Pour les élections européennes, on peut choisir de voter dans son pays de résidence. Comme après trois ans à l'étranger et des votes par procuration les isoloirs me manquaient, j'ai choisi de voter à Falmouth. (D'ailleurs, en passant, j'ai aussi le droit de voter pour les élections locales.)
Il me fallait renvoyer un formulaire au Cornwall Council pour indiquer mon souhait de voter au Royaume-Uni plutôt qu'en France ; j'avais laissé traîner, jusqu'au jour où j'ai reçu un prospectus du parti UKIP. Le soir même, mon formulaire était enfin à la poste.
UKIP (prononcez Iouquipe) est un parti récent, eurosceptique (ou même europhobe), nationaliste, homophobe, misogyne, antisémite... mais comme le FN en France, les sondages le mettent en tête des élections européennes... Et comme en France, il est prévu que l'abstention sera élevée pour ce scrutin européen.
Mon bureau de vote est sur le chemin entre chez moi et l'université ; il pleuvait des seaux ce matin, et c'est donc équipée de chausses et pantalon de pluie (un des jours où faire du vélo est un sacerdoce) que je suis entrée dans le bureau de vote, la lettre contenant mon numéro d'électeur en main. Des panneaux indiquaient qu'il est interdit de prendre des photos dans un bureau de vote, donc vous n'aurez pas d'image du bureau de vote...
J'étais apparemment la première européenne non-britannique à voter ce matin ; à côté de mon nom figurait la lettre "K", ce qui a rendu perplexes les trois personnes tenant le bureau de vote. Il leur a fallu quelques minutes pour réaliser que la signification du "K" était sur la couverture de leur liste de noms, et qu'il indiquait que je suis citoyenne de l'EU mais non britannique, et ne peux donc pas voter pour le parlement britannique (logique), mais que tout va bien pour le parlement européen (ouf !).
On m'a donc tendu une feuille blanche au format A4, sur laquelle figuraient une petite dizaine de noms de partis, par ordre alphabétique (je crois). Bien la moitié étaient des partis anti-européens... et à droite de chaque nom et logo figure un carré blanc : on vote en faisant une croix dans un des carrés. Des crayons sont disponibles dans les "isoloirs", qui n'isolent pas tellement : ce sont des sortes de boîtes en bois, mais avec des murs sur trois côtés seulement, et pas de rideau ! Moi qui comptais prendre une photo de mon bulletin dans l'isoloir, pas moyen...
Il y a beaucoup moins de cérémonial qu'en France. Il n'y a pas d'enveloppe : le bulletin est simplement plié en deux (et par transparence, on peut distinguer vaguement la position de la croix). L'urne est posée sur la table, mais la fente est ouverte : on glisse son bulletin dedans sans que les assesseurs (si c'est ainsi qu'on les appelle) ne vérifient si on ne met pas deux papiers (ils n'en n'ont donné qu'un et il est numéroté... mais qui sait. D'ailleurs je crois que le numéro est associé à mon nom, mais c'est douteux)... Mais le pire... c'est que personne, à aucun moment, ne vérifie votre identité !! Et ce n'était apparemment pas un oubli, ils ne l'ont pas fait non plus pour la personne avant moi.
J'ai vraiment été frappée par cet apparent laxisme... mais j'ai accompli mon devoir, et ce sera une voix de moins pour UKIP. N'oubliez pas de voter dimanche ! Le parlement européen a besoin de gens qui aiment l'Europe.
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Envoyé par Flo dans
Carnet Cornique le 5/22/2014 11:47:00 AM