Vs
Vous trouverez le musée du vin Rue des Eaux.
>Et je me suis retrouvé éclaboussé de soleil sous une pluie battante.
>Mon grand-père disait dans cette situation :
>«Le diable marie sa fille.»
>Qui en connaît l'origine ? Est-ce une expression courante ?
Littré : « Populairement. Le diable bat sa femme et marie sa
fille, se dit quand il pleut et qu'il fait du soleil en même temps. »
Citée aussi de amnière identique par Duneton dans le Bouquet,
datée du XVIIe s. sans plus. On la retrouve chez Oudin, « Le diable bat
sa femme, i. " il pleut et fait soleil en mesme temps. " », XVIIe s.
On peut la rapprocher de « Dieu bat ses matelas » pour la neige.
Dominique
Je me souviens d'une comptine qui disait ceci :
Il pleut, il fait soleil
c'est le temps des demoiselles,
il pleut, il fait beau tems
c'est le temps des paysans.
> On peut la rapprocher de « Dieu bat ses matelas » pour la neige.
On dit aussi, lorsque le tonnerre gronde, que Dieu joue aux boulles avec
Saint Pierre.
--
©lõ
> On dit aussi, lorsque le tonnerre gronde, que Dieu joue aux boulles avec
> Saint Pierre.
Et lors des éclairs, qu'on vous prend en photo.
JLL
===
Littré : « Populairement. Le diable bat sa femme et marie sa
fille, se dit quand il pleut et qu'il fait du soleil en même temps. »
Dominique
> bonsoir,
>
> Clotilde Chaland <Clotilde...@imag.fr> :
> > Dieu joue aux boulles
>
> avec deux ailes, pour pointer plus haut, oeuf corse, isnt'it ?
Groumfff ! Les boules ont encore frappé, tonnerre de Zeus ! ;-(
> <smile!>
> Coin-coin va me taper, je le sens !
> (moi, fourbe, vous ravez !)
>
> bonne fin de soirée,
Bonne fin de semaine.
--
©lõ
Vs
>Je pensais à une analogie avec le mariage où les gens rient et pleurent à la
>fois, sans me douter que cette expression a quatre cents ans d'âge.
Elle est double comme beaucoup de proverbes. Le diable bat sa
femme : association des pleurs sous forme de pluie et de la chaleur du
soleil avec le nom du diable. Le diable marie sa fille : on peut penser
à la joie alliée avec les larmes en effet, mais aussi au voile de la
mariée (métaphore des nuages qui se déchirent) et aux grains de riz qui
pleuvent. Le propre des proverbes, c'est qu'ils peuvent toujours être
réactualisés, compris différemment, puisqu'ils sont toujours doubles. Il
y a eu un déplacement qui était possible parce qu'une partie contenait
les deux sens à la fois.
>La première partie de l'expression nous ramène à un autre vision de la
>société, c'est sans doute pour cela qu'elle a été abandonnée.
Pas tout à fait. Faites un tour en ligne. L'expression semble
surtout être conservée dans l'Ouest car elle est aussi présente en
breton :
<cit.>
Troioù-lavar (expressions)
Gwisket en deus sant Erwan e vragoù glas, saint Yves a mis ses
pantalons bleu (= il fait beau temps). N'emañ ket an Aotrou Doue er gêr,
le bon Dieu n'est pas à la maison (= il ne fait pas beau). Emañ an
diaoul o pilat e wreg, le diable bat sa femme (= il pleut et il fait
soleil en même temps).
</cit.>
Et elle est connue au Canada, pays d'émigration de l'Ouest de la
France : « Le diable bat sa femme pour avoir des crêpes : se dit quand
il pleut et qu’il fait soleil en même temps. » On voit son ancienneté
car l'émigration canadienne française est antérieure au XVIIIe s.
>On doit pouvoir trouver une expression antérieure avec un autre personnage
>que le diable.
Plus certainement. On fait parfois remonter les verbes
météorogiques impersonnels à un Jupiter+verbe en latin, « il »
impersonnel en français étant censé représenter le dieu qui tonne,
vente, pleut. Beaucoup de proverbes personnalisent encore les jours sous
le nom des saints. Une page en anglais d'origine estonienne (me
semble-t-il) assez fumeuse sur les mythologies nordiques et les dieux
germaniques <http://www.northvegr.org/lore/grimmst/03304.html>. On doit
trouver des choses aussi à propos de Taranos, le Jupiter Tonans des
Gaulois, dont le nom est en rapport au niveau de l'indoeuropéen avec le
tonnerre (tonitrus). Mais ce sont des interprétations surtout.
Dominique
> Quelqu'un peut-il me traduire cet équivalent :
> Deszczyk pada, slonce swieci, czarownica maslo kleci.
Quand tombe la bruine, une sage retirera ses griffes du beurre.
JLL
> bonjour, bonsoir,
> Mais combien parlez-vous donc de langues ?
Attendez la réponse de quelqu'un qui sait vraiment ce que cela veut dire,
Jean. ;-)
J'avais cherché sur l'Internet, et je suis tombée sur des dicos du
mennonite (platedeutsch ?), de la Macédonie, du polonais (que j'avais
soupçonné) ainsi que quelques autres langues slaves.
J'avais donc trouvé :
deszcyk = la bruine
pada = tombe(r)
maslo = beurre
czarownica = femme sage ou sorcière
et puis j'ignore quel mot a donné « griffer ».
Donc, je suis vendue : je plaide ma culpabilité tout en demandant
l'indulgence du magistrat.
JLL
>J'avais cherché sur l'Internet, et je suis tombée sur des dicos du
>mennonite (platedeutsch ?), de la Macédoine, du polonais (que j'avais
>soupçonné) ainsi que quelques autres langues slaves.
Vous pensez au parler des Amish ? C'est un allemand particulier
qui appartient en partieau haut-allemand car un certain nombre des
mennonites sont issus du Palatinat et de la Moselle. L'ensemble régional
avec le luxembourgeois ou les dialectes du Palatinat forme les parlers
aussi appelés franciques. Mais on nomme Plattdeutsch le bas-allemand
d'Allemagne du nord alors que le lorrain germanique de Moselle ou de
Sarre est vulgairement désigné comme le platt (sans deutsch, Lothringer
Platt). Néanmoins la plupart des mennonites sont issus d'Alsace, de
Suisse (schwytzertütsch) et de Souabe (donc le Wurtemberg en partie). Or
ces allemands sont désignés comme alémaniques et non comme germaniques,
ils n'appartiennent pas au haut-allemand proprement dit. Les Amish ont
amené en Amérique un mélange de parlers alémaniques et de platt ou
parlers franciques. Pour compliquer le tout, il existait des communautés
d'origine souabe dans les Balkans notamment le Banat qui ont conservé un
allemand plus ancien, mais ce ne sont pas des mennonites, ils sont de
tradition catholique puisque leur implantation a été faite à partir du
XVIIe s. par la double monarchie austro-hongroise. Ce sont des Souabes
qui ont des points linguistiques communs avec les Amish à part le fait
qu'ils ne parlent pas du tout le platt, cependant les communautés
mennonites restées en Europe se sont elles regroupées surtout autour de
l'ancienne principauté de Montbéliard et du Wurtemberg. Il doit y avoir
une confusion entre Amish et mennonite, entre mennonite et locuteur du
platt, entre mennonite et Souabe qui peut être resté en Allemagne ou
avoir émigré en Amérique ou dans les Balkans. C'est un sujet que nous
avons déjà abordé, mais sans voir l'émigration vers les Balkans des
Souabes.
Dominique
Non. Une bonne fois pour toutes, les Amish ne sont pas les Mennonites et
les Mennonites ne sont pas les Amish. Les Amish ici n'ont pas de
voitures. Les Mennonites peuvent en avoir, il y en a même qui se
promènent exclusivement dans les voitures noires. Les femmes Amish
portent les robes bleues, les bonnets noirs. Les femmes mennonites
portent une coiffe et une robe, mais elles portent des robes fleuries.
Les hommes Amish portent des chemises bleues, des pantalons noirs, et des
bretelles. Les homme mennonites que je connais s'habillent comme ils
veulent. Et là, ce n'est qu'une petite partie des différences qui se
trouvent entre eux. Les Mennonites que je connais parlent exclusivement
anglais. La première langue des Amish est une variation de l'allemand.
Ils n'apprennent l'anglais qu'à l'âge de cinq ans. Ils sont presque tous
trilingues.
Une dame Amish m'a montré une fois sa Bible bilingue, en allemand et en
"Pennsylvania deutsch". Les deux parties étaient distinctes l'une de
l'autre.
Quant au dico que j'ai consulté :
http://www.mennolink.org/doc/lg/
Cette langue s'appelle "plautdeutsch". J'aurais dû vérifier.
JLL
> Cette langue s'appelle "plautdeutsch".
Plautdietsch.
Hal.
JLL