Témoignage Post Mortem: Je ne serai plus jamais "Le Vide Ordures" de ma région !!

51 vues
Accéder directement au premier message non lu

Dr Jacques BLAIS (Yvelines)

non lue,
17 juil. 1999, 03:00:0017/07/1999
à
LE VIDE-ORDURES DE LA REGION

Ils sont tous là. Ou elles, les - soyons carrément horribles tant qu'à
faire, la thérapie n'en sera que plus efficace, - les scories de la
civilisation.

Trois, quatre familles de gens du voyage de suite. Une odeur à fuir, à
renverser en pénétrant dans le centre médical. Des gamins morveux, poisseux,
pisseux, plusieurs d'une saleté repoussante, couverts de cloques, et on
imagine le petit monde de parasites courant sur la peau et dans les cheveux.
Insupportables de cris, de hurlements, ils saccagent méthodiquement les
salles d'attente, bousculant les chaises, grimpant sur les bancs, versant
leurs biberons collants de jus sur les sièges, tapant dans les murs,
déchirant les magazines en confettis, arrachant les coins déjà soulevés du
papier de revêtement mural, démolissant en les frappant et en les
martyrisant les jouets mis à la disposition des petits, ajoutant ainsi un
vacarme de remue-ménage à leurs beuglements de mégères, dans une odeur de
ménagerie.

Les mères donnent de la voix, parlent très bruyamment entre elles dans leur
dialecte si particulier, haché, avalé, empruntant aux langages simplifiés de
toutes les régions en l'absence totale de syntaxe. Elles ont une fois pour
toutes adopté toutes le même comportement : ne rien dire aux enfants, ne
rien faire pour les contenir, ou diminuer le vacarme ou la nuisance, avec ce
fond de défi provocateur qui assènerait aux autres patients en attente :
"avisez-vous donc de tenter d'exprimer un quelconque mécontentement ! Et si
quelque chose ne vous convient pas, partez donc, nous la terre nous
appartient, et nous ne sommes pas près ni prêtes à changer d'un iota,
d'ailleurs les gamins se chargeront tout seuls de faire entendre et
comprendre à tout "gadjo" qu'il serait mal venu de protester !"

En guise de règlement administratif, financement présumé de la consultation,
toutes ces mères tendront une carte santé d'un autre département, souvent
non à jour dans ses informations, un ou plusieurs enfants manquent sur la
liste des ayant droit pourtant déjà très fournie, ou périmée. L'homme, s'il
est sorti de prison, ou en son absence un autre mâle du campement attend
pendant ce temps là à l'extérieur dans la camionnette de ramassage.

Trois ou quatre familles par ailleurs de lie sociale (de lien social
peut-être aussi ?) de bas de gamme, de fond de caisse, à partager entre les
anciens gens du voyage sédentarisés relogés de force dans les HLM, dont ils
paraissent ne jamais avoir trouvé le robinet de douche, et puis des RMIstes
chroniques, professionnels du chômage sans emploi de l'âge de 16 ans à celui
de 56.

On peut le comprendre sous les deux angles d'observation : qui serait assez
fou pour embaucher des absentéistes permanents, même un simple stage dit de
réinsertion ou de reclassement ils le manquent dès la première semaine, et
de leur propre point de vue, comment des ivrognes perpétuels, des personnes
sans lendemain, sans heure, sans règles, sans conscience aucune auraient-ils
la simple idée de chercher à travailler ?

Dans quel invraisemblable but obtenir en travaillant bêtement la même vie
qu'en ne sortant jamais de leur condition actuelle, d'une identique
rentabilité si l'on tient compte des très nombreux avantages de gratuité et
d'exonérations qu'ils perdraient en trouvant un emploi ?

Egalement au nombre des présents de l'après-midi, des populations non
classables, ni codifiables, des filles de 17 ans déjà enceintes ou mères,
rigoureusement incapables d'assumer un tel rôle. Flanquées du beur, du noir,
du manouche, de l'homme qui passait dans la cage d'escalier au moment voulu
pour mettre en route le foetus intrautérin, elles mènent en consultation le
premier, issu d'un autre sexe et d'une pilule restée dans la poche, d'un
préservatif en sac de supermarché inefficace, ou d'une ignorance absolue des
modalités de la procréation.

Un gamin qui coule de partout, du nez, des yeux, des fesses, du pénis. De
toute manière elles n'ont ni mouchoir, ni l'idée que la même couche n'est
pas idéale pour 48 heures, elles sauront à peine déshabiller le marmot,
sûrement pas le nettoyer, ou trouver une parade à ses vomissements dont le
médecin devra se débrouiller, ou calmer ses hurlements interminables. La
passivité confine à l'anesthésie, et s'il existe une quelconque prise en
charge temporaire, elle est le fait d'une grand-mère, d'une voisine, puis de
travailleurs sociaux.

La règle générale est dans cette apathie figée, associée à une absolue
indifférence, l'ensemble aboutissant à une délégation des tâches. Quand la
grande demi-sœur est assez âgée, ce qui signifie 8 ans, la mère se contente
d'énoncer, sur un ton épuisé : "Julie ! Mais occupe-toi de ton frère, moi je
vais le tuer...". De manière générale, vu l'état chronique de la mère, ce
sont à la maison les Julie et les Jennifer ou les Madisson ou Lindsay de 8
ou 9 ans qui gèrent, vont dérober de quoi manger, chercher les médicaments
gratuits à la pharmacie, prévenir les assistantes sociales, le médecin,
l'école (lorsqu'elles s'y rendent de temps en temps) de l'incapacité de se
déplacer de leur mère.

Tout ce gentil monde est en état d'ivresse et de chômage permanent, de
décrépitude profonde, d'intoxication avancée, de dépendance confinant à
l'abrutissement dans un fond de débilité variable, ou dans la perte de leurs
capacités à la base normales, dans un état ahurissant et envahissant de
misère et d'absolue pauvreté physique, intellectuelle. Tout ce monde vit
dans l'immédiat. Sans prévision ni provisions, sans avenir, sans idées, sans
réflexion, sans ambition.

Pourquoi sont-ils venus consulter ce jour ci ? Parce que c'est gratuit,
essentiellement, parce qu'ils n'ont éternellement rien à faire, parce qu'un
quelconque service social, scolaire, administratif en décalage complet avec
la réalité ("votre enfant n'a pas subi sa visite obligatoire du 24ème mois
l'an passé", "les vaccinations de votre enfant ont-elles été effectuées ?"
"si les neuf dernières absences de votre fille sont dues à un problème de
santé, vous voudrez bien nous faire parvenir un certificat du médecin qui
l'aura éventuellement traitée" ...) les a poussés à s'enquérir d'un risque.

Entendons par risque le seul et unique qui les préoccupe, loin de la santé
de l'enfant : celui de perdre une allocation. Parce que, pour ceux très
nombreux qui possèdent en dépit de cette précarité une télévision, un
magnétoscope, les programmes ne convenaient pas ce soir ou ce jour là, parce
qu'ils pourront, dans la gratuité et dans une absolue quiétude sans la
moindre restriction (qui donc pourrait s'alarmer de ce que ces populations
consultent cinq médecins différents, selon la proximité de l'immédiat, des
courses à faire, des facilités d'horaires d'ouverture à cinq, neuf, douze
reprises dans le même mois ?

L'administration de la Caisse d'Assurance Maladie prendra simplement un jour
une décision de comparution en Commission Médicale Régionale du ou des
médecins concernés : il est tout de même parfaitement anormal qu'ils
revoient aussi souvent des patients sans raison, ils doivent soit procéder
par publicité, voire les racoler dans la rue, en tout cas les inciter trop
fortement à revenir les envahir en permanence de leur puanteur et de leur
hygiène discutable, cela mérite manifestement d'être sanctionné !) revenir
consulter dans trois jours, et de nouveau la semaine suivante. Parfois deux
fois dans la même journée, s'ils s'ennuient vraiment ou passent devant le
cabinet...

Egalement très bruyants dans ces catégories, les enfants sont seuls au
monde, dévastateurs, prédateurs, et les parents démunis, en incapacité
complète. Leurs enfants peuvent s'échapper du cabinet à l'extérieur, la
secrétaire va devoir leur courir après sur le trottoir dans l'indifférence
absolue et sans le moindre remerciement, sa récompense est peut-être dans la
reconnaissance de son existence par certaines mères d'une vulgarité
incommensurable : la gamine, figée sur le siège des toilettes où elle évolue
toutes portes ouvertes, braille depuis trois minutes "j'ai fini" à
l'attention (mot inconnu du vocabulaire) et l'intention de sa mère, qui
finira par lui jeter, par delà les autres occupants des salles d'attente,
sans même lever les yeux des images d'un roman-photo "demande à la dame !"

De manière extraordinaire, il subsiste entre tous ces intervenants des
consultants "normaux", avec un comportement logique, poli, motivé, et
rémunérant l'acte du médecin de façon normale aussi. Interviennent encore,
tout au long de la journée, des demandes téléphoniques diverses multiples,
dont l'absurdité le dispute au sans-gêne, en parallèle strict avec, en salle
d'attente, la vulgarité sordide et les nuisances incommodantes : - "Je ne
suis pas allé travailler depuis deux jours, vous me faites un certificat".
"excusez-moi, mais en quoi suis-je concerné, je ne vous ai pas reçu en
consultation ces jours-là, me semble-t-il ?" "non, mais je suis allé voir un
autre médecin, près de la poste là-bas, et aujourd'hui je n'ai pas le temps
d'y retourner"... Authentique hélas... - "C'est mon frère, il m'a dit va
demander l'arrêt, il a pas été à son boulot lundi et mardi" "Tu lui dis s'il
te plaît qu'il fasse ses courses lui-même, et s'il était malade ces deux
jours, il devait venir me voir, sinon je ne peux absolument rien pour lui"
"Oui mais les flics ils l'ont gardé au commissariat, la garde à vue quoi,
une histoire de moto, alors il faut pour le patron..." -" Je voudrais une
boîte de Z... pour ma grand-mère, et puis des gouttes pour les yeux c'est
pour le chien, et puis la pilule de ma sœur elle a dit que vous savez
laquelle, je passe dans dix minutes ce sera prêt là, parce qu'après je suis
pressé..."

Le plus incroyable sera, toujours, cette impression de rigoureuse
incompréhension étonnée et peinée devant nos refus de médecin. Mais
qu'est-ce qui lui prend à celui là de faire des histoires ? - "Ya
l'assistante sociale (ou l'avocat, ou l'assureur, ou ... ) qui m'a dit de
demander un certificat, il a dit vous n'avez qu'à dire que... (que vous êtes
enceinte (même si ce n'est pas exact), qu'il m'a battue (remarque
identique), qu'il donne pas assez à manger à la petite le dimanche, qu'il la
tripote (et encore la même remarque, en dépit de l'invention pure et
simple). Ils défilent, ou ils stagnent. Car celui qui est resté 45 minutes à
raconter son shit, sa famille pourrie, son chômage, sa mère en fauteuil
roulant, son père qui lui coupe le téléphone, le frigo, lui coupe la douche,
l'électricité, celui-là s'est carrément incrusté. "Je repasserai vous payer"
(L'expérience du médecin me dit qu'évidemment non). Celle qui a amené trois
gosses et n'a cessé une seule minute de parler d'elle, a conclu aussi, après
40 minutes "mon mari viendra déposer le chèque" (L'expérience du médecin
prévoit bien sûr que non). Et celle qui avale tout et n'importe quel
calmant, des "prêts" de la pharmacie affirme-t-elle, automédication, qui en
demande d'autres, refus expliqué après longues palabres, elle annonce
différemment la chose : "je n'ai rien prévu pour vous docteur", c'en est
presque poétique, pour un résultat équivalant, encore une consultation
gratuite extorquée. (L'expérience du médecin prévient = comme celles à
venir)

Et le médecin aura vécu, subi, porté, encaissé, aidé, aimé, toléré, écouté
vingt-quatre personnes dans les sept heures de cet après-midi là,
harassantes, sans un dixième de seconde de répit, dans un vacarme de gare
routière, une odeur de vestiaires de sport et de latrines. Avec neuf
personnes ne réglant pas leur dû, n'indemnisant pas sa peine, son écoute. 12
% intégralement non rémunérés, offertes à la Nation, à la passion, à la
mission, à l'omission ou à l'abstention. Et 24 % éventuellement payés par
tiers, si l'administration concernée est fiable, si les cartes présentées ne
sont ni falsifiées ni périmées, si les départements concernés condescendent
à fonctionner selon le mode de tiers payant. Si, si, si.. Trente-six pour
cent de non payants.

Deux éléments dont le docteur est certain : lui a réellement travaillé comme
un malade, et les "malades" supposés n'étaient bien souvent de surcroît pas
les titulaires ou les ayant droit des titres de paiement différé par tiers
payant, quand ils existaient, tant les cartes en question se prêtent, se
louent, se volent... Lui n'aura pas volé son repos. Mais il aura acquis en
plus l'impression horrible, sordide, à la fois une honte et une révolte, un
constat de désespoir et de misère, de scandale et d'inadéquation, autant
remords de penser ainsi que fureur d'être traité de la sorte, l'impression
de ne plus représenter en ces moments que le vide-ordures de la région. Ou
la chasse d'eau.

Et, facteur aggravant, le sentiment de ne même pas tant en vouloir aux
"patients", à la clientèle, victimes d'abord des carences en tout : emploi,
éducation, finances, respect, bonheur, culture, pensée, créativité etc.,
qu'aux gouvernants successifs, en file indienne sans un pour compenser les
inepties et absurdités de l'autre, mais si éloignés du réel au quotidien, de
la plus infime lucidité nécessaire pour comprendre l'exercice des
professionnels dans un cadre vrai. Même si, pour se réconforter, le
praticien peut toujours imaginer qu'il est aussi, ou plutôt, l'usine de
traitement des déchets. Lui, il est plutôt spécialisé dans ceux du genre
humain...

La réflexion s'ouvre alors largement, avec un afflux d'idées. J'assume tant
que la tâche est gratifiante. Saint-Vincent de Paul a gagné la sainteté, et
puis ... mais oui c'est vrai Poubelle s'est fait un nom pour la postérité,
et sans doute un héritage. Gratifiant. Serait-ce la clef ? Un vide-ordures
ou une chasse d'eau sont implicitement destinés à évacuer, non à gratifier.
Le client a donc besoin de m'amener au minimum un intérêt, ou de rapporter
des intérêts à mon investissement. Problème psychologique du tiers payant =
disparition de l'investissement personnel. L'investisseur est la CPAM,
Gégétel, ou des organismes sociaux. Mais quand le choix par le patient
résulte seulement de la disponibilité horaire, de la gratuité, de la faculté
d'accès, de l'acceptation de la carte, il n'y a plus de gratification,
seulement du service. Et même pas le pourboire pour le serveur.

Je me défoncerai totalement pour un patient non payant, même tiers payant,
si je lui ai été UTILE, si je l'ai aidé, écouté, compris, orienté, traité,
accompagné. L'utilité est gratifiante. Si je n'ai été que la pompe de la
Station Service, la gondole garnie de la Supérette, la Halle aux
marchandises bradées, la nocturne du fourre-tout /vend tout, la fente pour
le titre de paiement, carte de crédit, ticket restaurant, jeton de machine à
café, la gratification de mon travail se réduit au BON POUR 4 Fr IMMEDIATS A
LA CAISSE, 30 % de mousse à raser en plus, une crêpe supplémentaire pour 5
achetées.

Mon métier, ce métier d'amour, de passion, d'enthousiasme, de dévouement, de
disponibilité sans compter depuis trente ans, cette profession incomparable,
extraordinaire de bonheur au service des êtres humains en souffrance, en
besoin, ce métier est devenu un BON DE REDUCTION, un "discount" pour
employer un terme compris mais malheureusement franglais, une profession au
rabais. Bien évidemment tous ces gens, ces êtres, toutes ces personnes
citées méritent, ont droit, nécessitent des soins, sans doute mieux, sans
doute autant, peut-être plus (vieux fond d'inspiration chrétienne ?).

Bien sûr et tout autant les situations professionnelles ne sont pas
comparables, n'ont quasiment rien à voir entre le sordide décrit dans une
banlieue terriblement défavorisée socio-économiquement et des zones plus
paisibles, rurales, provinciales éventuellement, mieux loties. Mais
l'humanitaire est la noblesse de notre tâche, l'humanitaire est l'appel de
notre profession. Dans égout et dans dégoût il y a le même petit goût amer.

S'il rend service, un vide-ordures n'a aucune raison autre d'être fier de
lui. Alors que l'humanitaire du quotidien de la banlieue, même de l'horreur,
a son honneur, son bonheur, sa fierté, sa noblesse, sa passion, son plaisir,
son ardeur, son enthousiasme, son appel des autres : il fait plus que
TRAITER LES autres, il TRAITE AVEC le genre humain. Et persiste l'humour.

Et une dernière confidence : pour rien au monde je n'aurais changé de
métier, si c'était à refaire je le choisirais de nouveau. Mais ce sont
malgré tout nos gouvernants des cinq dernières années qui me poussent à
quitter le terrain avant l'âge prévu à mes débuts. Et ce gâchis là est
définitivement IMPARDONNABLE, Messieurs et Madame les Ministres.
Impardonnable.

Dr Jacques BLAIS (Yvelines)

RodrYguez

non lue,
17 juil. 1999, 03:00:0017/07/1999
à
BRAVO
BRAVO
BRAVO

TOUT EST DIT SUR L'ABSURDE CONDITION HUMAINE A LA FRANCAISE.
Humanisme à l'envers. Liberté à l'envers. Elitisme à l'envers. Vive la
République !!

Plus une civilisation est asservie (par le crédit, par un mode de vie
écrasant, par la drogue, par une sorte de fatalisme politique ambiant,
par une dévalorisation de l'espace libertaire décisionnel), plus les
modes y sont faciles à propager...
Le problème de nos jours ne se situe plus au niveau d'un mal-être
individuel ou occasionnel, il réside en la ghettoïsation de groupes
sociaux à problèmes : on parle de chomeurs, on parle de séropositifs,
on parle de cancéreux, on parle de l'individu d'abord par rapport à
son appartenance à un groupe...et il court toute sa vie affublé de
titres...les titres sociaux à tirroir mediatique en ont presque
remplacé les titres d'instruction...Là encore les références à la
norme castratrice sont édictées par la 'religion de l'époque' où
l'anti-conformisme est le pire des péchés.
Plus que jamais le pouvoir des fondés de pouvoir est illimité, et plus
que jamais les sociétés associatives agissent en outil de pouvoir,
sorte de tapis rouge électoral offert au politicien le plus offrant.
Tout cela sape l'espace de mouvance de l'individu : ce n'est pas de
penseurs dont cette fin de siècle manque, mais c'est bel et bien de
l'absence généralisée (et imposée) de la nécessité de penser.
Tous les pics inhomogènes, tous les sons différents de cloches, tous
les empêcheurs de "Francer en rond" sont volontairement ignorés.
Il y a une véritable fracture mentale délibérément entretenue dans
notre société, le tout étant aseptisé, entretenu dans des débats en
boucle gauche-droite / employeurs-travailleurs où, avec un langage
circulaire d'affrontement clanique, tout le monde semble être en train
de chercher son bouc-émissaire de manière stérile.
En vérité je vous le dis, plus que jamais l'humanité entière est sur
la voie d'une robotisation mentale où l'illusion de vivre est savament
entretenue via des images imposées par des gourous maso-humanistes.

Un jour j'ai entendu un prince Séoudien dire à un restaurateur :
"C'est très joli la France, c'est très pratique pour les vacances mais
pour y habiter lalalamonfrère c'est pas ça...un peu comme un grand
hôtel de passe". Insulte peut-être, mais lui au moins il a vu
ailleurs...
Putain de société à l'envers que nos ancêtres ont bâti pour nous en
France. Humanisme à l'envers. Liberté à l'envers. Elitisme à l'envers.
Souviens-toi de l'école de la république...tes cartables bourrés à
craquer, arquant ton dos...tes profs débiles...tes journées de petit
ange assassinées de 8h du mat jusqu'à 5h de l'après-midi...tu veux ça
pour tes enfants ??
Dommage que ça soit un shtroumpf comme Madelin qui a sorti un jour
que l'ascenseur social est en panne...C'est tellement vrai...Putain de
nivellement sournois par le haut...Ces hommes et ces femmes qui
travaillent du matin jusqu'au soir, écrasés de dettes...et ceux qui
ont bac + 10 qui tendent la main pour 20 centimes de monnaie...
la honte que c'est devenu de vivre en France...
Cette fabrique archaïque de suiveurs et d'appliqueurs ne produit que
des masos à lunettes double foyer qui à 50 ans finissent par se faire
goder à quatre pattes sur la banquette arrière de leur bagnole par un
trav du bois de Boulogne, et la nuit avant de dormir ils deplissent
leurs cernes dans le mirroir et s'endorment avec le dernier BHL dans
la main puis rêvent la nuit au roman qu'il n'auront jamais écrit et se
réveillent avec une demi-molle....Créativité zéro.
Bonsoir.

Rodolpho Agostino Dryguez

Jean-Paul

non lue,
17 juil. 1999, 03:00:0017/07/1999
à
Dr Jacques BLAIS (Yvelines) a écrit dans le message
<7mprcp$aon$1...@front6.grolier.fr>...

>LE VIDE-ORDURES DE LA REGION
>
>Ils sont tous là. Ou elles, les - soyons carrément horribles tant qu'à
>faire, la thérapie n'en sera que plus efficace, - les scories de la
>civilisation.
>
>Trois, quatre familles de gens du voyage de suite.
...

1° En ce qui concerne les "gens du voyages", je te conseille de te faire
missionner au Kosovo. Tu pourras enfin casser du Rom en participant à la
gestion de centres de détention de l'UCK, aux activités de la PU (police
constituée d'UCKistes démobilisés), ou aux actions de la "Jeunesse de
Prizren" (milice albanophone). Soit simplement discret auprès de la KFOR.

2° En ce qui concerne les autres, les chomeurs, les alcooliques, les mères
célibataires, les beurs, les noirs...:
Prozac: 1 - 0 - 0 (pour eux ou pour toi), afin de colmater les fissures.
Tiens, un extrait de la présentation des comptes de 97 de Lilly par son
président: "Ainsi, en 1997, au sein d'un environnement très compétitif, nous
avons accru nos efforts cliniques et promotionnels. Aux US, nous avons [...]
accru nos efforts promotionnels auprès des généralistes et entrepris une
vaste campagne de publicité directement auprès des consommateurs. Nous
consacrons en ce moment des ressources accrues dans nombre de pays pour
apporter le Prozac aux patients souffrant de dépression -un marché croissant
et sous-exploité."
Dans le rapport d'activité 98, profil plus bas car la fluoxétine va
prochainement tomber dans le domaine public. Mais quand même: cas clinique
d'un Indonésien de Djakarta sauvé par le Prozac. Kouchner n'a qu'à larguer
du Prozac par Transall sur le Koso, tout le monde y verra la vie en rose.
J'en ai pas particulièremement contre Lilly, hein, toutes les mégafirmes
sont du même bois.
.
3° J'ai pas compris: tu prends une retraite anticipée ou tu te suicides?
Dans le premier cas, tu vas avoir du temps pour faire de la politique,
veinard! Alors? Tes premières intentions?

--
Jean-Paul (holo...@cybercable.fr) - Politiquement pas très correct -
Ethiquement limite - Confraternellement pas solidaire, car comprenant les
sentiments, mais pas l'analyse.

Jean-Marc.Becker

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à


> Ils sont tous là. Ou elles, les - soyons carrément horribles tant qu'à
> faire, la thérapie n'en sera que plus efficace, - les scories de la
> civilisation.
>
> Trois, quatre familles de gens du voyage de suite. Une odeur à fuir, à
> renverser en pénétrant dans le centre médical. Des gamins morveux, poisseux,

> pisseux, .......

Un toubib, un vrai, et avec du talent, en plus.
Le premier qui dit du mal du médecin du coin, qu'il commence par lire
ça.

JMB

dom

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à
Voilà vraiment un très beau texte, que seuls les cons, ou
ceux qui n'ont jamais rencontré ces situations pourront
prendre pour de la xénophobie.
Un seul bémol : cette situation s'est installée parce que ce
médecin a progressivement toléré ces comportements. Il
aurait pu engueuler, virer tout ceux qui ne le respectait
pas. Il ne l'à pas fait.
On pourra dire que cela aurait abouti au même résultat :
faillite du cabinet et arrêt anticipé. Je n'en suis pas sûr
à 100%.

Dom généraliste

D.Gz

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à
Je suis entièrement d'accord avec vous sur ces deux points.
Par extension, il en est de même pour tout ce que l'on peut vivre dans nos
banlieues. Il est surtout des noms et des mots à ne plus prononcer faute
d'être taxés de raciste.

Quant à " l'acceptation" du corps médical , comme un mal presque nécessaire,
de ce type de situation : je le déplore aussi. Je le déplore d'autant plus
qu'il est des professions d'aurorité et de respect dont les médecins font
partie (tout comme les policiers, les juges...) et un semblant d'éducation
pourrait aussi venir de chez eux. Accepter tout ce qui est déploré par
laxisme c'est encourager le comportement.

D'autre part je ne suis pas du tout certain qu'une "remise en place" des
patients (quelqu'en soit l'origine) , soit de nature à causer la faillite du
cabinet . Ou alors cela signifierait que ce type de personne constitue
l'essentiel de la clientèle. Si tel était le cas : il n'y aurait hélas plus
rien à espérer.

DGue patient généraliste !


dom a écrit dans le message <7mrtot$1fg8$1...@news5.isdnet.net>...

RodrYguez

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à
BRAVO
BRAVO
BRAVO

TOUT EST DIT SUR L'ABSURDE CONDITION HUMAINE A LA FRANCAISE.
Humanisme à l'envers. Liberté à l'envers. Elitisme à l'envers. Vive la
République !!

Un jour j'ai entendu un prince Séoudien dire à un restaurateur :

Rodolpho Agostino Dryguez

On Sat, 17 Jul 1999 13:57:30 +0200, "Dr Jacques BLAIS (Yvelines)"
<jacque...@wanadoo.fr> wrote:

Castor9000

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à
Alors, on prend son MICA ? (retraite anticipée, car il y a trop de médecins
disent les imbéciles qui nous gouvernent).

Une chose est certaine, comme les médecins de campagnes pauvres, les médecins
de banlieues misérables ne trouveront pas de successeur.

On continue la casse ?

Castor9000

non lue,
18 juil. 1999, 03:00:0018/07/1999
à
Dans l'article <7mrtot$1fg8$1...@news5.isdnet.net>, "dom" <d...@mail.dotcom.fr> a
écrit :

>Voilà vraiment un très beau texte, que seuls les cons, ou
>ceux qui n'ont jamais rencontré ces situations pourront
>prendre pour de la xénophobie.
>Un seul bémol : cette situation s'est installée parce que ce
>médecin a progressivement toléré ces comportements. Il
>aurait pu engueuler, virer tout ceux qui ne le respectait
>pas. Il ne l'à pas fait.
>On pourra dire que cela aurait abouti au même résultat :
>faillite du cabinet et arrêt anticipé. Je n'en suis pas sûr
>à 100%.
>
>Dom généraliste
>
>

Même si on a eu dès le début une attitude ferme et structurante (pour être
poli), ces comportements surviennent encore de temps en temps. Et c'est usant
et démoralisant.
Bien sûr, on étonne beaucoup le "patient-client" en lui disant crûment que le
patient qui ne paie pas son médecin, n'est pas souhaitable ! Et ceci dans tous
les milieux, même favorisés ou bien assurés ! (Les "téléphoneurs" :-) )
Mais le "cabinet" objectivement peut bien s'en passer. Ce qui est étonnant
c'est d'arriver à 30 % ! Alors que "nos impôts" entretiennent des services
publics "gratuits" qui assument déjà ces populations difficiles, et qu'il
s'agit le plus souvent de "surconsommation". Ca aussi , c'est du racisme de le
dire ?

Jean-Paul

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Dr Jacques BLAIS (Yvelines) a écrit dans le message
<7mprcp$aon$1...@front6.grolier.fr>...

>LE VIDE-ORDURES DE LA REGION


I) Ce qui me chiffonne, c'est que:

A) Etant donné que le Dr Blais, ou celui qui se prête ce nom, restitue
manifestement du vécu, ça peut toucher des confrères qui éprouvent au fond
d'eux-mêmes des sentiments analogues.

B) Or, je trouve ce texte extrêmement glissant. Le Dr Blais est peut-être
quelqu'un d'honnête, et les gens qui applaudissent des deux mains ne sont
sûrement nullement racistes et nullement fachos.
Cependant, une analyse de son texte laisse clairement apparaitre que les
patients dont il ne supporte plus le comportement:
a) n'ont pas vraiment statut d'êtres humains
b) ne sont en règle pas vraiment français
c) et en plus, le font exprès.

C'est exactement comme ça que les dérives commencent: une situation *réelle*
décrite en termes tendancieux, et induisant une polarisation d'une majorité
de la population contre une minorité.


II) Analyse de texte:

A) Il décrit les clients visés comme des sortes de chainons manquants entre
l'homme et l'animal. Ex:

>leurs beuglements de mégères, dans une odeur de
>ménagerie.

...


>empruntant aux langages simplifiés de
>toutes les régions en l'absence totale de syntaxe.


B) Il décrit ses clients comme des sous-hommes stagnant au bas de l'échelle
humaine. Ex:

> les scories de la civilisation.

...
>Trois ou quatre familles par ailleurs de lie sociale (...), de bas de


gamme, de fond de caisse,

...


>de ne plus représenter en ces moments que le vide-ordures de la région. Ou
>la chasse d'eau.

...


>l'usine de traitement des déchets. Lui, il est plutôt spécialisé dans ceux
du genre
>humain...

...
>mais oui c'est vrai Poubelle s'est fait un nom pour la postérité,

...


>Dans égout et dans dégoût il y a le même petit goût amer.


C) Il pointe sans ambiguité leur non blancheté. Ex:

>des filles de 17 ans déjà enceintes ou mères,
>rigoureusement incapables d'assumer un tel rôle. Flanquées du beur, du
noir,
>du manouche, de l'homme qui passait dans la cage d'escalier au moment voulu


D) Il les décrit comme des parasites sans morale profitant de la situation:

>Pourquoi sont-ils venus consulter ce jour ci ? Parce que c'est gratuit,

>essentiellement, parce qu'ils n'ont éternellement rien à faire.
...


>Entendons par risque le seul et unique qui les préoccupe, loin de la santé
>de l'enfant : celui de perdre une allocation.


E) Sans parler des curieux reproches de "vulgarité", sémantiquement très
larges. Ex:

>certaines mères d'une vulgarité
>incommensurable

...


>en salle d'attente, la vulgarité sordide


III) Attention, je ne professe pas l'angélisme. Que les manouches soient une
population particulièrement difficile, c'est incontestable. Que baucoup
d'immigrés, notamment d'Afrique du Nord ou sub-saharienne, de 1°, de 2° ou
de 3° génération souffrent de problèmes de chômage, de violence, de
délinquance, de drogue, d'échec scolaire, de troubles sociaux ou psychiques
divers, c'est une évidence. Et l'inadaptation sociale, le chômage, la
pauvreté, la violence, l'alcoolisme, l'"incivisme", l'"incivilité", qu'ils
concernent des Français de "souche" ou pas, sont "héritables" (elles ne sont
pas forcément génétiques, mais se retrouvent d'une génération à l'autre,
tout comme a contrario l'argent, la bonne éducation, ou les bonnes
professions,... comme par exemple médecin).
Mais il est inutile de le décrire, tout le monde le constate. Et je prétends
qu'il est même toxique de le décrire *sans apporter* d'explication, ou au
moins de tentative d'analyse. C'est objectivement, qu'on en ait l'intention
ou pas, apporter de l'eau au moulin d'idéologies axées sur l'animosité et la
ségrégation.


IV) Qu'attendre de l'exercice médical?

A) Quid de l'humanitaire?

>l'humanitaire est la noblesse de notre tâche, l'humanitaire est l'appel de
>notre profession.

Le Dr Blais, ou qui se prête ce nom, devrait savoir plusieurs choses:

- Qu'il faut être bien naïf pour attendre quelque reconnaissance de qui que
ce soit d'une manière générale. C'est-à-dire, dans sa profession, des
patients, de leurs familles, des confrères, des pouvoirs publics ou de la
presse. Il se trouve que malgré tout nous bénéficions de la reconnaissance
de nombre de nos patients ou de leurs familles. Notre profession est à cet
égard miraculeuse. Mais de là à s'offusquer quand cette fameuse
reconnaissance n'est pas au rendez-vous, c'est se faire beaucoup
d'illusions...

- Contrairement à une idée répandue, et relayée par les machines à rêver
comme Hollywood ou TF1, les personnes sont d'autant moins disposées à
manifester (et en fait à éprouver) de la reconnaissance qu'elles sont dans
la déchéance psycho-sociale. Le clodo, le délinquant, l'immigré désinséré ou
ininsérable, la femme battue, le chômeur alcoolique, le psychopathe en
invalidité, c'est dans les films de série B et les téléfilms qu'ils se
montrent respectueux de l'autre et éperdus de gratitude quand on leur vient
en aide. Dans la réalité, ils ont perdus leurs repères et leurs illusions,
pour autant qu'ils en aient jamais eus. Le monde de la marginalité et de la
misère (de l'eksluzion, comme on dit maintenant) est un monde où on ne se
fait ni courbettes, ni cadeaux, où le plus petit bouffe l'encore plus petit.
On y sait bien que tout est une question de fric et de statut social, et que
les bons sentiments n'existent qu'à la télé. Le toubib, ce n'est rien qu'un
rouage dans ce monde sans âme.

- Idem dans l'humanitaire à l'étranger. Qu'est ce que s'imagine le Dr Blais,
que s'il va participer bénévolement à une action contre le SIDA à Kampala, à
une aide aux réfugiés à Ranya ou à une mission générale de santé à Mankien,
la population va lui embrasser les mains et le remercier en pleurant? Chacun
sera trop occupé à essayer de tirer la couverture à soi, sa famille ou son
clan, ou à détourner les dons dans divers trafics. Quand ils ne se méfieront
pas carrément de lui (quelqu'un qui vient donner sans rien demander en
échange, c'est louche)

- Et que ce soit en France ou à l'étranger, chacun le considérera
premièrement comme quelqu'un de beaucoup plus favorisé qu'eux, deuxièmement
qui a le choix d'être là alors qu'eux ne l'ont pas, troisièmement qui a sans
doute des avantages à être là (ils s'imaginent en règle, souvent à tort, des
avantages pécuniaires, et ne songent même pas aux avantages
"psychologiques").


B) Alors, pourquoi faire ce boulot?

- Si le Dr Blais ne supporte plus de n'être pas payé une fois sur trois, qui
pourrait le lui reprocher? Quand on est à son compte, il est tout à fait
insupportable de travailler pour rien. Le bénévolat -sauf cas très
particulier- n'est pas une bonne chose, les activités humaines sont basées
sur l'échange, ou à tout le moins la compensation.

- Si on choisit de faire de l'humanitaire, il est hasardeux de le faire en
attente de quelque gratification externe que ce soit, de quelque
reconnaissance collective ou individuelle, officielle ou personnelle. Il
faut le faire en fonction de convictions morales ou politiques intimes, sans
rien en attendre d'immédiat. C'est une damnée vocation, qui n'est pas à la
portée du premier venu. (Mais qui peut à terme mener à des fonctions
nationales voire internationales prestigieuses ;-))


V) La médecine ouvre sans doute une fenêtre pas toujours reluisante sur le
genre humain. En travaillant les points d'exclamation et les points de
suspensions, le Dr Blais pourra profiter de sa retraite anticipée pour faire
l'écrivain, "... connaissant plus de métrites, de véroles, de baronnes par
le menu, de bismuthées, d'acidosiques, d'assassinats bien mondains,
d'agonies truquées, de faux seins, d'ulcères douteux, de glandes inouïes,
que vingt notaires, cinq Lacassagnes, dix-huit commissaires de police,
quinze confesseurs."
(Bagatelles pour un massacre, Dr Destouches)

--
Jean-Paul (holo...@cybercable.fr) - qui a grenouillé plus souvent qu'à son
tour chez les eksclus et autres damnés de la terre. A part ça, c'est pas
pour me vanter, mais on a eu une sacrée belle journée, aujourd'hui!

Castor9000

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Dans l'article <7mtm6a$jvr$1...@oceanite.cybercable.fr>, "Jean-Paul"
<holo...@cybercable.fr> a écrit :

>A) Etant donné que le Dr Blais, ou celui qui se prête ce nom, restitue
>manifestement du vécu, ça peut toucher des confrères qui éprouvent au fond
>d'eux-mêmes des sentiments analogues.
>
>B) Or, je trouve ce texte extrêmement glissant. Le Dr Blais est peut-être
>quelqu'un d'honnête, et les gens qui applaudissent des deux mains ne sont
>sûrement nullement racistes et nullement fachos.

Il existe un véritable Docteur Blais, qui écrit de temps en temps des
chroniques dans "le Généraliste" en particulier, essayant d'attirer l'attention
sur le contexte socioéconomique de sa banlieue difficile, et sur les effets
pervers de l'aide sociale actuelle.
Son ton est généralement beaucoup plus modéré, tempéré par un humour fin, et on
sent respect et affection pour les gens dont il s'occupe.
Mais là, on sent que la coupe est pleine.
La société des bien-pensants instruits, continue à prétendre qu'il n'y a plus
besoin de normes, de consensus, de règles de conduite. Qu'il suffit de donner
des allocations aux gens pour qu'ils se comportent en humains.
Et la réalité, pour une frange de plus en plus large dans certains quartiers,
c'est celle qu'il décrit, et qui envahit notre vie quotidienne comme les
enfants non éduqués, non surveillés, à peine nourris et lavés détruisent nos
salles d'attente, les parties communes des immeubles puis les établissements
d'enseignement.
Le type de discours que tient Jean Paul, justement, ne permet pas de PARLER, de
reconnaître l'existence de ces problèmes.


Castor9000

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Dans l'article <7mtm6a$jvr$1...@oceanite.cybercable.fr>, "Jean-Paul"
<holo...@cybercable.fr> a écrit :

>Cependant, une analyse de son texte laisse clairement apparaitre que les


>patients dont il ne supporte plus le comportement:
>a) n'ont pas vraiment statut d'êtres humains
>b) ne sont en règle pas vraiment français
>c) et en plus, le font exprès.
>
>C'est exactement comme ça que les dérives commencent: une situation *réelle*
>décrite en termes tendancieux, et induisant une polarisation d'une majorité
>de la population contre une minorité.
>

Ceux qui sont, depuis des années, au contact direct des "populations
difficiles", font plusieurs constats.
- Ils n'ont pas choisi une "mission humanitaire" de courte durée, leur
installation médicale s'est faite normalement, dans des zones en cours
d'urbanisation à l'époque, qui se sont trouvées sinistrées progressivement, par
les bouleversements économiques, les délocalisations, le chômage, l'immigration
sauvage continuée, l'alcoolisme, la drogue, la violence, l'échec éducatif et
scolaire.
- Ils assument, ils continuent de soigner dans des conditions qui n'ont rien à
voir avec celles où ils ont commencé.
- Ils entretiennent des relations normales avec toute une partie de leur
patientèle, toutes ethnies confondues.
-Ils se trouvent confrontés à des franges de populations pour lesquelles aucune
règle du jeu, aucun fil conducteur ne leur apparait, malgré leurs efforts.
- Ils constatent que la prétendue "aide" offerte par les officiels et
bien-pensants à ces populations est totalement inadaptée, notamment en
interdisant de leur imposer des cadres de références qui permettraient de se
situer de part et d'autre en êtres humains égaux. La politique du droit sans
devoir, c'est pas déshumanisant ? Esclavage à l'envers ?
- Ces médecins n'ont même pas le droit d'ouvrir la bouche, pour essayer de
faire toucher cette réalité, de sortir du discours officiel politiquement
correct "tout le monde il est égal".
Notez bien que dans les mêmes zones les enseignants sont de la même façon,
totalement démunis face aux quelques mêmes individus, et condamnés au silence
et à l'incompréhension de tous, puisqu'il s'agit d'une réalité que vous ne
pouvez pas, ne voulez pas connaître. Seule différence, ils peuvent sauver leur
propre intégrité mentale, soit en demandant des mutations, soit en utilisant
largement leurs droits à congés maladie. Ces défenses ne font pas partie de la
panoplie du médecin libéral.
Et pendant ce temps, pour prendre le petit exemple de l'immigration sauvage,
les bien-pensants font des manifs pour régulariser les immigrés clandestins, et
les familles étrangères font venir le cousin "qui veut pas travailler, que son
père à la boutique il le supporte plus, et en plus il a des ennuis avec les
flics là bas", la jeune belle-soeur pour garder le bébé, le malade mental de la
famille que ses parents, au pays, ne supportent plus, - pour qu'ils
"bénéficient du RMI" et des soins gratuits. Et ceux-ci découvrent que le RMI
c'est pas la fortune, et les soins gratuits c'est le CMP dans 3 mois, qui
concluera que ce n'est pas des personnalités pathologiques mais des paresseux
et des mal éduqués....... Et tous ces gens se révoltent contre ce système flou
où certains obtiennent ce qu'ils veulent et d'autres rien du tout. Une
impression supplémentaire d'injustice.

C'est une SITUATION REELLE, mais il est mal poli de la décrire, c'est pourquoi
tu emploies le terme TENDANCIEUX.

Il faudrait comprendre aussi que ces "étrangers" RMIstes allocataires assistés,
ne sont pas plus intégrés dans leur propre culture, dans leur propre groupe
d'origine, mais que les intellos et les services sociaux font semblant de
croire, que c'est en tant que "beurs, afro, manouches" que nous les rejetons.

Moi je veux bien une France multinationale, multiethnique et multiculturelle :
je me déchausse quand j'entre dans un appartement musulman, je ne visite pas
une église en maillot de bain, je ne parle pas à haute voix à la bibliothèque.
MAIS je me permets de dire que untel, quels que soient sa culture d'origine et
l'origine de ses ressources, est un mal élevé AVEC QUI JE NE PEUX PAS PARTAGER
MON ESPACE VITAL.
Et justement, si tout le monde affirmait ces règles, tout le monde les suivrait
!!!!!!!!!! Parce que les humains sont éducables, si c'est leur intérêt.


Cybertapette

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
ouais, je suis plutôt d'accord avec Castor 9000. Cela dit, Jean paul a
raison de mettre en garde le lecteur, car à la lecture de ce document on
marche quand même sur des oeufs...
Cybertapette
Castor9000 <casto...@aol.com> a écrit dans le message : > C'est une

DURANDO.XAVIER

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à

Brina a écrit :
>
> Je ne dirais pas beau texte mais texte très dur.

Moi, je dirais ... que c'est du Celine.

XD

Jean-Paul

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Castor9000 a écrit dans le message
<19990719040132...@ngol08.aol.com>...

>Le type de discours que tient Jean Paul, justement, ne permet pas de
>PARLER, de reconnaître l'existence de ces problèmes.

Je voudrais bien que tu aies l'obligeance de préciser POURQUOI en citant des
éléments très précis de mon texte, comme moi j'ai pris la peine de le faire
avec le texte de Blais. J'ai clairement montré que ce n'était pas du tout le
*fond* de la question, qui me gênait, mais:
1° une série de termes employés, dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils
sont, je persiste et je signe, *tendancieux*.
2° le côté purement descriptif, donc simple appel à l'*affectif* sans appel
à l'analyse.

Merci d'avance
--
Jean-Paul (holo...@cybercable.fr) - Ca c'est la meilleure!


Jean-Paul

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Castor9000 a écrit dans le message
<19990719040133...@ngol08.aol.com>...

>Ceux qui sont, depuis des années, au contact direct des "populations
>difficiles", font plusieurs constats.
>- Ils n'ont pas choisi une "mission humanitaire" de courte durée, leur
>installation médicale s'est faite normalement, dans des zones en cours
>d'urbanisation à l'époque, qui se sont trouvées sinistrées progressivement,
par
>les bouleversements économiques, les délocalisations, le chômage,
l'immigration
>sauvage continuée, l'alcoolisme, la drogue, la violence, l'échec éducatif
et
>scolaire.

[...]


>concluera que ce n'est pas des personnalités pathologiques mais des
paresseux
>et des mal éduqués....... Et tous ces gens se révoltent contre ce système
flou
>où certains obtiennent ce qu'ils veulent et d'autres rien du tout. Une
>impression supplémentaire d'injustice.
>

>C'est une SITUATION REELLE, mais il est mal poli de la décrire, c'est
pourquoi
>tu emploies le terme TENDANCIEUX.

Bon. Reprise de l'explication de texte rien que pour Castor, le petit
veinard:

1° Ne sont pas TENDANCIEUX des termes comme "les bouleversements


économiques, les délocalisations, le chômage, l'immigration sauvage
continuée, l'alcoolisme, la drogue, la violence, l'échec éducatif et

scolaire", et même, pourquoi pas, "des paresseux et des mal éduqués".

2° Sont TENDANCIEUX des termes comme "beuglements", "ménagerie", "scories",
"lie", "bas de
gamme", "fond de caisse","vide-ordures", "chasse d'eau", "déchets",
"poubelle", "égout"
(Je ne suis pas le seul à avoir pensé au Dr Destouches alias Céline, Durando
Xavier a eu la même impression)
Est TENDANCIEUSE la référence absurde à "l'absence totale de syntaxe", la
syntaxe étant comme chacun sait ce qui différencie l'homme de l'animal.
Est TENDANCIEUSE l'association de ce que je viens de dire à l'énumération
"du beur, du noir, du manouche".

Si le bon Dr Blais s'était exprimé avec les termes que tu emploies, je
n'aurais rien trouvé à y redire.

Je ne vois pas pourquoi tu t'obstines à le défendre. A la rigueur on peut
l'excuser. Mais quand on s'offre le luxe de craquer en public, on s'expose à
la critique. Il rend compte de situations réelles, mais il déssert son point
de vue par ses excès. Lui pointer ces excès ne peut que lui rendre service.
Et amener à une discussion *sur le fond*.

Car je ne vois pas non plus pourquoi tu cherches à me faire un mauvais
procès. Soit je m'exprime très très mal, soit tu as vraiment envie de lire
ce que tu veux.

Non seulement je ne veux pas clore la question avec l'étouffoir du
politiquement correct. Mais j'ai même la conviction que chercher à étouffer
tout débat sur les thèmes que tu énumères va résolument à l'encontre du but
recherché, en radicalisant les positions. Voir par exemple le terrorisme
intellectuel de "Touche pas à mon pote", qui, à partir des années 80, à
force d'asséner: "soit vous êtes à 100% avec nous, soit vous êtes des
fachos", a consciencieusement transformé des flopées de Français en fachos.

Non seulement je ne pense pas qu'il faille s'en tenir à un discours
"socio-antropologique" ou "psycho-éducatif" sur les "quartiers à problèmes".
Mais j'ai même la conviction que vouloir *uniquement* considérer les auteurs
de délinquance, d'incivisme ou d'incivilité comme des victimes va résolument
à l'encontre du but recherché, en aggravant l'anomie et en attisant les
conflits. En d'autres termes, si la démarche explicative et thérapeutique
(socio psycho médico éducato machin) doit exister et être améliorée, elle ne
doit pas empêcher pour autant la démarche normative (il y a des règles, des
devoirs, et des sanctions).

--
Jean-Paul (holo...@cybercable.fr) - Castor a envie de se mettre un
politiquement correct sous la dent, mais il est en train de mordre dans le
vide.

Olivier Lecourt

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Dr Jacques BLAIS (Yvelines) <jacque...@wanadoo.fr> wrote:

> LE VIDE-ORDURES DE LA REGION
>

> Ils sont tous là. (.......) Et ce gâchis là est


> définitivement IMPARDONNABLE, Messieurs et Madame les Ministres.
> Impardonnable.

Moui. Un peu remonté, le collègue, et il doit avoir ses raisons.

De là à généraliser...Mon expérience (toute personnelle, et qui ne vaut
donc pas plus que ça) me montre que les gens du voyage qui fréquentent
mon cabinet (peu nombreux, certes, mais régulièrement présents) n'ont en
aucune façon ce type de comportement. Au contraire, je leur trouve
souvent une qualité d'écoute et un respect des recommandations médicales
(on a les satisfactions qu'on peut) qui font parfois défaut aux patients
plus...habituels, disons. Et je suis toujours honoré de mes prestations,
que ce soit directement ou par l'intermédiaire de l'aide médicale
gratuite, ce qui revient strictement au même.

Question de "seuil", peut-être ?

--
OL cm...@netinfo.fr
http://perso.netinfo.fr/Lecourt/pediatrie.html

Pierre P. (France)

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
MILLE BRAVO !!!

Castor9000 a écrit dans le message
<19990719040133...@ngol08.aol.com>...


>Dans l'article <7mtm6a$jvr$1...@oceanite.cybercable.fr>, "Jean-Paul"
><holo...@cybercable.fr> a écrit :
>

>>Cependant, une analyse de son texte laisse clairement apparaitre
que les
>>patients dont il ne supporte plus le comportement:

[Zipp]

dom

non lue,
19 juil. 1999, 03:00:0019/07/1999
à
Bien vu Castor.
Je comprends les réserves de Jean Paul, mais il semble un
peu englué dans le discours bien-pensant, façon Télérama.
Après lecture et relecture, je persiste à penser que Blais
n'est pas raciste. Il constate que certains humains se
conduisent comme des animaux, d'où les qualificatifs qui
font réagir Jean Paul.
Et je persiste à penser que si Blais avait réagi dès le
début, avait affirmé son désir d'être respecté, il n'en
serait pas arrivé là.

Dom généraliste


Roxane

non lue,
23 juil. 1999, 03:00:0023/07/1999
à
C'est exactement ce que j'ai pu constater, dans un milieu scolaire que
l'on pourrait qualifier de "défavorisé".
Nous nous devons tous, autant que nous sommes, et quoi que nous soyions,
d'être aussi exigeants avec ces enfants là que nous le serions avec les
nôtres: ce sont des individus et non des sortes de corpuscules dilués
dans une masse gluante.
Si notre position est claire (et si l'on sait faire partager à un nombre
maximal de personnes cette nécessité), obtenir d'eux le respect des
règles indispensables à tous est relativement facile.
Il faut par contre le faire dés le début, avant d'être totalement
exaspéré par ce non respect des règles, ce qui entraîne aussitôt de
l'agressivité et nuit à l'efficacité de la "méthode".
Là aussi, exigence et respect doivent cohabiter..et un bon coup de
gueule de temps en temps n'a jamais fait de mal à personne, que je
sache..

dom <d...@mail.dotcom.fr> a écrit dans le message :
7n06o5$9cj$1...@news3.isdnet.net...

Répondre à tous
Répondre à l'auteur
Transférer
0 nouveau message