Chicot du 12e a écrit :
> Pour la question inverse - la langue est-elle mal adaptée à eux ? -
> prenons l'exemple que nous avons sous la main. Pourquoi préserver et
> enseigner « elle s'est permis » et « elle se l'est permis[e] » ? Le
> genre et l'accord, ça sert à quoi, enfin ?
Quand vous faites de l'analyse grammaticale, vous vous dites :
- que "permettre", c'est "je permets quelque chose à quelqu'un" où
"quelque chose" est le complément d'objet direct et "à quelqu'un" le
complément d'attribution.
- que "se permettre", c'est "permettre à soi-même", et que les pronoms
compléments (me, te, se, nous, vous, se) conserveront la fonction de
complément d'attribution.
Si vous gardez ces deux éléments en tête, il ne devrait plus y avoir de
problème pour l'accord du participe passé : "Michèle s'est permis de
galéjer" qui correspond à "Michèle a permis à Michèle (elle-même) de
galéjer".
Je vois l'accord du participe passé comme une jauge, qui indique le
degré de maîtrise de l'analyse grammaticale. Ceux qui ne connaissent que
le sujet et le prédicat sont mal préparés, aussi bien sur ce point de la
langue française, mais plus largement dès qu'il est question de
déclinaisons. J'ai vu cette année une étudiante de première année dire
en cours de latin que "rapide" était un complément d'objet direct dans
"le cheval est rapide". Elle s'est posé (ou posée ?) la question en
"quoi" : "Le cheval est quoi ? il est rapide. Donc COD, comme dans "Lou
Cascarelet mange sa chocolatine"".