Le 07/04/2013 14:06, Anansi a écrit :
> Le susordinant Marc Girod a dactylographié :
>> On Apr 6, 10:21 pm, "Alain Naigeon" <
anaig...@free.fr> wrote:
>>
>>> bolet
>>
>> J'y pensais... quoique le bolet en français ne désigne
>> précisément aucune ...espèce (ou variété ?)
>> Ou alors, c'est régional. Le stéréotype français est le
>> cèpe, et à vrai dire, le cèpe des chênes, et non pas
>> comme en Finlande (herkkutatti) ou en Russie (белый),
>> le cèpe des pins.
>>
>> Mais on a là un phénomène linguistique majeur : les
>> désignations communes sont centrées sur un
>> stéréotype (« bottom-up »). Ce sont les désignations
>> scientifiques qui, depuis Linné, sont « top-down ».
>>
> Grr !
> Bottom up : inductif, par analogie.
> Top-down : déductif, analytique.
>
> Typiquement, les cours en France métropolitaine sont analytique, alors
> que dans les pays anglo-saxons ils partent d'exemples pour aboutir à la
> théorie.
> C'est très lié à la structure de la langue et ça explique pourquoi la
> traduction d'un mot par un autre fonctionne mal entre l'anglais et le
> français. Le contexte catégoriel n'est pas le même, analogique dans un
> cas, analytique dans l'autre. En revanche, pour les expressions imagées,
> il n'y a aucun problème.
>
> Ce qui me ramène au problème du canard.
> Version anglo-saxonne, inductive, si ça marche comme un /duck/, si ça
> nage comme un /duck/, c'est un /duck/ et j'y fourre tout ce qui y
> ressemble.
> Version française, déductive, la famille des anatidés comprend des
> oiseaux aquatiques de taille moyenne, aux pattes palmées, dont le bec
> est généralement plat, arrondi, avec un intérieur couvert de lamelles
> filtrantes. Elle comprend donc les oies, cygnes, canards et espèces
> apparentées.
>
> Voilà pourquoi si je traduis /ducks/ par anatidés, je me plante
> complètement, alors qu'il s'agit bien des mêmes animaux, mais que le
> point de vue qui sert à les rassembler est totalement différent.
Si l'on s'intéresse au rendement de l'enseignement, et déjà des
ébauches de l'enseignement scientifique dans le Primaire, il y a dire,
et redire. La désignation top-down ne marche pas du tout avec des
enfants, elle a d'une manière générale à tout âge et pour presque tous
les publics, un rendement désastreux, qui laisse de nombreuses
personnes sur le bas-côté. Et méthodologiquement c'est une faute,
puisqu'elle encourage l'enseignant à négliger les références concrètes
et expériencielles. Elle n'est valide que pour résumer et condenser un
savoir déjà acquis, par des méthodes bien plus terre-à-terre.
Un enseignement efficace alterne le bottom-up et le top-down. En
s'appuyant surtout sur le premier.
Suivi en éducation.
--
Le contrat social du scientifique inclut le mandat de se piloter
en exactitude : le système de production des connaissances,
il est présumé le piloter en exactitude et non en traditions, ni
en stratégies de pouvoir, ni en narcissisme, ni en corruption.