Connaissez vous l'origine de l'expression "mettre quelqu'un en
porte-à-faux" ? Et le cas échéant, pourriez vous m'en faire part sur ce
forum ? ;)
Merci d'avance pour vos réponses éclairées !
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_ JLP ________________________________________________
"En Provence, il n'y a pas de mensonges.
Il n'y a que des contes et des légendes ..."
http://assos.efrei.fr/robot/ - robot(@)efrei.fr
> Connaissez vous l'origine de l'expression "mettre quelqu'un en
> porte-à-faux" ?
Je suppose que l'expression indique à l'origine un objet qui est en
porte-à-faux sur un autre. C'est à dire qu'il dépasse d'un côté.
On utilise cette expression quand cet état (le fait qu'il dépasse) est
important dans le contexte, notemment pour indiquer qu'il ne faut pas
trop s'appuyer dessus ou rester dessous par exemple.
Cette expression utilisée pour autre chose est une image facilement
imaginable. Quelqu'un est en porte-à-faux s'il n'est pas loin d'un
point d'équilibre et qu'en forçant un peu sur le côté qui n'a pas de
support on peut le faire basculer.
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siger
La définition permet de supposer l'origine : l'évocation d'une situation
proche du déséquilibre :
EN PORTE-À-FAUX : disposé hors d'aplomb (en parlant d'une construction,
d'un assemblage). Mur en porte-à-faux. - Fig. Dans une situation
instable, ambiguë. « J'étais en porte-à-faux, je me suis redressé »
(Hugo).
intéressant mais personne ne répond à la question que je me pose aussi.
peut-être,trouverons nous la clef en s'interrogeant sur les équivalences chez
nos voisins européens, je n'en connais pas , et puis y-a-t-il d'autres peuples
qui utilisent autant d'expressions rentrés dans le vocabulaire commun et
quotidien sans que personne ne sache de quoi cela retourne.
C'est très fort ! alors que ces expressions devraient relever de l'étymologie
populaire , elles sont encore plus mystérieuses dans leurs origines que des noms
à racine grecque.
Il faut reconnaître que "je suis dans une mauvaise posture" cela fait plus
précieux et pourtant c'est plus simple au niveau de la compréhensions
étymologique que "je suis en porte à faux" avec ou sans tiret.
Jean-pierre eckenfelder
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mon fidèle Robert dit plus précisément :
"porter à faux (au sens concret), "ne pas être placé sur un point
d'appui ; être en mauvais équilibre" ; (au figuré) "être mal appuyé
(d'un argument, etc)".
On dit (surtout au figuré) "être en porte-à-faux", l'expression
formant un mot composé".
ça ne fait peut-être pas avancer le schmilblick, mais c'était le mot
de Robert, quand même !
J'en profite pour remercier les intervenants de ce petit thread.
On a des définitions, il nous manquera l'éthymologie :)
Je n'ai strictement aucune réponse ou information à apporter, désolé..
(c'est un peu pour ça que je posais la question sur ce forum ;)
Bien à vous,
Heuu.. 'fil de discussion' .. ? Désolé monsieur, 'le ferai plus,
monsieur..
>> On a des définitions, il nous manquera l'éthymologie :)
> Bigre ! Encore un contaminé !
Damned! J'avais hésité (quelques centièmes de secondes) pour le 'y', le
mot me semblait étrange orthographié de la sorte...
Autant pour moi ! ;o)
> Autant pour moi !
C'en est trop !
Vous tenez à prendre tous les participants de <fllf> à rebrousse
poil ? ;-)
--
À kouna matata,
Le magicien.
(Le magicien ne parle qu'en son nom personnel,
et encore, pas toujours.)
> mon fidèle Robert dit plus précisément :
> "porter à faux (au sens concret), "ne pas être placé sur un point
> d'appui ; être en mauvais équilibre" ; (au figuré) "être mal appuyé
> (d'un argument, etc)".
> On dit (surtout au figuré) "être en porte-à-faux", l'expression
> formant un mot composé".
Le verbe « porter » signifie ici être fondé, avoir une base. Littré donne
dans ce sens quelques expressions voisines ou contraires :
<cit.>
Être soutenu, être posé sur. Tout l'édifice porte sur ces colonnes. L'autre
exige que mon corps porte sur mes genoux, MONTESQ. Lett. pers. 46.
Fig. Sa confiance doit porter sur l'autorité de la raison, J. J. ROUSS.
Ém. IV. C'est un tissu d'idées qui ne portent sur rien, DIDER. Mém. t. IV,
p. 312, dans POUGENS.
Porter à fond, en parlant d'une construction, reposer sur son fondement.
On dit aussi dans la même acception : porter de fond.
Porter à cru, reposer directement sur le sol même.
Porter à faux, ne pas porter directement sur la base, sur le point
d'appui, être mal posé, être hors de son aplomb. Cette poutre porte à faux.
Substantivement, un porte à faux, un endroit d'une construction qui est
hors de son aplomb. Il y a dans l'Église de Saint-Denis plusieurs porte à
faux. Ce mur est hors d'aplomb, il est en porte à faux.
Porter à faux, se dit aussi des parties en saillie, d'un balcon par
exemple.
Fig. Porter à faux, se dit de raisonnements, de propositions dont le
principe est vicieux, ou qui ne sont pas d'accord avec leur principe. Je
vous remercie de l'Anti-financier ; l'ouvrage est violent, et porte à faux
d'un bout à l'autre, VOLT. Lett. Damilaville, 18 janv. 1764.
</cit.>
L'expression substantive est sortie de l'usage tout comme la construction
verbale. Il faut comprendre la préposition « à » comme ayant un sens
directif, vers, sur, et le nom « faux » comme une ellipse pour une fausse
base, un faux fondement.
"(sic)" a écrit :
> L'expression substantive est sortie de l'usage tout comme la construction
> verbale. Il faut comprendre la préposition « à » comme ayant un sens
> directif, vers, sur, et le nom « faux » comme une ellipse pour une fausse
> base, un faux fondement.
Je ne crois pas que la préposition "à" doive s'interpréter ainsi,
d'autant que l'acception technique n'a dû venir qu'en second lieu, "à
faux" signifiant d'abord simplement quelque chose de très voisin de
"faussement". Il faut plutôt la rapprocher de celle, assez difficile à
analyser, qu'on trouve dans les très nombreuses expressions "à pic, à
fond, à plomb, à demeure, à cru, à tort, etc".
Quant aux définitions techniques de Littré, elles sont peu claires, et
je préfère celle du dictionnaire du bâtiment : le porte-à-faux est la
partie d'un élément ou d'un ouvrage qui est prolongée en surplomb,
au-delà de ses appuis : un encorbellement, une corniche, un balcon,
etc. sont des ouvrages en porte-à-faux (anglais : cantilever,
overhanging).
Pour mémoire, les définitions du TLFi et de l'Académie (1798) :
TLFi :
À faux, loc. adv.
1. Contrairement à la vérité, d'une manière erronée. Vous m'avez lu si
négligemment que presque toujours vous me citez à faux (FLAUB.,
Corresp., 1863, p. 79). D'ailleurs il était admis alors que les vrais
prophètes pouvaient prophétiser parfois à faux (FRANCE, J. d'Arc, t.
1, 1908, p. 548).
2. D'une manière maladroite, anormale. Tomber à faux. Un jour, en
descendant l'escalier --le tien! -- l'oncle posa le pied à faux. Il
dégringola bruyamment (COURTELINE, Vie mén., Escalier, 1890, II, p.
66).
Spéc. Porter à faux. Ne pas porter directement sur son point d'appui.
Les six arcades supérieures portent à faux, c'est-à-dire qu'elles
n'ont pas été construites de façon à ce qu'au centre des arcades
inférieures corresponde exactement un vide ou un pilastre (STENDHAL,
Mém. touriste, t. 1, 1838, p. 82).
En partic. Sans atteindre le but recherché. Si l'un d'entre nous, par
hasard, essayait de se confier (...), la réponse qu'il recevait,
quelle qu'elle fût, le blessait la plupart du temps (...).
Bienveillante ou hostile, la réponse tombait toujours à faux (CAMUS,
Peste, 1947, p. 1278).
Académie 1798 :
À faux, expression adverbiale. Injustement. Accusé à faux.
On dit, Aller à faux en quelque endroit, pour dire, Manquer d'y
trouver ce qu'on cherche. Si vous y allez à cette heure--là, vous le
trouverez, ne craignez point d'y aller à faux. Et on dit, qu'Une
poutre, qu'une pierre dans un bâtiment porte à faux, pour dire,
qu'Elle ne porte pas à plomb sur ce qui la doit soutenir.
On dit aussi au figuré, qu'Un raisonnement porte à faux, pour dire,
qu'Il est fondé sur une chose qu'on suppose vraie, et qui ne l'est
pas. Vous croyez que ce raisonnement est solide, mais il porte à faux.
> Quant aux définitions techniques de Littré, elles sont peu claires,
Elles sont restrictives et faussées dans ce cas.
> et je préfère celle du dictionnaire du bâtiment : le porte-à-faux
> est la partie d'un élément ou d'un ouvrage qui est prolongée
> en surplomb, au-delà de ses appuis : un encorbellement, une
> corniche, un balcon, etc. sont des ouvrages en porte-à-faux
J'ai regardé aussi l'article « faux » et je découvre tout un usage dans la
marine : « mot faux donne ordinairement au mot qui le suit la signification
de supplémentaire, de simulé, de fautif, de momentané ». Faux bau, fausse
balancine, fausse bouteille, fausse cargue, fausse carlingue... Je ne les
énumère pas tous. Le terme « faux » renvoie donc à tout ce qui n'est pas
dans l'à-plomb de la façade, mais aussi à ce qui est ajouté à la
construction. La motivation me paraît être celle liée à l'idée d'artifice
plus qu'à celle de déséquilibre dans le cas du verbe « porter », puis on
revient à l'idée d'erreur pour l'expression prise au sens figuré.
Littré cite d'autres expressions, je n'en copie qu'une partie :
<cit.>
À faux, loc. adv. à tort, d'une manière fautive. Accuser à faux.
L'expérience nous fait voir qu'ils ont triomphé à faux, BALZ. Socr. disc. 4.
[Un devin] Lui qu'Apollon jamais n'a fait parler à faux, CORN. Hor. I, 2. Le
nom de cavalier que tu portes à faux, MAIR. Sol. III, 2. Il se vantait à
faux et ne possédait rien, LA FONT. Gasc. Et tu as un billet de monsieur
Matthieu, pour marque que tu ne viens pas à faux, REGNARD, Sérén. 10.
Aller à faux en quelque endroit, manquer d'y trouver ce qu'on cherche.
Frapper à faux, se dit d'un coup de marteau qui ne frappe pas juste sur
le clou ; et fig. mal appliquer un reproche, une punition.
</cit.>
"À faux" s"emploie en architecture (1690) "porter à faux", d'où "en
porte à faux" (loc. adj. - 1885) employé au propre et au figuré.
> Connaissez vous l'origine de l'expression "mettre quelqu'un en
> porte-à-faux" ?
TLFI: emploi figuré de «En porte-à-faux», «Déverbal de porter à faux, v.
porter1»
> Et le cas échéant, pourriez vous m'en faire part sur ce forum ? ;)
Non.
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