Alors voilà ma question : pourquoi n'y a-t-il pas de verbe
correspondant au mot « délation » ? Et quel serait, à votre avis, le
mot le plus approprié ?
Marion
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Marion Gevers,
Newcastle, NSW, Australia
mar...@eepjm.newcastle.edu.au
> Alors voilà ma question : pourquoi n'y a-t-il pas de verbe
> correspondant au mot « délation » ?
Parce que c'est un emprunt trop récent (XVIe siècle) au latin "delatio",
lui-même formé sue "delatum", supin du verbe "deferre". Donc le verbe qui
correspond est "déférer", mais il a déjà un autre sens.
Au fait, y a-t-il un verbe latin plus irrégulier que "fero" ?
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Jean Tosti
>Trouvé sur un autre forum : « Délatez, délatez, il en restera toujours
>quelque chose. », phrase qui m'a bien amusée... Cela dit, tout le monde
>dans le fil a compris, malgré l'inexistence du mot, et personne n'a
>relevé.
>
>Alors voilà ma question : pourquoi n'y a-t-il pas de verbe
>correspondant au mot « délation » ? Et quel serait, à votre avis, le
>mot le plus approprié ?
Délayer, mais vous les francophones ont eu l'imprudence de le faire à
la peinture et non pas aux actions ou aux évènements, ce qui vous a
laissé un énorme trou dans le vocabulaire.
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Harlan Messinger
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Veuillez ôter le premier point de mon adresse de courriel.
>Au fait, y a-t-il un verbe latin plus irrégulier que "fero" ?
Sum, eo ?
Dominique
Moi, je préférerais "délater", qui n'existe pas, ou du moins pas encore si
on excepte l'exemple plaisant cité. On en a pourtant été très près, car j'ai
trouvé le verbe "delatare" dans Du Cange.
A défaut, je m'accommoderais de "délationner", sur le modèle de
"collationner" (XIVe s.).
Cordialement,
Jean Poulain
Jean Poulain a écrit :
> Moi, je préférerais "délater", qui n'existe pas, ou du moins pas encore si
> on excepte l'exemple plaisant cité. On en a pourtant été très près, car j'ai
> trouvé le verbe "delatare" dans Du Cange.
Va pour délater, qui m'a l'air très bien: immédiatement compréhensible, ni lourd
ni vulgaire.
Dans le même genre: je propose "décader" pour "être en décadence". J'ai
d'ailleurs trouvé ce mot dans un Astérix, ce qui prouve qu'il est parfaitement
gaulois...
Quelqu'un aurait-il des réticences ? Qu'il parle maintenant ou se taise à
jamais.
> A défaut, je m'accommoderais de "délationner", sur le modèle de "collationner"
> (XIVe s.).
"délationner": quelle horreur ! la terminaison "tionner" est à éviter
absolument. Elle est déjà bien trop fréquente. N'aggravons pas la situation.
Miguel Romero Schmidtke
"Ah, mais attendez, je vais vous explicationner!" "Mais c'est un skeindâl
!".
(citations libres de Thierry Le Luron).
Carence inexcusable mais réparable :
Délation > "délationner""
Comme action > actionner, confection > confectionner, friction >
frictionner, etc.
Trop récent ? En quatre siècles on n'a pas eu le temps de
forger un verbe correspondant ? Il me semble que beaucoup
de verbes n'ont eu besoin, récemment, que d'une ou deux
génération pour se forger à partir d'un substantif.
>Donc le verbe qui
> correspond est "déférer", mais il a déjà un autre sens.
En effet, merci pour l'étymologie.
> Donc le verbe qui correspond est "déférer",
Oui.
> mais il a déjà un autre sens.
Oui et non. Après tout, déférer, c'est renvoyer
devant une autorité. Dieu sait si celui qui a
écrit « délatez, délatez » n'aurait pas pu écrire
« déférez, déférez aux tribunaux » (ou à toute
autre autorité à fonction judiciaire), tout
simplement. Il suffit d'un complément d'objet
indirect et, peut-être, d'un complément d'objet
direct.