Pour l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises !
Compte-rendu de la réunion publique anti-guerrevendredi, 15 janvier 2016
Près de 200 personnes se sont retrouvées vendredi 15 janvier à la Bourse du Travail de Paris, pour une première réunion anti-guerre. Cette réunion était organisée dans le
prolongement de l’appel « A qui sert leur guerre ? », texte signé par plus 5700 personnes et
invitant à l’organisation d’un véritable mouvement anti-guerre en France. Les participant.e.s
venaient d’horizons politiques, syndicaux et associatifs divers, toutes et tous soucieux de
mettre en commun des témoignages, des prises de position mais aussi des propositions
constructives et concrètes.
Cette première rencontre est apparue d’autant plus indispensable que la guerre est très
largement invisibilisée par les médias, comme si ce n’était pas là un sujet, comme si l’Etat
français pouvait agir en toute absence de transparence – et en toute impunité. C’est ainsi
qu’on sait très peu de choses sur les frappes actuellement menées sous commandement
français. Au sein d’une presse très silencieuse, on peut néanmoins piocher ici et là quelques
bribes censées nous rassurer sur la « propreté » des bombardements français. Quant aux
victimes civiles, on le sait, elles continuent d’être assimilées aux tristement fameux
« dommages collatéraux ». Or, d’après certaines ONG, au cours de l’année écoulée, ce sont
quelque 4 000 victimes civiles qui ont été tuées par les bombardements censés viserDaech.
La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont
largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Les guerres de pillage
n’ont pas manqué depuis le début des années 2000. Ces conflits doivent être désignés par leur
nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La Francen’a aucun « rôle positif » dans
ces interventions, malgré ses prétentions et ambitions largement puisées à l’ancien répertoire
colonial. L’Etat français ferait bien de cesser de donner des leçons, quand la France est le
troisième marchand d’armes mondial et quand elle vend à tour de bras ses Rafale, ses
hélicoptères de combat et autres patrouilleurs à des régimes théocratiques et dictatoriaux
comme l’Arabie saoudite – où des opposants viennent encore d’être exécutés dans le plus
grand silence occidental.
Mais la guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la
peur. Il n’y a pas qu’en Turquie que le pouvoir réprime et traque, au nom de la guerre contre
le terrorisme, celles et ceux qui s’opposent à lui, comme vient de le faire Erdogan en faisant
arrêter, pourchasser et brimer des universitaires contestataires. En France, l’état de guerre
désormais proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directement
inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. L’état d’exception ouvert par
ce gouvernement de guerre est en passe de devenir la règle. Cette situation, d’une extrême
gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours médiatique et politique dominant,
comme s’il s’agissait de nous habituer à cet état martial et sécuritaire. Car cet état d’urgence
permet de museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale.
Si nous constatons une très grande diversité de positionnements et sensibilités
quant aux réponses à apporter sur le plan international, nous pouvons et devons en
revanche être unis dans l’exigence d’un bilan sur les guerres menées depuis des années
théoriquement « contre le terrorisme » et qui en réalité ne cessent de l’alimenter.
Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous
subissons, à la hauteur des guerres qui se mènent contre les populations, contre nous et en
notre nom. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un collectif national anti-guerre,
exigeant l’arrêt immédiat des bombardements, des interventions et des occupations. Ce
collectif se déclinera en comités locaux, tout en étant attentif aux mobilisations
internationales, telles qu’on a pu encore les voir en Espagne et en Grande-Bretagne tout