> Un article sur la banalisation des jurons chez les personnes âgées comme
> chez les adolescents.
> <http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-639573@51-627713,0.html>
Si je comprends bien l'article, les plus-que-quinqua feraient figure
de badernes exotiques en n'utilisant pas les trois pauvres jurons
dominants qu'a répertoriés Pierre Enckell : merde, putain, bordel ?
Quand je pense à tous ces jurons pittoresques que s'évertuaient à
nous enseigner mes professeurs de français, latin et histoire (avec
un éclat paillard au coin de l'œil), je trouve ça bien triste, ce
fadasse prêt-à-porter du gros mot...
--
dphn
> Si je comprends bien l'article, les plus-que-quinqua feraient figure de
> badernes exotiques en n'utilisant pas les trois pauvres jurons dominants
> qu'a répertoriés Pierre Enckell : merde, putain, bordel ?
Ce n'est vraiment pas ce qui est dit. Ces trois jurons les plus
fréquents sont *aussi* employés par les plus âgés et ceux-ci les
euphémisent moins qu'auparavant. En revanche, ces jurons sont de simples
ponctuations de phrases, totalement démotivées, chez les plus jeunes.
> <cit.>
> Parfois, la bonne éducation et l'âge interdisent à une femme de se
> montrer grossière.
Certain con-tributeur trouve même que c'est très in-con-venant.
--
Anne
L'article cite "brin" comme juron.
Ne s'agit-il pas plutôt de "brun" ? J'ai toujours compris qu'il
s'agissait d'un équivalent de "merde".
Un jurontologue pourrait-il m'éclairer ?
Bernard
> L'article cite "brin" comme juron.
> Ne s'agit-il pas plutôt de "brun" ? J'ai toujours compris qu'il
> s'agissait d'un équivalent de "merde".
> Un jurontologue pourrait-il m'éclairer ?
Bran est un vieux mot d'origine gauloise pour désigner les excréments,
on le trouve encore dans la brenne, le verbe embrenner. Il a un rapport
un peu confus avec le brin de paille, mais rien à voir avec la couleur
brune d'origine germanique. Il y a des régions où brin et bran se
confondent.
le [15/04/2005 21:21:28], vous, *(dito)*, déclariez :
> Bran est un vieux mot d'origine gauloise pour désigner les
> excréments, on le trouve encore dans la brenne, le verbe
> embrenner. Il a un rapport un peu confus avec le brin de paille,
> mais rien à voir avec la couleur brune d'origine germanique. Il y
> a des régions où brin et bran se confondent.
Il y a une quarantaine d'années, j'avais entendu ce terme (bran),
associé à /branle/ et dérivés. Il y aurait-il un rapport ?
Personnellement, j'en doute un peu, mais le rapprochement m'avait
étonné.
--
jean b.
Au Québec, la sciure s'appelle « bran de scie ». Je n'avais jamais fait
le rapprochement, s'il y en a un.
--
Anne
le [15/04/2005 21:38:42], vous, *jean b.*, déclariez :
> Il y a une quarantaine d'années, j'avais entendu ce terme (bran),
> associé à /branle/ et dérivés. Il y aurait-il un rapport ?
> Personnellement, j'en doute un peu, mais le rapprochement m'avait
> étonné.
Et /bran/ signifiait bien /merde/, dans le Cotentin...
--
jean b.
Une nordique (de Lille) collègue à moi dit "brun" au lieu de "merde".
On entend bien que c'est "brun" et non "brin".
--
Frédérique
>
> > Bran est un vieux mot d'origine gauloise pour désigner les excréments,
> > on le trouve encore dans la brenne, le verbe embrenner. Il a un rapport
> > un peu confus avec le brin de paille, mais rien à voir avec la couleur
> > brune d'origine germanique. Il y a des régions où brin et bran se
> > confondent.
>
> Au Québec, la sciure s'appelle « bran de scie ». Je n'avais jamais fait
> le rapprochement, s'il y en a un.
Bien sûr, c'est le même mot, qui désigne le déchet sous toutes ses formes,
et donc la merde, la sciure, le son.
Ce dernier, passé en anglais, explique les marques de céréales puissent
afficher fièrement "all bran" sans qu'on doive traduire que c'est 100% de la
merde.
Céréales qui leurrent ?
--
Anne
> dphn a écrit :
>
>> Si je comprends bien l'article, les plus-que-quinqua feraient figure de
>> badernes exotiques en n'utilisant pas les trois pauvres jurons dominants
>> qu'a répertoriés Pierre Enckell : merde, putain, bordel ?
>
> Ce n'est vraiment pas ce qui est dit.
Je n'en doute pas. Mais j'avais prévenu que je donnais ma propre
interprétation, pour laquelle j'utilise le conditionnel, et que je
termine par un point d'interrogation.
> Ces trois jurons les plus fréquents
> sont *aussi* employés par les plus âgés et ceux-ci les euphémisent moins
> qu'auparavant.
J'ai lu cela aussi. Donc s'ils persistent à proférer exclusivement
les bons vieux « saperlipopette » d'autrefois, ils feront figure de
badernes exotiques. Je ne vois pas où nous sommes en désaccord.
> En revanche, ces jurons sont de simples ponctuations de
> phrases, totalement démotivées, chez les plus jeunes.
« Ces jurons », c'est-à-dire : merde, putain, bordel ?
Dieu sait que j'ai souvent entendu (et pas qu'hier) des mots comme
/putain/ et /con/ revenir dans le discours à la façon d'une simple
ponctuation, mais jamais /merde/ ni /bordel/... Cela dit, ma
connaissance des jeunes est certainement moins grande que la vôtre.
À part cela, vous n'avez pas été choqué par la mention du « VIe
commandement du Décalogue » ?
--
dphn
> Dieu sait que j'ai souvent entendu (et pas qu'hier) des mots comme
> /putain/ et /con/ revenir dans le discours à la façon d'une simple
> ponctuation, mais jamais /merde/ ni /bordel/... Cela dit, ma
> connaissance des jeunes est certainement moins grande que la vôtre.
/Bordel/, non pas, sauf dans ma propre jeunesse (c'est bon, bordel).
Mais /merde/ est très fréquent comme ponctuation, tout comme /enculé/
non cité (sans que cela s'adresse à quelqu'un de précis).
Auriez-vous du "brain" dans les oreilles ?
Le sciure de mousse ?
--
Ah ça c'est sûr, c'est sciant.
Ah oui, celles qui facilitent le transit intestinal.
Bernard
>>Au Québec, la sciure s'appelle « bran de scie ».
> Prononcé « brin » par chez nous.
On est pudique, par chez vous.
--
Anne
> Flûte, j'arrive après la bataille.
Ça fait ch***, hein ?
--
Anne
Exact, je suis assez âgé pour confirmer : je dis "merde!" aujourd'hui comme
je disais "zut!" hier.
de lire (dito) :
> Mais /merde/ est très fréquent comme ponctuation, tout comme /enculé/
> non cité (sans que cela s'adresse à quelqu'un de précis).
/Bougre d'enculé/ est-il un pléonasme ?
de lire Ermite :
> On Fri, 15 Apr 2005 21:21:28 +0200, "(dito)" <desi...@alussinan.org>
> wrote:
>> Bran est un vieux mot d'origine gauloise pour désigner les excréments,
>> on le trouve encore dans la brenne, le verbe embrenner. Il a un rapport
>> un peu confus avec le brin de paille, mais rien à voir avec la couleur
>> brune d'origine germanique. Il y a des régions où brin et bran se
>> confondent.
> Je peux attester que le mot /bren/ est toujours utilisable dans
> certains coins de Belgique méridionale. Il me semble que ce mot a été
> utilisé comme juron chez certains auteurs classiques, non ?
En néerlandais, c'est une mitraillette... Le rapprochement m'amuse.
de lire Jean-Claude Wullaert :
>>> Je peux attester que le mot /bren/ est toujours utilisable dans
>>> certains coins de Belgique méridionale. Il me semble que ce mot a été
>>> utilisé comme juron chez certains auteurs classiques, non ?
>> En néerlandais, c'est une mitraillette... Le rapprochement m'amuse.
> Bren est une marque de fabrique d'armement anglaise.
/My God!/
Non, MG devait signifier autre chose.
>>Au Québec, la sciure s'appelle « bran de scie ». Je n'avais jamais
>>fait le rapprochement, s'il y en a un.
> Et quand vous achetez des céréales de petit déj' poétiquement
> baptisées « All Bran » ?
/Les Nuls/ parlaient de /Brin Brin/ ou alors était-ce Coluche ?
Ce n'est pas la marque d'une fabrique.
Bren provient d'une fusion entre BRno et ENfield.
Enfield était la ville de la Royal Small Arms Factory. On retrouve
également son nom dans l'acronyme STEN.
Le fusil mitrailleur anglais BREN 303 a été dérivé d'un modèle d'origine
tchécoslovaque ( Brno ZB26, puis ZB27, calibre 7.92) avec une adaptation
au calibre anglais 303 (environ 7,7 mm).
Fiable mais doté d'une cadence lente, il a été fabriqué un peu partout
dans le monde en plusieurs versions (Mark I à Mark IV, puis L4, de A1 à
A6 avec une adaptation au calibre OTAN 7.62).
Son usage est déconseillé sur/dans les forums sauf accord préalable
entre les parties en cause et publication d'une annonce à l'adresse des
lecteurs.
Vs
>Ermite :
>> Je peux attester que le mot /bren/ est toujours utilisable dans
>> certains coins de Belgique méridionale. Il me semble que ce mot a été
>> utilisé comme juron chez certains auteurs classiques, non ?
>En néerlandais, c'est une mitraillette... Le rapprochement m'amuse.
En français aussi: le bren appuyé sur son pied, la sten qui se
retourne vers l'instructeur ou qui s'enraye. Souvenirs...
J'ai toujours cru que ces termes étaient d'origine anglo-saxonne (*).
Sur le site: http://www.rt66.com/~korteng/SmallArms/bren.htm
"Bren Light Machine gun was introduced in 1937 and the Mark III
version in 1944", et le bren était toujours en usage à la Force
Aérienne Belge dans les années 50.
Amicalement,
Didier
PS: (*) mais Vs en dit plus un peu plus loin dans ce fil.