« Manifeste de la langue française en colère
Les raisons de la colère
Un spectre hante le monde : le spectre de la langue unique. Toutes les
puissances du vieux monde se sont unies en une Sainte Alliance
atlantique pour imposer ce spectre. Ces puissances ont une apparence :
un quarteron de commissaires et de dirigeants. Elles ont une réalité :
un groupe de technocrates, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe
et ce quarteron possèdent un savoir-faire sophistiqué et des moyens
illimités. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde
que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit
à un désastre national.
Dans les institutions européennes déjà, si le Marché commun parlait
français, l’avènement de l’Acte unique précipita l’acharnement à le
remplacer par l’anglais, langue unique ; d’abord avec un secrétaire
général anglais en 1987, qui ne ménagea pas ses efforts, jusqu’au coup
de grâce récent avec l’anglophonie totale imposée par messieurs Prodi et
Kinnock. Mais ce totalitarisme ne manque pas hélas de collaborateurs,
qui n’ont de français que le nom.
Ainsi, voici un chef d’entreprise, haut fonctionnaire parachuté, qui
impose l’anglais à Billancourt dans ses conseils de direction, voilà le
représentant de la France à la banque de Francfort qui parle anglais au
Parlement européen, dont la présidente française tolère complaisamment
qu’on n’y propose que des textes anglais.
Voilà aussi un ministre qui prétend que l’anglais n’est plus une langue
étrangère chez nous et qui demande aux scientifiques français de
répondre en anglais aux appels d’offres de son ministère. Voilà encore
des patrons qui fusionnent avec leurs homologues allemands dans des
structures où l’on impose l’anglais comme seule langue de travail. Voilà
enfin des fonctionnaires qui tiennent des réunions en anglais dans leur
ministère à Paris, l’armée qui organise des manœuvres en anglais même
pour les réservistes et des patrons qui imposent cette langue
quotidiennement à leurs employés et ouvriers en France même, sous peine
de sanctions ; sans parler des invitations pressantes de Fun radio, NRJ
ou autres à parler la « langue d’Internet ».
Et que leur reprocher quand un ministre parle anglais dans la cour de
l’Élysée, comme un autre à Ottawa ou à Shanghai dans une classe de
français, et un ancien collègue au Kossovo ?
Voici l’État bafoué, la langue française humiliée, notre peuple méprisé,
notre culture ébranlée, notre prestige international abaissé, notre
place et notre rôle dans le monde compromis. Et par qui ? Hélas ! par
des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être, de
servir la France, sa culture et sa langue.
Cette fièvre, cette encéphalopathie anglophone humaine sévit à grande
échelle chez tous ceux dont l’ambition se borne désormais à espérer un
strapontin dans les institutions du nouvel ordre mondial, où on les voit
déjà se pavaner, de la Commission trilatérale à la Commission
européenne, en passant par la Banque de Francfort, où l’on ne parle
qu’anglais.
Certes, des réticences demeurent à l’échelon inférieur, mais nul doute
pour ces « élites » que les nouvelles générations seront vite assimilées
et qu’on en finira bientôt avec ce vieux souvenir , la France, qui
survit encore dans sa langue, même si sa souveraineté est déjà abolie
sur le papier. Par la volonté de leurs maîtres, le nouvel ordre doit
être anglophone, comme l’envisageait déjà le président Grant en 1873,
évoquant le jour où le monde serait, guidé par la République américaine,
une vaste nation où tous ne parleraient plus qu’une seule langue. Le
rêve est désormais à portée de la main pour cette « nouvelle Atlantide »
de boutiquiers.
Face à cette capitulation sans conditions d’une vaste partie des
pouvoirs constitués, ne demeurent plus, outre quelques rares
déclarations volontaristes qui n’abusent plus guère, que quelques
mesures censées faire diversion. Par exemple, l’enseignement « des
langues » n’est en réalité que de l’anglais obligatoire dès la
maternelle. Comme si la maîtrise du français par nos écoliers inspirait
une telle confiance qu’on pût envisager ce luxe ! Enfin, la «
Francophonie » institutionnelle s’occupe désormais d’à peu près tout
sauf de langue française.
La France, si elle veut être la France, n’est pas seule ; des
protestataires de Seattle aux millions de francophones du Québec et
d’ailleurs, c’est à des hommes émancipés, à des Français libres de
combattre pour que les différents pays du monde et d’abord la France ne
soient plus des lignes anonymes sur le tableau électronique de Wall
Street, des pions dans le jeu des échecs mondiaux et que la langue
française soit l’expression de la plus noble des pensées : la Liberté.
Nous, partisans de la liberté, et d’abord de la liberté de parler notre
langue, avons décidé de mettre un terme à cette capitulation.
Non, à ces abandons sans combat, ces désertions sans aveu, ces
renoncements dissimulés !
Nous ne disons pas un « NON » solitaire mais un « NON » solidaire, car
nous ne sommes pas seuls ! »
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« LA LANGUE FRANÇAISE EST EN COLÈRE.
Nous refusons toute légitimité à quelque ordre juridique « supranational
» ou quelque autorité économique, militaire ou politique que ce soit,
qui ferait obstacle au droit inaliénable du peuple français ou de ses
représentants de parler leur langue, dans tous les domaines d’activité.
Nous exigeons pour ce faire l’organisation d’un référendum pour que la
Nation manifeste sa volonté de parler sa langue et renforce les
dispositions actuelles de la loi sur l’emploi de la langue française.
Nous réclamons que la Francophonie mette la diffusion de la langue
française au cœur de ses préoccupations, que les candidats à l’adhésion
développent l’enseignement et la pratique du français dans leurs pays et
enfin que la Francophonie ne serve pas d’alibi au renoncement au rôle
international de la langue française.
Nous demandons des sanctions exemplaires contre les fonctionnaires
français en cas de désertion linguistique, notamment contre ceux qui
représentent la France dans les divers organismes, réunions ou sommets
internationaux.
Nous voulons une politique linguistique dotée de moyens appropriés,
permettant à tous les citoyens de vivre et travailler en français.
Nous appelons les Français à se mobiliser pour entreprendre toutes
formes d’actions légales économiques, politiques ou culturelles pour
promouvoir le français.
Nous invitons tous les Français à renoncer à l’achat des produits des
entreprises qui désertent la langue française dans leurs activités de
production, de commercialisation et de communication.
Francophones, halte à l’abandon ! »
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Pour signer :
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J'adhère au Manifeste de la langue française en colère
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Signature
À renvoyer à
Le Droit de comprendre
98, rue de Sèvres
75007 Paris
Marc Bonnaud a écrit :
> Ainsi, voici un chef d’entreprise, haut fonctionnaire parachuté, qui
> impose l’anglais à Billancourt dans ses conseils de direction, voilà le
> représentant de la France à la banque de Francfort qui parle anglais au
> Parlement européen, dont la présidente française tolère complaisamment
> qu’on n’y propose que des textes anglais.
Leur avez-vous demandé ce que ces gens parlent en famille. Peut-être
sont-ils bretonnants ou basquophones. Alors, dans ce cas, la langue
française, vous savez...
Si on considère que le français est langue de la république pour des raisons
pratiques, pourquoi l'anglais ne serait-il pas langue de l'Union Européenne.
Plus sérieusement, j'aime le français. Cependant, je me refuse de faire
comme vous ce mélange Etat Français - culture française - langue française.
L'Europe est diverse, la France aussi. L'Europe est une construction qui
transcende les peuples. La France le fut aussi.
Le peuple ou l'ethnie se constatent, ce sont des faits anthropologiques.
Mais ne se défendent pas en politique. C'est immoral et réducteur. L'Homme
peut faire mieux. A la différence de ce que vous faites, je défend la
diversité pour des raisons d'ouverture, pour le plaisir des belles choses
(langues, arts, etc.) mais pas pour expliquer éternellement qui je suis,
même si c'est important.
Nicolas
> « Manifeste de la langue française en colère
Diapublication abusive sans redirection. Il n'y avait qu'un seul lieu pour
venir discuter de ça : fllf.
Zou, à suivre sur fuad.
--
Michel Guillou
Usenet facile : <URL:http://www.usenet-fr.net/>
Je suis de votre avis.
Voilà belle lurette que nous sommes dirigés
par des politiciens qui n'ont, semble-t-il ,plus
qu'un seul et unique idéal : détruire notre Nation!
Jean-Pierre d'AIGREMONT
aigr...@cybercable.fr
"Que dites-vous?...C'est inutile?...Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
Non ! Non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !"
CYRANO de BERGERAC
Des élus en guerre contre "le sabir américano-anglais"
PARIS, 23 fév (AFP) - Des élus ont vivement dénoncé mercredi "l'abus en
France du sabir américano-anglais" qui va aboutir, selon le député RPF
des Yvelines, Jacques Myard, à "un monde de clones dotée d'une langue
unique".
"Nous demandons des sanctions contre les hauts-fonctionnaires qui
ânonnent ce sabir anglo-saxon, nous demandons aux Français de ne plus
acheter des produits d'entreprises qui ne font que commercialiser dans
la langue anglaise et ignorent le français. Trop, c'est trop!", a
déclaré M. Myard
sur Europe 1.
Il rendait compte d'un colloque qu'il a organisé mercredi matin à
l'Assemblée nationale sur le thème: "La langue française en colère".
Des élus comme le député européen RPF Paul-Marie Coûteaux, le député RPR
Jacques Godfrain, le sénateur RPR Jacques Legendre, le député socialiste
Georges Sarre ou le député communiste Georges Hage ont notamment
participé aux débats ainsi que l'écrivain Dominique Noguez et le
président de
l'Union nationale des auteurs compositeurs Jean-Pierre Lang, selon les
organisateurs.
La tenue de ce débat est "une réaction contre l'abus de l'idiome
dominant, l'américano-anglais, qui s'impose dans tous les domaines de la
vie économique, du travail ou des médias", a dit M. Myard.
Il a souligné que "le français est un élément de cohésion sociale qui
permet aux nouveaux étrangers en France de s'assimiler. Si on l'ignore,
c'est la voie ouverte à la balkanisation, c'est la fin du +vouloir vivre
ensemble+".
"Nous réagissons violemment contre des ministres qui disent qu'il faut
rédiger des rapports de recherche aux hôpitaux de Paris en langue
anglaise", a-t-il poursuivi, critiquant le ministre de l'Education
nationale, Claude Allègre, qui, selon lui, "demande que des rapports
dans son ministère soient rédigés en anglais".
"Quand des ministres ou des chefs d'entreprise ignorent superbement la
langue qui est leur véhicule de pensée et leur atout économique, ils
vont contre les intérêts nationaux. En réalité, on veut créer un monde
de clones. Ce n'est plus la pensée unique, c'est la langue unique, et
cela procède de l'exclusion linguistique", a estimé M. Myard.
"
(Note : c'est Bruno Bourg-Broc qui remplaçait Jacques Godfrain. Il y
avait aussi l'UDF Pierre-André Wiltzer.)
Si vous êtes tellement pour la diversité, vous ne pouvez donc approuver, comme
vous le faites, l'uniformité par l'adpotion d'une langue unique.
> Bonjour et bravo,
>
> Je suis de votre avis.
> Voilà belle lurette que nous sommes dirigés
> par des politiciens qui n'ont, semble-t-il ,plus
> qu'un seul et unique idéal : détruire notre Nation!
What else is new ?
ACJ
Marc Bonnaud a écrit
>Un spectre hante le monde : le spectre de la langue unique... (j'ai snippé
la suite, bien que j'ai trouvé que son coté folklo valait le détour)
Mais, comme on dit au jeu des cornes dans le dos :
"Ptit carabi, ptit carabo,
Combien sont-ils ?"
Employez-vous ce mot de "quarteron" comme de Gaulle,
au sens de "quatre"
("un quarteron de généraux félons" : Sale, Chaland...;-))
ou au sens rectifié par tous à l'époque : 25 (un quart de cent) ?
Clément-Noël
(quarteron, au sens de 1/4 de sang d'ailleurs ?)
Nicolas
"alain d." a écrit :
> > Ces puissances ont une apparence :
> > un quarteron de commissaires et de dirigeants.
> Mais, comme on dit au jeu des cornes dans le dos :
> "Ptit carabi, ptit carabo,
> Combien sont-ils ?"
>
> Employez-vous ce mot de "quarteron" comme de Gaulle,
> au sens de "quatre"
> ("un quarteron de généraux félons" : Sale, Chaland...;-))
> ou au sens rectifié par tous à l'époque : 25 (un quart de cent) ?
Au sens de quelques-uns.
> >de grâce récent avec l’anglophonie totale imposée par messieurs Prodi et
> >Kinnock. Mais ce totalitarisme ne manque pas hélas de collaborateurs,
> >qui n’ont de français que le nom.
>
> "qui n'ont de français que le nom". Ça me dit quelque chose ça ;-)
> En tout cas bravo !
Merci.
> Par exemple je trouve inadmissible que des malades anglophones qui
> vivent dans la province de Québec, et leurs ancêtres depuis deux
> siècles, aient de la difficulté à se faire comprendre dans les
> hôpitaux de la province.
Qu'en est-il pour les francophones en Colombie britannique ?
> Mais je suis heureuse de constater que la France, phare de la
> francophonie et mère-patrie de tous les endroits du globe où l'on
> parle français, essaie de conserver au moins chez elle la suprématie
> du français. C'est bien le moins saperlipopette ! Que nous
> restera-t-il pour sauvegarder notre langue ici si la France se met à
> l'anglais !:-(
>
> Alors encore bravo pour cette initiative !
>
> Monique
Bien que rarement d'accord avec vous sur d'autres sujets, je suis
d'accord avec vous sur celui-ci.
Jacques
--
Jacques Delignes du Gard : ex-conseiller prud'homme, ex-défenseur syndical
«On ne donne rien si libéralement que ses conseils.» La Rochefoucauld (Maximes)
> « Manifeste de la langue française en colère
Le titre est sot, mais la cause est noble...
Sent via Deja.com http://www.deja.com/
Before you buy.
Ce titre ne contient-il pas un contrepet ? (Manière...)
ou un calembour ? (les en-noirs et les en-colère,
le noir étant comme on l'a vu la couleur de l'habit vert)...
Clément-Noël
(schproumpfolâtre)
lofo
> Jean-Pierre d'AIGREMONT
> aigr...@cybercable.fr
> "Que dites-vous?...C'est inutile?...Je le sais !
> Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
> Non ! Non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !"
> CYRANO de BERGERAC
--
Deux sites à ne pas manquer :
http://www.multimania.com/lofofo
http://www.multimania.com/econoclaste
Les autres en parlent :
"Des sites web comme on aimerait en voir plus souvent", Johnny Halliday.
"Il y avait Internet avant. Et voici l'Internet du futur", Jean Tibéri.
"Moi, j'te les ai foutus direct dans mon bouquemarc", Bernard Tapie.
"C'est un véritable voyage vers les recoins de la sensibilité humaine",
Vincent Lagaf.
"Si j'avais eu ces sites du temps où j'étais à l'école, j'aurais fait
l'ENSAE", Sophie Marceau.
lofo
Marc Bonnaud a écrit :
--
Je penses qu'il parlait de "SICENCE"...
Tu sais "scientifique"...
La derniere fois que j'ai verifie..
La literature ne tombes PAS dans les "sciences"...