sur un groupe de français langue etrangère, qqn a posé une question sur les
formules de politesse pour la redaction de lettres.
Un problème est apparu a porpos de la clôture: doit-on dire "je vous prie de
croire en l'expression de mes sentiments...", ou bien "je vous prie de
croire à ..." ?
google.fr donne presque le meme nombre d'occurences pour les 2 formules (359
pour l'une, 334 pour l'autre).
Perso, j'utilise "croire en". Selon moi, "croire à" est plus dans le domaine
de la crédulité que celui de la confiance. Quand on dit qu'on croit à dieu,
on croit qu'il existe. Quand on dit qu'on croit en Dieu, j'ai l'intime
conviction que l'on suggère qu'on a confiance en lui (comme qd on dit à qqn:
"je crois en toi", ie. "je crois en tes chances de réussir")
Je n'arrive pas a remettre la main sur mon Grevisse pour esperer trouver un
jugement définitif sur cette question.
Pouvez vous m'aider?
D'avance, merci.
Je vous prie de croire, etc.
Xavier
Pas d'opinion arrêtée a ce sujet, mais mon traitement de texte "Mot" me
donne les deux possibilités:
Veuillez croire, <>, à mon meilleur souvenir.
Je vous prie de croire, <>, en l'expression de mes sincères salutations.
> Perso, j'utilise "croire en". Selon moi, "croire à" est plus dans le
domaine
> de la crédulité que celui de la confiance. Quand on dit qu'on croit à
dieu,
Si "croire à" ressort de la crédulité, c'est fort approprié pour une formule
de politesse ;-)
Formule de politesse: petite phrase que le rédacteur pas plus que le lecteur
ne croit sincère.
Laurent
Le Larousse des difficultés grammaticales dit la même chose que vous.
Anne
(croyons en lui)
> Un problème est apparu a porpos de la clôture: doit-on dire "je vous
> prie de croire en l'expression de mes sentiments...", ou bien "je vous
> prie de croire à ..." ?
> [...]
> Je n'arrive pas a remettre la main sur mon Grevisse pour esperer trouver
> un jugement définitif sur cette question.
Selon le B.U. (13e éd., § 279, 5):
<extrait>
- Croire à [...]
/À/ s'impose notamment dans les formules qui terminent les lettres.
</extrait>
Cela dit, "croire à l'expression de mes sentiments" ne m'est pas familier
parmi les formules de politesse, contrairement à
- "croire à mes sentiments..."
- "croire à l'assurance de mes sentiments..."
- "agréer l'expression de mes sentiments..."
- etc.
--
Salutations cordiales.
Mahaleo
Xavier a écrit:
Les formules de politesse française sont un héritage pesant du grand siècle
mâtiné de langue des ronds-de-cuir. Comble d'infortune, n'étant plus comprises,
elles sont généralement massacrées.
Outre la question de "croire en", "croire à", il y a dans votre formule quelque
chose de bien plus grave à mon sens ; c'est d'accoler ce verbe "croire" à
"l'expression de mes sentiments".
Les formules qui ont un sens sont :
Veuillez croire à mes sentiments ...
Veuillez agréer l'expression de mes sentiments ...
et non pas un mélange des deux.
Pour ma part, je préfère "croire à", puisqu'il s'agit de ne pas douter de la
vérité des sentiments, et non pas de considérer ces sentiments comme une déité
en qui on a confiance.
Il est évident que c'est des sentiments eux-mêmes et non de leur expression
qu'on ne doute pas. C'est pourquoi on croit aux sentiments et non à l'expression
des sentiments. En revanche, plus de problème avec "agréer", puisqu'il s'agit
simplement d'avoir plaisir à se voir exprimer ces sentiments.
Voilà pour la logique. L'usage semble s'en écarter notablement et il ne peut y
avoir qu'une très maigre satisfaction personnelle à mettre un point d'honneur à
ne pas bêler comme le reste du troupeau.
Petite phrase « en laquelle » ou « à laquelle » ni le rédacteur ni le
lecteur ne croient ?
--
©lõ
Sans parler des « J'ai l'honneur d'être, de votre excellence, le
très-humble et très-obéissant serviteur ».
Luc Bentz
--
http://www.langue-fr.net/
« Nos modernes Josué littéraires crient vainement
à la langue de s'arrêter ; les langues ni le soleil
ne s'arrêtent plus. Le jour où elles "se fixent",
c'est qu'elles meurent. »
Victor Hugo (Préface de « Cromwell »)
http://www.bottin-mondain.com/savoir-vivre/svco/religieux.htm
--
« Coin coin coin, coin ! Coin coin : coin. » Saturnin le canard.
> http://www.bottin-mondain.com/savoir-vivre/svco/religieux.htm
Une mine !
--
Anne
Je vous prie de déposer mes très respectueux hommages aux pieds de Madame.
(Merci Nestor)
Ouais, n'empêche, ça avait de la g . . . hein ?
Et c'est rien comparé aux Espagnols qui paraît-il embrassent votre pied !
> Tout à fait DB, perso ça fait bien des années que j'ai banni le mot
> "croire" de mes formules de politesse, et je me contente de prier les
> gens d'agréer l'expression etc. etc.
Il y a 2 façons de voir les choses.
Dans le premier cas, vous vous dites que seul importe le fond de la
lettre, la formule de politesse tout comme l'introduction et la
présentation relevant plutôt de la forme. Vous pensez alors que votre
correspondant arrêtera sa lecture à partir de la phrase "je vous prie
d'agréer...": aucun intérêt, en effet, d'aller plus loin si c'est
toujours la même formule.
Dans le deuxième (dans lequel, personnellement, j'essaie toujours de me
trouver, autant que faire se peut), vous considérez que tout est
important. Il faut alors se rappeler que les formules de politesse sont
tout de même bien codifiées, même si les manières semblent se perdre,
à en croire certains, mais pas pour tous.
Ainsi, il y a une nuance que celui qui écrit essaie de faire passer à
son correspondant qui, à son tour, tentera de l'interpréter. Les
formules suivantes ne sont donc pas équivalentes:
- "recevez...",
- "veuillez agréer...",
- "je vous prie de croire à...",
- "je vous prie d'agréer...".
Ce n'est pas tout puisqu'il faut considérer aussi la nature de ses
"sentiments" ou "salutations" (on m'a toujours appris qu'une dame ne doit
pas envoyer ses "sentiments") avec plus de nuances et de variétés
encore: "les meilleurs", "cordiaux", "distingués", "les plus
distingués", "dévoués", "respectueux", "profondément respectueux" etc.
Enfin, je passe sur les formules abrégées du genre "bien
confraternellement" (entre confrères), "cordialement vôtre",
"salutations cordiales" etc.
PS: Il est des cas où la forme l'emporte même sur le fond, comme les
lettres de candidature (le fond, on le sait à l'avance, et c'est le même
pour tous les candidats).
--
Salutations cordiales.
Mahaleo
Le "sincère" change tout. Personnellement, je n'ai rien à reprocher à
sa phrase ni à la vôtre, d'ailleurs.
--
Salutations cordiales.
Mahaleo
Toutes les formule de politesse de cette page emploient, bien
évidemment, le vouvoiement. Pourtant on trouve quelques « Daigne ».
<cit.>
Daigne, Très Saint Père, Votre Sainteté agréer l'hommage de mes
sentiments de très profond respect.
</cit.>
Dans cet exemple, on pourrait comprendre « Très Saint Père, [que] Votre
Sainteté daigne &c. »
<cit.>
Daigne, Votre Béatitude, agréer l'expression de ma très respectueuse
considération.
<cit.>
Ici la première virgule interdit cette explication. Pourquoi alors n'y
a-t-il pas « Daignez » ? On peut tutoyer Sa Béatitude ? Mais alors
pourquoi pas « Daigne, Ta Béatitude, &c. » ?
Olivier.
P.S.: les /&c./ ne sont pas de moi, je les ai empruntés à DB à qui je
les rendrai aussitôt qu'il m'en fera la demande.
Ben oui, troisième personne comme dans :
Fasse le ciel que Joye soit de bonne humeur aujourd'hui.
Plaise au ciel que DB ne la taquine pas trop.
>
>
> <cit.>
> Daigne, Votre Béatitude, agréer l'expression de ma très respectueuse
> considération.
> <cit.>
>
> Ici la première virgule interdit cette explication.
Eh bien, c'est la virgule qu'il faut interdire. Elle est fautive. Qu'on la
brûle !
>
> P.S.: les /&c./ ne sont pas de moi, je les ai empruntés à DB à qui je
> les rendrai aussitôt qu'il m'en fera la demande.
Ils sont comme les petits pains et les poissons, indéfiniment renouvelables.
Il me semble que l'on voit de plus en plus souvent une formule de
politesse du genre: "Meilleures salutations", même de la part d'une
administration. Les formules ampoulées se perdent enfin.
Amicalement,
Didier
Il m'arrive de l'utiliser, pour sa brièveté plus que pour son sens, un peu
ambigu ; j'ai toujours l'impression avec ce comparatif qu'on dit que les
salutations ou les sentiments n'étaient pas bien bons jusque là et qu'ils
sont enfin meilleurs aujourd'hui qu'hier. Je préfère, mais c'est un peu plus
long, le superlatif : salutations les meilleures.
>Ben oui, troisième personne comme dans :
>Fasse le ciel que Joye soit de bonne humeur aujourd'hui.
Ainsi soit-il
Ainsi soit-iiiiiiiil !
>Plaise au ciel que DB ne la taquine pas trop.
Non, non, tout sauf ça...je vis pour les taquinages à la DB. Pitié.
Joye
toujours de bonne humeur sauf pour les rares occazes quand elle ne l'est pas
--
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... sauf dans les rares occazes où elle ne l'est pas.
--
©lõ (essayeuse)
> Clotilde.Chaland :
> > > Joye
> > > toujours de bonne humeur sauf pour les rares occazes quand elle ne
> > > l'est pas
> > ... sauf dans les rares occazes où elle ne l'est pas.
> > --
> > ©lõ (essayeuse)
>
> Merci, j'en prends note.
Dommage que vous n'ayez pas ajouté une de vos frimousses. La mienne
était implicite...
--
©lõ
Clotilde Chaland a écrit:
Alors faites crédit à Joye d'avoir pu aussi mettre une frimousse implicite !
Oui, en effet. J'essaierai d'adopter votre formule. Je ne dois
heureusement pas écrire souvent à l'aministration.
Amicalement,
Didier
> Alors faites crédit à Joye
Malheureusement, DB, je ne connais pas la frimousse pour gros bisou de
reconnaissance.
:-) devra suffire.
Joye
> Clotilde Chaland a écrit:
> > joye :
> > > Merci, j'en prends note.
> >
> > Dommage que vous n'ayez pas ajouté une de vos frimousses. La mienne
> > était implicite...
>
> Alors faites crédit à Joye d'avoir pu aussi mettre une frimousse implicite !
Toutafé. Vous avez raison et je n'ai pas tort. Toute la différence est
dans le mode distributeur.
--
©lõ