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Cathy
>En 6eme, on pose la question suivante à mon fils (pour son cours de
>français) :
>Qu'appelle t'on textes fondateurs ?
C'est à l'enseignant de répondre à cette question, pas à l'élève. Il
peut poser d'autres questions à l'élève, mais pas celle-ci car il serait
incapable de trouver ce qui est attendu, tout comme ses parents. C'est
un des nouveaux (?) thèmes apparus lors de la réforme des collèges et il
ne possède de définition que dans les programmes officiels ou leurs
compléments.
>Et de donner quelques titres de textes fondateurs...
>Merci par avance à tous.
En vrac : la Bible sans plus de précision, l'Iliade et l'Odyssée (mais
pas la Théogonie selon les instructions, pourquoi ?), l'Épopée de
Gilgamesh, le Coran (qui n'est pas du programme d'histoire de sixième,
mais de cinquième), les Métamorphoses et l'Énéide, mais aucun texte
d'une culture qui ne serait pas issue du Croissant fertile ou de la
Méditerranée... Pas même le Mahabharata. Le mieux serait de consulter le
manuel scolaire au chapitre qui concerne les prétendus textes fondateurs
car aucune définition claire n'a jamais été fournie. Chacun interprète à
sa façon, selon ses habitudes ou ses références culturelles ou les
manuels dont il dispose. Il faudrait d'ailleurs savoir comment ce terme
vague a pu naître dans l'esprit embrumé de François Bayrou et ce qu'il
avait voulu dire alors. Parfois on parle de la création du monde selon
les différentes religions ou croyances, parfois des héros représentatifs
d'un peuple, parfois de la naissance de nations. Tout cela est très,
très confus selon les manuels et les fiches pédagogiques. Les
contradictions sont insurmontables selon les listes, les choix et les
questionnements de chacun. On a des foules de notions qui dépassent des
gamins de douze ans et qui ne répondent à aucune de leurs propres
questions. En revanche, lire l'Odyssée peut toujours répondre à bien des
préoccupations et c'est même plus utile que ce papillonnage de textes
fondateurs qui ne fondent aucun réel enseignement.
Dominique
quelle note obtiendra l'élève qui repondra au maître : c'est a vous,
et pas a moi de donner la reponse.
c'est le monsieur qui l'a dit sur le forum et il a l'air de bien
onnaitre la question?
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Dans l'article <Buwj6.296$o72.9...@nnrp1.proxad.net>, "Cathy"
<cathy....@free.fr> a écrit :
>Mes cheveux se dressent sur ma tête. Si je ne vois pas bien ce que sont des
textes fondateurs, quel sadique peut demander cela à un enfant de onze ans ?
Voyons : la constitution des USA est-elle un texte fondateur ? Les évangiles
un texte fondateur des Eglises chrétiennes ? Notre constitution itou pour la
République ? Sans doute, mais vous allez avoir du mal à mettre cela dans un
devoir de 6e... Bon courage au garçon et à sa mère !
DP
> <cathy....@free.fr> a écrit :
>> En 6eme, on pose la question suivante à mon fils (pour son cours de
>> français) :
>> Qu'appelle t'on textes fondateurs ?
>> Et de donner quelques titres de textes fondateurs...
> Mes cheveux se dressent sur ma tête. Si je ne vois pas bien ce que sont des
> textes fondateurs, quel sadique peut demander cela à un enfant de onze ans ?
J'en pense autant. Mais bon...
Fondateurs de quoi ?
Et de certains textes fondateurs, on peut se demander s'ils ne méritent pas
plutôt le qualifiant de "destructeurs".
Il y a des textes qui se veulent fondateurs (et y parviennent plus ou
moins...) et des textes qui se révèlent fondateurs à postériori, parfois
beaucoup plus tard.
Le Serment de Strasbourg ? fondateur de la langue française ?
Le serment d'Hippocrate, fondateur de l'éthiqe médicale ?
Le Manifeste du Parti communiste, de Marx et Engels ?
Les 21 conditions d'adhésion au Komintern ?
Le Petit livre rouge, de Miaou Miaou ?
On dit que les poésies lyriques grecques du Ve siècle avant J.C. marquent la
fondation de l'individu.
Les RFC, pour les conventions de l'Internet.
Les statuts d'une association, d'une société.
Etc.
---
a+, Dominique
Si vous jouez au bonneteau, ne venez pas vous plaindre.
Bonne question, à poser à un prof.
M. Bonnejean... répondez SVP
Merci.
>
>
> Tous les livres de français (6ème) mentionnent comme textes fondateurs
> l'Enéides, l'Odysée
Et "Les Aventures du S migrateur"
;=)
--
a+, Dominique
Ne pas donner à manger aux fauves.
Ne pas franchir la barrière de sécurité.
>Tous les livres de français (6ème) mentionnent comme textes fondateurs La
>Bible, l'Enéides, l'Odysée, Les Métamorphoses ...
>Voir le fascicule éponyme chez Hatier
Tous ? Non.
Belin : Virgile, Ovide.
Bordas : la Bible, Hésiode, Ovide, le Popol Vuh.
Nathan : la Bible, Homère, Virgile, Plutarque.
Nathan (autre série) : Contes et légendes de la bible (M. Kahn), les
Dieux s'amusent et la Bible de Denis Lindon, Légendes du monde grec de
L. Orvieto, les Pilleurs de sarcophages d'O. Weulersee.
Hachette : la Bible, Hésiode, Ovide, Gilgamesh.
Faut voir au cas par cas. Cette pseudo-catégorie de textes n'a aucune
définition officielle claire et certains manuels donnent des adaptations
modernes, comme on y est autorisé, des textes cités comme exemple, mais
il n'y a aucune limitation dans le choix des oeuvres. Le mieux est de se
reporter au manuel utilisé dans le collège sans vouloir préjuger.
Dominique
Dominique Lacroix a écrit :
> > le 18/02/01 15:39, dperego a écrit :
>
> > <cathy....@free.fr> a écrit :
>
> >> En 6eme, on pose la question suivante à mon fils (pour son cours de
> >> français) :
> >> Qu'appelle t'on textes fondateurs ?
> >> Et de donner quelques titres de textes fondateurs...
>
> > Mes cheveux se dressent sur ma tête. Si je ne vois pas bien ce que
> > sont des textes fondateurs, quel sadique peut demander cela à un
> > enfant de onze ans ?
>
> J'en pense autant. Mais bon...
>
> Fondateurs de quoi ?
>
> Et de certains textes fondateurs, on peut se demander s'ils ne
> méritent pas plutôt le qualifiant de "destructeurs".
>
> Il y a des textes qui se veulent fondateurs (et y parviennent plus ou
> moins...) et des textes qui se révèlent fondateurs à postériori,
> parfois beaucoup plus tard.
>
> Le Serment de Strasbourg ? fondateur de la langue française ?
>
> Le serment d'Hippocrate, fondateur de l'éthiqe médicale ?
>
> Le Manifeste du Parti communiste, de Marx et Engels ?
>
> Les 21 conditions d'adhésion au Komintern ?
Les popoffs n'ont pas attendu le 23 août 1939 pour la pratique du
codicille secret : la condition d'adhésion supplémentaire et clandestine
était la non-appartenance à la maçonnerie.
la charte de fllf.
Tiens le Popol Vuh! J'ai l'impression que c'est une grande première. Mais
c'est une ouverture interessante, très lisible d'ailleurs pour des enfants
de 11 ans, ou alors le remaniement doit être sauvage. L'épopée de Gilgamesh
a été proposée à mon fils, avec la légende des Nibelungen. Drôle de mélange
tout de même. Et pas la Bible, ni Homère. Un pseudo universalisme assez
invertébré. C'est comme si on faisait étudier aux petits indiens Mayas
Quichés Beowulf ou le Mahabharata.
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
Cathy a écrit :
> En 6eme, on pose la question suivante à mon fils (pour son cours de
> français) :
> Qu'appelle t'on textes fondateurs ?
> Et de donner quelques titres de textes fondateurs...
« Tout le monde » a compris votre message ainsi :
1) Qu'appelle-t-on « textes fondateurs » ?
2) Donner quelques titres de « textes fondateurs »
Mézigue, je me permets de lire « on pose à mon fils LA question
suivante » : « Qu'appelle-t-on « textes fondateurs » ? », et, pour aider
l'« apprenant », le professeur « DE donner » une liste de « quelques
titres de « textes fondateurs » » que vous ne communiquez pas. Me
goure-je ? Oui, je le sens. Donc j'ajoute aux propos des préopinants
celui de Claude Hagège (médaille d'or, c'est dire) :
§
C'est [le « chinois archaïque classique », « la langue classique,
appelée wén yán »] celle des grands ouvrages considérés comme
fondateurs, avec ceux qui illustrent le chinois archaïque, de la culture
chinoise : « Discours et conversations » de Confucius, « Écrits » de
Mencius, de Mozi, de Zhuangzi et d'autres.
§
« Halte à la mort des langues », Claude Hagège, Éditions Odile Jacob,
2000, p. 75
Dites-moi, François « surtout pas de vagues, je veux être
président » Bayrou n'est plus là, mais il sévit encore ?..
À 11-12 ans, je pense qu'on peut avoir lu l'« Odyssée » et même
l'« Iliade »¹, sans vraiment avoir conscience de leur importance pour
tout l'Occident, mais le reste ? Ça consiste à énumérer des titres et
des peuples, que peut-être même le prof' serait incapable de situer ?
Quel intérêt ?
¹ « Quand j'étais enfant, à Paris, avant la guerre de 1939, j'avais
un recueil sur les légendes de la guerre de Troie et de ses suites.
[... Pâris, Héra, Athéna, Aphrodite, Hélène, Priam, cheval de Troie,
Énée, Ulysse, Ithaque, Pénélope...] L'histoire de la guerre de Troie
était, à ce que je croyais, racontée dans l'« Iliade » d'Homère. Le
retour d'Ulysse faisait l'objet de l'« Odyssée » du même poète.
« Sur ce dernier point, je ne me trompais pas. Mais peu après ce
premier contact, ma grand-mère paternelle me fit don d'une traduction
française de l'« Iliade ». J'ai d'abord cru que le libraire qui lui
avait vendu ce livre s'était moqué d'elle. En effet, le récit commençait
alors que Troie était assiégée depuis plus de neuf ans, et se terminait
sans le moindre cheval de bois par la formule suivante : « Telles furent
les funérailles d'Hector, dompteur de chevaux. » [...]
« J'ai appris depuis à mieux connaître ces deux merveilleux
[...] »
Pierre Vidal-Naquet (né le 23-07-1930), « le Monde d'Homère », Librairie
Académique Perrin, 2000, « avant-propos ».
Dois-je dire que j'ai eu un peu la même impression sur l'« Iliade »,
sauf que j'étais plus âgé que Pierre Vidal-Naquet, et que c'était la
guerre de... 70.