Dans un cours de français (en Allemagne), les récentes "problèmes" en
France nous ont fait tomber sur l'expression "couvre-feu" qui peut
entonner des personnes non françaises.
Sur Tlfi, on trouve une explication (dans mes mots): L'ordre de couvrir
les feux pour les réduire, "préparation" de la nuit, on ne sort plus
etc...puis, ça a évidemment pris le sens d'"interdiction de sortir après
une certaine heure", donc celle du "couvre-feu".
Malheureusement, dans mon "Dictionnaire d'Expressions et Locutions" de
la gamme Le Robert (les usuels), je n'ai pas trouvé "couvre-feu".
Bon, le problème: Une professeur (très compétente normalement, une
française mure, ayant étudié le français) nous donne une toute autre
explication:
Dans l'histoire (militaire), le cas échéant, on a "couvert les rues de
feu", c'est-à-dire on a menacé de tirer sur tout ce qui bouge encore
dans la rue (après l'heure du couvre-feu), ainsi imposant l'interdiction
de sortir.
Qu'est-ce que vous en pensez?
Y a-t-il quelqu'un qui connaisse aussi cette interprétation qui n'a rien
à voir avec l'idée d'éteindre les âtre dans les maisons?
Merci d'avance
A+
SR
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La démocratie a certains avantages. Mais elle a aussi certains inconvénients
: n'importe qui est libre de raconter n'importe quoi !
L'étymologie proposée par votre Française mûre ne tient pas debout.
Certes on peut admettre que l'étymologie traditionnelle rapportée par le
TLFi et à peu près tous les ouvrages classiques (mais on sait qu'ils se
copient entre eux) puisse être remise en question.
Mais il y a tout de même certains faits. "Couvre-feu" est un mot attesté
depuis fort longtemps, la moitié du XIIIe siècle. Suffisamment longtemps
d'ailleurs pour qu'il s'exporte en Angleterre pour devenir le "curfew",
comme le "couvre-chef" y devient le "kerchief".
Et au milieu du XIIIe siècle à Paris, vous croyez peut-être que les "gens
d'armes" faisaient *feu* en ville ? Avec quoi, s'il vous plaît ?
Non, en 1260, le feu est le feu, éventuellement la lumière, mais pas encore
les armes.
Merci, mais c'est ce que j'avais déjà lu avant entendre l'autre théorie,
ça convient à ce qu'on lit sur Tlfi.
Personne n'a entendu d'autre explication, proche de celle de cette prof?
A+
SR
> La démocratie a certains avantages. Mais elle a aussi certains inconvénients
> : n'importe qui est libre de raconter n'importe quoi !
Heureusement, nous sommes, de notre coté, libres de le croire ou non, ce
qui désamorce un peu cet inconvénient. Pourtant, la décision nécessite
des efforts, c'est donc la chance de ceux qui ne le savent pas vraiment
de se rendre intéressant en débitant des suppositions que les disent
certitudes.
A part cela, tout le monde, en étant de bonne foi, peut avoir tort.
> L'étymologie proposée par votre Française mûre ne tient pas debout.
> Certes on peut admettre que l'étymologie traditionnelle rapportée par le
> TLFi et à peu près tous les ouvrages classiques (mais on sait qu'ils se
> copient entre eux) puisse être remise en question.
> Mais il y a tout de même certains faits. "Couvre-feu" est un mot attesté
> depuis fort longtemps, la moitié du XIIIe siècle. Suffisamment longtemps
> d'ailleurs pour qu'il s'exporte en Angleterre pour devenir le "curfew",
Intéressant, je ne l'ai pas su.
> comme le "couvre-chef" y devient le "kerchief".
> Et au milieu du XIIIe siècle à Paris, vous croyez peut-être que les "gens
> d'armes" faisaient *feu* en ville ? Avec quoi, s'il vous plaît ?
Alors, vous avancez un argument très pertinent auquel je n'ai pas encore
pensé, pire, j'avoue de ne pas avoir su quand on a construit les
premières armes à feu.
> Non, en 1260, le feu est le feu, éventuellement la lumière, mais pas encore
> les armes.
Je la confronterai avec votre objection assez convaincante, ce qui ne
sera pas trop facile car elle a rasion normalement.
A+
SR
> ce qui ne
> sera pas trop facile car elle a rasion normalement.
« Elle » a toujours raison.
--
Anne
: Stefan Rodrian a écrit:
:
: > ce qui ne
: > sera pas trop facile car elle a rasion normalement.
:
: « Elle » a toujours raison.
:
« Elles » ont toujours raison.
Merci de me signaler sévèrement la totalité de mes fautes, une aide
précieuse qui m'est toujours bienvenue.
SR
>>Stefan Rodrian a écrit:
>>« Elle » a toujours raison.
Je ne l'avais même pas vue !
--
Anne