[Bavardages Berlinois] Se méfier des distances

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Flo

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Oct 5, 2014, 8:28:10 AM10/5/14
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Après quelques jours gris et pluvieux, le beau temps est revenu à Berlin. Bien que les températures soient désormais plus fraiches, nous profitons de belles journées ensoleillées.

Ce samedi, il faisait beaucoup trop beau pour travailler. Je décide d'aller explorer un peu mieux mon quartier : j'ai pris mes habitudes déjà, et ne dévie pas des itinéraires que j'ai identifiés pour aller prendre le bus ou le S-Bahn... Mais mon quartier est particulier : c'est l'un des plus riches de Berlin, il est peuplé de grandes villas parfois encerclées de hauts murs et cernées de caméras de vidéo-surveillance. S'y promener peut être un peu monotone. Je décide alors de changer d'objectif, et d'aller à pied à Potzdamer Platz : ça ne paraît pas démesurément loin sur la carte.

Au bout de plus d'une heure, ayant parcouru des rues peu intéressantes pour éviter Ku'Damm que je commence à connaître, je passe devant les Archives du Bauhaus.

Les archives du Bauhaus
(le plan originel du bâtiment est de Walter Gropius,
et fut modifié par Alexander Cvijanovic)

Bauhaus Leuchte (1924)
Je ne réécrirai pas l'histoire : ma motivation, à l'origine, pour y entrer, était l'espoir d'y trouver des toilettes... Mon équilibre hydrique étant rétabli, je décide d'y visiter l'exposition permanente (le musée est en transition entre deux expositions temporaires). L'expo permanente est très réduite : une salle, quelques panneaux d'explications, quelques tableaux et dessins, des lampes, trois-quatre chaises, des services à thé et un jeu d'échecs.
Le problème avec les objets du Bauhaus, c'est qu'ils ont eu tellement de succès (et en ont encore aujourd'hui) qu'on les connaît et qu'ils paraissent banals aujourd'hui...

Un passage à la boutique du musée me confirmera que l'essentiel du mobilier de ma chambre au Wiko en provient.


Je reprends ma route (pour mettre en perspective, j'ai déjà marché l'équivalent de la distance entre le 36 rue Pierre Larousse et la gare Saint Lazare), maintenant le long du Landwehrkanal. Et c'est alors que je tombe sur ce bâtiment :

Shell-Haus

C'est le Shell-Haus (maison coquillage), un immeuble construit au début des années 1930, oeuvre de l'architecte Emil Fahrenkamp. L'élément le plus marquant en est sa façade ondulée, dont les fenêtres arrondies reflètent agréablement la lumière du soleil qui commence déjà doucement à se coucher. Comme beaucoup de bâtiments à Berlin, il a été considérablement abîmé par les bombardements (voyez un peu), puis reconstruit.

Un peu plus loin, j'arrive à la Neue Nationalgalerie, musée d'art moderne. Wikipedia m'informe que l'ensemble du bâtiment et de la place date de 1968 et a été dessiné par Mies van der Rohe, un ancien du Bauhaus (la boucle est bouclée !). Il est trop tard déjà pour visiter, et je garde les grands musées pour les froides journées d'hiver.

La Neue Nationalgalerie et la place qui l'entoure

Le reflet de la Sankt Matthäuskirche sur les vitres de la
Neue Nationalgalerie.

Potzdamer Platz est en vue ! Je laisse sur ma gauche le Kulturforum et ses musées, et je me dirige vers le Sony Center, sorte de vaisseau spatial / chapiteau futuriste dessiné par Helmut Jahn et qui abrite, entre autres, un magasin de produits Sony, un cinéma IMAX, et la cinémathèque de Berlin.

Le toit du Sony Center

Il paraît que c'est encore plus impressionnant de nuit : il me faudra revenir.

Après une bière (j'aurais bien dit "petite bière", mais à 0.5L la quantité minimale, j'ai peur que ce qualificatif ne soit pas approprié), je suis rejointe par Alex et sa copine. Le monde de la science est petit : Alex était en thèse à Montpellier, il travaille désormais dans un Leibniz-Institut de Berlin, et était au Wiko il y a trois ans.

Un festival des lumières ("Berlin leuchtet") a lieu en ce moment à Berlin, et on va aller voir quelques installations. Nous mettons le cap sur la Porte de Brandebourg.
Nous faisons un petit crochet dans Tiergarten pour aller voir le monument aux homosexuels persécutés pendant le nazisme. Le monument a été inauguré en 2008, avant ma dernière visite à Berlin. C'est un cuboïde de béton, un peu incliné (not straight, comme me fait remarquer Alex), avec une ouverture sur un écran diffusant des images en noir et blancs de couples homosexuels s'embrassant.

Denkmal für die im Nationalsozialismus
verfolgten Homosexuellen

L'ensemble est très discret, sans même un panneau à côté expliquant la fonction du monument...

De l'autre côté de Ebertstrasse se tient le Holocaust-Mahnmal, monument à la mémoire des juifs d'Europe persécutés pendant le nazisme. Il était encore en construction lors de ma dernière visite à Berlin, c'est donc un nouveau monument que je découvre.
C'est un immense ensemble de blocs de béton alignés sur une grande grille, sur un terrain en cuvette. Alors que les blocs du bord sont relativement bas, ceux du centre font plus de quatre mètres de haut. La nuit est tombée, les blocs en sont d'autant plus impressionnants. Ils atténuent le son de la ville et sont un peu oppressants. Alex me dit que le monument est aussi très impressionnant de jour, parce que les blocs coupent la lumière du jour.

Dans le Holocaust-Mahnmal

Nous émergeons du Holocaut-Mahnmal et arrivons à la porte de Brandebourg, monument iconique de Berlin s'il en est... la Pariser platz, devant l'arche, est donc dûment remplie de touristes.

La porte de Brandebourg

Un chauffeur (conducteur ?) de calèche nous informe que les animations du soirs sont à la Gendarmenmarkt et commencent à 21h. Nous descendons donc Unter den Linden et Friedrichstrasse, prenons le temps de dîner (de saucisses-choucroute, Oktoberfest oblige), et nous découvrons le "son et lumières" sur la Konzerthaus.


C'est joli, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard... Il parait qu'il y a des animations sur la Spree, nous nous dirigeons donc vers MuseumInsel. Quelques bateaux projettent des lumières sur les façades, et il y un éclairage de LEDs sur le musée de la DDR ; la Fernsehturm change de couleur et clignote parfois. C'est mignon, mais pas exceptionnel ; on n'était peut-être pas au bon endroit...

La soirée se termine donc à Alexanderplatz. Sans détour, la distance qui sépare le Wiko à Alexanderplatz est la même qui sépare le 36 rue Pierre Larousse de l'entrée du Parc de la Villette... Mais avec mes détours, j'ai marché un peu plus de 15km ! Nous remercierons donc les petites baskets Décathlon pour leur coopération dans cette aventure pédestre.




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Envoyé par Flo dans Bavardages Berlinois le 10/05/2014 02:28:00 PM
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