rue du même nom ne doit jamais en avoir ! Et comment
légitimeraient-ils une « rue saint François d'Assise » ou « rue Saint
François d'Assise » ? Parce que ce serait cela dans cette logique
absurde... On aboutit au n'importe quoi...
> Alex Pe écrivait :
>
>> D'accord, mais cela justifie-t-il l'ajout des traits d'unions ? Hier, j'ai
>> acheté un Paul-Loup Sulitzer*.
>
> Quelle drôle d'idée ! Vous lisez vraiment ça ?
Voir la note de bas d'article...
>> Ce n'est pas ce que dit Grevisse. Est-ce que quelqu'un aurait un document
>> auquel on pourrait se fier ?
>
> C'est pourtant le cas. La Poste française demande de s'affranchir de cette
> règle. À tort, à mon avis...
J'aimerais bien avoir un document qui confirme cela (et qui donne
éventuellement la raison de ce choix). Et, le cas échéant et plus
accessoirement, savoir où Grevisse ou Goosse ont été pêcher leur
explication.
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
> Et Saint-Germain-des-Prés, Saint-André-des-Arts, Saint-Pierre-aux-Corps
> ou Saint-Louis-de-la-Réunion sont plus des titres que des noms ? Il
> faudra m'expliquer la différence de traitement entre le quartier, la
> ville et puis la rue...
Je ne saurais pas vous expliquer le pourquoi de cette différence mais il
y en a au moins une : une plaque de rue portera la mention « rue
Saint(-)Martin » et non « Saint(-)Martin » tout court ; un panneau à
l'entrée de la ville indiquera « Saint-Louis-de-la-Réunion » mais pas
« ville Saint-Louis-de-la-Réunion ».
> Il me semble que les grammairiens belges seront fort empêtrés lorsqu'ils
> devront expliquer que le quartier ou la ville prend un trait d'union,
> mais que la rue du même nom ne doit jamais en avoir ! Et comment
> légitimeraient-ils une « rue saint François d'Assise » ou « rue Saint
> François d'Assise » ? Parce que ce serait cela dans cette logique
> absurde... On aboutit au n'importe quoi...
Ouf, alors ça va : je ne suis ni grammairien ni belge.
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
>Je ne saurais pas vous expliquer le pourquoi de cette différence mais il
>y en a au moins une : une plaque de rue portera la mention « rue
>Saint(-)Martin » et non « Saint(-)Martin » tout court ; un panneau à
>l'entrée de la ville indiquera « Saint-Louis-de-la-Réunion » mais pas
>« ville Saint-Louis-de-la-Réunion ».
On pourra trouver : ville de, communauté d'agglomération de, commune
de... Cela fleurit !
Mais bon sang ! cette règle du trait d'union est directement liée à la
capitalisation ou non des noms propres : le mont Saint-Michel (c'est la
montagne qui se nomme Saint-Michel), la commune du Mont-Saint-Michel
(c'est le village qui prend le nom de la montagne) et ainsi de suite
jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Honoré (parce que la rue n'a pas besoin
d'être dans le faubourg). Si on commence à détricoter cela pour les noms
de rues, cela se défait ensuite pour les autres noms.
>> La Poste française demande de s'affranchir de cette
>> règle. À tort, à mon avis...
>
> J'aimerais bien avoir un document qui confirme cela (et qui donne
> éventuellement la raison de ce choix).
<http://sna.laposte.fr/sna/norme/norme.htm>
Formulaire Web pour contrôler la "correction" d'une adresse :
<http://sna.laposte.fr/sna/saisie/saisiepart.asp>
--
Dominique Lacroix
« La science est un jeu dont la règle du jeu consiste à trouver
quelle est la règle du jeu. »
François Cavanna
Pourquoi est-ce que ça se déferait ? Je n'ai toujours pas compris
pourquoi il serait gênant que les règles régissant les noms de rue
soient différents de celles des noms de villes. Le lien entre le
personnage et la dénomination d'un lieu me semble de nature différente
selon qu'il s'agit d'une rue, d'un bâtiment ou d'une ville.
Oui, on trouve des « villes *de* » : ville de Saint-Pierre, mais
aussi ville de Paris, ville d'Outsiplou... La ville de Saint-Pierre est la
ville [qui porte le nom de] Saint-Pierre. On ne trouve pas, en revanche de
« ville Saint-Pierre ».
De même, on trouve des « rue Jacques(-)Brassens » mais pas des « rue
*de* Georges(-)Brel ». La rue Lara(-)Fabian, c'est la rue [qu'on a
dédiée à] Lara Fabian.
On ne baptise pas une rue comme on baptise une ville. Le nom de la rue
Faidherbe, c'est pour moi « rue Faidherbe » et pas « Faidherbe ». Le
nom de la ville de Saint-Pierre, c'est « Saint-Pierre » et pas « ville
de Saint-Pierre ».
Si on me laissait faire, voici ce que ça donnerait :
- Sur un panneau à l'entrée d'une ville : Saint-Pierre
- Sur une plaque de rue : rue saint Pierre
- Sur l'enseigne d'un lycée : lycée saint Pierre
- Pour un quartier ou un lieu-dit : Saint-Pierre
--
Alex Pé
« Tu devrais faire de la politique.
- Oué, et puis je peux te dire que ça traînerait pas, avec moi ! »
>Oui, on trouve des « villes *de* » : ville de Saint-Pierre, mais
>aussi ville de Paris, ville d'Outsiplou... La ville de Saint-Pierre est la
>ville [qui porte le nom de] Saint-Pierre. On ne trouve pas, en revanche de
>« ville Saint-Pierre ».
On a affaire à une apposition ou un épithète détaché. La ville est
Saint-Pierre, c'est son nom. Mais si l'on parle d'un journal, ce sera le
journal Le Figaro, le nom est Le Figaro . Ou un roi, le roi Louis XIV,
le nom est Louis XIV. L'apposition peut se construire sans préposition :
la foire Saint-Martin. C'est à distinguer du complément du nom qui lui
aussi peut être sans complément : l'hôtel-dieu (l'hôpital de Dieu).
>De même, on trouve des « rue Jacques(-)Brassens » mais pas des « rue
>*de* Georges(-)Brel ». La rue Lara(-)Fabian, c'est la rue [qu'on a
>dédiée à] Lara Fabian.
Non. La rue est Lara-Fabian. C'est le nom de la rue. Ce n'est pas la rue
de/pour/consacrée à Lara Fabian. Lara Fabian n'existe pas, mais
Lara-Fabian est bien une rue. Ce nom peut exister indépendamment de sa
détermination par le mot « rue ».
> C'est pourtant le cas. La Poste française demande de s'affranchir de
> cette règle. À tort, à mon avis...
Ils n'ont pas encore assimilé que c'est aux lecteurs optique de lire
l'écriture de l'homme et pas à l'homme d'écrire dans le langage de la
machine.
Comme de toutes façons, le courrier des particuliers n'est plus qu'une
infime partie du volume total de courrier et que les grandes entreprises du
type Société Générale ne voient aucune objection à payer 500 000 F un
logiciel pour remettre les adresses dans le sens de la machine (ça
représente à peine plus d'une journée d'affranchissement pour eux), la
situation n'est pas prête d'évoluer.
--
Attention, mourir tue gravement.
>> [...] je
>> nettoie mon logis avec *du* Saint-Marc fraîcheur des alizés mais je vois
>> des lycéens se rendre *à* Annie Cordy. Je peux parler du lycée Annie
>> Cordy, du lycée dédié à Annie Cordy mais pas de l'Annie Cordy.
>
> Tu vas où au lycée, l'an prochain ? À Annie-Cordy ou à Adamo ?
>
"[...] On n'est pas des imbéciles
On a mêm' de l'instruction
Au lycée Pa-pa...
Au lycée Pa-pi...
Au lycée Papillon. [...]"
--
Silver_Slim
Ben non, justement, le quartier ou la ville n'en prennent pas, de
trait d'union... en Belgique du moins. Cela reste donc tout à fait
cohérent.
> mais que la rue du même nom ne doit jamais en avoir ! Et comment
> légitimeraient-ils une « rue saint François d'Assise » ou « rue Saint
> François d'Assise » ? Parce que ce serait cela dans cette logique
> absurde... On aboutit au n'importe quoi...
Pourquoi donc est-il plus absurde de n'avoir pas de traits d'union
que d'en avoir ? C'est une question de convention, c'est tout. Ce
n'est pas parce qu'on ne fait pas comme les Français que c'est
absurde.
Marion
--
Marion Gevers,
Newcastle, NSW, Australia
mar...@eepjm.newcastle.edu.au
Je ne m'en souviens pas, mais je sais que j'ai Maurice Grevisse
de mon côté. Alors ma foi, je me trouve en fort bonne compagnie,
merci. :-)
Pour la France :
www.laposte.net
Puis "les classiques de La Poste"
et "bien écrire une adresse";
Un document "papier", remis par La Poste ("Présentation et écriture des
adresses") précise :
Le N° du code postal (sans séparer les chiffres) doit précéder le nom du
bureau distributeur (sans séparer les lettres)
Le code et le nom sont séparés par un seul espace.
Aller à la ligne pour chaque indication :
destinataire
complément d'identification éventuel du destinataire
(escalier, bâtiment..)
nom de la voie, lieu-dit... ou Boite Postale et N°
code et bureau (en lettres capitales) suivi du Cedex
Pour ces 2 dernières lignes, ne jamais utiliser de signes séparatifs
(tirets, parenthèses, barres de fraction et signes de ponctuation (Sans
doute pour faciliter le tri automatique et la reconnaissance optique des
mentions)
Sans espaces entre les lignes.
Ne rien inscrire à droite et en dessous de l'adresse.
rue du Vieux-Moulin
place de la Porte-Saint-Martin
boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
avenue Pierre-Mendès-France
à ne pas confondre avec l'écriture normale de ces mêmes noms dans un texte
courant
la porte Saint-Martin
le maréchal de Lattre de Tassigny
le président du Conseil Pierre Mendès-France
on met pas la préposition de avant un nom propre de personne
on dit et on écrit :
l'avenue Pierre-Mendès-France
et non pas
l'avenue de Pierre-Mendès-France
pour les spécificités de l'écriture du code postal, la rédaction des
adresses s'effectue
sans abréviation
en capitales non accentuées
et sans aucune ponctuation (donc pas de trait d'union)
ces entorses aux règles typographiques se justifient pour des raisons
techniques de lecture informatique
* source : "Manuel de typographie française élémentaire" par Yves
Perrousseaux
--
Yksis
> Marion Gevers écrivait :
>
>> Pourquoi donc est-il plus absurde de n'avoir pas de traits d'union
>> que d'en avoir ? C'est une question de convention, c'est tout.
>
> Oui et non.
>
>> Ce n'est pas parce qu'on ne fait pas comme les Français que c'est
>> absurde.
>
> Pas comme les Français, comme la grande majorité des orthotypographes
> francophones... Et ce n'est pas absurde, c'est mal, tout simplement...
Bon, avant que nous n'ayons à organiser des cérémonies très
compliquées pour purifier les bureaux de Poste et les plaques de rue
belges en traçant des figures cabalistiques avec du sang de poulet,
essayons de résumer les points de vue :
- France : les noms de rue se référant à un personnage sont formés
par antonomase. On ajoute donc des tirets et des majuscules (comme pour
les fromages, les fêtes, etc.) afin de transformer l'ensemble
titre-prénom-nom en un simple nom propre qui, lui, désignera la rue.
- Belgique : le nom de la rue reste une référence explicite au
personnage. On écrit donc le nom de la rue de la même façon que
celui du personnage, sans tirets ni majuscules en plus. Ça marche de
la même façon pour les noms de ville.
- Alex Pé : écrirait les noms de ville à la française et les noms de
rue à la belge. Individu dangereux, à surveiller. Porte une blouse
grise et suspecte.
Mais cette histoire d'antonomase m'intrigue tout de même. Je vais sortir
un peu de cette histoire de plaques de rue. Si je parle de l'affaire Marc
Dutroux, il me semble que ça participe du même phénomène d'antonomase
que pour la rue Albert(-)Einstein. Faut-il alors écrire « l'affaire
Marc-Dutroux » ? Un peu plus loin encore : doit-on écrire de la même
façon « les États-Unis ne veulent pas vivre un nouveau Onze-Septembre » ?
--
Alex Pé
Oui, mes exemples sont pas gais-gais, je sais.
> Pour la France :
> www.laposte.net
> Puis "les classiques de La Poste"
> et "bien écrire une adresse";
>
> [...]
Merci beaucoup.
Plus compliqué, maintenant : les conseils donnés sur le site de la Poste
sont adressés aux usagers/clients. On peut supposer, donc, qu'il ne
s'agit que d'une mesure visant à simplifier le tri. MAIS, « en
interne », les mêmes règles sont-elles en vigueur ?
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
S'agissant d'une présentation conseillée (et normalisée) les règles
doivent s'appliquer normalement "en interne" dans les services de La Poste
et se généraliser, pour un meilleur service à l'ensemble des utilisateurs.
>à ne pas confondre avec l'écriture normale de ces mêmes noms dans un texte
>courant
>la porte Saint-Martin
>le maréchal de Lattre de Tassigny
>le président du Conseil Pierre Mendès-France
Le nom propre de Mendès France s'écrit sans trait d'union. Il y tenait
autant qu'Edgar Faure à son absence de <d>, Clemenceau à son absence
d'accent. La presse d'extrême-droite lui a reproché d'employer ainsi ce
nom.
Sur le site du service national de l'adresse signalé par Domino il n'est pas
question de conseils.
Il est fait référence à la norme AFNOR XP Z 10-011 de mai 1997 ou norme 38.
Il faudrait l'acheter pour savoir si elle mentionne les tirets.
En interne on peut supposer que la Poste à son propre service du courrier
comme toutes les grandes entreprises et qu'elle identifie ses services par
leur fonction plutôt que par leur adresse postale.
Vs
surtout si elle veut que ça arrive
> Sur le site du service national de l'adresse signalé par Domino il n'est pas
> question de conseils.
Ah, on dirait que mon serveur de newsvelles a fait des siennes, je n'ai
pas reçu ce message. Je viens de découvrir l'adresse en question par le
biais des archives Gougueule. Effectivement, la clé du mystère
s'intitule XP Z 10-011 (c'est charmant).
À noter qu'il est conseillé sur la page d'écrire le nom de la rue en
capitales, ce qui élimine déjà un problème.
--
Alex Pé
XP Z 10-011, ouvre-toi !
> Sur le site du service national de l'adresse signalé par Domino il
> n'est pas question de conseils.
> Il est fait référence à la norme AFNOR XP Z 10-011 de mai 1997 ou
> norme 38. Il faudrait l'acheter pour savoir si elle mentionne les
> tirets.
Il y a une fenêtre où on peut entrer une adresse et se la faire
corriger. J'ai fait plusieurs essais avec des tirets, ils sont toujours
impitoyablement éliminés.
--
lamkyre
J'approuve cette prononciation bien française, ma foi.
Effectivement, la clé du mystère
> s'intitule XP Z 10-011 (c'est charmant).
> Alex Pé
> XP Z 10-011, ouvre-toi !
http://school.discovery.com/clipart/clip/ani_haha.html
> Alex Pe écrivait :
>
>> À noter qu'il est conseillé sur la page d'écrire le nom de la rue en
>> capitales, ce qui élimine déjà un problème.
>
> Je vous comprends mal : quel problème est ainsi résolu ?
« 17 avenue professeur(-)Burp » ou « 17 avenue Professeur(-)Burp »,
par exemple.
--
Alex Pé
ale...@skynet.be
> Un peu plus loin encore : doit-on écrire de la même
> façon « les États-Unis ne veulent pas vivre un nouveau Onze-Septembre » ?
Lu dans le numéro de /Sciences et Avenir/ de ce mois-ci :
« Mais après le 11-septembre, rien ne dit que son développement [celui
du transport aérien] va continuer au rythme des dernières décennies. »
Brassens :
« Le jour du quatorze-Juillet,
Je reste dans mon lit douillet; »
(Je recopie le livret du CD /Brassens in Great Britain ; "Live 73"/)
Emmanuel
> De : "(ita)" <desi...@alussinan.org>
> Société : Bretzel liquide !
> Répondre à : desi...@alussinan.org
> Groupes : fr.lettres.langue.francaise
> Date : Mon, 17 Nov 2003 18:44:35 +0100
> Objet : Re: Traits d'union dans les noms de rue
D'après mon livre de typographie *, les noms de rue constitués de plusieurs
mots (même lorsqu'il s'agit d'un prénom et d'un patronyme) prennent un trait
d'union entre chaque mot :
rue du Vieux-Moulin
place de la Porte-Saint-Martin
boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
avenue Pierre-Mendès-France
à ne pas confondre avec l'écriture normale de ces mêmes noms dans un texte
courant
la porte Saint-Martin
le maréchal de Lattre de Tassigny
le président du Conseil Pierre Mendès France
on ne met pas la préposition de avant un nom propre de personne
> la
> situation n'est pas prête d'évoluer.
« pas prête » ou *pas près* ?
--
<http://jerotito.org/>
Vivement un plug-in "grille-pain et cafetière" pour Mozilla...