merci
Pour l'adresse de courrier électronique, un français lira :
« pasupati at [ou : arobase] sinanet point com ».
Pour l'URL du site Web :
« h t t p deux points slash slash double v trois [point est en général
sous-entendu] libération point fr ».
C'est ainsi que de nombreux français peuvent lire ce langage mondial, qui
n'est pas du français.
a+, Dominique
arthur
"Michel Guillou" <m...@neottia.net> ?????
news:3ab6b0d5....@ulva.exo.neottia.net...
> ·Ïªi³¨î écrivait :
>
> > comment lit-on correctement en francais l'addresse email
>
> Vous voulez parler de l'adresse électronique ?
>
> > pasu...@sinanet.com
>
> papusati à sinanet point com
>
>
>
> --
> Michel Guillou
> merci de vos reponses ultra-vite!!!! je suis emu et impressione.
Ne soyez pas impressionné.
Si Michel Guillou et moi sommes de garde ce soir, ce n'est que le fruit du
hasard, bonsoir.
a+, Dominique
arthur
"Dominique Lacroix" <pan...@noos.fr> ?????
news:B6D47274.1975%pan...@noos.fr...
> je suis tres content de trouver ce newsgroup, pour ceux qui n'ont pas
> l'occasion de parler ou d'ecrire francais chez eux trouveront ce newsgroup
> indispensable. a propos, je suis americain d'origine taiwanaise.
Bienvenue dans ce groupe qui se délecte de discussions sur la langue
française et où vous trouverez aide, humour et cordialité.
Où habitez-vous ?
a+, Dominique
PS. Ce serait bien si vous parveniez à poster des articles avec des accents.
Les Français aiment beaucoup leurs accents.
"Dominique Lacroix" <pan...@noos.fr> ?????
news:B6D477FA.1980%pan...@noos.fr...
merci encore
arthur
"Dominique Lacroix" <pan...@noos.fr> ?????
news:B6D477FA.1980%pan...@noos.fr...
> ------------------------------------------------------
>> Pour l'URL du site Web :
>> « h t t p deux points slash slash double v trois [point est en général
>> sous-entendu] libération point fr ».
> ----
> Acheter tes pets deux points ? Barbare !
> Ouais, ouais, ouais (en belge), blague à part, « libération point
> effère » suffit amplement.
> J.-P. L.
Il manque l'indication concernant "www" : avec ou sans ?
Et cela suffira si vous précisez que c'est un site Web.
Sinon, il me semble plus précis d'indiquer le protocole.
a+, Dominique
Dominique Lacroix wrote:
> le 14/03/01 9:39, Lacroux a écrit :
>
> > ------------------------------------------------------
> >> Pour l'URL du site Web :
> >> « h t t p deux points slash slash double v trois [point est en général
> >> sous-entendu] libération point fr ».
> > ----
> > Acheter tes pets deux points ? Barbare !
> > Ouais, ouais, ouais (en belge), blague à part, « libération point
> > effère » suffit amplement.
> > J.-P. L.
>
> Il manque l'indication concernant "www" : avec ou sans ?
Si vous ne tapez que « liberation.fr » ou « liberation.com », ça marche.
De plus en plus souvent, « http://www » est omis, surtout à l'oral (cf spots
de pub radio).
Isabelle
> > comment lit-on correctement en francais l'addresse email
>
> Vous voulez parler de l'adresse électronique ?
>
> > pasu...@sinanet.com
>
> papusati à sinanet point com
Avez-vous remarqué que Philippe Meyer est le seul (je dis bien le seul
!) journaliste de Radio France à utiliser dans ses émissions « Demain,
je vous le chanterai » sur France-Inter et « l'Esprit public » sur
France Culture, les mots « courriel » et « arobase ». Tous les autres
journalistes, animateurs, producteurs du service public emploient
constamment les formes anglo-saxonnes et surtout « at »... C'est à se
demander si une circulaire de la direction n'est pas à l'origine de
cette forme de panurgisme...
Dominique
> "Michel Guillou" : comment lit-on correctement en francais l'addresse email
>> Vous voulez parler de l'adresse électronique ?
> Avez-vous remarqué que Philippe Meyer est le seul (je dis bien le seul !)
> journaliste de Radio France à utiliser dans ses émissions « Demain, je vous le
> chanterai » sur France-Inter et « l'Esprit public » sur France Culture, les
> mots « courriel » et « arobase ». Tous les autres journalistes, animateurs,
> producteurs du service public emploient constamment les formes anglo-saxonnes
> et surtout « at »... C'est à se demander si une circulaire de la direction
> n'est pas à l'origine de cette forme de panurgisme...
Demeure, votre Haute Susceptibilité, toujours la même question : comment
faire pour que la défense du français ne passe plus, dans l'esprit des
décideurs, pour être l'apanage des ploucs et des réactionnaires ? Par
exemple, si vous dites à ces pâles connards de France Telecom que
l'Oréal peut être un nom internationalement reconnu avec un accent, ils
vous répondront sans doute qu'un nom de marque français est bon pour le
commerce des cosmétiques, mais pas pour une entreprise de téléphone.
Nous sommes devenus une minorité (tout au moins, nous en avons
dorénavant conscience), et les minorités finissent souvent par accepter,
parfois même par encourager, les préjugés et les clichés dont on les
affuble. À moins que poigne une volonté populaire !
La question était comment lire : « http://www.liberation.fr » ?
C'est une U.R.L.
Si vous ne lisez que le nom de domaine (liberation.fr), il y a perte
d'information.
« ftp://www.entreprise.fr » est aussi une URL.
Et il y a bien d'autres protocoles.
Tout dépend donc du contexte d'utilisation de l'adresse à lire.
Quant on parle d'un site Web, le protocole est souvent sous-entendu, en
effet, par souci de simplicité : « h t t p deux points slash slash, trois
double v », ça passe mal à la radio.
On suppose que l'utilisateur sait qu'il faut écrire cela au début de l'URL.
Tous les navigateurs ne l'écrivent pas automatiquement.
Par ailleurs, si « liberation.fr » ou « liberation.com » marchent l'un et
l'autre, c'est parce que Libération a réservé les deux noms de domaines (au
moins) et que ces deux domaines, utilisés en protocole http, pointent vers
le même site.
a+, Dominique
> ans ses émissions « Demain,
> je vous le chanterai »
La prochaine fois, je vous le chanterai. C'est peut-être demain, qui
sait ?
--
Patrick Cazaux
Cadratin
patrick...@cadratin.fr
> Dis, grand Jacques, et les frites ?
> Avec ou sans les moules ?
> Wallonie, Wallonie, nie, nie !
> Vlaanderen, Vlaanderen, ja, ja, ja !
> (Si ma mémoire est bonne...)
;=)
Merci, Jean-Pierre. Je ne connaissais pas.
---
Sans rire :
L'U.R.L. de votre site, est :
http://users.skynet.be/typographie/
Je vous suggère d'essayer de vous connecter sur votre site avec Netscape
(ou avec IE Explorer mais en refusant les URL mémorisées et proposées)
en composant successivement :
- http://www.skynet.be/typographie/
- http://skynet.be/typographie/
a+, Dominique
>> ans ses émissions « Demain,
>> je vous le chanterai »
>
>La prochaine fois, je vous le chanterai. C'est peut-être demain, qui
>sait ?
Demain, c'est déjà samedi ? Comme la semaine passe vite ! Je savoure
cette émission, un îlot de fantaisie à recommander -- d'autant plus que
la langue de bois économique qui précède et les bavassages des
décérébrés du petit écran qui suivent m'insupportent.
Mais je me pose une autre grave question : comment écrire une chanson
« .on », « ...on », « 'on », « hon » ? La première solution a ma faveur,
elle fait un beau pendant à l'idiot « c... » mais elle est peu visible,
la deuxième est plus lisible mais elle introduit un risque de confusion
avec le pronom, la troisième ne montre pas assez le jeu sur la graphie à
l'oral, la dernière est trop phonétique.
Dominique
hache té té pé [pause brève] deux points [pause brève] barre barre
[pause brève] youzeurse [pause longue] u esse eu erre esse [pause
longue] point [pause brève] skynet [pause longue] esse ka i grec enne eu
té [pause longue] point [pause brève] bé eu [pause brève] barre [pause
brève] typographie [pause brève] comme ça s'écrit en français ;
acheter tes pets deux points barbare [pause] youzeurse point skynet
point bé eu [pause] barre [pause] typographie ;
youzeurse point skynet point bé eu [pause] barre [pause] typographie...
Il me semble qu'une recette unique aurait peu de chance de satisfaire
tout le monde...
De toute façon, sauf à la radio, transmettre oralement une u-airelle est
une idée saugrenue... et c'est donc une activité heureusement
exceptionnelle.
Amicalement,
J.-P. L.
-----------------------------------------------------------
>> Dominique Lacroix <pan...@noos.fr> wrote:
>> Merci, Jean-Pierre. Je ne connaissais pas.
> ----
> J'avais cru...
Rascasse de sale race ! ;=)
> --------------------------------------------------
>> Je vous suggère d'essayer de vous connecter sur votre site avec Netscape
>> (ou avec IE Explorer mais en refusant les URL mémorisées et proposées)
>> en composant successivement :
> ----
> Mais... je ne m'appelle pas « liberation »...
C'était pour vous démontrer que "www" n'est ni obligatoire ni redondant.
Et que - sauf pour certains domaines qui ont pris des précautions ad hoc -
le simple nom de domaine ne suffit pas, même si on se cantonne au protocole
http.
a+, Dominique
(ou la bandera . . .)
GG. Boucher rouge.
------
Message posté via le web sur http://www.foorum.fr/
GG, considéré à tort comme alcoolique, mais pas à tort scionnaire.
"Monique Latremouille" <bb...@freenet.carleton.ca> ?????
news:3ab1bbca...@news.cis.dfn.de...
> Dominique Lacroix <pan...@noos.fr> écrivait:
> >le 14/03/01 1:14, ???? a écrit :
> >> je suis tres content de trouver ce newsgroup, pour ceux qui n'ont pas
> >> l'occasion de parler ou d'ecrire francais chez eux trouveront ce
newsgroup
> >> indispensable. a propos, je suis americain d'origine taiwanaise.
> >
> >Bienvenue dans ce groupe qui se délecte de discussions sur la langue
> >française et où vous trouverez aide, humour et cordialité.
>
> Ah ça, pour de l'humour c'en est, et du meilleur ! J'ai failli
> m'étouffer.
>
> Monique
>
> La dictée (saynette)
Excellente au demeurant, quoique j'eusse dit aux
> élèves : Ah ! Zut alors ! Cela va être sale... Faut tout effacer.
> Passe-moi ton blanc ! Vas-y mollo, eh le gros ! ce n'est pas toi qui va
> à Carrefour !
de demander au Canaris grognon, de leur prêter son crayon-gomme, ça vous
avait une autre gueule que ces blancs-couvrants-dégoulinants... Les
pâtés ne sont plus ce qu'ils étaient ;-)
Mais comment de scène est-on passé à saynette (ou l'inverse ?). Les deux
graphies sont tellement différentes, que je me demande comment elles
peuvent être apparentées ? Ce que m'en dit trop brièvement P'tit Bob
[sainette 1764 ; esp. sainete, dimin. de sain « graisse » (cf. farce) ;
rattaché à scène ] ne me convainct pas, d'autant que poursuivant vers
l'article « farce » je lis [1. petite pièce comique (...) où dominent
les jeux de scène].
(Ne me tirez pas trop fort les oreilles si le sujet a déjà été traité,
j'ai l'impression que oui, mais je ne le retrouve plus).
--
©lõ
[traits verticaux]
> | > Pourquoi ? C'est plus laid et moins pratique ?
> |
> | Oui, on met des plombes à remettre en page vos trucs.
>
> Ben c'est pareil qu'avec le chevron, non ?
Pas vraiment. Pas plus que les réponses de GG qui n'en ont pas, pas plus
que les réponses de Polaire, qui toutes trois, chacune dans leur genre,
imposent un effort au lecteur, lui ôtant le plaisir de bonnes saillies
ou d'intéressantes lectures.
--
©lõ
>> La dictée (saynette)
>
>Excellente au demeurant, quoique j'eusse dit aux
>
>> élèves : Ah ! Zut alors ! Cela va être sale... Faut tout effacer.
>> Passe-moi ton blanc ! Vas-y mollo, eh le gros ! ce n'est pas toi qui va
>> à Carrefour !
>
>de demander au Canaris grognon, de leur prêter son crayon-gomme, ça vous
>avait une autre gueule que ces blancs-couvrants-dégoulinants... Les
>pâtés ne sont plus ce qu'ils étaient ;-)
N'avez-vous pas remarqué que le professeur a omis de refermer les
guillemets à la fin du dialogue ? C'était sans doute dû à toutes ces
interventions intempestives qui le perturbaient (cet après-midi, j'ai
pour ma part dicté un mot en trop !)
Le blanc n'est pas trop grave sous forme de ruban déroulant, cela donne
aussi quelque chose d'encore assez agréable à lire lorsque l'on use de
la « pocket-mouse ». Le stylo pour blanc permet de moins étaler le
liquide, mais le pire est bien le pot avec un pinceau qui s'est bien
étiré... Cela fait des traînées à côtées, on croirait voir une oeuvre de
Jackson Pollock. Et il faut ensuite attendre patiemment que cela
sèche... L'élève agite sa feuille pour que cela aille plus vite, et le
machin s'étale sur les autres lettres. Il souffle, pfff... pfff..., et
vlan ! on a droit à une belle coulée sur la ligne supérieure ! Il faut
encore attendre qu'elle sèche.
Le pire n'est jamais encore atteint. Imaginez une classe de galapiats
qui ont l'habitude de s'envoyer leurs affaires en l'air, qui se prennent
tous pour des Agassi et qui témoignent d'une grande solidarité. Et voilà
comment on se retrouve avec un pot de typex étalé sur un revêtement à
cent francs le mètre carré comme le conseiller général nous l'a rappelé,
puis une élève qui doit utiliser tous les produits des femmes de ménage
pendant une heure afin d'effacerles traces de son forfait... (Scène
vécue deux fois !)
Je n'ai pas encore parlé de l'élève (toujours un garçon) qui écrit avec
la pointe de son effaceur d'encre parce qu'il n'a plus de stylo, il
rature, rature, rature... Pas plus que de celle (c'est toujours une
fille) qui écrit en jaune citron ou en orange pâle, de manière à ce que
je ne puisse la lire le soir à la lueur de la lampe et qui ne se corrige
jamais, qui estime que le rouge des corrections est laid et que ce
serait encore plus vilain si elle devait corriger comme je le lui
demande. J'en viens à bénir l'élève qui écrit au crayon, repasse au
stylo, mais oublie d'effacer à l'aide d'une gomme ou bien qui efface à
la gomme et qui fait de belles stries à travers toute la feuille.
La dictée ? Il y avait une dictée ? On l'a perdue entretemps.
Dominique
>Mais comment de scène est-on passé à saynette (ou l'inverse ?). Les deux
>graphies sont tellement différentes, que je me demande comment elles
>peuvent être apparentées ? Ce que m'en dit trop brièvement P'tit Bob
>[sainette 1764 ; esp. sainete, dimin. de sain « graisse » (cf. farce) ;
>rattaché à scène ] ne me convainct pas, d'autant que poursuivant vers
>l'article « farce » je lis [1. petite pièce comique (...) où dominent
>les jeux de scène].
>(Ne me tirez pas trop fort les oreilles si le sujet a déjà été traité,
>j'ai l'impression que oui, mais je ne le retrouve plus).
http://www.chez.com/languefrancaise/fllf/199901-fllf/sketch.htm
Luc Bentz
--
http://www.chez.com/languefrancaise/
« Le silence était si absolu que je me croyais sourd. »
Jules Renard
> Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> a écrit dans le message :
> 98rflc$t03$1...@wanadoo.fr...
> |
> | Dans l'article <98r16o$8pu$1...@news2.isdnet.net>, "gbog"
> | <gb...@caramail.com> a écrit :
> |
> | > Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> a écrit dans le message :
> | > 98r09o$b23$2...@wanadoo.fr...
> | > |
> | > | "gbog" <gb...@caramail.com> a écrit :
> | > |
> | > | Je vous réponds rapidement. Je vais aller boire du champagne tiède au
> | > | salon du Livre. Quand allez-vous vous débarrasser de ces horribles
> | > | traits verticaux ?
> | >
> | > Pourquoi ? C'est plus laid et moins pratique ?
> |
> | Oui, on met des plombes à remettre en page vos trucs.
>
> Ben c'est pareil qu'avec le chevron, non ?
>
> (J'ai outlouque sur pécé et j'ai pas trop de problèmes avec les mises en
> pages)
Sur Mac, les intervenant ont des couleurs différentes selon le nombre de
chevrons. C'est pratique. Et sur PC ? (Je demande, c'est tout. Je ne
suis pas militant Mac).
>
> Quelle horreur. « ad », mon cher, puisque @ est l'a dans le D.
Rien n'est moins sûr. En réalité, on se perd en conjectures sur
l'origine du dessin de ce caractère, et pour autant que je sache on n'a
trouvé aucun manuscrite médiéval témoignant d'une ligature "ad".
>> [JPL]
>> hache té té pé [pause brève] deux points [pause brève] [...]
> [...] Or nous savons (et JPL le premier), que cet objet « : » s'appelle «
> deux-points » et non « double point ». Mais Jean-Pierre n'a pas écrit «
> deux-points », il a écrit « deux points », ce que son hy- pothétique
> correspondant a peut-être noté (sur le ticket de métro qu'il tente
> maladroitement de coincer du coude) : « .. »
Les deux points « .. » sont rarissimes. « Aimez-vous Brahms.. » de
Sagan, par
exemple. Je crois me souvenir que Léon-Paul Fargue avait eu aussi cette
exigence dans un bouquin. Si vous entendez « deux-points » ou « deux
points », vous écrivez « : », à moins d'avoir une oreille diablement
pointilleuse.
----------
Dans l'article <1eqbc2i.ycf58dnh9ot7N%patrick...@cadratin.fr>,
patrick...@cadratin.fr (Patrick Cazaux) a écrit :
> Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> wrote:
>
>> Les deux points « .. » sont rarissimes.
>
> Puisque nous parlons d'informatique, ils ne sont pas si rares. Sous DOS
> le symbole .. (que je prononce "point point" pour ma part) désigne le
> répertoire parent de celui dans lequel on travaille. Et comme Ouin-Ouin
> s'appuie toujours sur cet environnement...
> le symbole .. (que je prononce "point point" pour ma part)
si tu lisais « boule boule », on suivrait mieux la filiation paternelle..
A Grenoble on apprend le code ASCII
--
©lõ
Cet exemple est cité par Drillon dans son étude de la ponctuation française,
en effet, mais avec ironie, et il souligne que ce « caprice » de Sagan n'a
pas tenu, je crois, lors des éditions ultérieures. Il précise aussi qu'il
n'a pas trouvé le plus petit signe de ponctuation à ajouter ou à oter chez
le débordant Céline.
> Les deux points « .. » sont rarissimes.
Puisque nous parlons d'informatique, ils ne sont pas si rares. Sous DOS
Non non, je crois pas. Simplement parce que chaque signe de Céline est
nécessaire, c'est ce qu'écrit Drillon, sauf erreur de ma part. J'en avais
d'ailleurs regardé quelques pages et je me suis trouvé d'accord avec
Drillon.
> Pelleton :
> |
> | Les deux points « .. » sont rarissimes. « Aimez-vous Brahms.. » de
> | Sagan, par
> | exemple.
>
> Cet exemple est cité par Drillon dans son étude de la ponctuation française,
> en effet, mais avec ironie, et il souligne que ce « caprice » de Sagan n'a
> pas tenu, je crois, lors des éditions ultérieures. Il précise aussi qu'il
> n'a pas trouvé le plus petit signe de ponctuation à ajouter ou à oter chez
> le débordant Céline.
Par respect de l'auteur ? Parce que, moi, les points de suspension, j'en
Je crois que c'est possible. On peut lire le Voyage sans y trouver
d'immondices, non ?
| Son
| idéologie [mais a-t-il seulement des idées ?] et sa vision du monde sont
| subordonnées à l'émotion au détriment la raison. Il le voulait ainsi ;
C'est vrai. Pour moi Céline est contre tout, anti-tout ; donc antisémite,
anti-chinois, etc. Et quand on lit ses lettres à Gallimard, on se rend
compte à quel point il est d'une mauvaise foi permanente. Cela ne m'enpêche
pas d'aimer le lire, mais je ne choisi pas ses pamphlets, bien entendu.
| Céline n'est pas l'héritier des Lumières, et encore moins des
| classiques. Il est aussi très loin de l'humanisme d'un Rabelais.
Faudrait-il être toujours héritier de quelqu'un ?
Un texte de Céline sur la prose de Rabelais est très intéressant, il a été
publié sur fr.rec.arts.litterature :
http://groups.google.com/groups?q=rabelais+celine+Meudon
ou taper « rabelais céline Meudon group:fr.rec.arts.* » dans le champ.
[très rapide, un fois de plus, ce google]
| Les
| points de suspension, de plus en plus omniprésents à partir de
| « Guignol's Band » scandent les mouvements de l'oeil d'un rat terrifié.
| Et pourtant j'aime bien les rats, mais pas lorsqu'ils se sentent acculés
| et qu'ils mordent à tort et à travers.
J'aime les rats, surtout lorsqu'ils sont acculés. Sinon ce sont de simples
rongeurs.
Didier Pelleton a écrit :
> "gbog" a écrit :
>
> >>> Il précise aussi qu'il n'a pas trouvé le plus petit signe de ponctuation à
> >>> ajouter ou à oter chez le débordant Céline.
>
> >> Didier Pelleton :
>
> >> Par respect de l'auteur ? Parce que, moi, les points de suspension, j'en
> >> aurais fait sauter une bonne pelletée [je sais]. |
>
> > "gbog" a écrit :
>
> > Non non, je crois pas. Simplement parce que chaque signe de Céline est
> > nécessaire, c'est ce qu'écrit Drillon, sauf erreur de ma part. J'en avais
> > d'ailleurs regardé quelques pages et je me suis trouvé d'accord avec Drillon.
>
> Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les néologismes,
> alors oui. Mais, justement, le problème avec Céline est de savoir si
> l'on peut draguer la forme sans ramasser les immondices du fond. Son
> idéologie [mais a-t-il seulement des idées ?] et sa vision du monde sont
> subordonnées à l'émotion au détriment la raison. Il le voulait ainsi ;
> Céline n'est pas l'héritier des Lumières, et encore moins des
> classiques. Il est aussi très loin de l'humanisme d'un Rabelais. Les
> points de suspension, de plus en plus omniprésents à partir de
> « Guignol's Band » scandent les mouvements de l'oeil d'un rat terrifié.
> Et pourtant j'aime bien les rats, mais pas lorsqu'ils se sentent acculés
> et qu'ils mordent à tort et à travers.
Je suis loin d'être un spécialiste de Céline que sa réputation d'une part et
quelques tentatives de lecture vite abandonnées, rebuté que j'étais de prime abord
par son style, m'ont fait ignorer jusqu'à il y a peu. Sous la pression amicale d'un
de mes filleuls, enragé de Céline (et néanmoins radicalement opposé aux idées du
bonhomme), j'ai mis mes dernières vacances à profit pour lire -- enfin -- "Mort à
crédit". Passé les premières pages que j'ai à nouveau trouvées ennuyeuses, le livre
m'a littéralement envoûté. Le narrateur est féroce, pour lui-même et pour les
autres, mais doué d'un sens aigu de l'observation, de la description des
comportements et des mentalités. On y découvre en plus, surtout dans la deuxième
partie, un auteur d'une drôlerie incroyable. Les néologismes sont généralement bien
trouvés. J'avais un peu plus de mal avec certains mots de vocabulaire populaire et
vieilli qui m'échappaient, mais que le contexte éclairaient quand même suffisament,
le plus souvent. Mais bien souvent au contraire, j'étais ravi de retrouver écrits
des mots ou des expressions populaires que je n'avais jamais lus, ou même plus
jamais entendus depuis belle lurette, et qui me rappelaient la conversation de
lointains aieuls. La syntaxe particulière de Céline, à rebours de celle qu'on m'a
appris à pratiquer et à aimer, demande un nouvel apprentissage ; je m'y suis bien
habitué sans réussir à discerner si elle était indispensable au but poursuivi (en
d'autres termes, le livre aurait-il été moins bon s'il avait été écrit dans une
syntaxe plus classique ?). Reste la question des points de suspension dont, à mon
sens, Céline abuse ; d'ailleurs dans les passages oniriques, où ils sont la règle
unique de la ponctuation, j'ai trouvé le procédé vraiment lassant et j'ai dû sauter
quelques passages de ce type.
À noter parce que cela rejoint un ancien fil de fllf l'emploi très fréquent de
"tantôt" pour désigner l'après-midi, et, je crois l'avoir déjà mentionné sur un
autre fil, le souvenir intéressant de Céline se rappelant dans son enfance une
vieille parente, vendeuse au carreau du Temple, qui employait encore l'imparfait du
subjonctif et que l'on trouvait justement ringarde à cause de cela.
>>> Il précise aussi qu'il n'a pas trouvé le plus petit signe de ponctuation à
>>> ajouter ou à oter chez le débordant Céline.
>> Didier Pelleton :
>> Par respect de l'auteur ? Parce que, moi, les points de suspension, j'en
>> aurais fait sauter une bonne pelletée [je sais]. |
> "gbog" a écrit :
> Non non, je crois pas. Simplement parce que chaque signe de Céline est
> nécessaire, c'est ce qu'écrit Drillon, sauf erreur de ma part. J'en avais
> d'ailleurs regardé quelques pages et je me suis trouvé d'accord avec Drillon.
Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les néologismes,
(Patrick Cazaux) a écrit :
> Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> wrote:
>> Les deux points « .. » sont rarissimes.
> Puisque nous parlons d'informatique, ils ne sont pas si rares. Sous DOS le
> symbole .. (que je prononce "point point" pour ma part)
Ainsi, on ne peut pas confondre.
> désigne le répertoire parent de celui dans lequel on travaille.
« ? » Mais vous avez déjà une idée de ma compétence sur la question.
> Et comme Ouin-Ouin
« ? » Décidément, je ne suis pas un initié.
Je vous réponds rapidement. Je vais aller boire du champagne tiède au
salon du Livre. Quand allez-vous vous débarrasser de ces horribles
traits verticaux ?
> Didier Pelleton : |
> | | Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les néologismes, |
> alors oui. Mais, justement, le problème avec Céline est de savoir si | l'on
> peut draguer la forme sans ramasser les immondices du fond.
> Je crois que c'est possible. On peut lire le Voyage sans y trouver
> d'immondices, non ?
Non. Bardamu part à vau-l'eau. Tout le contraire de Céline, très
volontariste, ambitieux. Lisez sa biographie.
> | Son | idéologie [mais a-t-il seulement des idées ?] et sa vision du monde
> sont | subordonnées à l'émotion au détriment la raison. Il le voulait ainsi ;
> C'est vrai. Pour moi Céline est contre tout, anti-tout ;
Voire...
> donc antisémite, anti-chinois, etc. Et quand on lit ses lettres à Gallimard,
> on se rend compte à quel point il est d'une mauvaise foi permanente.
Gallimard d'ailleurs s'en sort très bien. Comme un grand bourgeois.
Menteur et séducteur. En revanche, Paulhan, l'« Anémone Languide »,
chère au coeur de Sa Haute Susceptibilité, ne fait pas le poids.
> Cela ne m'enpêche pas d'aimer le lire, mais je ne choisis pas ses pamphlets,
> bien entendu.
Vous croyez peut-être qu'ils ne sont pas bien écrits ?
> | Céline n'est pas l'héritier des Lumières, et encore moins des | classiques.
> Il est aussi très loin de l'humanisme d'un Rabelais.
> Faudrait-il être toujours héritier de quelqu'un ?
Oui. De toute façon. Trop long.
> Un texte de Céline sur la prose de Rabelais est très intéressant, il a été
> publié sur fr.rec.arts.litterature :
Je le connais, c'est même pour cela que j'ai cité Rabelais. Pour
désamorcer l'argument.
> http://groups.google.com/groups?q=rabelais+celine+Meudon ou taper « rabelais
> céline Meudon group:fr.rec.arts.* » dans le champ.
> [très rapide, un fois de plus, ce google]
> | Les | points de suspension, de plus en plus omniprésents à partir de | «
> Guignol's Band » scandent les mouvements de l'oeil d'un rat terrifié. | Et
> pourtant j'aime bien les rats, mais pas lorsqu'ils se sentent acculés | et
> qu'ils mordent à tort et à travers.
> J'aime les rats, surtout lorsqu'ils sont acculés. Sinon ce sont de simples
> rongeurs.
Les rats sont intéressants par bien d'autres manières. Acculés, ils sont
aussi méchants que les autres mammifères, à part les hommes quand ils
sont acculés par leurs propres conneries.
Pourquoi ? C'est plus laid et moins pratique ?
| > Didier Pelleton : |
|
| > | | Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les
néologismes, |
| > alors oui. Mais, justement, le problème avec Céline est de savoir si |
l'on
| > peut draguer la forme sans ramasser les immondices du fond.
|
| > Je crois que c'est possible. On peut lire le Voyage sans y trouver
| > d'immondices, non ?
|
| Non. Bardamu part à vau-l'eau. Tout le contraire de Céline, très
| volontariste, ambitieux. Lisez sa biographie.
J'ai lu le Voyage en première, je crois, et n'y ais pas vu d'immondices, pas
plus que quand je l'ai feuilleté plus récemment. Biographie ou pas.
| > | Son | idéologie [mais a-t-il seulement des idées ?] et sa vision du
monde
| > sont | subordonnées à l'émotion au détriment la raison. Il le voulait
ainsi ;
|
| > C'est vrai. Pour moi Céline est contre tout, anti-tout ;
|
| Voire...
Voire quoi ?
| > donc antisémite, anti-chinois, etc. Et quand on lit ses lettres à
Gallimard,
| > on se rend compte à quel point il est d'une mauvaise foi permanente.
|
| Gallimard d'ailleurs s'en sort très bien. Comme un grand bourgeois.
| Menteur et séducteur. En revanche, Paulhan, l'« Anémone Languide »,
| chère au coeur de Sa Haute Susceptibilité, ne fait pas le poids.
|
| > Cela ne m'enpêche pas d'aimer le lire, mais je ne choisis pas ses
pamphlets,
| > bien entendu.
|
| Vous croyez peut-être qu'ils ne sont pas bien écrits ?
Non, je crois que leur lecture est moins intéressante que les romans. Sauf
aux esprits soucieux de chercher et trouver des immondices, j'imagine.
| > | Céline n'est pas l'héritier des Lumières, et encore moins des
classiques.
| > Il est aussi très loin de l'humanisme d'un Rabelais.
|
| > Faudrait-il être toujours héritier de quelqu'un ?
|
| Oui. De toute façon. Trop long.
Trop long à expliquer ? Mais on peut sûrement trouver des paternités à
Céline.
| > Un texte de Céline sur la prose de Rabelais est très intéressant, il a
été
| > publié sur fr.rec.arts.litterature :
|
| Je le connais, c'est même pour cela que j'ai cité Rabelais. Pour
| désamorcer l'argument.
Céline n'est pas un humniste, c'est évident, mais c'est un styliste, non ?
| > http://groups.google.com/groups?q=rabelais+celine+Meudon ou taper
rabelais
| > céline Meudon group:fr.rec.arts.* » dans le champ.
[...]
Didier Pelleton wrote:
> Je vous réponds rapidement. Je vais aller boire du champagne tičde au
> salon du Livre. [...]
Mazette ! Z'avez vot'pass, au moins ?? Et les p'tits fours, z'étaient comment ?
Isabelle
en train ou en metro?
:-)
d'ou vient donc l'expression "a tort et a travers"?
a tort, par erreur, fautivement... , je comprend
a travers (de travers?) à travers quoi?
----------
Dans l'article <98r16o$8pu$1...@news2.isdnet.net>, "gbog"
<gb...@caramail.com> a écrit :
> Didier Pelleton <didier....@wanadoo.fr> a écrit dans le message :
> 98r09o$b23$2...@wanadoo.fr...
> |
> | "gbog" <gb...@caramail.com> a écrit :
> |
> | Je vous réponds rapidement. Je vais aller boire du champagne tiède au
> | salon du Livre. Quand allez-vous vous débarrasser de ces horribles
> | traits verticaux ?
>
> Pourquoi ? C'est plus laid et moins pratique ?
Oui, on met des plombes à remettre en page vos trucs.
>
>J'aurais dû écrire « deux-points », comme dans « deux-points, ouvrez les
>guillemets ». C'est la contagion de mon « Acheter tes pets deux
>points ? » qui explique peut-être ce mauvais choix.
La dictée (saynette)
Le professeur : « Deux points, ouvrez les guillemets. »
L'élève Lebrac : Deux petits points, m'sieur ?
Le professeur : Mais oui, mon petit, deux petits points. « Avançons avec
prudence virgule Juve virgule déclara Fandor virgule Fantômas n'est pas
loin points de suspension ».
L'élève Lebrac : Euh... Trois petits points, m'sieur ?
Le professeur : Si tu veux, mais ne les fais pas trop petits pour que je
puisse les lire. « À la ligne, tiret ! »
L'élève Lebrac : Il faut faire un alinéa, m'sieur ?
Le professeur : J'ai dit « à la ligne », je n'ai pas dit « retrait ». Tu
pêches à la ligne en retrait...
L'élève Lebrac : Je ne comprends plus, chuis perdu. Le français n'est
pas fait pour moi !
L'élève Grandgibus (bas) : Fais-toi chinois !
L'élève Tigibus : Le retiret, euh...
Le professeur : Le tiret ! Le tiret sans retrait !
L'élève Tigibus : Le ti-ret, c'est un petit trait ?
Le professeur : Oui, c'est un petit trait, mais ce n'est pas un trait
d'union. Le tiret sépare et il étire, le trait d'union unit.
L'élève Lebrac : Je suis perdu !
L'élève Grandgibus : Tu es trop distrait.
Le professeur : Bon, où en étais-je ? Non ! Ne copiez pas cela !
Les élèves : Ah ! Zut alors ! Cela va être sale... Faut tout effacer.
Passe-moi ton blanc ! Vas-y mollo, eh le gros ! ce n'est pas toi qui va
à Carrefour !
Le professeur : « Tiret nous allons enfin savoir qui se cache derrière
ce sinistre masque point d'exclamation et point final ».
L'élève Lebrac : Le point d'esclamation... Le point d'esclamation ? Mais
qu'est-ce que c'est ?
Le professeur : Bonne question !
L'élève Lebrac : Ah merci, m'sieur ! J'savais bien que vous m'aideriez.
C'est comme pour une question. Un petit trait, mais en haut ! Attendez,
je finis de tracer mon gros point final après le point d'esclamation.
FIN. Signé : Jules Lebrac, élève de 6e H. Voilà, tenez !
Dominique
Ben c'est pareil qu'avec le chevron, non ?
(J'ai outlouque sur pécé et j'ai pas trop de problèmes avec les mises en
pages)
> Clotilde...@imag.fr (Clotilde Chaland) a écrit dans
> fr.lettres.langue.francaise :
> >(Ne me tirez pas trop fort les oreilles si le sujet a déjà été traité,
> >j'ai l'impression que oui, mais je ne le retrouve plus).
>
> http://www.chez.com/languefrancaise/fllf/199901-fllf/sketch.htm
Merci, Luc. Il me semblait bien. Il faut d'urgence que j'offre un modem
plus performant à mon Mac, si je veux pouvoir consulter la FAQ en ligne.
--
©lõ
> d'ou vient donc l'expression "a tort et a travers"?
De « en tors et en travers » -> de manière tordue et de travers -> dans tous
les sens.
--
A. B.
.| Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les
néologismes,
| alors oui. Mais, justement, le problème avec Céline est de savoir si
| l'on peut draguer la forme sans ramasser les immondices du fond.
Il est de rigueur chez les amateurs du style de Céline de faire une
distinction entre les deux premiers livres et les autres, les
«Pamphlets» immondes, avec peut-être une exception pour «D'un château
l'autre».
C'est d'autant plus curieux que le style est le même, peut-être poussé
au paroxysme de ces tics dans «Bagatelle pour un massacre», avec les
mêmes termes ex:la musique « negro-judeo-saxonne» du Voyage n'étant
pas encore repris en propre par l'auteur mais par un «prête nom.»
Ce qui m'étonne encore c'est la persistance des légendes sur la vie de
Céline, reprise même par des gens de bonne foi. Sa prétendue
trépanation et prétendue guerre de 14 (Céline est ce qu'on a pu
appeler à l'époque un "planqué" par relations), sa prétendue pauvreté,
sa prétendue jeunesse difficile et ses prétendus voyages chez les
damnés de la terre. Croire qu'il était anti-tout est aussi un
contresens quand on connaît son goût immodéré pour l'argent et le
succès. Comme artiste maudit il se pose un peu là.:-)
Quelques extraits significatifs:
2 communications à la Société de médecine de Paris, après son séjour
en Amérique auprès des usines Ford:
-Céline approuve les méthodes de Ford d'embaucher préférentiellement
les ouvriers "tarés physiquement et mentalement" car dit Céline «
dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire [ils forment]
une main d'oeuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre». (in
L'organisation sanitaire aux usines Ford, 1929)
-Dans «Les assurances sociales et la politique économique de la santé
publique» in La presse médicale 24 novembre 1928,
Céline propose de créer une « vaste police médicale et sanitaire »
dans les usines, chargée de convaincre les salariés que «la plupart
des malades peuvent travailler». Et vlan pour le «bon docteur
Destouches».
Sur sa conception de la littérature dans une lettre à Joseph Garcin
datée du 13 mai 1933 à propos du «Voyage»:
« Savoir ce que demande le lecteur, suivre la mode comme les
midinettes, c'est le boulot de l'écrivain très contraint
matériellement, c'est la condition sans laquelle pas de tirage sérieux
(seul aspect qui compte)...Je choisis la direction adéquate, le sens
indiqué par la flèche, obstinément.»
En lisant ces documents j'ai compris pourquoi le style de Céline
m'avait toujours paru indigeste, outrancier, vaguement insincère, la
véritable «littérature à l'estomac» définie pour d'autres par Gracq.
Comme pendant à Céline, je conseille la lecture d'un pamphlet très
drôle paru en 1938 «Céline en chemise brune» de Hanns-Erich Kaminski,
un allemand exilé en France en 1933 puis en Argentine. Publié pour 10
F aux éditions «Mille et une nuits» Malgré la gravité du sujet
(Kaminski est juif) les chapitres «Vivants à crédit» ou «A la source
sacrée de la force allemande» (Gare à qui chie sur le Führer) sont
particulièrement pointus en parodiant le style du «Troubadour du
pogrom».
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
Ne restez plus seul, devenez agent double.
Pierre Dac. L'os à moelle.
> De plus en plus souvent, « http://www » est omis, surtout à l'oral (cf spots
> de pub radio).
Sur France-info, ils s'obstinent à dire « 3 W » Ce qui est absurde.
« W 3 » est de l'anglais et n'a pas de sens en français, à part W3.
Il me semble que « WWW » ou « triple W » ou rien, selon le contexte,
sont les seuls acceptables.
régis fraisse
| Sur Mac, les intervenant ont des couleurs différentes selon le
nombre de
| chevrons. C'est pratique. Et sur PC ? (Je demande, c'est tout. Je ne
| suis pas militant Mac).
| >
Ça c'est vraiment génial mais ce n'est pas dû à Mac. Sur les conseils
de Bernard, j'ai acheté Forté Agent qui tourne sur mon Pc, et lui
aussi donne des couleurs différentes aux intervenants dans les
messages. Mais comme je préfère tout de même Outlook (habitude?
ringardise?) je n'ai plus de couleurs.
> Sur France-info, ils s'obstinent à dire « 3 W » Ce qui est absurde.
Pourquoi ? Comment épelez-vous « lettre », par exemple ?
--
___________
_/ _ \_`_`_`_) Serge PACCALIN -- s...@mailclub.net
\ \_L_) L'hypothèse la plus élaborée ne saurait
-'(__) remplacer la réalité la plus bancale.
_/___(_) -- San-Antonio (1921-2000)
----------
Dans l'article <9903st$qa2$1...@wanadoo.fr>, "CathyL"
<legna.c...@wanadoo.fr> a écrit :
>
> "Didier Pelleton" <didier....@wanadoo.fr> a écrit dans le message
> news: 98ulgn$iq7$1...@wanadoo.fr...
>
> | Sur Mac, les intervenant ont des couleurs différentes selon le
> nombre de
> | chevrons. C'est pratique. Et sur PC ? (Je demande, c'est tout. Je ne
> | suis pas militant Mac).
> | >
>
> Ça c'est vraiment génial mais ce n'est pas dû à Mac. Sur les conseils
> de Bernard, j'ai acheté Forté Agent qui tourne sur mon Pc, et lui
> aussi donne des couleurs différentes aux intervenants dans les
> messages. Mais comme je préfère tout de même Outlook (habitude?
> ringardise?) je n'ai plus de couleurs.
>
Justement, sur Mac, Outlook 4. 5 vous fait une couleur différente pour
chaque participant (5 ou 6). Mais sans doute sur PC également si l'on
sait le paramétrer.
> Didier Pelleton wrote:
>> Je vous réponds rapidement. Je vais aller boire du champagne tiède au salon
>> du Livre. [...]
> Mazette ! Z'avez vot'pass, au moins ?? Et les p'tits fours, z'étaient
> comment ?
Oui, j'étais invité... avec quelques milliers d'autres, tassés comme des
vaches au Salon de l'Agriculture. Les petits fours nétaient pas fameux
(quand il y en avait), mais l'alcool était abondant, du moins dans
certains stands. J'ai copiné avec le serveur de chez Balland quand je me
suis aperçu qu'il était bourré (yeux rouges, teint cuit), et je n'ai
fait que suivre son exemple avant de repartir arpenter le hall. Quelques
remarques importantes : dans cette assemblée, les vieux sont moches, et
les jeunes fauves font peur ; il faut attendre la fermeture pour que les
jolies femmes surgissent enfin des stands ; le C. R. N. S. ramenait ses
derniers invités à l'arrière d'une Estafette (conversation surprise sur
le stand où j'avais atterri [Il y avait du champagne.]) ; les éditions
Harlequin ont refusé de prendre le manuscrit lettriste d'un de mes amis
(un immense lipogramme sans le moindre sens et sans la lettre « y » ;
j'ai rencontré Mgr Gaillot dans une allée, accompagné de sa soeur aînée,
il est venu spontanément me serrer la main parce que je le considérais
d'un oeil peu amène. Un incroyable instinct de bête de scène. Je n'ai
pas osé lui parler de son affaire de plagiat (quand il s'est défaussé
sur son nègre de quelques emprunts). Je m'en suis tellement voulu de
m'être déballonné que je suis retourné me finir chez mon copain serveur.
Soirée moyenne.
>Sur Mac, les intervenant ont des couleurs différentes selon le nombre de
>chevrons. C'est pratique. Et sur PC ? (Je demande, c'est tout. Je ne
>suis pas militant Mac).
Sur PC, avec Agent Forté, la couleur est le bleu pour toute ligne
précédée d'un ou plusieurs chevrons.
Amicalement,
Didier
Heu..peut-être sur-estimé mes capacités à naviguer dans le
cyber-espace! En fait c'est Microsoft qui y perd puisque j'ai eu son
logiciel gratuitement par Wanadoo, alors que Forté je l'ai payé et
donc c'est le seul à avoir touché mes royalties. Bon je sais c'est un
peu tiré par les cheveux. Mais Forté n'avait qu'à faire une version
française de son logiciel.
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
> "Didier Pelleton" <didier....@wanadoo.fr> a écrit :
> Si l'on accepte sa syntaxe, ses ellipses, le rythme, les néologismes, alors
> oui. Mais, justement, le problème avec Céline est de savoir si l'on peut
> draguer la forme sans ramasser les immondices du fond.
> Il est de rigueur chez les amateurs du style de Céline de faire une
> distinction entre les deux premiers livres et les autres, les «Pamphlets»
> immondes, avec peut-être une exception pour «D'un château l'autre». C'est
> d'autant plus curieux que le style est le même, peut-être poussé au paroxysme
> de ces tics dans «Bagatelle pour un massacre», avec les mêmes termes ex:la
> musique « negro-judeo-saxonne» du Voyage n'étant pas encore repris en propre
> par l'auteur mais par un «prête-nom.»
De même, dans « Mort à crédit », les délires antisémites et antimaçons
sont placés dans la bouche du père.
> Ce qui m'étonne encore c'est la persistance des légendes sur la vie de Céline,
> reprise même par des gens de bonne foi. Sa prétendue trépanation
Oui. Il a été blessé au bras droit. Il n'a pas cessé de parler, et fort
lyriquement, de sa blessure à la tête dont on ne retrouve nulle trace.
> et prétendue guerre de 14
Non. « Prétendue » est de trop. Il a été blessé au début de la guerre.
Le cuirassier Destouches a reçu la médaille militaire, puis la croix de
guerre, et fait la Une l'« Illustré national ». À des fins de
propagande, évidemment. Mais peut-être est-ce cela qui lui a tapé sur la
tête.
> (Céline est ce qu'on a pu appeler à l'époque un "planqué" par relations)
Je ne sais pas. Mais il n'a plus combattu après sa blessure. À comparer
avec Drieu La Rochelle qui, si je me souviens bien, a été blessé deux
fois et est reparti au front quand même (la dernière fois, je crois même
qu'il était volontaire). Mais Drieu s'est toujours accusé d'être
lâche...
> , sa prétendue pauvreté, sa prétendue jeunesse difficile et ses prétendus
> voyages chez les damnés de la terre. Croire qu'il était anti-tout est aussi un
> contresens quand on connaît son goût immodéré pour l'argent et le succès.
> Comme artiste maudit il se pose un peu là.:-)
Il a tout de même réussi à l'être. Mais quel volontarisme !
> Quelques extraits significatifs:
> 2 communications à la Société de médecine de Paris, après son séjour en
> Amérique auprès des usines Ford:
> -Céline approuve les méthodes de Ford d'embaucher préférentiellement les
> ouvriers "tarés physiquement et mentalement" car dit Céline « dépourvus de
> sens critique et même de vanité élémentaire [ils forment] une main d'oeuvre
> stable et qui se résigne mieux qu'une autre». (in L'organisation sanitaire aux
> usines Ford, 1929) -Dans «Les assurances sociales et la politique économique
> de la santé publique» in La presse médicale 24 novembre 1928, Céline propose
> de créer une « vaste police médicale et sanitaire » dans les usines, chargée
> de convaincre les salariés que «la plupart des malades peuvent travailler». Et
> vlan pour le «bon docteur Destouches».
Dans le Voyage, le pauvre Bardamu travaille à la chaîne chez Ford.
> Sur sa conception de la littérature dans une lettre à Joseph Garcin datée du
> 13 mai 1933 à propos du «Voyage»:
> « Savoir ce que demande le lecteur, suivre la mode comme les midinettes, c'est
> le boulot de l'écrivain très contraint matériellement, c'est la condition sans
> laquelle pas de tirage sérieux (seul aspect qui compte)...Je choisis la
> direction adéquate, le sens indiqué par la flèche, obstinément.»
On pourrait multiplier les exemples concernant l'ambition de Céline et
ses différentes manières de travestir sa vie dans ses romans. Mais la
plupart des grands écrivains sont ambitieux, peu sympathiques, et sont
prêts à tisser leur légende pour la postérité.
> En lisant ces documents j'ai compris pourquoi le style de Céline m'avait
> toujours paru indigeste, outrancier, vaguement insincère, la véritable
> «littérature à l'estomac» définie pour d'autres par Gracq.
> Comme pendant à Céline, je conseille la lecture d'un pamphlet très drôle paru
> en 1938 «Céline en chemise brune» de Hanns-Erich Kaminski, un allemand exilé
> en France en 1933 puis en Argentine. Publié pour 10 F aux éditions «Mille et
> une nuits» Malgré la gravité du sujet (Kaminski est juif) les chapitres
> «Vivants à crédit» ou «A la source sacrée de la force allemande» (Gare à qui
> chie sur le Führer) sont particulièrement pointus en parodiant le style du
> «Troubadour du pogrom».
Ce livre m'avait rendu triste. Même si l'auteur est fort lucide, il est
encore loin d'imaginer ce qui va advenir.
> À comparer
> avec Drieu La Rochelle qui, si je me souviens bien, a été blessé deux
> fois et est reparti au front quand même (la dernière fois, je crois même
> qu'il était volontaire). Mais Drieu s'est toujours accusé d'être
> lâche...
Drieu avait des tendances suicidaires qu'on lit très bien dans son journal,
même sans connaître sa fin.
On ne connaît jamais très bien les causes de l'héroïsme, pas plus que de la
lâcheté...
a+, Dominique
> Je suis loin d'être un spécialiste de Céline que sa réputation d'une part et
> quelques tentatives de lecture vite abandonnées, rebuté que j'étais de prime
> abord par son style, m'ont fait ignorer jusqu'à il y a peu. Sous la pression
> amicale d'un de mes filleuls, enragé de Céline (et néanmoins radicalement
> opposé aux idées du bonhomme), j'ai mis mes dernières vacances à profit pour
> lire -- enfin -- "Mort à crédit".
Voilà ce qui nous sépare. J'ai lu Céline trop jeune. Et je l'apprécie de
moins en moins avec l'âge. Dans son style, il y a un parti-pris
tape-à-l'oeil et prise aux tripes qui finit par lasser. Une précision :
Céline est, avec Proust, le grand écrivain français du XXe siècle. Il
serait inepte de le nier. Il n'est pas question de ne pas le lire. Tout.
(Je *crois* que c'est Lucette Almanzor, la veuve de Céline, qui a
interdit la réédition des pamphlets. Ce n'est pas une décision de
justice, ou pas encore.) Mon interrogation portait sur autre chose. La
langue de Céline ne porte-t-elle pas, dans sa forme même, les ferments
de ses dérives, et de celles de ses plagiaires. Je me posais la
question. Et j'en faisais part sur falafel (forum de discussion). Je
n'ai pas un dossier tout prêt.
> Passé les premières pages que j'ai à nouveau trouvées ennuyeuses, le livre m'a
> littéralement envoûté. Le narrateur est féroce, pour lui-même et pour les
> autres, mais doué d'un sens aigu de l'observation, de la description des
> comportements et des mentalités. On y découvre en plus, surtout dans la
> deuxième partie, un auteur d'une drôlerie incroyable. Les néologismes sont
> généralement bien trouvés. J'avais un peu plus de mal avec certains mots de
> vocabulaire populaire et vieilli qui m'échappaient, mais que le contexte
> éclairaient quand même suffisament, le plus souvent. Mais bien souvent au
> contraire, j'étais ravi de retrouver écrits des mots ou des expressions
> populaires que je n'avais jamais lus, ou même plus jamais entendus depuis
> belle lurette, et qui me rappelaient la conversation de lointains aieuls. La
> syntaxe particulière de Céline, à rebours de celle qu'on m'a appris à
> pratiquer et à aimer, demande un nouvel apprentissage ; je m'y suis bien
> habitué sans réussir à discerner si elle était indispensable au but poursuivi
> (en d'autres termes, le livre aurait-il été moins bon s'il avait été écrit
> dans une syntaxe plus classique ?).
J'ai déjà parlé de cela d'une autre manière. D'après certains
Anglo-saxons, et peut-être parce qu'ils baignent dans une langue à la
syntaxe plus souple, « Mort à crédit » se réduit à une espèce de roman
picaresque. Comme on peut réduire le « Voyage » à un roman populiste.
L'écart à la norme est sans doute moins perceptible dans une traduction.
> Reste la question des points de suspension dont, à mon sens, Céline abuse ;
> d'ailleurs dans les passages oniriques, où ils sont la règle unique de la
> ponctuation, j'ai trouvé le procédé vraiment lassant et j'ai dû sauter
> quelques passages de ce type. À noter parce que cela rejoint un ancien fil de
> fllf l'emploi très fréquent de "tantôt" pour désigner l'après-midi, et, je
> crois l'avoir déjà mentionné sur un autre fil, le souvenir intéressant de
> Céline se rappelant dans son enfance une vieille parente, vendeuse au carreau
> du Temple, qui employait encore l'imparfait du subjonctif et que l'on trouvait
> justement ringarde à cause de cela.
Céline, lui-même, joue sur tous les niveaux de langue.
>> Didier Pelleton a écrit :
>> À comparer avec Drieu La Rochelle qui, si je me souviens bien, a été blessé
>> deux fois et est reparti au front quand même (la dernière fois, je crois même
>> qu'il était volontaire). Mais Drieu s'est toujours accusé d'être lâche...
> Drieu avait des tendances suicidaires qu'on lit très bien dans son journal,
> même sans connaître sa fin.
C'est vrai. Et Drieu nourrissait, voire exhibait, un profond mépris pour
sa propre personne, ce qui n'est pas le cas de Céline.
> On ne connaît jamais très bien les causes de l'héroïsme, pas plus que de la
> lâcheté...
22 heures. Paris vire à gauche. Tant mieux.
> Oui. Il a été blessé au bras droit. Il n'a pas cessé de parler, et fort
> lyriquement, de sa blessure à la tête dont on ne retrouve nulle trace.
À part dans sa politique. ;-(
JLL
>> Pelleton :
[...]
> C'est vrai. Pour moi Céline est contre tout, anti-tout ;
>> Voire...
> Voire quoi ?
Disons simplement qu'il ne met pas le même entrain à critiquer, ou à
injurier, les uns et les autres.
[...]
gbog, c'est vraiment très difficile de vous répondre, même si je vous
lis relativement facilement. Mon logiciel (Outlook) est très mal adapté
à vos barres. Le mien ne comprend que les chevrons. Quand je demande de
« nettoyer le texte », de « remettre les paragraphes à la ligne », tout
se mélange indistinctement. Mes réponses ne peuvent être que cursives.
Dans le passe, j'ai eu une amie francaise, qui a fait une these doctorale au
sujet de Celine. J'ai lu le "Voyage", c'est un livre interessant et
difficile. Les anglo-saxons sont en faute, parce-qu'ils reduisent souvent
les idees de Celine a celles d'un collaborateur avec le fascisme (et en
consequence, ses idees doivent etre nulles - sans meme reflechir - n'est-ce
pas?).
Celine est complexe et interessant, mon ancienne amie a meme trouve des
echos de la religion Cathare la dedans.
Oui très bonne idée, inondons les de réclamations in French.
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
Les faits : Céline devance l'appel en 1912 pour finir au plus vite
son service car après des études en Angleterre et en Allemagne sa
famille (qui possède un château, et est vaguement noble ), selon sa
correspondance d'alors, le destine au commerce international. La
guerre le surprend sous l'uniforme (donc il n'a nullement devancé
l'appel comme il le prétendra plus tard. A l'époque le service était
de deux ans).
Il fera exactement 3 mois de guerre, ce qui me pousse à parler de
"prétendue guerre", mon grand père en ayant pris pour au moins 3 ans
;-). Il est blessé au bras et grâce à sa famille influente et à son
oncle qui est un ponte à la faculté de médecine de Paris il est
réformé définitivement. Il n'y a aucune trâce d'un croix de guerre.
L'article dans «l'Illustré national» ne faisait pas la une et a été
déplacé ultérieurement pour en faire une couverture ce qu'il n'était
nullement. Il épouse ensuite la fille d'un professeur à la faculté de
médecine de Rennes qui en échange de sa protection pour l'étudiant en
médecine, devient grâce au tonton de Céline, Directeur de l'école de
médecine, puis membre de l'Académie de Medecine. Ce traffic
d'influence ressemble bien au moeurs médicales de l'époque mais pas au
médecin de Mort à crédit. Céline voyage ensuite en Europe et en
Amérique comme fonctionnaire de la SDN, logé dans les palaces réservés
à cette caste .
Dans la lettre à Garcin du 13 mai 1933: «Evidemment, dans les
interviews j'amuse la galerie, pitre autant que je peux»
.| Il a tout de même réussi à l'être. Mais quel volontarisme !
|
Il semble que le manuscrit du Voyage ait fait de larges emprunts au
manuscrit d'un certain Marcel Lafaye (que connaissait Garcin) jamais
publié. La fille de Lafaye témoignera plus tard à Pierre Lainé un des
biographes de Céline «L'aventure vécue par Bardamu ressemble point par
point à celle vécue par mon père». Après tout le plagiat est on le
sait aussi une possibilité dans la littérature.
.| On pourrait multiplier les exemples concernant l'ambition de Céline
et
| ses différentes manières de travestir sa vie dans ses romans. Mais
la
| plupart des grands écrivains sont ambitieux, peu sympathiques, et
sont
| prêts à tisser leur légende pour la postérité.
|
A ce point de falsification je crois que personne n'est arrivé.
L'imposture est d'autant plus grande qu'une grande partie du succès
critique de Céline est fondée sur la véracité «poignante» de cette
expérience humaine. Imaginez qu'on vous dise que le livre de Primo
Lévi a en fait été écrit par un ancien SS , ou «l'archipel du Goulag»
par un ancien commissaire stalinien pour se faire du fric en Occident.
La survivance de la mystification célinienne est d'autant plus
curieuse que dans «Les entretiens avec le Professeur Y» Celine abat en
partie le masque assez cyniquement sur l'avantage de sa «petite
musique» pour «ensorceler» les foules grâce à des «rails biseautés».
Aucun écrivain n'a bâtit une telle légende, aussi contraire à la
vérité, je vous défie de me citer un exemple aussi patent. Des petits
arrangements oui, mais là il s'agit vraiment d'un faux systématique.
| > Comme pendant à Céline, je conseille la lecture d'un pamphlet très
drôle paru
| > en 1938 «Céline en chemise brune» de Hanns-Erich Kaminski, un
allemand exilé
| > en France en 1933 puis en Argentine. Publié pour 10 F aux éditions
«Mille et
| > une nuits» .
|
| Ce livre m'avait rendu triste. Même si l'auteur est fort lucide, il
est
| encore loin d'imaginer ce qui va advenir.
Je ne crois pas. Kaminski venait d'Allemagne où tout avait déjà
commencé, et où la nuit de cristal ne pouvait laisser aucun doute sur
le sort que les nazis réservaient aux juifs. Et il était d'autant plus
lucide qu'il était aussi anti-stalinien. «Des fous individuels nous
menacent et des folies collectives nous guettent» dit-il en
conclusion. L'existence d'un Kaminski au contraire ne peut que
réjouir.
Ce qui me rend triste moi c'est que la camelote de Céline soit encore
offerte au chaland comme de la marchandise de premier choix,
Sollersiens et compagnie aidant, qu'on se gargarise de Paul Morand et
de son journal (affligeant d'après les extraits, quant aux livres ça
vieillit mal) alors que personne ne lit leurs contradicteurs de
talent. Vichy c'est vraiment un passé qui ne passe pas. A quand la
réhabilitation des oeuvres impérissables d' Abel Bonnard, appelé par
mon père et ses copains (à 16 ans dans les maquis de l'Ain) «La
gestapette» ou «Ah quel Connard»? C'est comme si on se gargarisait du
«Don paisible» en oubliant Babel Mandelstam et les autres.
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
|
| Dans le passe, j'ai eu une amie francaise, qui a fait une these
doctorale au
| sujet de Celine. J'ai lu le "Voyage", c'est un livre interessant et
| difficile. Les anglo-saxons sont en faute, parce-qu'ils reduisent
souvent
| les idees de Celine a celles d'un collaborateur avec le fascisme (et
en
| consequence, ses idees doivent etre nulles - sans meme reflechir -
n'est-ce
| pas?).
Non Céline n'était pas un collaborateur officiel, il considérait la
collaboration comme trop "enjuivée" et trop «laxiste» envers les
juifs, ce sont ses propres termes. D'autre part il n'a jamais écrit
«pour» des journaux de la collaboration il s'est contenté d'écrire
«à » ces journaux en dénonçant les juifs et les communistes. Entre
autres il a dénonçé plusieurs fois Robert Desnos s'étonnant qu'on
n'ait pas encore embarqué ce «youtre». Desnos est mort finalement dans
un camp comme Céline le réclamait. Céline a également écrit à la
Gestapo pour dénoncer Cocteau, Serge Lifar, La Pavlova, le directeur
de la Bibliothèque nationale Huysmans, les médecins Rouquès et
Mackiewicz. Il détestait Pétain et Laval c'est vrai et n'admirait que
les SS. (Laval avait une gueule de juif selon lui) Pendant son procès
un de ces voisins à Montmartre témoignera tout de même que Céline
s'est arrêté de dénoncer des juifs à la police à partir de 1943
(Stalingrad et débarquement en Afrique du Nord). Antisémite mais pas
téméraire :-)
(Témoignage de Chamfleury dans les Cahiers de L'herne 1963)
| Celine est complexe et interessant, mon ancienne amie a meme trouve
des
| echos de la religion Cathare la dedans.
|
Eh bien elle a une drôle de façon de chercher votre ami. Moi je
verrais plutôt du Walt Disney là dedans. Ou «Les protocoles des sages
de Sion»
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
>> "Didier Pelleton" a écrit :
>>> CathyL avait écrit:
>>> blessure prétendue guerre de 14
>> Non. « Prétendue » est de trop. Il a été blessé au début de la guerre. Le
>> cuirassier Destouches a reçu la médaille militaire, puis la croix de guerre,
>> et fait la Une l'« Illustré national ». À des fins de propagande, évidemment.
>> Mais peut-être est-ce cela qui lui a tapé sur la tête.
> Les faits : Céline devance l'appel en 1912 pour finir au plus vite son
> service car après des études en Angleterre et en Allemagne sa famille (qui
> possède un château,
Vous êtes sûre que ce n'est pas « possédait » ?
> et est vaguement noble ), selon sa correspondance d'alors, le destine au
> commerce international. La guerre le surprend sous l'uniforme (donc il n'a
> nullement devancé l'appel comme il le prétendra plus tard. A l'époque le
> service était de deux ans).
Il s'est engagé pour trois ans (28 septembre 1912).
> Il fera exactement 3 mois de guerre, ce qui me pousse à parler de "prétendue
> guerre", mon grand père en ayant pris pour au moins 3 ans ;-). Il est blessé
> au bras et grâce à sa famille influente et à son oncle qui est un ponte à la
> faculté de médecine de Paris il est réformé définitivement. Il n'y a aucune
> trace d'un croix de guerre.
Je cite l'Album Céline de la Pléiade (1977) : « Il est médaillé
militaire le 24 novembre 1914, puis croix de guerre avec étoile
d'argent. » Mais cet ouvrage n'est pas très fiable. C'est surtout un
travail d'iconographe. Dans le « Céline » de François Gibault et dans la
biographie du premier tome de la Pléiade (sous la direction d'Henri
Godard), on ne fait mention que d'une médaille militaire (documents à
l'appui).
> L'article dans «l'Illustré national» ne faisait pas la une et a été déplacé
> ultérieurement pour en faire une couverture ce qu'il n'était nullement.
« Ultérieurement », c'est-à-dire ? J'ai la photo de la couverture sous
les yeux. C'est un truquage ?
> Il épouse ensuite la fille d'un professeur à la faculté de médecine de Rennes
> qui en échange de sa protection pour l'étudiant en médecine, devient grâce au
> tonton de Céline, Directeur de l'école de médecine, puis membre de l'Académie
> de Medecine. Ce traffic d'influence ressemble bien au moeurs médicales de
> l'époque mais pas au médecin de Mort à crédit. Céline voyage ensuite en Europe
> et en Amérique comme fonctionnaire de la SDN, logé dans les palaces réservés à
> cette caste . Dans la lettre à Garcin du 13 mai 1933: «Evidemment, dans les
> interviews j'amuse la galerie, pitre autant que je peux». Il semble que le
> manuscrit du Voyage ait fait de larges emprunts au manuscrit d'un certain
> Marcel Lafaye (que connaissait Garcin) jamais publié. La fille de Lafaye
> témoignera plus tard à Pierre Lainé un des biographes de Céline «L'aventure
> vécue par Bardamu ressemble point par point à celle vécue par mon père». Après
> tout le plagiat est on le sait aussi une possibilité dans la littérature.
Une possibilité, bien sûr. Je ne connais pas cette histoire, mais je
doute que Céline ait eu besoin d'avoir recours au plagiat. Tout au moins
aura-t-il été plus plagié que plagieur.
>> On pourrait multiplier les exemples concernant l'ambition de Céline et ses
>> différentes manières de travestir sa vie dans ses romans. Mais la plupart des
>> grands écrivains sont ambitieux, peu sympathiques, et sont prêts à tisser
>> leur légende pour la postérité.
> A ce point de falsification je crois que personne n'est arrivé. L'imposture
> est d'autant plus grande qu'une grande partie du succès critique de Céline est
> fondée sur la véracité «poignante» de cette expérience humaine. Imaginez qu'on
> vous dise que le livre de Primo Lévi a en fait été écrit par un ancien SS , ou
> «l'archipel du Goulag» par un ancien commissaire stalinien pour se faire du
> fric en Occident. La survivance de la mystification célinienne est d'autant
> plus curieuse que dans «Les entretiens avec le Professeur Y» Céline abat en
> partie le masque assez cyniquement sur l'avantage de sa «petite musique» pour
> «ensorceler» les foules grâce à des «rails biseautés». Aucun écrivain n'a
> bâtit une telle légende, aussi contraire à la vérité, je vous défie de me
> citer un exemple aussi patent. Des petits arrangements oui, mais là il s'agit
> vraiment d'un faux systématique.
Si j'étais droite, et spécialiste de la littérature de gauche, je suis
sûr que je pourrais vous donner mille exemples (songez à la production
officielle de l'ère soviétique).
[...]
Vous êtes très emportée, un rien trop militante. N'oubliez pas quand
même que le « Voyage » et « Mort à crédit » sont des romans, et publiés
comme tels. Mais vous avez raison de dire que le succès du « Voyage »
s'est «fondée sur [l'illusion d'une] véracité poignante de cette
expérience humaine » et que Céline a tout fait pour entretenir, par ses
mensonges, les malentendus et les légendes. J'aurais voulu que le débat
porte davantage sur la forme. En quoi reflète-t-elle les positions
populistes et démagogiques de Céline ? Est-ce un faux problème ? Peut-on
réellement apprécier ses premiers romans et mettre de côté ses
pamphlets, voire la suite de son oeuvre ? Comment lire une page de
Céline sans admettre qu'il tord brillamment le cou au français
académique ?
Sur le fond, il y a belle lurette que je n'ai plus d'illusions...
premier romans inclus.
Quant à Morand, je ne comprends pas non plus l'engouement actuel, et
passé, des critiques à son égard. Tout de même... « Hécate et ses
chiens » est un petit bijou de perversité.
Non, mais c'est le cas sur google, même avec les |
| > Ça c'est vraiment génial mais ce n'est pas dû à Mac. Sur les conseils
| > de Bernard, j'ai acheté Forté Agent qui tourne sur mon Pc, et lui
| > aussi donne des couleurs différentes aux intervenants dans les
| > messages. Mais comme je préfère tout de même Outlook (habitude?
| > ringardise?) je n'ai plus de couleurs.
| >
| Justement, sur Mac, Outlook 4. 5 vous fait une couleur différente pour
| chaque participant (5 ou 6). Mais sans doute sur PC également si l'on
| sait le paramétrer.
Non je crois pas qu'on puisse sur pécé.
Oui.
J'avais opté pour les barres pensant que de nombreuses imbrications se
verraient mieux et que les lignes, ne dépassant pas à cause de l'adjonction
de chevrons, seraient moins salement coupées.
Le deuxième argument ne tient pas puisque c'est le nombre de caractères
et non la largeur de la ligne qui compte. Voyons, voyons.... j'hésite encore
un peu... Me pardonnera-t-on de remettre pour quelques jours cette
éventuelle modification du paramétrage de mon logiciel ?
Je sais, ça ne se fait pas : mais vous dites ce que je n'aurais pas sû dire.
----------
Dans l'article <995ou7$knq$1...@news2.isdnet.net>, "gbog"
<gb...@caramail.com> a écrit :
En tout cas, maintenant il y a des chevrons, et c'est bien mieux.
>on se gargarise de Paul Morand et
>de son journal (affligeant d'après les extraits, quant aux livres ça
>vieillit mal) alors que personne ne lit leurs contradicteurs de
>talent.
Bof... Quand on a lu « France la Doulce » (avec ses cosmopolites qui
envahissent la production du cinéma français), « New-York » (et ses
propos sur les hordes à papillotes, sales, puantes, qui infestent Ellis
Island), « Magie noire » (aux délires sur la nature magico-sexuo-animale
des noirs), « Hécate et ses chiens » (en pleine fantasmagorie
pseudo-mythologique sur le rôle pervers des Arabes et la psychanalyse
aurait beaucoup à dire sur lui même s'il la cite par prévention), sans
compter les « Propos de 52 semaines » et quelques ouvrages de la belle
époque de l'occupation, on ne peut qu'être fixé sur le bonhomme... Un
triste sire qui a adopté les pires poncifs ou préjugés de son milieu
social. Le journal ne montre qu'une chose : Morand persiste et signe
toutes ses ignominies. Il s'est contenté sur le tard de masquer sa
crapulerie profonde à travers des « Venises », mais l'inconscient
revient vite à la surface, voir « Hécate » et tout son flot propre
d'idées sales à inspirer Reich et Marcuse. Fallait-il exhumer des pages
de journal pour savoir à quoi s'en tenir lorsqu'on sait que le diplomate
est revenu de Londres où il était en poste *après* le 18 juin pour se
mettre à la disposition du nouveau régime en France ? Crapule jusqu'au
bout...
Je retiens quand même de lui le début de « Flèche d'Orient » qui égale
les meilleures pages de Jules Romains (oui !) et de Dos Passos, parce
que c'est d'un raccourci brutal. Et puis, un bijou « Parfaite de
Saligny » (Stock) -- bijou réactionnaire, mais parfait, digne de Barbey.
C'est son meilleur texte, il n'y a aucune divagation racialiste -- parce
que même dans « Ouvert la nuit » et « Tendres docks » alors qu'il
fréquentait Proust, c'était déjà présent --, il n'y a vraiment rien de
trop, pas de graisse, pas de faux muscles pour montrer combien il écrit
vite et bien... Je me demande encore comment il a pu s'oublier au point
d'écrire une nouvelle aussi sèche et à la perversité retenue,
dissimulée. Cela ne ressemble pas à l'étalage de racisme dont il a fait
la preuve plus tôt que ce fameux journal... Comme s'il fallait lire le
journal pour savoir ce qui était écrit entre 1940 et 1944...
Dominique
>Didier Leroi a écrit dans le message
><9079btsren67vkni6...@4ax.com> :
>>Sur PC, avec Agent Forté, la couleur est le bleu pour toute ligne
>>précédée d'un ou plusieurs chevrons.
>Elle est au choix. Options > Display preferences > Quoted text.
Oui, en effet. Dans l'option "Quoted text markers", j'ai mis:
>:|#<]
au fur et à mesure des besoins.
Mais toutes les réponses antérieures à la dernière, donc précédées de
l'un des signes marqués, ont une seule et même couleur. Dans mon cas
le bleu, par défaut.
J'ai cru comprendre qu'avec Mac, les couleurs sont différentes en
fonction du nombre de chevrons (ou autre marqueur).
Merci pour votre réponse,
Didier
> Si j'étais droite, et spécialiste de la littérature de gauche, je
suis
> sûr que je pourrais vous donner mille exemples (songez à la
production
> officielle de l'ère soviétique).
litterature?
plutot propagande!
> Ermite <ere...@eremus.fr> in fr.lettres.langue.francaise
> wrote/écrivait/schreef:
>> Didier Leroi a écrit dans le message :
>>> Sur PC, avec Agent Forté, la couleur est le bleu pour toute ligne précédée
>>> d'un ou plusieurs chevrons.
>> Elle est au choix. Options > Display preferences > Quoted text.
> Oui, en effet. Dans l'option "Quoted text markers", j'ai mis:
>> :|#<]
> au fur et à mesure des besoins. Mais toutes les réponses antérieures à la
> dernière, donc précédées de l'un des signes marqués, ont une seule et même
> couleur. Dans mon cas le bleu, par défaut. J'ai cru comprendre qu'avec Mac,
> les couleurs sont différentes en fonction du nombre de chevrons (ou autre
> marqueur).
Seulement en fonction des chevrons, les autres marqueurs ne marchent pas
et sont pris comme du texte. C'est horrible à remettre en page. Une fois
sur deux, j'abandonne.
Il y a cinq couleurs : noir, bleu, vert, rouge, violet ; de la
contribution la plus récente à la plus vieille. C'est automatique sur
Outlook-Mac, je n'ai rien paramétré pour ce faire.
Et déjà cité par Joye. Mais aujourd'hui dans Libé, dessin humoristique
où on voit Bush Jr en compagnie d'Ariel Sharon devant un globe
terrestre. Cette mappemonde ne représente que les USA (avec une île à
côté qu'on devine être l'Alaska) et l'Océan immense. Tout le reste a
disparu. Bush est en train de regarder la mappemonde et dit à Sharon:
«Israël?..»
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
> Quel besoin de recourir à des anecdotes dérisoires (croix de guerre ou piston,
> petitesses quotidiennes, etc.) pour « prouver » que Céline était une ordure ?
> L'essentiel suffit amplement. Ajouter l'accessoire, lui faire côtoyer
> l'innommable n'est pas tracer un portrait plus fidèle, cohérent à n'y pas
> croire, c'est rendre l'attaque mesquine. Plus grave, c'est laisser supposer
> que l'essentiel serait insuffisant. Oui, Céline était une ordure. Qui en doute
> encore ? C'est aussi un écrivain incomparable, incommensurable, prodigieux, un
> astre sombre, une charogne géniale.
Moi qui n'ai pas la générosité de gbog, je vous en veux d'avoir dit ces
choses-là aussi bien. Gare aux « jaloux saboteurs aux yeux de
crocodile... » ! [Vieille chanson zaïroise.] D'un côté, je préfère me
farcir vos piques.
Nombre de stylistes sont puants. Comme si la liberté de ton s'acquérait
à contre-courant, fût-il le pire, et engendrait son lot de créateurs
réactionnaires et misanthropes. (Proust n'est pas si humaniste, tant
s'en faut, il suffit d'avancer dans la Recherche pour s'en persuader)
Faut-il toujours préférer la justice à la liberté ?
Pas mal, ta trombine ! :-)
>
>au fur et à mesure des besoins.
>Mais toutes les réponses antérieures à la dernière, donc précédées de
>l'un des signes marqués, ont une seule et même couleur. Dans mon cas
>le bleu, par défaut.
>J'ai cru comprendre qu'avec Mac, les couleurs sont différentes en
>fonction du nombre de chevrons (ou autre marqueur).
Avec slrn aussi.
Marion
--
Marion Gevers,
Newcastle, NSW, Australia
mar...@eepjm.newcastle.edu.au
> Nombre de stylistes sont puants.
les cas de Pound ou d'Artaud sont intéressants aussi, faire exploser
la langue en laissant passer tous ses refoulés, ses zones d'ombre, son
babel, jusqu'à son absence de sens -- et dans le même temps faire
allégence à une dictature...
--
Thierry Bouche
__
« Ils vivent pour vivre, et nous, hélas ! nous vivons pour savoir. »
Charles Baudelaire, Paris.
Passé à trois ans en 1913, c'était la fameuse loi «des trois ans». Je
n'y peux rien si ces faits vous sont inconnus, c'est au programme de
Terminale. Céline ne pouvait pas la prévoir, en 1912, cette loi. Il ne
s'est pas «engagé», il a devancé l'appel du service militaire avec
aucune guerre à l'horizon. Vous êtes têtu hein? Tant mieux pour lui de
toute façon, haïr la guerre est une qualité, certainement pas un
défaut. Ce qui est moche c'est de s'approprier les souffrances
d'autrui quand on a pu se planquer (selon moi il a bien fait de se
planquer, et de ne pas y rester dans cette boucherie, je critique
seulement la pause «héroïque» ensuite, assez minable, sans doute pour
concurrencer le succès d'un Barbusse, qui s'y est laissé prendre
d'ailleurs lui aussi)
|.Juste un point, relatif à votre « lecture militante »,
|qui
| me semble excessive, voire dangereuse.
Une lecture militante? Où ça? Dangereuse? Vraiment? Dangereuse pour
qui? Vous n'avez pas peur d'exagérer un peu là?
| Non que je sois opposé à son
| oriention... précisément parce que c'est en partie la mienne.
Il ne s'agit pas d'être opposé ou non à une orientation quelconque la
votre, la mienne ou celle de Tartempion. Il s'agit d'examiner tous les
faits et de ne pas rejeter ceux qui dérangent.
|Faire
|de
| Céline un plagiaire sans véritable talent, un poseur de seconde zone
|est
| une telle énormité qu'elle nuit à une juste cause...
Ce n'est pas ce que j'ai fait. Vous caricaturez mon propos pour mieux
l'attaquer mais ce n'est pas honnête. Je rapporte simplement une
possibilité de source pour le «Voyage» que personne n'évoque jamais,
mais je ne la présente pas comme vérité prouvée. (les seuls
témoignages qu'on possède étant celui de la fille de l'intéressé.) De
toute façon de grands auteurs ont piqué leur sujet à de vagues
tâcherons cela ne me dérange pas. Mais ce que je montre, c'est que, en
aucun cas, il ne s'agit, comme Céline l'a prétendu dans TOUS ses
interviews et ses articles, de souvenirs authentiques. Céline n'a
jamais vécu comme Bardamu. Cela n'aurait aucune importance, s'il
n'avait pas toujours prétendu le contraire. J'ai le droit de le
prendre en flagrant délit de mensonge puisque c'est lui qui a prétendu
à la vérité autobiographique. Qu'il soit un poseur c'est donc un fait
avéré, et prouvé, pas une opinion.
Ce qui est affaire d'opinion par contre c'est son talent littéraire.
Celui-ci, malgré que vous en ayez, n'est pas un fait. C'est une
opinion largement répandu. Mon opinion est que ce talent est très
surfait. C'est mon opinion. Et je la partage. :-)
| J'irais même
| jusqu'à dire qu'elle risque de la discréditer. Vieux débat...
Vous voulez dire vieille lune ! Mais toujours mise en avant pour la
même raison. Sauver coûte que coûte une partie de sa mise qu'on
voudrait bien ne pas remettre en question complètement. (C'était les
mêmes arguments contre Kravchenko = t'exagère mon vieux. Des camps?
dans la Patrie des travailleurs? quelle énormité! Tu discrédite ton
propos) .. Les faits sont des faits et ils ne discréditent rien en
eux-mêmes. Seul le mensonge découvert discrédite le menteur. Je n'ai
pas de thèse sur Céline. J'ai du mal à comprendre le respect
littéraire sans discernement ni examen dont il jouit, c'est vrai. Moi
il m'a toujours fait suer, je sauverais seulement les pamphlets, comme
témoignage de l'abjection d'une époque. :-P
| Quel besoin de recourir à des anecdotes dérisoires (croix de guerre
|ou
| piston, petitesses quotidiennes, etc.) pour « prouver » que Céline
était
| une ordure ?
Non, simplement pour décrire les mécanismes d'une manipulation du
lecteur de la critique et de l'opinion. Dont votre réaction est un des
résultats lointains mais tangibles. Décrite par Céline lui-même, bien
plus tard et avec quel cynisme dans «Entretien avec M.Y». Mais
apparemment il n'est pire sourd... Le débat sur le style de Céline,
comme le dit Didier P, est un autre débat. Mais il n'est pas étranger
à celui-ci. De même que le débat sur le «magnétisme» du style oratoire
de Hitler. Je ne cherche pas à «prouver» que Céline est une «ordure».
Ce genre d'approximation ne m'intéresse pas.
| L'essentiel suffit amplement.
| Ajouter l'accessoire, lui
| faire côtoyer l'innommable
n'est pas tracer un portrait plus fidèle,
| cohérent à n'y pas croire, c'est rendre l'attaque mesquine.
Vous avez une curieuse idée de l'analyse critique, qu'elle soit
historique ou littéraire.
Pourquoi faudrait-il taire certaines choses? Sous quel prétexte? Ne
pas être «mesquin»?
Excusez-moi de trouver ça infantile. Si l'auteur écrivait une
magnifique méditation sur la vanité des richesses, vous trouveriez
mesquin de signaler son goût pour les comptes en Suisse numérotés et
le trafic de cocaïne ? Il ne s'agit pas de donner des détails
scabreux sur la vie privée de l'auteur, chose en effet hors sujet (et
pas mesquine, nous ne sommes pas dans une cour de récré), il s'agit de
démonter une manipulation du lecteur et de la critique. Cela jette à
mon avis une lumière différente sur certains
partis pris stylistiques de l'auteur. Il n'est pas «mesquin», mais
salutaire de faire remarquer qu'un homme qui témoigne, sur son honneur
(sic), de la véracité du complot judeo-maçonnique en France est un
témoin extrêmement douteux sur d'autres sujets aussi. Il n'est pas non
plus anodin de noter qu'un homme qui a fait sa fortune littéraire avec
un personnage de maudit, de persécuté, de victime, était en fait tout
autre chose et même le contraire sur bien des plans. Du point de vue
du style, l'espèce de vomissement sans frein de phrases apparemment
juxtaposées, l'avalanche de mots qui étourdissent, et le recours
systématique aux allusions à double sens, aux plaisanteries sordides
pas franchement assumées, me paraissent en parfaite harmonie avec ce
que vous appelez le côté «sombre».
|Plus grave,
| c'est laisser supposer que l'essentiel serait insuffisant.
...........
|Oui, Céline
| était une ordure.
Là c'est vraiment tirer l'argument par les cheveux jusqu'à l'absurde.
M'accuser, alors que je dénonce l'imposture de l'auteur, de risquer de
faire oublier ses autres crimes, que justement je dénonce avec des
faits, et pas en me contentant comme vous d'un mot vague "ordure"
(?), cela s'appelle, si on est gentil un contre sens, si on l'est
moins de la très mauvaise foi.
Qu'est-ce que l'essentiel pour vous? L'antisémitisme de Céline? Son
attitude pendant l'occupation? Et vous croyez que c'est simplement en
le qualifiant «d'ordure» puis en passant à autre chose («mais ah! quel
génie») que vous atteignez l'essentiel? Qui minimise ici?
Je doute que le qualifier d'ordure d'ailleurs suffise à démontrer,
analyser ou expliquer quoi que ce soit.
Ce fil n'avait pas d'ailleurs commencé sur Céline antisémite et
dénonciateur. Le sujet était son style, qui correspond à l'objet de ce
forum. Puis on est passé à l'adéquation d'un style et d'un type
d'oeuvre littéraire. La langue de Céline a été louée par la critique
comme «miroir» d'une certaine réalité ou surréalité humaine, la
réalité populaire des humbles, la décomposition d'un monde après la
guerre, l'ère des masses indifférenciées. Utilisation massive de
l'argot ou du langage populaire, abandon de la syntaxe classique
etc... Je crois donc légitime de souligner qu'il s'agit d' une
re-création de pure imagination. La belle affaire, c'est exactement ce
que fait tout auteur s'il a du talent, direz-vous et dirons-nous tous.
Oui justement, tout auteur n'éprouve pas le besoin de faire croire
qu'il est dans la vie exactement comme ses héros et qu'il parle et vit
«comme dans le livre». Ça c'est bon en général pour les mauvais
auteurs qui ont besoin de vendre leur camelote sous le label «document
vécu».
Il n'est pas innocent, [et il faut être sacrément naïf pour croire que
c'est par jeu littéraire], de se faire passer pour un héros de guerre
dans les années 30 ou pour un pauvre hère, et parler des damnés de la
terre quand les idées communistes deviennent à la mode dans
l'intelligentsia. Le grand succès de Céline a d'abord été orchestré,
ironiquement, mais pas tant que ça, par Barbusse Aragon, Trostky, et
tout le PC.
«Mort à crédit» était présenté comme un roman largement
autobiographique quand il est sorti. Cela fait de Céline un vrai
littérateur comme le dit Didier. Cela en fait aussi un faussaire, ce
qu'ont été, contrairement à ce que dit Didier, peu de grands
créateurs.
On aurait pu en rester au style de Céline mais avec lui difficile
d'oublier le reste. Je ne suis pas capable, moi, de discourir
uniquement de la proposition subordonnée dans «Mein Kampf» .
En résumé vous m'avez fait, je crois, un procès d'intention et
peut-être même «stalinien» ;-) J'aurais une responsabilité «objective»
dans la banalisation de « l'essentiel», puisque évidemment vous ne me
soupçonnez tout de même pas de le faire volontairement.
Votre thèse c'est : «une ordure, mais quel talent! ». Je n'ai pas
compris si «l'essentiel», pour vous, était dans «ordure» ou «quel
talent»..
| C'est aussi un écrivain
| incomparable, incommensurable, prodigieux, un astre sombre, une
charogne
| géniale.
Même si je trouve le style de Céline lourd, répétitif, son
misérabilisme grasseyant fatiguant et démagogique, ses tics de
langage ou d'écriture (ah ces points de suspension) insupportables, si
nous devions en discuter sérieusement, j'éviterais de me contenter
d'adjectifs relativement imprécis.
Quant à son style, il n'est pas incomparable, voyez San Antonio. Je
fais l'impasse sur vos notions d' «incommensurable, prodigieux et
astronomiquement obscur ou obscurément astronomique».
P.s. Céline c'est comme Dreyfus, si on veut manger tranquille en
famille, il ne faut pas le mettre sur le tapis. J'ai l'habitude avec
mon père, qui dit de lui la même chose que vous. ;-)
--
CathyL
legna.c...@wanadoo.fr
CathyL a écrit :
> On aurait pu en rester au style de Céline mais avec lui difficile
> d'oublier le reste. Je ne suis pas capable, moi, de discourir
> uniquement de la proposition subordonnée dans «Mein Kampf» .
Moi non plus. Votre opinion n'est pas partagée par vous seule... :-)
>> "Lacroux" :
>> Pas bien malin, ce jeune Destouches... Ainsi, il se serait engagé pour trois
>> ans, afin d'en finir au plus vite avec un service militaire de deux ans ?
> Passé à trois ans en 1913, c'était la fameuse loi «des trois ans». Je n'y
> peux rien si ces faits vous sont inconnus, c'est au programme de Terminale.
> Céline ne pouvait pas la prévoir, en 1912, cette loi. Il ne s'est pas
> «engagé», il a devancé l'appel du service militaire avec aucune guerre à
> l'horizon.
Le 28 septembre 1912, Louis Destouches signa son engagement dans l'armé
pour trois ans. [aussi bien pour Henri Godard que pour François
Gibault.]
> «Mort à crédit» était présenté comme un roman largement autobiographique quand
> il est sorti. Cela fait de Céline un vrai littérateur comme le dit Didier.
> Cela en fait aussi un faussaire, ce qu'ont été, contrairement à ce que dit
> Didier, peu de grands créateurs.
Vous déformez un peu. Comme souvent. On ne parlait pas des « grands »
créateurs. Je vous cite : « Aucun écrivain n'a bâtit une telle légende,
aussi contraire à la vérité, je vous défie de me citer un exemple aussi
patent. »
Je vous avais répondu, mais, soit, prenons une « grand » créateur,
Voltaire, l'apôtre de la tolérance. Par quels moyens s'est-il
considérablement enrichi ? Connaissez-vous la virulence son
antisémitisme ? Comparez maintenant avec Sade, une autre légende, qui a
passé la moitié de sa vie en prison pour des peccadilles. Qui est le
plus arnaqueur ?
« Pose », je suppose.
[...]
> Votre thèse [celle de Lacroux ]c'est : «une ordure, mais quel talent! ».
> Je n'ai pas
> compris si «l'essentiel», pour vous, était dans «ordure» ou «quel
> talent»..
La question n'est pas pour moi mais ma réponse est simple : c'est le talent
(le génie) qui m'importe chez Céline, malgré tout. Céline n'est pas un
philosophe, ni un penseur, ni un politique. C'est un littérateur et
seulement un littérateur. Quelqu'un des trois catégories ci-dessus qui
mentirait serait totalement discrédité à mes yeux mais un auteur est au-delà
(du bien et du mal ?).
C'est pourquoi je pense qu'il faut dédramatiser si possible, remarquer que
Céline est autant anti-chinois qu'antisémite, et ne pas donner à lire les
passages les plus ignobles aux personnes peu assurées de leur opinions.
Que le style de Céline reflète sa personnalité me paraît certain, qu'il
reflète ses opinions politiques me le paraît moins.
Que penser de Sade ? Ce qu'il écrit est ignoble aussi, non ? Pourquoi en
parle-t-on encore ?
[...]
> Quant à son style, il n'est pas incomparable, voyez San Antonio.
J'aime bien San Antonio mais il ne va pas plus loin que l'ongle de l'orteil
du style de Céline.
> Je
> fais l'impasse sur vos notions d' «incommensurable, prodigieux et
> astronomiquement obscur ou obscurément astronomique».
>
> P.s. Céline c'est comme Dreyfus, si on veut manger tranquille en
> famille, il ne faut pas le mettre sur le tapis. J'ai l'habitude avec
> mon père, qui dit de lui la même chose que vous. ;-)
Votre bonne humeur n'est pas perdue si vous vous entendez encore avec lui
:-)
Céline a été un délateur d'un type certainement peu lu des services allemands,
il n'a pas été un collabo non plus et si la guerre s'était poursuivie de
quelques mois, il y a même gros à parier qu'il l'aurait terminée dans un camp
allemand. Il a raconté beaucoup de micmacs sur ses exploits militaires des
premiers mois de la Grande Guerre. Il a reçu la médaille militaire (c'est
prouvé), n'a jamais été trépané ni souffert du quart des maux dont il se vantera
dans la quasi-totalité de son oeuvre. Céline, c'est le type de gusse qui a
ramassé des tas d'emmerdements pour n'avoir pas été capable de fermer sa grande
gueule et de maîtriser ses outrances.
Quoi qu'on en dise, il restera un grand styliste, un poète de la prose capable
d'une grandeur époustouflante (voir "Guignol's Band" et "Le pont de Londres". Le
"Voyage" est un mauvais bouquin, mal construit, avec, disons 200 pages qui en
font un pseudo-chef-d'oeuvre. "Mort à crédit" est sans doute son meilleur roman.
Personnellement, je n'y vois rien à redire sur le plan de la construction, si ce
n'est la longueur exagérée du livre, mais tout l'épisode Courtial des Peyreires
(je n'ai plus l'orthographe exacte en tête) est à mon sens un acte de bravoure
unique dans la littérature de ce siècle (si l'on excepte Joyce, mais tout
inventeur langagier qu'il soit, Céline est encore un nabot, comparé à Joyce, ne
serait-ce que par l'incommensurable fossé culturel qui les sépare). Enfin, étant
boucher, je ne suis pas un spécialiste de la littérature. Je suis persuadé que
Céline était un personnage abject, mesquin, à la limite du gâtisme, parfois,
mais j'estime qu'il a payé fort cher son espèce de fêlure obsessionnelle. Bien
sûr, il y a les pamphlets. Mais ceux-ci ne disaient-ils pas tout haut ce que 80
ou 90% des gens pensaient tout bas. Sur le plan politique, Céline, anar baveux
de droite, était d'une ignorance crasse, il ne comprenait rien aux affaires, non
plus. On n'a pas fusillé de poujadistes, à leur époque, on ne les a pas enfermés
pendant 7 piges en centrouse. Céline en a bavé, et pas un peu. C'est une victime
de la société bien-pensante. Ses pamphlets, paraît-il, sont impardonnables...
Mais nom de Dieu, nos hommes politiques, de droite, d'extrême droite et de
gaugauche disent pire que Céline chaque jour et font bien pire en toute impunité.
Non, je ne puis m'empêcher d'éprouver une certaine sympathie pour notre faux
Bardamu. Même s'il représente à lui seul une belle collection de choses que je
déteste rabiquement. En tout cas, voilà un homme très intelligent dont on peut
également dire qu'il était d'une bêtise abyssale. Faut être con, non? pour
défendre de telles idées avec une telle frénésie glapissante, tout en sachant
bien qu'elles allaient un jour ou l'autre lui retomber sur le coin de la
théière?...
Mes excuses si j'ai interrompu votre chassé-croisé. Amicalement,
GéGé.
------
Message posté via le web sur http://www.foorum.fr/
>> CathyL a écrit dans le message :
>>> "Lacroux"
>>> [...] Quel besoin de recourir à des anecdotes dérisoires (croix de guerre ou
>>> piston, petitesses quotidiennes, etc.) pour « prouver » que Céline était une
>>> ordure ? L'essentiel suffit amplement. Ajouter l'accessoire, lui faire
>>> côtoyer l'innommable n'est pas tracer un portrait plus fidèle, cohérent à
>>> n'y pas croire, c'est rendre l'attaque mesquine. Plus grave, c'est laisser
>>> supposer que l'essentiel serait insuffisant. Oui, Céline était une ordure.
>>> Qui en doute encore ? C'est aussi un écrivain incomparable, incommensurable,
>>> prodigieux, un astre sombre, une charogne géniale [...].
>> [...] Votre thèse, c'est : «une ordure, mais quel talent! ». Je n'ai pas
>> compris si «l'essentiel», pour vous, était dans «ordure» ou «quel talent»..
> La question n'est pas pour moi mais ma réponse est simple : c'est le talent
> (le génie) qui m'importe chez Céline, malgré tout. Céline n'est pas un
> philosophe, ni un penseur, ni un politique. C'est un littérateur et seulement
> un littérateur. Quelqu'un des trois catégories ci-dessus qui mentirait serait
> totalement discrédité à mes yeux mais un auteur est au-delà (du bien et du
> mal ?). C'est pourquoi je pense qu'il faut dédramatiser si possible, remarquer
> que Céline est autant anti-chinois qu'antisémite, et ne pas donner à lire les
> passages les plus ignobles aux personnes peu assurées de leur opinions.
Comment allez-vous faire le tri ?
J'ai le sentiment que ni vous (oui, même vous) ni CathyL n'avez bien
compris ce que voulait dire Lacroux. Pour lui, l'accessoire était de lui
chercher noise autour de l'écart existant entre sa véritable biographie
et la version romancée qu'il en a donnée. L'essentiel, l'innommable, a
été ses appels aux meurtres, ses vitupérations antisémites, à un moment
où les juifs étaient déjà traqués. À trop se concentrer sur
l'accessoire, et maladroitement, on laisserait penser que l'essentiel ne
suffirait pas pour que Céline soit jugé comme une ordure.
Je pensais que le texte de Lacroux était très clair, tout ça est un peu
décourageant.
Céline « anti-tout » est un argument rebattu. Il est surtout
anti-chinois dans Rigodon (les années soixante), il est antisémite entre
1938 et 1943-44. Vous ne faites donc pas la différence ?
>Ça c'est vraiment génial mais ce n'est pas dû à Mac. Sur les conseils
>de Bernard, j'ai acheté Forté Agent qui tourne sur mon Pc, et lui
>aussi donne des couleurs différentes aux intervenants dans les
>messages. Mais comme je préfère tout de même Outlook (habitude?
>ringardise?) je n'ai plus de couleurs.
Bon... Il existe quand même quelques adresses si l'on cherche un peu ou
si on lit d'autres forums. Tout d'abord (je ne garantis pas que le lien
ne soit pas brisé) :
Il s'agit de *versions françaises* de Forté Free Agent 1.21, de Forté
Agent 1.5 et 1.7 (pour ce dernier, seulement la version 32 bits). Il
convient de posséder déjà un numéro d'enregistrement pour installer les
versions zippées.
Free Agent possède l'avantage d'être gratuit et en français, mais il
dérègle tous les signes diacritiques dans les titres et ne fournit aucun
filtre. Il vaut mieux désinstaller la version 1.8 actuelle et prendre
une des versions antérieures sur la Toile -- elles sont toujours
disponibles.
Pour Agent 1.8, il faut signaler le travail de Thierry Schollier et de
Sylviane Jacquemin qui ont traduit le fichier d'aide.
http://www.teaser.fr/~sjacquemin/Agent/traduction.html
http://home.worldonline.be/~schollie/agent/traduction.htm
On peut ajouter un dictionnaire français :
ftp://ftp.forteinc.com/pub/dictionaries/french.zip
Et consulter des conseils pour le paramétrage :
http://perso.wanadoo.fr/cathozie/aideinternet
Forté a donné son accord à toutes ces initiatives bénévoles.
Plus de détails sont fournis sur news:fr.usenet.logiciels (modéré).
Il y a donc peu d'excuses pour ne pas employer un logiciel excellent
sous le prétexte qu'il parle anglais... Je n'utilise, pour ma part,
pratiquement que des logiciels en version anglaise, mais il faut dire
qu'un effort est fourni -- par des contributeurs d'autres forums -- afin
de donner des versions françaises de logiciels, des aides en français et
que c'est aussi un acte militant pour la francophonie, mais surtout pour
l'accès de tous aux news, pour éviter le monopole d'une entreprise dans
le domaine des logiciels. Ce sont des actes militants. (Ces dernières
réflexions ne sont pas seulement là pour donner mon opinion, mais pour
justifier aussi ma réponse qui est diablement hors-charte, moins que
d'autres mais quand même...)
[Suivi sur news:fr.usenet.logiciels]
Dominique
> Voilà grosso modo 35 ans que je lis et relis les oeuvres de Céline, que je
> collectionne sur sa pomme tout ce qui s'écrit mais, jamais, il ne me viendra à
> l'esprit d'en discuter. Si vous voulez semer la zizanie dans une confrérie,
> déballez Céline et vous serez récompensé au-delà de vos espérances les plus
> folles...
Il faudrait que quelqu'un de compétent, pas moi, explique à GG comment
faire pour ne plus avoir à utiliser « foorum.fr ». Pendant la
défaillance de Ouanadou, j'ai pu voir comment il était difficile de
s'insérer dans une conversation à partir de ce site. GG, si vous avez un
Mac, je peux vous aider un peu (courrier personnel), sinon je suis sûr
que quelqu'un se dévouera. Parce que vous êtes boucher, et parce que
vous êtes belge.